Ballade poétique du jeudi soir avec Federico Garcia Lorca

Une ballade amoureuse que je vous propose ce soir.;

Poème très difficile€ île mais une fois percé le mystère de la prose, l’effort en vaut la peine. Belle lecture

Mon cœur aurait la forme d’un soulier

Si chaque village avait une sirène .

Mais la nuit est interminable quand elle s’appuie sur les malades

Et il y’a des bateaux qui cherchent à être vus pour

Pouvoir se saborder tranquillement.

Si le vent souffle doucement

Mon cœur à la forme d’une fillette

Si le vent se refuse à sortir des cannaies

Mon cœur à la forme d’une millénaire bouse de taureau.

Voguer! Voguer! Voguer! Voguer!

Vers le bataillon de pointes inégales,

Vers un paysage d’affûts pulvérisés,

Nuit pareille nuit pareille à la neige, aux systèmes suspendus .

Et la lune.

Et la lune !

Mais non pas la lune.

Le renard des tavernes.

Le coq japonais qui s’est mangé les yeux.

Les herbes mastiquées.

Ne nous sauvent ni les vers solitaires sur les vitres

Ni les herboristeries où le métaphysicien

Découvre les autres versant du ciel

Mensonge que les forme. N’existe que

Le cercle de bouches de l’oxygène.

Et la lune.

Mais non, pas la lune

Les insectes,

Les morts minuscules sur les rives.

De l’iode à un endroit.

Les foules sur l’épingle.

La nudité qui malaxe le sang de tous

Et mon amour qui n’est ni un cheval ni une brûlure.

Créature au sein dévoré.

Mon amour!

Voici qu’ils chantent, crient, gémissent : Visage ! Ton visage ! Visage

Il y a quelques pommes,

Les dahlia sont identiques ,

La lumière a un goût de métal poli

Et le ch amp de tout un lustre tiendra sur la face de la pièce de monnaie.

Mais ton visage couvre le ciel du banquet.

Voici qu’ils chantent ! Crient ! Gémissent !

Couvrent! Grimpe! Effraient !

Il faut marcher, vite ! , vers les vagues , vers les branches,

Vers les rues désertes du Moyen Âge qui descendent au fleuve,

Vers les boutiques de peaux où tinte une corne de vache blessée,

Vers les échelles, sans craintes !, vers les échelles.

Il y a un homme tout pâle qui se baigne dans la mer ;

Il est si tendre que les réflecteurs en jouant lui ont mangé le cœur

Et au Pérou vivent mille femmes, oh ! Insectes !, qui nuit et jour

Font nocturnes et défilés en entrecroisant leurs propres veines.

Un minuscule gant corrosif m’arrête. Assez !

Dans mon mouchoir j’ai entendu le petit claque

De la première veine qui se rompt.

Prends soin de tes pieds, mon amour, de tes mains !

Puisque moi, il faut que je livre mon visage.

Mon visage! Mon visage! Ah mon visage mangé !

Ce feu chaste pour mon désir,

Cette confusion par besoin d’équilibre,

Cette innocente douleur de poudre dans mes yeux ,

Soulageront l’angoisse d’un autre cœur

Dévoré par les nébuleuses.

Ne nous sauvent ni les gens des boutiques de chaussures

Ni les paysages qui deviennent musique lorsqu’ils

Trouvent les clés rouillées.

Mensonge que les vents. N’existe

Qu’un petit berceau au grenier,

qui se souvient de tout

Et la lune .

Mais non, pas la lune.

Les insectes.

Les insectes seuls,

Crépitants. Mordants, frémissants, rassemblés, et la lune

Avec un gant de fumée, assise à la porte des ses ruines.

La lune

Lune et panorama aux insectes.

Frederico García Lorca

Au cœur de la distance

La distance entre les personnes s’est largement contracté, le temps d’un clic on parle à une personne habitant un pays qui nécessiterait un voyage éprouvant en avion. Oui, rien n’est plus simple pour se contacter que de lancer une applications de messageries instantanées et nous voilà en conversation avec un ami qui fait un voyage au Japon.

La technologie aide les gens à garder le contact.

Personnellement, je me sers beaucoup d’application de messagerie, WhatsApp, Facebook Messenger, Skype et les SMS bien sûr !

