Une journée de sensibilisation à l’autisme

L’autisme cet état que personne ne connaît, seul les parents ou les enfants autistes peuvent comprendre. Nos enfants sont différents par rapport aux votre, ils jouent, pensent et envisagent le monde différemment que les enfants n’ayant aucun Trouble du Spectre Autistique! Le fameux TSA. Dans nos pays civilisés, Europe, USA, un enfant avec un ètampon TSA ou autres maladies rares est exclu et vu comme une «bête de cirque».

N’oublions pas et gardons en mémoire qu’en France les maladies mentales invalidante dont fait partie l’autisme sont un obstacle dans leur futur vie d’adulte.

Être sourd, muet, malvoyant, autiste ou paraplégique pour nos enfants l’école devient un rêve !

Pourtant ces enfants ont une soif d’apprendre et surtout d’être accepté par les instituteurs et institutrices.

Les autistes plus que ce que l’on en pense.

Mais au fait qu’est que c’est l’autisme, enfin les troubles du spectre autistique ?

Les TSA est une condition neurodeveloppementale. Dont les caractéristiques peuvent changer au cours du développement de l’enfant à l’âge adulte. Cet état peut être très invalidante pour le patient ainsi que ses parents et parents les plus proches.

Pour la personne autiste cela touchent principalement:

Les relations sociales

La communication

Les comportements et les interêts

Pour certains autistes les comportements, les interactions sociales peuvent varier et évoluer en bien, ou en s’aggravant en fonction de l’environnement et de la prise en charge.

Idées reçu sur les TSA

Les autistes sont violents. En aucun cas une personne autiste a une prédisposition à la violence, mais peuvent avoir un comportement trop excessif car ils ont du mal à s’exprimer leur désir. Quand la violence est là elle résulte souvent d’une incompréhension entre la personne autiste et nous. Cela peut-être pris pour un appel à l’aide. Je sais que la violence est pensé et que tout les autistes sont violents. Mais ôtez-vous cela de mal tête ! N’oublions pas que les autistes sont des personnes fragiles et souvent mal compris, ils sont victimes du mépris et du regard des autres

Les autistes ne ressentent pas l’empathie et de compassion. L’empathie est la capacité de quelqu’un à se mettre à la place d’un autre. Elle dépend et varie d’un autiste à un autre. Certaines études américaines ont démontré que certains autistes sont loin d’être indifférent à la souffrance des autres, bien au contraire; ils sentiraient les choses de manières trop intenses ( études de international scoop for Advanced studies (http://www.sissa.it)) et publiée dans https://www.nature.com/srep/. Le mythe de l’autiste incapable d’empathie est faux

Prenons cinq minutes et mettons nous à la place d’un petit autiste qui a du mal à communiquer, à décoder le langage corporel, l’intonation de la voix, ce qui les empêche de réagir de manière adaptée aux différentes interactions.

Mais d’où vient le mythe de l’autiste incapable d’empathie est due à une maladie nommée «Alexithymie : Mal psychologique caractérisé par une vie affective et imaginaire pauvre, une incapacité à exprimer verbalement ses émotions, le recours systématique à l’action pour éviter et résoudre les conflits, ainsi qu’une tendance à décrire en détail des faits physiques.». Cette maladie touche 50% des personnes autistes à titre de comparaison cela toucherait dix pour cent de la population normale.

Ce n’est le seul fait d’être autiste qui peut être violent mais une maladie secondaire qui peut nous atteindre aussi.

L’autisme n’est pas synonyme de génie en devenir ou mal compris même si certaines personnes présentent des prédispositions dans un domaine. Le fameux Rain Man a fait de l’autiste un être surdoué; enlevez cette image de votre cerveau.

Un autiste est avant tout un être humain avec des besoins, une sensibilité et pour dix pour cent d’entre eux ont une prédisposition savante. Dix pour cent d’autiste peuvent réciter les décimales de PI ou jouer à l’oreille un morceau de Mozart ou créer une ville miniature à base d’allumette.

Mais à part cette échantillon non représentable de la population des personnes autistes, ils ont une intelligence normale ou un peu au-dessus.

Une personne autiste ne parle pas … Une personne autiste ne sait pas parler: faux. Elle peut même parler de manière logorrhéique si le sujet les intéresse. Il y a des disparités dans l’acquisition

Il est important de ne pas mélanger langage et QI. Ils ont d’autres moyens de les comprendre et c’est à nous de nous adapter.

Un autiste ne regarde jamais dans les yeux: un adulte ou enfant peut s’il le veut regarder dans les yeux et soutenir un regard, mais cela est est très exigeant sur le plan de la concentration, situation stressante et même douloureuse selon les autistes. Du coup ils recourent à des stratagèmes en fixant un lobe d’oreille de son interlocuteur

Malheureusement, nous parents qui sommes habitué et bien informé sur les TSA comprennent notre enfant quand ils veulent nous parler en fixant un point et pas notre regard.

Je me rappelle de ma fille qui pour nous parler regarder ailleurs, fixant une ampoule, un tableau, une mèche de cheveux. Ma petite était dans un moment de douleur lorsque les personnes l’obligeait à les regarder. Cela me mettait hors de moi.

Mais c’est vrai, que nous ne sommes pas bien informé sur les TSA hormis des films comme RAIN MAN, l’autiste qui compte et un très grand mathématicien.

Mis à part ce film, nous n’en parlons qu’à l’occasion de cette journée du 2 avril pour sensibiliser les gens à l’autisme. Briser le silence, exposer ce qu’est l’autisme à la lumière du 21e siècles.