Mais pendant que nous papotons à l’aide de ces interfaces numériques, le papier perd du terrain pour disparaître complètement.

J’aime recevoir une lettre manuscrite, écrit d’une main tenant un stylo. Tout un monde qui disparaît petit à petit. C’est un geste particulier de lire et d’écrire une lettre. Il y a d’abord l’ouverture de la boîte à lettre, et puis au milieu des factures, pubs et autres mailings, on trouve une enveloppe écrite à la main au nom et adresse. Un coupe papier ou même une paire de ciseaux faisant l’affaire et nous pouvons lire attentivement l’écriture.

C’est un moment magique que de savoir qu’une personne au lieu de prendre un traitement de texte, son clavier et choisir la bonne police.

Qui écrit un mot?

Ne serait-ce qu’un mot doux le matin à son amoureuse ou amoureux?

Et pourtant ce petit geste du matin ou du soir réconforte et une preuve d’attention. Et ce à n’importe quel moment de sa vie. Par exemple je m’occupait dans un cadre professionnel un couple marié depuis 50 ans, en soit c’était magnifique mais quand ils ont raconté que chaque matin jusqu’à récemment, à cause de son Parkinson, il lui écrivait un petit mot d’amour.

Ma génération on se faisait passer des petits bouts de papiers griffonnés pour déclarer notre flamme adolescente à la superbe jeune fille que l’on imaginé nue ! Aujourd’hui nos enfants n’aiment plus écrire ou lire est fastidieux et pourtant quel plaisir de lire un mot..

Une lettre a une connotation temporelle, c’est à dire que la personne a prit du temps pour écrire et aller la poster. On se pose tranquillement et on s’applique à l’écriture et à son orthographe et à sa grammaire.. un mail est plus rapide et le risque de faire des fautes est minimiser par les correcteurs orthographiques inclus.

Oui, mais c’est impersonnel dans le sens où l’écriture requiert un nombre important de réponses à des stimulus que l’écran et les touchent d’un clavier inhibe.

La relation lointaine, l’amour à des kilomètres, parfois a des frontières est -il une pure folie ou une grandes aventures?

Envisager une relation, entamer une relation amicale ou amoureuse est toujours délicat. Les premiers rendez-vous, notre langage corporel et nous savons si nos goûts communs peuvent créer l’alchimie de l’amour, cette pierre philosophale !

Mais une relation a des centaines de kilomètres m’épates. Cette confiance que ces deux êtres ont placé en chacun d’eux, l’amour qui les connecte et les preuves d’amour qu’ils doivent multiplier pour ne pas rompre ce délicat lien.. ils me font penser à ce funambule des années 70 qui a marché sur un fil reliant deux buildings à 100 mètres de hauteurs.

Donc pour continuer mon article, je vois que l’amour est très difficile à entretenir un sentiment, un attachement.

Première règle, promettre et faire. On se promet de s’appeler à une heure précise et on s’y tiens

Deuxième règles, on reste en contact avec son Autre, un petit mot SMS ou une photo avec un smartphone tout est quasiment possible. Organiser un rendez-vous Skype, FaceTime ou WhatsApp et on se doit d’y être!

Respecter la parole donnée

Surtout ne pas commettre l’erreur de dire je viens pour le week-end puis tout abandonner à cause du boulot.. il faut savoir donner la priorité à l’être aimé. Celle où celui qui sera là pour vous !

Ne pas oublier les petites attentions, les week-ends en amoureux, se rappeler les moments de bonheur et surtout se dire qu’il y en aura d’avantage.

Faire des projets communs et puis ne pas construire des châteaux en Espagne mais de vrais projets auxquels le couple pourra s’engager.

Il y a plusieurs façon d’être éloigné: parfois ce n’est pas forcément la distance qui nous éloigne mais la vie quotidienne, le travail, les enfants et on oublie le couple. Ce ferment qui a vu pousser dans le ventre de Madame ce fruit délicieux béni des dieux, un enfant devient un perturbateur de l’équilibre au sein d’un couple.

L’engagement, que vous soyez éloignée par la distance ou proche dans une maison commune est la même problématique. L’engagement et pouvoir savoir que l’on peut compter l’un sur l’autre. Magnifique sentiment que de savoir qu’une personne bienveillante nous protège.

Essayer de profiter l’un de l’autre à la puissance dix ! Et fixer un autre week-end.

L’amour n’existe pas, c’est du vent tant que vous ne passer pas à l’acte. Un véritable lien de confiance s’établi avec le temps, sans précipitation. Elle se construit comme une maison, la confiance en est la base; les fondations et puis les murs des sentiments montent au fil des mois et un jour après avoir monté et meublé votre coquet petit cocon peut être y ajouterez-vous un toit… un toi pour toit..

Amour épistolaire ne rime pas toujours galère

Distance ne rime pas toujours avec absence;..

Les enfants perdus

Cela pourrait être le titre d’une célèbre histoire, d’un conte de James Mattew Barrie. Les enfants perdus. Mais point de Peter ni de Wendy, juste de tristes avatars de ces héros mythiques du début du siècle dernier.
Ces enfants perdus ne sont pas les habitants d’un pays imaginaire, depuis quelques années ils habitent mon imaginaire. Bien souvent, le soir j’attend la fenêtre ouverte qu’un Peter virevoltant me fasse voler et m’emmène les rejoindre. Mais assis devant l’écran de mon ordinateur, devant la fenêtre ouverte de ma boite mail, Peter et sa copine Wendy ne viennent toujours pas me prendre par la main et me monter qu’ils existent bien mes enfants perdus. Habitant ce pays pas si imaginaire que ça..
Tout à une origine, l’origine de cette attente est une séparation comme il en existe des centaines en France. Rien de bien extraordinaire, une situation amoureuse sur le déclin, une femme plus jeune qui croise ma route et plus rien ne compte.
Oui plus rien, je n’étais plus un mari, plus un père, j’étais redevenu dans les yeux de cette jeune femme un homme sexuellement attirant. Vertige des sens, sensualité retrouvé, être désirable te désirer de nouveau. Je n’étais que jouissance, érection, draps froissés. Je ne pensais que caresse, je n’étais qu’envie. Dieu m’est témoin qu’à cette époque une seule chose comptée, le sexe tout le temps et partout avec elle. Elle mon incroyable addiction qui m’a fait oublier pour un temps mon rôle de père.
Tout en étant un être érectile, j’étais un être incomplet car je perdais peu à peu le contact avec la réalité. La famille que j’avais construite.
La réalité était devenue un rêve, le rêve mon quotidien dans les bras de celle qui m’a fait reconnaître les sentiers de ma sexualité.
Mon Ex était bien ancrée dans la réalité et se débattait entre la colère d’être trahie et celle de l’abandon. Oui j’abandonnais ma famille mais au delà mes enfants.
Je suis un mauvais père, mais un foutu queutar, belle image que je dois à l’imagination fertile de mon Ex. Au fond comme sur beaucoup de choses à l’époque, elle n’avait pas tort…
L’amour est fragile, c’est un équilibre sur lequel deux êtres aimant se tiennent. Quand l’un s’en va, l’autre s’effondre. Dans cette chute il essaye d’entraîner l’autre, le plus loin possible. Je suis tombé si bas, entraîné par un morceau de béton attaché aux chevilles balancé dans un lac judiciaire. Elle m’a si bien plombé que j’ai mis une éternité à remonté des méandres judiciaires dans lesquelles j’étais plongées. Un divorce est un combat, un tribunal un véritable ring.. Je n’étais pas entraîné, j’étais KO en deux séances…
Je me suis vu privé de tout. J’avais perdu l’estime de moi, je ne pouvais concevoir que mes enfants aient une image paternelle si dégradée.
L’homme est lâche, j’ai fui. J’ai rompu le contact petit à petit.
Au début, j’ai combattu, j’ai renier tout ce que la mère était capable d’inculquer à mes enfants. Je me suis battu pour les voir, luttant comme Sancho pour gagner un RDV avec eux.. Lutter sans cesse, entre les insinuations horribles, les interrogations de mes enfants, leurs questions.. J’avoue que seul à combattre contre une mère, c’était inégale. Je ne suis pas armé..
Je suis fautif, je les ai abandonné.
Je les aime plus que tout..
Renouer avec eux, reprendre le fil, retisser un lien. Impossible tant que la haine animera celle qui s’est sentie trahie. J’ai trahie une femme à laquelle j’étais marié.
M’aimais t-elle au point de me poursuivre de sa haine durant ces sept dernières années ?
Beaucoup de gens, dont des amis très proches m’ont affirmé que la haine est un sentiment si proche de l’amour que parfois il se confondent..
L’amour, la haine, là n’est pas mon propos.
J’aimerai tant que les relations entre parents divorcés soient toujours bonnes et dans l’intérêt de l’enfant mais c’est très peu le cas. Le divorce, la séparation est toujours un échec ! Mais qui est responsable ? Là est la guerre, la responsabilité de l’échec.
J’en assume pleinement l’échec. Ma punition a été à la hauteur.
Trop souvent les pères ne sont considérés que comme des portefeuilles. Peut-on bâtir une relation parentale quand ce sentiment domine, prime sur tout le reste ?