Et scolarisons ces enfants, la scolarité est un droit pour nos enfants, c’est inscrit dans la loi. Elle est obligatoire pour tout les enfants sauf pour les fauteuils roulants, les mal voyants, les autistes, les trisomiques et tous ces enfants qui sont obligés de s’adapter à une école qui ne se donnent pas les moyens d’accueillir correctement nos enfants.

Dans les grandes villes, les intégrations scolaires sont un peu plus simples tandis que dans les villages les parents s’arrachent les v-cheveux. Il faut nous croire mesdames, messieurs mais scolariser un enfant différent est un combat! Un combat contre les professeurs des écoles, les directeurs d’écoles et les ATSEM. Du personnel non formé, des instituteurs ne savent pas gérer les apprentissages et sont démunis face aux manque de réaction ou de mutisme. Il assiste aux cris, aux crises ne sachant comment calmer cette crise.

Les parents vivent dans la terreur à chaque convocation de l’équipe éducative !

Avoir un enfant autiste aujourd’hui est aussi difficile qu’il y a 15 ans quand ma fille a fait son entrée à l’école maternelle. Je me rappelle quand je l’emmenais, la joie, le bonheur dans ses yeux..

L’équipe éducative était génial avec le temps il se sont aperçu que S. Avait réussi son intégration, avait des amis et faisait des bêtises comme les autres.;

Putain tout ce que je demandais c’est cela qu’elle fasse des bêtises !

L’appel aux étrangers vivant en France

En relisant le roman de Blaise Cendrars « j’ai tué » suivi de « j’ai saigné ». Je me suis rappelé qu’il avait été le signataire et l’inspirateur d’un appel en août 1914 signe par de nombreux intellectuels.

L’appel aux étrangers vivant en France

Cet appel a été placardé sur les murs de Paris puis repris dans la presse, Le Figaro, Le Matin, Le gaulois.

Blaise Cendrars a fait deux guerres mondiales et a été blessé au front et a écrit deux courts textes de cet épisode de sa vie. Texte dur, violent mais à lire absolument.

Je vous laisse cet appel

« L’heure est grave

Tout homme digne de ce nom doit aujourd’hui agir, doit se défendre, de rester inactif au milieu de la plus formidable conflagration que l’histoire ait jamais pu enregistrer.

Toute hésitation serait un crime.

Point de paroles, des actes.

Des étrangers amis de la France, qui pendant leur séjour en France, ont appris à l’aimer et à la chérir comme une seconde, patrie, sentent, le besoin impérieux de lui offrir leurs bras.

Intellectuels, étudiants, ouvriers, hommes valides de toutes sortes – nés ailleurs, domiciliés ici – nous qui avons trouvé en France la nourriture de notre esprit ou la nourriture matérielle, groupons-nous en un faisceau solide de volontés mises au service de la plus grande France. »

Sept secondes le temps d’un regard.

Nouvelle série de Netflix? Encore une !

Vous pouvez me poser les questions suivantes :

pourquoi choisir de faire un article sur une série ?

Pourquoi ne pas donner un avis sur un livre ou même un film?

Et pourquoi s’intéresser à une série télévisée alors que tu as une quarantaine de livres à faire aimer à tes lecteurs?

Oui vous avez bien lu, plus de quarante livres à vous donner envie de lire, mon appartement commence à ressembler à une vraie librairie. Mais parfois, j’abandonne les pages pour regarder ma télévision et parfois je tombe sur de très belles choses.Tout d’abord, je pourrais trouver des références littéraires pour justifier mon choix. Mais c’est avant tout un énorme coup de cœur télévisuel.

Le genre de séries bien faites qui tient le spectateur captif de l’histoire. Rien ne nous ait épargné , les larmes, la colère face à l’injustice, les images fortes qui nous blessent et les sourires parfois les rires.

Aucuns sentiments ne sont oubliés et c’est là le coup de maître de Veena Sud savoir doser à chaque épisode le mélange subtil de tous ces sentiments. Il y’a des scénaristes, des réalisateurs qui ont ce petit supplément de talent qui transforme l’ordinaire sordide en réflexion globale sur la société.

Les thèmes sont connus, le racisme, la violence policière, les ghettos et les gangs, la drogue, la pauvreté. Rappelez-vous que des thèmes qui ont été maintes fois traités deviennent soit des chefs-d’œuvre ou soit de lamentables navets bourrés de pathos, pataugeant dans les bonnes valeurs de la famille, du travail. Navets dans lesquels nous retrouvons le célèbre combat du bien contre le mal, tout est blanc ou noir, aucune nuance, le public déteste aimer les méchants et surtout il faut que les personnages de salaud soient des salauds jusqu’au bout. Un peu pervers, brutaux, avec un problème forcément d’ordre psychologique et un QI très haut frôlant le génie ( Les serials killers en sont pourvu) ou celui d’une huître c’est au bon choix du scénariste et du style de tueur.Mais cette binarité dans la réalité comme dans cette série n’a pas cours. Les méchants, les gentils ne sont pas là où on le croit.

Jersey City, une ville coupée en deux.

Jersey City où se déroule l’intrigue vit dans l’ombre de Manhattan, c’est l’interstate 78 qui sert de frontière à l’Est Les quartiers riches, les centres d’affaire, même Goldman Sachs y a construit une succursale. Et à l’Ouest, les quartiers laissés à l’abandon, commerces dévastés, terrains vagues, habitations insalubres. Pauvreté et violence sont le lot quotidien des habitants de ce côté de la ville.Seven Seconds, nous plonge dans le réel. Crue et violente réalité des quartiers Ouest.

Des gens simples, issus de quartiers pauvres où règnent la drogue, la violence et le racisme. Nous ne sommes pas devant des ersatz de quartier de pauvreté à la mode hollywoodienne, où la pauvreté est aseptisée, les drogués sont propres et hygiéniquement corrects. Non, les quartiers Ouest de Jersey City.

D’un côté les dealers membres de gang avec leurs codes, leurs valeurs qui vendent leur produit à des malades toxicos qui sont prêt à tout pour une dose. Et puis au milieu de cette jungle, les policiers qui sont les responsables du maintient de l’ordre au services et à la protection de la population. The Wire avait déjà plongé dans les quartiers pauvres de Baltimore, dans cet univers et avait décrit avec rigueur et d’un réalisme si fort les ravages de la drogue, les causes et les effets sur la société américaine. Cette série est devenue une véritable référence en la matière. Il est probable que vous trouviez certaines scènes très violentes et que vous allez peut-être retrouver l’atmosphère de cette série culte des années 2000. Bien sûr que Seven Seconds a emprunté l’atmosphère social à The Wire, mais elle a réussi à rajouter l’actualité violente des États Unis de Trump ou du 45eme comme le nomme ses nombreux détracteurs. Veena Sud saupoudre de politique avec délicatesse les dialogues de ses personnages, des petits rien qui en disent long.

Le thème principale de la série

La montée du racisme et bien sûr les violences policières et les adolescents noirs issus de quartiers pauvres tués par des policiers blancs est le sujet principal de la série.

Les dénonciations de ces crimes « racistes » sont nombreuses aux États Unis, comptabiliser les morts est difficile à faire. Les noirs manifestent dans tout le pays avec un slogan « Black Lives Matter » ou « La vie des noirs comptent » repris en couverture par le prestigieux Times magazine.

Mais ce n’est pas le seul thème abordé, j’ai même eu l’impression que c’était un moyen d’attirer les gens, une sorte de vitrine. Tant de thèmes dans cette série abordés simplement et de manière concrète. Le sort des vétérans d’Afghanistan ou d’Irak, les problèmes surtout des noirs qui pour échapper à la logique des quartiers et des gangs s’engagent, combattent et reviennent avec un pseudo programme de retour à la vie civile qui ne mène à rien. Ces quartiers et le déterminisme social qui fait penser qu’un adolescent noir traversant un parc à vélo est forcément membre d’un gang, dealer et de toute façon pas quelqu’un d’important. Juste un gamin tout juste bon à mourir renversé par une voiture ou tué au coin d’une rue pendant un deal qui tourne mal.

Le racisme prend une autre forme, un racisme social, un énorme melange de sous-entendu présentant les pauvres vivant dans des cités comme des délinquants dealant et tuant.

Je crois que ce sont des thèmes que l’on pourrait retrouver dans nos sociétés européennes, même en France .. ce qui fait de Seven Seconds une série plus universelle, les thèmes abordés transcendent les frontières.

L’étrange jeu que les policiers et les voyous jouent ensembles, le fossé qu’il y a entre les deux est parfois mince et un acte peut faire d’un flic un peu naïf un voyou. Bref, je ne vais pas vous raconter l’histoire, n’y comptait pas.

Continuons cette plongée obscure, explorons l’âme torturée des protagonistes, ils sont abîmés par la vie, par leur enfance, par leur travail. Ils ont tous des fêlures plus ou moins voyantes rendant les affreux pas si moches et les gentils pas si gentils. Bref, des gens normaux avec des ambivalences.. mais je vous laisse découvrir la palette de toutes ces ambivalences humaines et bouleversantes.

Les acteurs sont vraiment très bons, crédibles et sans que les scènes les plus dures ne soient sur-jouées, une mère en deuil de son enfant mort dans des circonstances affreuses, un père un peu trop sévère qui croyait faire le bien, un frère qui cherche sa voix en dehors du gang dont il a réussi à sortir, un flic qui cherche une figure paternelle et que dire des deux enquêteurs. Couple improbable unis par un désir de justice. Les coéquipiers, ce thème est peut-être celui le moins bien exploité, certes les deux personnages sont attachants mais manquent un peu de profondeur. Peut-être que les non-dits ou les aveux en demi teinte entre eux n’en deviennent insipides, comme si à force d’esquisser le peintre avait perdu son sujet.

Une mention spéciale pour Regina King qui joue le rôle de la mère. Elle est fantastique dans le rôle de cette mère éplorée passant par tout les stades du deuil. Colère, désespoir, douleur, désir de justice, incompréhension et résignation toutes ces phases de deuil.

Dix épisodes qui nous entraînent petit à petit vers l’enfer et l’incompréhension d’un système qui protège certains au détriment d’autre.

Le dernier gros frisson devant une série que j’ai ressenti était dans une salle de cinéma, assis devant le sublime film de Kathryn Bigelow « Détroit » le sujet étant les émeutes de détroit en 1967 et surtout les événements dramatiques survenus dans l’Algiers motel. C’est un film fort, sans filtre émotionnel , brut et on en ressort choqué, nauséeux et surtout révolté. Seven Seconds a réussi cet exploit de me laisser accrocher à mon écran pour savoir et surtout vouloir la justice. Comment une série télévisée vous prend par les tripes et ne vous les lâchent pas. J’en suis sorti révolté, écœuré et me disant que cette spirale infernale ne finira pas, tant des deux côtés l’incompréhension et les croyances sont tenaces!

Et puis en réfléchissant, j’ai pensé que dans notre pays, la France, l’atmosphère était la même.

Incompréhension entre la police et les jeunes, mauvaises images des deux camps, ghettoïsation excessive, délinquance et ce manque de perspective que l’on donne à nos enfants. Finalement, l’analogie est flagrante et puis le racisme ambiant, prégnant la société française. Nous aurons nous aussi nos gamins tués par une police aveugle et dépassée.