Mes enfants perdus.

Pour eux, je ne sais pas ce que je suis, un être impardonnable, un père abhorré comme on déteste les cafards. Un géniteur dont on refuse l’héritage génétique quand dans un accès de colère maternel,

on t’assure que tu ressemble à ton père !

Avant toute cette déferlante de passion et de haine, j’étais un père, un vrai papa poule. J’étais présent pour leurs premiers pas, leurs premières chutes, les maladies, les chagrins, les bobos, les peurs nocturnes. Les câlins quand mon fils n’acceptait de s’endormir que berçé par la musique et dans mes bras exclusifs. Ma joie, mon bonheur ressenti dans ces moments. Il y avait les Noël familiaux les plus banals, leurs anniversaires… Les grandes joies de la vie d’un homme.
Ce que j’ai compris avec l’âge, c’est qu’être un homme c’est aussi être un père. Savoir bander et être là pour consoler son ado d’un chagrin d’amour.
Je ne suis que la moitié d’un homme, qu’un sexe, qu’un être phallique sans coeur tant il est brisé par leur absence.

Je vous en prie ne me jugez pas, je ne suis qu’un humain avec ses contrariétés, ses lâchetés. Mais avec une peine et un chagrin que rien ni personne ne pourra combler.

J’aime, je ressens, je vis mais il y a toujours un pincement au cœur quand le calendrier s’égrène… Des dates, des lieux et mon coeur explose…
Peter, Wendy ! Hey vous qui voyageaient au pays imaginaire, dites à mes enfants que je les aime. Et que je suis là, je suis un papa désolant, mais un père qui vous chéris de tout son coeur..
Comprendra t-elle un jour, qu’elle n’est plus rien pour moi, qu’il est temps de tourner la page, qu’elle n’est que la mère de mes enfants. Une femme avec laquelle j’ai conçu la plus belle chose de ma vie. La page se tourne, les enfants sont toujours aussi loin… Je sais aujourd’hui que rien ne me les ramènera, ni la colère, ni les pleurs mais juste le temps qui fera son œuvre et contre lequel, toute puissante qu’elle soit, cette mère et amoureuse pathétique ne pourra rien..
Un enfant sans père perd un repère …

Quarantaine

En quarantaine, je me traine sur mon lit. Allongé le regard posé sur le plafond, je cherche le fond..

Le fond des choses, au fond de moi où tout les mots prennent leur source, où tout les maux se nourrissent au banquet de la rancœur que mon âme recèle… En quarantaine bien sonnée, l’heure est à l’introspection..

Je me retrouve prisonnier de moi-même. Ce Moi que j’ai construit tout au long de ces quarante années. Il est aujourd’hui une construction imparfaite, je le sais, une vulgaire étude de cas d’un étudiant en architecture. Celui qui m’a imaginé devait être un piètre élève, vu le nombre de malfaçons dans le bâti. Je ne suis que le fruit d’un démiurge voulant sûrement s’amuser avec un peu de glaise, je ne suis qu’une sorte de Golem pourvu et ce n’est pas commun d’une âme, d’un coeur battant et doué de raison.
Enfin presque doté de tout ce qu’il faut pour être humain, sauf mon incroyable incapacité à aimer. Par peur de ne pas être aimé en retour..

Égoïste, sûrement. Peureux, sincèrement !

Lutter pour être aimé, combattre pour être reconnu. D’ailleurs n’est-ce pas un peu prétentieux que vouloir être reconnu, apprécié des autres… Est-ce si essentiel que ce miroir, ce regard de l’autre nous apprécie ?

Je le pense, nous n’existons réellement dans le regard de cet Autre, aimé, ami ou autres formes d’interactions sociales humainement possibles.

L’esprit embourbé dans cette boue existentielle, de cette glaise matière à guérison.

Pourquoi être quadra change t-il notre perspective de la vie ?

Pourquoi ce nombre crée t-il une béance dans notre chemin de vie ?

Quadragénaire, unissons nous ! Vivons !
Que me reste-t-il à construire ? Une famille, une maison, une carrière professionnelle? Tout cela est fait, j’ai une famille que je croyais idéale, coincé par un crédit immobilier- encore 20 ans- et je me réveille tout les matins en me disant que cette vie ne me suffit plus.

Les hommes mêmes adultes resteront toujours des adolescents. Nos femmes le savent mieux que nous-mêmes. C’est grâce à elles que beaucoup de quadra reviennent à la raison.

En quarantaine la raison m’a quitté, la passion de la vie a résonné à mon oreille. Envie d’une autre vie.

J’ai tout foutu en l’air, la maison d’abord.
Rien ne me plaisait là dedans, la décoration choisie par ma femme, l’emplacement, les voisins idiots et leurs idiot de gamins ! Toujours à être invité par ma femme – encore elle – pour tenir compagnie à ma fille qui s’en tape complètement tellement attirée par sa petite amie du moment. Mais chut, ma femme ne le sait pas, ou feint de ne pas le savoir. Sa fille homosexuelle et son fils incapable de ne penser qu’à une chose le sexe féminin. Un gamin digne de son père celui-là, je t’aime mon fils. Ma fille, je l’adore bien sûr. Cela me laisse toujours un peu perplexe de lui trouver une excuse quand elle dort chez sa petite amie du moment. Sa mère croit qu’elles révisent, pauvre idiote, cela te ferait vraiment mal que ta fille préfère caresser des seins, se fondre dans les bras de son amie, de se coucher sur elle nue et d’aimer ce contact. Ce peau à peau tant important à deux êtres pour se connaître et s’aimer..

Ah ma femme que j’aime, enfin que j’aimais. Oh je ne sais plus, j’ai tellement l’habitude qu’elle soit là que je ne sais même plus si son absence me rend triste. À vrai dire, je suis un peu honteux de dire cela, j’aime quand elle est absente.. C’est tellement inhabituel que s’en est délicieux..

Un couple c’est le remède à la solitude, un dispositif médical contre la peur d’être seul.. Je suis un grand névrosé, en écrivant ces quelques lignes je m’en rend compte.

Une présence, sa présence !

Je crois que j’ai besoin de sa présence pour avoir l’illusion d’être. Oui c’est cela, juste savoir que je suis utile, que j’ai une mission : être là en bon chef de famille, merci l’héritage paternel.

Est-ce suffisant ? Le bonheur d’un homme tient à cela ?

Et c’est quoi le bonheur d’un homme qui a tout… Je fais parti de ces privilégiés qui ont tout dans la vie pour être heureux mais qui cherchent d’avantages.

Je ne suis qu’un consommateur de bonheur, un drogué de la vie facile, de l’extase que nous promettent les sciences, la technologie.. Mon dealer préféré, mon incapacité à supporter la frustration.

J’ai dit oui, à la Mairie, au choix des prénoms de mes enfants, j’ai supporté sans rien dire mes beaux-parents, les amis de ma femme. Je n’ai rien dit quand son corps a changé, que son humeur s’est assombrie. Le corps des femmes est d’une nature ingrate, elles peuvent donner la vie, supporter des douleurs atroces de l’accouchement, de leurs règles. Elles sont en cela supérieures à bien des hommes, mais comment expliquer qu’elles ne supportent pas de laisser un pot de Nutella à moitié plein. Consciencieuses, elles le vident et se le reproche amèrement, au début. Et puis au fil des années quand elles sentent le regard un peu moins rempli de passion, le pot de pâte à tartiner remplace le délaissement. Un emplâtre d’amour, un cataplasme pour soulager la douleur de la solitude. La sylphide aimée se transforme en une inconnue aux formes peu désirables.