Adama Traoré, les petits Zyed et Bouna et tous ceux que notre police ont esquinté.

Oui ! nos jeunes de banlieue ne sont peut-être pas tous noirs mais ils sont victimes des mêmes violences et parfois décèdent sous les coups de la police et laissent des mères et des pères dans le desarroi et poussent à des manifestations violentes. Les forces de l’ordre ripostent et nous rentrons dans un cercle vicieux qu’il nous faut briser.

Cette série est une sacrée réussite. Elle va sûrement marquer l’année 2018. Et si les deux derniers épisodes ne vous donnent pas envie de vomir, le réquisitoire de la substitut du procureur en charge de l’affaire devrait vous réveiller..

Et je vous laisse découvrir pour quoi ce titre énigmatique et ce magnifique visuel ou affiche de la série qui résume très bien l’atmosphère de Jersey City.

Et pour mémoire je vous donne les noms qui ont fait écho dans les médias de ces enfants tombés sous les balles de policiers blancs :

  • Walter Scott de North Charleston en Caroline du sud
  • Michael Brown, Ferguson dans le Missouri
  • Tamir Rice, Cleveland

Et tant d’autres dont les noms m’échappent ..

Cliquer ici pour la bande annonce de Détroit si vous ne l’avez pas encore vu. Une claque monstrueuse !

Bien vieillir, une question d’avenir!

Message Important

Dans son édition de ce soir Mediapart, le journal en ligne, édite une enquête de Mathilde Goanec sur une maison de retraite du groupe ORPEA qui est un poids lourd dans le secteur de l’EHPAD. La journaliste de Mediapart a enquêté dans un établissement du groupe à Neuilly où apparaissent de graves dysfonctionnements dénoncés par les familles et les soignants. Cette maison de retraite privé est très coûteuse. En effet une chambre peut être facturée de 10.000 € à 15.000 € tout compris, il y a le luxe, la maison présente très bien mais !

Dans un autre établissement du groupe une femme âgée serait morte sous les coups d’une autres résidentes!

Parfois, il est bon que les familles, les salariés dénoncent et écrivent aux différents médias surtout que joindre les médias est de plus en plus simple.

Je vous met le lien pour lire cet article édifiant sur un secteur victime des coupes budgétaires et des dérives d’un capitalisme sans aucune régulation.

Cliquez ici pour en savoir plus : Chez Orpea, la fin de vie se paye au prix fort.

Mise à jour : Le gouvernement va débloquer 50 millions d’euros supplémentaires pour les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) a annoncé la ministre des solidarités et de la santé, invitée de RTL jeudi 25 janvier.

En plus des 100 millions inscrits au budget 2018 de la Sécurité sociale, « nous ajoutons 50 millions d’euros qui vont être donnés aux agences régionales de santé pour qu’elles puissent accompagner au cas par cas, en fonction des difficultés, les Epahd qui souffrent aujourd’hui d’un manque de moyens » a t-elle déclaré. (Source Journal Le Monde)

Petites histoires

Les soignants accompagnent dans les gestes du quotidien la personne âgée. L’aide à la toilette, à l’habillage, a la prise des repas, à l’hydratation. Ils dispensent les soins prescrits par les médecins et délivrent les traitements aux résidents.

Ils sont aussi responsables de la stimulation intellectuelle par le biais d’activité.

Ils sont responsables de l’intégrité physique et psychologique des personnes âgées.

Les maisons de retraites ou EPHAD étaient une belle idée, adapté au vieillissement et à la bonne prise en charge des patients.

Les cadres de santé, les infirmières et aides soignantes étaient fières de participer à cette prise en charge. On allait enfin s’occuper des personnes très âgées et des complications liées à leur grand âge ! Les moyens financiers et matériels étaient une promesse du président Chirac avant de devenir une Grande cause nationale.

Dans cette optique, les Ephad ont poussé comme des champignons. Tout était magnifique, les maisons seraient aidés par l’état, l’ARS subventionnerait les recrutements en personnel. Tout était réuni pour qu’un vieux finissent ces jours dans des conditions dignes!

Mais, car dans toutes les histoires il y a toujours ce Mais qui transforme le conte de fée en cauchemar…

Les beaux discours ne font pas forcément les actions.

Les postes promis, les budgets envisagés, tout s’est envolé. Le gouvernement à peut-être mal évaluer les problèmes liés au grand âge, et puis l’espérance de vie rallonge toutes les années.

En terme réel, pour être bien dans le contexte, un vieux vit plus longtemps, vieillit dans les structures, devient dépendant, voir très dépendant pour tout les actes de la vie courante. Il n’est plus rare de croiser dans des maisons de retraites des petits vieux frôlant voir dépassant la centaine d’années, ne parlant plus, recroquevillés dans un fauteuil dit confort ou coquille.

Donc la crise couve, le personnel doit jouer leur rôle et faire leur travail dans les meilleures conditions possibles.

Je sais chers lecteurs que vous êtes entrain de vous dire que tout ce que j’écris ou décris vous le savez ou le soupçonniez déjà. Mais entre l’envisager et le vivre au quotidien, il y a un fossé. Être confronté à des personnes fragiles, parfois malades, parfois violentes, démentes. Ce n’est pas simple à vivre et à simplement décrire.

Alors je vais mettre toutes les choses ressenties, partagées par de nombreux soignants et soignantes au cours de mes escales ponctuelles en EHPAD.

Dans ce texte je voudrais rendre hommage à mes collègues et à toues celles et ceux que je n’ai jamais croisé. Je suis très admiratif pour ces personnes qui y travaillent au quotidien. Pouvant supporter toutes ces tensions et ce métier qu’ils ont choisi par conviction et pour les valeurs qui le sous-tend.