Oui je sais, cruel. Vous avez trouvé le bon mot. Je suis cruellement insatisfait de ma vie d’homme !

Cruel ?

Mais je ne le suis pas, je ne la supporte plus. Elle ne me suffit plus, j’ai envie de seins ferme, de hanches fines, de cuisses fermes et de désir. Et de bander de nouveau pour une femme ! D’avoir une élection rien qu’à l’évocation de sa peau, de son regard,de la sensation de ma main sur son corps. Bander comme un bras d’honneur à la vie.

Oui, j’ai envie de ressentir du desir ! Un desir fou, puissant, priapique !

Je croyais avoir résolu mon problème de frustration. J’ai pris une maîtresse.

Et puis une voiture puissante, un bolide hormonal, un moteur dopé à la testostérone !

Quelle belles sensations de passer la première et de sentir cloué au siège.. Putain c’est se sentir vivre.. À bout de souffle, à bout de raison, à la folie.

Vivre, j’ai bien vécu. Rassurez vous, je ne suis pas mort, ni dans un état suicidaire ou atteint d’une maladie incurable. Non, depuis quelques temps, j’ai l’impression d’être le fantôme de moi-même, un ectoplasme hantant ma vie. Je vis, je ris, de moins en moins souvent, j’ai de plus en plus de mal à supporter les situations qui se sont établies sans que j’ai eu une quelconque influence dessus. Je crois que j’ai cessé de me battre, que le confort a tuer ma vitalité.

Est-ce cela être à mi-chemin de la vie? Est-ce cela la quarantaine ? Perdre ces illusions, ce rêve d’une vie meilleure, au détriment d’un confort gagné grâce à un travail honnête !

Je vomis ma vie présente, j’envie ma révolte qui m’habitait avant d’être un mari, un père..

Mon infidélité, ma fontaine de jouvence de maîtresse me redonne cette terrible envie de me battre. Au lit, c’est une combattante. L’avantage de prendre une femme plus jeune… Nos ébats sont toujours synonymes de combats, nous laissant épuisés, assoiffé, animé d’une faim terrible l’un de l’autre.
Je n’eprouvé pas d’amour pour cette femme, je ne veux que son corps.

Malgré tout, il me manque toujours quelque chose, le temps..

Je crois qu’à la quarantaine le temps s’accélère, la mort approche à grand pas..

Et j’ai la trouille d’avoir a regretter ma vie. La sensation est tellement forte qu’elle m’étouffe. La quarantaine est noeud autours de notre gorge, le temps en est la corde à laquelle nous sommes suspendus.

Le bourreau est appelé, la question est de savoir quand il va venir..

Je ne quitterai probablement pas ma femme, l’habitude.. Je ne laisserais pas le désir s’enfuir encore de ma vie, le sexe sans engagement, sentir un corps plus jeune, plus ferme.

Sensation de revivre une jeunesse qui s’obstine à me fuir..

Mon psychiatre m’a conseillé d’accepter le vieillissement inéluctable de mon corps. Je voudrais juste savoir si lui a envie de dégénérer. Vieillir, c’est être dans la salle d’attente de la mort à regarder ses amis, les êtres qui vous sont chers, mourir ou devenir séniles.. La sapience voudrait que je l’accepte, mon humanité le rejette.
Je rejette les belles images de ces vieillards heureux et encore animés d’une envie de vivre passé quatre-vingt ans. Je leur laisse, le bonheur de la joyeuse vieillesse, je préfère partir tôt. L’avantage de partir tôt et de n’emmerder personne avec nos problèmes de vieux. Mes enfants et moi n’ont pas envie de me supporter vieillissant ! Je ne suis pas un poids, une épée de Damoclés menaçant de tomber sur le porte monnaie de mes rejetons. Et puis, sincèrement la dépendance n’est pas faite pour moi.. Je me révolte quand je dois patienter dans un supermarché, alors attendre qu’on daigne me laver, une aide-soignante qui me racontera sa vie familiale merveilleuse dont je me fous éperdument. Non merci, je décline poliment l’invitation ! les fuites urinaires et leurs cortèges d’odeurs nauséabondes ! Les couches que l’on nomme protection pour ne pas infantiliser. Manger de la bouillie infâme, je préfère bouffer les pissenlits par la racine, je suis sûr que je serai un engrais bio de toute première qualité ! Les morts levaient vos vers et trinquons !

La sénescence n’est pas pour moi, pas maintenant, inenvisageable.

Vous me direz « fuite en avant », je vous répondrai « je m’en fou, laissez moi tranquille .»

Je suis comme un malade gravement atteint d’une maladie incurable : la sénescence et sa compagne, la mort. Je suis en quarantaine de peur que je ne propage cette maladie à mon entourage.

En quarantaine, allongé sur mon lit en pensant à la nuit dernière ou sur mon sexe tendu, une déesse était posée, ou l’espace d’un moment de pure jouissance, la vie à regagner en puissance.
Dans une explosion orgasmique, je me suis senti à nouveau jeune et vivant..

L’amère fête des mères ….

Fête des mères, aujourd’hui nous rendons hommage à celles qui nous ont donné la vie. Ces mamans, jeunes ou moins jeunes qui par le cœur nous berce de bonheur.. Leurs chaleurs, la douceur de leurs bras aimant qui vous serrent, dans les moments de joies ou de grandes tristesses.. Profitons de cette journée pour leur rendre la pareille. Jours heureux. Sauf pour certaines personnes qui n’ont plus eu la joie de serrer leurs mamans dans leurs bras. De ce manque, de cette affreuse déconstruction, il nous faut malgré tout construire une vie, avoir une famille et sans cesse penser, « Serai-t-elle fière de moi?». 

Il y a des moments des la vie d’un homme où une mère manque cruellement, la première naissance. Cette immense joie mêlée de tristesse de savoir que ce bébé n’aura pas de grand-mère. Lui aussi orphelin, comme son parent.. On prend l’habitude d’aller raconter sa vie sur une dalle de granit.. Mais mon dieu que c’est froid le granit, et c’est muet une pierre.. Alors que l’on voudrait juste entendre une dernière fois sa voix.. Cette petite voix qui depuis le ventre nous berçait, nous consolait, savait trouver les mots, posait des mots sur des maux, des bobos.. Un bisous magique sur des yeux remplient de larmes…

Il y a les souvenirs qui pourrissent la vie, les souvenirs sont pire.. On s’habitue à la mort, à la disparition d’un être si essentiel, c’est bizarre d’écrire cela, mais c’est vrai, on s’habitue à la mort.. Mais les souvenirs sont comme du sel versé sur une plaie, qui ravivent sans cesse la douleur.. Et nous rappellent notre solitude… 

Oui, seul.. On regrette les coups de gueules, et le fameux « Si j’avais sû..! » car aujourd’hui, les regrets ne suffissent pas à combler le vide laissé..

On murmure des « Je t’aime maman».. On dépose des fleurs sur une tombe… Mais rien en ce jour calme la douleur..

Ce qu’apporte une mère est au-delà des mots, l’amour maternel dépasse les mots, c’est un ressenti viscéral, vital..

On peut fêter les mamans, on doit le faire tous les jours… Si on savait l’immensité d’une telle détresse, on fêterai nos mères comme des déesses de vie..

Je te regrette… 

Signé un petit garçon, trop con pour ne pas l’avoir dit aussi souvent et par pudeur de ne pas l’avoir crié à temps…

État d’âme …

Je vous laisse mettre vos maux en poème .. Les maux en un mot, en une strophe avant la catastrophe …

Lire ce texte et réfléchir… Méditer sur mon état d’âme… La solution…

L’arme à l’œil, larmes à mort..

Recueillir sur un doigt, la tristesse liquide,

Revêtir un costume, un masque de bonheur,

Carnaval de la vie, 

Jeu de faire semblant, le triste jeu du je…

Être …

Aller jusqu’au fond du gouffre de l’absence d’amour. Cultiver la haine de soi. Haine de soi, mépris des autres. Haine des autres, mépris de soi. Tout mélanger. Faire la synthèse. Dans le tumulte de la vie, être toujours perdant. L’univers comme une discothèque. Accumuler des frustrations en grand nombre. Apprendre à devenir poète, c’est désapprendre à vivre. 

Michel Houellebecq. Extrait de  » Rester Vivant «