On rationalise, on minute, on planifie mais rarement on écoute. Voilà le quotidien des soignants en EHPAD.

* Rationaliser

Il faut d’abord gérer l’effectif, les arrêts maladies sont nombreux en EHPAD. Les dos sont bloqués, les épaules, les poignets sont abîmés. Alors en embauchant à 7 heure du matin on attend de voir qui manque à l’appel. On croise les doigts et la journée l’effectif sera complet ou alors il manquera une, deux ou voir plus de salariés. Toujours rationnaliser, nous décidons de nous répartir les soins et le nombre de patients des personnels absents. Ce qui veut dire deux ou trois toilettes en plus. Bien évidemment nous oublions les plannings de douches, de kinésithérapie ou autres soins.

La direction veut que les Résidents soient propres et surtout soient présents en salle à manger pour les familles. Il en va de l’image de l’établissement.

Le porte monnaies parle plus en faveur de la présentation, du paraître que des problèmes. D’ailleurs selon les directeurs de nombreux établissements le discours pour les familles est qu’il n’y a aucun problème : la peur que les familles placent leur parent ailleurs.

Pendant que la direction sauve les apparences, les aide-soignante, les infirmiers et les ASH travaillent comme des forcats.

* Minuter

On doit savoir que les soins ont une durée et soins planifiés. Une toilette au lit est de 15 minutes. Un quart d’heure pour laver, changer, habiller et mettre dans un fauteuil une personne.

Une aide à la toilette, laver le dos, les jambes c’est 5 minutes.

Faire manger une personne dépendante c’est 10 minutes, pas plus.

Un change pour les personnes incontinentes et une mise à la sieste après le repas, c’est 5 minutes

Un lever de sieste 2 minutes

Et puis il faut les préparer pour la nuit. Certains établissements privilégient le coucher dit « précoce ». En langage clair, le résident est mis au lit entre 16 et 17 heure.

Dans d’autres, on se retrouve à 2 ou 3 soignants pour soixante personnes à coucher.

Voulez-vous ma pire expérience ? Nous nous sommes retrouvés à deux pour faire les coucher ! Le cadre prévenu de situation tendue, nous a laissé carte blanche : en gros faites pour le mieux.

Imaginez juste un moment coucher 20 personnes dans un temps défini. Il faut pour comprendre connaître les horaires de repas du soir et l’heure de la débauche comme l’on dit dans le métier. Les chariots repas sont livrés à 18 h 30 et les soignant débauche le plus souvent vers 20 h 30 ( ce ne sont pas des horaires exactes mais fonder sur les nombreuses missions ou vacations que j’ai faite.) Donc on se retrouve à faire manger une soixantaine de personne à 18 h 30/ 19 h le plus rapidement possible tout en sachant qu’il faut tous les coucher avant 20 h 30.

C’est une course contre la montre qui s’engage pour les faire manger le plus rapidement possible. Repas rapide, coucher rapide.

* Planifier

En EHPAD comme dans d’autres structures de soins tout est planifié, le temps pour une toilette, l’heure des repas, des couchers, le temps pour faire un lit, changer des draps.

Planifier, les soins, faire le tri entre les soins urgents. Surveiller les gens susceptibles de finir leur jour. Coordonnées les visites de médecin.

Pour nous aider a bien planifier, l’informatique est là. Programme de planification de soins, transmission sur support informatique, liste de patient pour les toilettes. Planifier les demandes de personnels quand les titulaires sont en maladie..

Planifier le chaos c’est notre occupation principale.

Il faut aussi gérer les différentes plaintes plus ou moins justifiées des familles. Gérer aussi les gens qui déambulent, qui deviennnent violents. Accorder du temps aux familles des résidents en fin de vie. Et faire la visite avec les différents médecins traitants. Parfois il y a un médecin référant mais il se peut que chaque résident ait son médecin personnel. Je vous laisse imaginer les soucis de coordinations, la perte de temps et la mise à jour des traitements pour 60 a 80 patients en moyenne.

Planifier, minuter, rationaliser. Est-ce vraiment notre travail à nous soignant. Sommes nous des gestionnaires, des spécialistes de relations publics, des assistants sociaux et aussi des salariés des ressources humaines?

La réponse est simple : non !

Et puis sommes nous des gens qui devons travailler à la chaîne, faire des pansements, des toilettes avec un chronomètre en poche. Nos chers dirigeants ont oublié que l’on travaillait avec des êtres humains, qui parfois ont besoin de parler, de rire ou d’être rassuré. Les patients ou résidents ont besoin avant toutes choses d’interactions de bases humaines.

Malaise

Les soignants ne se reconnaissent plus dans ce système, ils sont en perte de valeurs. Ils ne savent plus pourquoi ils travaillent. Ils avaient choisi ce métier comme moi avec le désir chevillé au corps, l’envie de se rendre utile, de prendre soins de l’autre. C’est encore plus vrai pour les personnels ayant choisi l’ephad pour travailler. D’année en année les conditions de travail se dégradent, les conditions de vie des résidents aussi, tout est lié. Quand le système broie le soignant, il broie aussi le résident. Résident qui lui n’a rien demandé si ce n’est finir ses jours tranquillement.

En EPHAD les problèmes des soignants sont nombreux quand on prend le temps de les écouter, les revendications sont nombreuses : le manque de personnel est la première des choses qui revient dans tous les discours. Les salaires qui sont devenus indécents. Les rythmes de travail, les jours de repos qui sautent pour remplacer les absences, les congés annuels repoussés, parfois des horaires de nuit viennent s’intercaler dans un cycle de travail de jour.

Me viens une question, interrompons notre liste revendicative un instant, voulez-vous ?

Une question, chers lecteurs qui êtes peut-être salariés :

  • Accepteriez-vous des contraintes de travail si énorme?
  • Accepteriez-vous que vos horaires, vos jours de repos soient changés du jour au lendemain?
  • Enfin, accepteriez-vous d’être payé au smic pour subir toutes ces contraintes?

Je pense sincèrement que la réponse serait NON!

Et peut-être que cet article vous ouvrira les yeux sur une profession en grande difficulté. Si vous avez une personne placée en EPHAD ou qui y travaille, vous penserez différemment.

Puis vient le manque de respect des résidents, cette impression d’être maltraitant sans le vouloir mais on le devient par manque de temps à consacrer à l’humain. Ces hommes et ces femmes font ce métier parce qu’ils aiment les gens! Ils placent les relations humaines au dessus de tout, le système fait qu’ils ne peuvent plus être dans ce rôle, celui qui soigne par les mots, qui réconforte par une simple main tenue.

Bien évidemment certains soignants tentent de se faire entendre, par des lettres, des grèves très peu médiatisées mais l’état, les collectivités et même les citoyens français restent sourds.

Ils restent à ces femmes et hommes courageux que leurs consciences professionnelles pour continuer le travail, pour continuer les soins et ne pas trop pénaliser les résidents. Pour continuer à les aider à bien vieillir

Il faut que l’on ouvre les yeux sur les moyens, les problèmes sociaux de ses établissements.

Nous sommes des personnes âgées en devenir, un jour ou l’autre nous serons à la place de ces petits vieux.

Le gouvernement a mis en place des pansements, charte de la bienveillance, conseils réunissant les familles et les intervenants, questionnaires de satisfaction. Mais on se moque toujours un peu du monde. Non?

On ne veut pas remédier radicalement aux nombreux problèmes que posent le vieillissement de la population française.

Tout les ministères sont concernés, la santé bien sûr mais aussi le budget, l’économie et l’emploi. C’est une question qui dépasse les clivages politiques traditionnels, les querelles de clocher.

Ouvrons les portes des EHPAD à un maximum de publics, médiatisons le sujet, informons dés l’école ce que vieillesse veut dire et par pitié arrêtons avec les clichés des années de sagesses, du nombre d’année qui se transforment en nombre de printemps, et j’en passe. En matière de communication, la vieillesse est un sujet délicat. Doit-on expliquer l’incontinence, les troubles cognitifs, la perte d’autonomie au public pour qu’il comprenne que la prise en charge en maison de retraite devient vite une priorité.

Expliquer aussi que les couches que l’on appelle pudiquement des protections sont chères, qu’un fauteuil confort est aussi coûteux.

Qu’une maison de retraite médicalisé a besoin de soignants réellement formés et bien rémunérés pour une bonne prise en charge. Elle a besoin aussi de matériels adéquats et en nombre suffisant.

Il faut absolument que nous nous posions la question de savoir ce que l’on veut pour nos vieux jours.

Que voulons-nous pour Notre Bien Vieillir ?

Le système actuel doit évoluer car dépasser par le nombre de personne âgée à prendre en charge et les pathologies qui y sont associées.

Le chantier est énorme et nécessite des moyens, du temps et surtout une réelle volonté d’agir . Bref du courage politique.

Nous attendons beaucoup de l’état, ce qui est normale au vu de notre imposition, mais que pouvons nous faire en tant que citoyen?

Simplement soutenir les différents mouvements de grève, écrire à son maire, au député. Alerter les autorités quand on a un parent qui réside dans un établissement où l’on constate des choses qui paraissent bizarre. On peut aussi relayer auprès de la direction des établissements les dysfonctionnements constatés. A petite échelle nous pouvons agir aussi.

Une petite info au passage

Une intersyndicale (FO, CGT, CFDT, UNSA, CFTC, CFE-CGC et SUD) a lancé un appel à la grève dans les Ehpad, le mardi 30 janvier, pour protester contre la « suppression massive de postes » due selon les organisations syndicales à une « une réforme de la tarification introduite par la loi vieillissement ». Ils demandent « l’augmentation des effectifs, gage de l’amélioration de la prise en charge des résidents ». (Source Journal Le Monde daté du 25 janvier.)

Allez soutenir dans les EHPAD de votre ville ou village ces protestations qui nous concernent ou qui vont nous concerner à plus ou moins brève échéance.

L’hôpital n’est plus très hospitalier

Mise à jour : suite à la lecture d’un article du journal Le Monde .

Objectif de 70 % de patients en chirurgie ambulatoire d’ici cinq ans, c’est-à-dire 2022, la ministre de la santé l’a rappelé ce jour que c’était une priorité du gouvernement pour faire des économies.

Quelles sont les spécialités concernées?

  • La gynécologie
  • L’urologie
  • La stomatologie
  • La chirurgie vasculaire
  • La chirurgie digestive

Ces quatre disciplines sont visées directement par l’ambulatoire et j’ajouterai l’orthopédie depuis deux ans où l’on voit des patients rentrer le matin pour une prothèse de hanche ou de genoux et rentrer le soir chez eux.

Miracle des techniques médicales, meilleures prises en charges de la douleur et meilleures techniques d’anesthésie. Bref une vrais bonne chose.

Mais, car il y a toujours un mais, le verso de la médaille. Un mirage, un fantasme français qui dure depuis plus de 20 ans!

Encore le mirage de la réduction des coûts par l’ambulatoire qui dure depuis les années 90. Bien sûr, sur le papier la chose est bonne. Les patients demandent à rentrer chez eux le plus rapidement possible, l’hôpital fait des économies en coût d’hébergement( les patients restent une journée ) et celui du personnel de nuit qui est restreint puisque il y a moins de patient à surveiller.

Mais fait-on réellement des économies avec l’ambulatoire?

Les médecins sont pour, mais ils sont d’accord pour n’utiliser que des techniques les plus simples évitant ainsi que le patient revienne se faire ré-opérer suite à des complications. Ils insistent aussi sur le fait que l’ambulatoire doit s’accompagner d’un suivi et d’infrastructure pour le suivi à domicile évitant ainsi une nouvelle hospitalisation. Ils ont aussi la crainte que la chirurgie ambulatoire soit synonyme de désengagement des politiques et pouvoir public dans le système de santé français.

Mais pour cela il faut des moyens, des budget. Donc fini les belles promesses d’économie!

De plus du côté du personnel, les charges de travail sont plus lourdes. En effet les patients nécessitant le moins de soins et d’attention rentrent chez eux laissant la place pour les patients qui restent hospitalisés qui sont les plus «lourds» en terme de soins et surveillance mettant à mal le fameux «une infirmière pour douze patients» en vigueur dans les services actuellement. Situation intenable que la marche forcée vers l’ambulatoire a causé de telles tensions que l’hôpital de Nantes a dû embaucher des aides-soignantes pour désamorcer la crise. Certains services ont dû se réorganiser, emplois du temps, rythme de travail et conscience de sa profession qui sont bousculés. Le nombre d’opérations sont en augmentations, les services de bloc, de salle de réveil et de stérilisation sont très sollicités, à la limite de la crise, du désengagement. Ces personnels n’ont plus la perception de leur travail, le terme «usine» est le plus utilisé pour qualifier l’hôpital.

Que dire des services d’ambulances qui sont deux fois plus utilisées, l’assurance maladie obligeant les médecins à solliciter un transport couché pour un patient opéré pour certaines pathologies. Incroyable gâchis financier. Le nombre de nouvelles hospitalisations suite à une intervention subit en ambulatoire est en augmentation souvent dû à une mauvaise prise en charge de la douleur ou du contexte social.

Les médecins sont pour, les patients sont pour, mais les pouvoirs publics sont dépassés par des questions qu’ils n’avaient pas imaginé notamment le fait qu’une intervention en ambulatoire est toujours moins payé qu’une chirurgie d’un patient hébergé à l’hôpital.

Oui l’économie promise à marche forcée vers l’ambulatoire est un leurre. Une espèce de fantasme que les grands argentiers de l’hôpital et de la santé ont voulu vivre. Le désastre est amorcé.

L’ambulatoire sera aussi la tombe de l’hôpital comme l’idée d’un refuge. L’hôtel-Dieu est abandonné de nos divinités remplacées par celles de la rentabilité !

A l’origine l’hôpital était un lieu particulier, une anomalie dans un temps où les pauvres n’étaient rien.

Au Moyen Age, les hôpitaux français étaient intimement liés à la religion chrétienne puisqu’ils étaient fondés par l’Eglise catholique et administrés par les membres du clergé. L’hôpital n’est pas encore un établissement de soin tel qu’on le connaît actuellement mais un établissement d’assistance, une œuvre de charité.

Les rois, les reines, les puissants bourgeois avaient droit aux médecins, aux soins prodigués par des «soignants». Médecine très empirique et basée sur la saignée et d’obscures croyances.

Mais les médecins ne s’attachaient pas à soigner les pauvres.

Par exemple, Certains grands seigneurs comme le fameux et richissime chancelier de Philippe Le Bon, qui en 1443 fonde les fameux hospices de Beaune.

« Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d’août, en l’an de Seigneur 1443 … dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels … je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère … »

Le 1er janvier 1452, les hospices de Beaune ou Hôtel-Dieu sont ouvert «ce palais aux pôvres malades», pauvres, indigents, vieillards. En 1459 Nicolas Rolin obtient la création de l’ordre des Soeurs Hospitalières de Beaune dont la règle associe vie monastique et soins aux pauvres et aux malades.

Donc ce Nicolas Rolin en 1443, lance ce qui sera notre fondement de l’hôpital. Nous sommes au moyen âge après la guerre de cent ans et un homme a l’idée dans ces temps obscurs d’ouvrir un lieu pour accueillir les malades, les mourants.

Et dire que l’on a une image si négative du Moyen âge. Cette époque historique, peuplée de gens qui sont des fanatiques religieux et ne rêvent que de faire griller les gens qui sont d’une autre obédience ou croyance qu’eux. Donc en ces temps d’obscurantisme religieux et d’étouffement de la pensée et de la science recèlent des trésors.

Lecteurs lisez par pitié les traités de Umberto Eco et vous changerez de point de vu sur cette époque. Bref, un homme du moyen âge ouvre un établissement pour soigner gratuitement les laisser pour compte.

Soins aux pauvres et indigents GRATUITEMENT, sous couvert de religion bien évidemment.

Durant des siècles, l’hôpital était un refuge pour les pauvres qui ne pouvaient se payer des soins. Les indigents y trouvaient soins, secours et a manger et du réconfort auprès de religieuses. L’hôpital était une véritable vocation comme l’est la religion.

L’hôpital était hospitalier. Pendant des centaines d’années, les médecins, les sœurs ou les prêtres œuvraient bien souvent avec peu de moyens et l’hôpital existait grâce à la générosité de riches seigneurs, nobles ou bourgeois.

Le système fonctionnait, l’hôpital évoluait en véritable centre de soins, recherche médicale, formation des médecins et des infirmières. Peu à peu au travers des siècles les religieux ont disparu des couloirs des hôpitaux, pour laisser place aux médecins. Et puis les cols blancs ont remplacé les blouses blanches dans les sphères du monde décisionnaires.

Aujourd’hui cette idée géniale d’humanité et battu en brèche. On attend plus que son enterrement. D’année en année, de plan économique et drastique on tue l’idée brillante, peut-être la seule qu’il nous restait venu d’obscure homme du Moyen-âge.

Peut-être que l’obscurantisme n’est pas là, sur la frise chronologique, où on la situait. On commence sûrement à y entrer, l’obscurantisme de l’argent qui recouvre d’un voile opaque toute l’humanité qu’il nous restait.

En tant que soignant, nous avons des valeurs, une éthique que l’on apprend pendant notre formation et qui est notre socle commun professionnel. Médecins, infirmiers, aide-soignant et autres intervenants dans le monde hospitalier nous sommes aux services des patients quels qu’ils soient.

Ces valeurs professionnelles, j’y suis, comme nombre de mes collègues profondément attachés. Mais aujourd’hui, je ne retrouve plus ces valeurs, je n’arrive plus à les mettre en pratique. Le système y est pour quelque chose.

Plan hôpital, rationalisation des soins, de la durée de séjour, facturation à l’acte ou T2A, traçabilité patient, matériel et autres

Plan d’économie, plan de secours. L’hôpital est malade. Malade de sa gestion d’entreprise non adaptée à sa mission de service public.

Pourrait-on différencier l’hôpital d’une clinique, l’hôpital d’une entreprise?

Gérer la santé comme un bien de consommation est intolérable pour les soignants et est d’une incroyable imbécilité. Comment peut-on réellement dire suivant des statistiques qu’une prothèse de hanche c’est 2 jours d’hospitalisation en service de chirurgie ou une Néphrectomie ( ablation d’un rein) c’est 4/5 jours d’hospitalisation.

Si l’on suit cette logique, nous sommes tous des humains fait dans un même moule. Et nous répondons aux traitements de la même manière. Nous récupérons d’une opération suivant les critères de durée de l’assurance maladie. Nous gérons et ressentons la douleur de la même manière, parce que les statistiques l’ont dit.

Ne parlons pas des patients et de leur environnement social. Bien souvent, la patientelle de l’hôpital public est pauvre, précaire socialement. Bien souvent, les soignants se retrouvent avec des patients qui sont atteints de pathologies lourdes qui méritent un suivi à domicile, parfois il faut un domicile pour mettre en place les soins. Parfois il faut de la famille pour surveiller le patient, l’accompagner et l’aider. La population qui vient se faire soigner est dans la misère sociale et affective ce qui complique bien souvent la sortie. Combien de fois mes collègues et moi-même avons-nous dû nous battre contre le médecin pour différer la sortie d’un patient parce qu’il retournerai dans la rue après son opération car il était sans domicile fixe. Trouver une place pour une maison de convalescence à quelqu’un qui ne possède pas de mutuelle mais à droit à la CMU. Autant de situations complexes, le soignant se transforme à l’hôpital tour à tour en assistante sociale, psychologue, secrétaire pour prise de RDV radio ou IRM, et accessoirement nous faisons notre métier qui est je le rappelle de dispenser des soins et traitements.

Le système de soins broie le patient.

Parlons de la manière dont on gère les soignants, le fameux Service Ressources Humaines. Les personnels hospitaliers ne sont pas soumis au code du travail mais au code de la fonction hospitalière, en gros les fonctionnaires hospitaliers sont corvéables à merci. Les RTT qui sautent, les nuits qui succèdent au jours et inversement suivant les besoins en personnel, n’oublions pas les changements de services et les changements de plannings de dernières minutes. N’oublions pas la notation du cadre, cette nouvelle tyrannie pour calmer la grogne. En effet, une mauvaise note et c’est le salaire qui ne progresse pas, la carrière qui est bloquée. Le cadre dans le milieu hospitalier a un énorme pouvoir, les RTT, les repos, les contre postes, les congés annuels et puis les petites mesquineries du genre, la commande de pharmacie qui est faite toujours par la même personne, etc.. Ce qui est le plus dur à vivre c’est le manque d’humanité dans les ressources humaines. Nous ne sommes qu’un numéro de matricule, sans aucun remerciement quand on remplace au pied levé une collègue ou quand on travaille en sous effectif. Jamais un merci, jamais une marque de reconnaissance. Pas besoin que cela prenne une forme pécuniaire, juste un petit mot glissé dans l’enveloppe de notre fiche de paie.

Nous ne sommes pas les plus mal lotis en France. Il est vrai que nous avons un métier, un salaire et du travail. Mais notre salaire contrairement au privé n’a pas évolué, le point est gelé depuis de nombreuses années.

Le système broie les soignants.

La clinique fonctionne comme une entreprise, rentabilité, taux d’occupation, temps opératoire, location de salles d’opération, beaucoup de sous-traitance. Réduire le personnel en fonction de l’activité. C’est une usine à fric, les chirurgiens, médecins sont du privés et surtout trient leur patients en fonction de leur état de santé général, de l’argent qu’ils possèdent. Ce qui est beaucoup plus simple pour les suites opératoires, le placement en convalescence… Les statistiques de la sécurité sociale sont remplis, on opère beaucoup en ambulatoire, protheses de genoux ou hanche, même certaines nephrectomies partielles sont faites en ambulatoires. Les services de chirurgie sont devenus des services ambulatoires. Les patients sont des actes, des K.

les soignants eux subissent, la baisse de salaire, les problèmes de personnels, les sous effectifs voulus pour plus de rentabilité. Les cadences opératoires infernales, les caprices des médecins et leurs tons méprisants. Une clinique n’est pas dans la philosophie de l’hôpital, mais c’est peut-être l’idéal des cols blancs qui ont pris le contrôle des centres hospitaliers.

Le système broie les patients, les soignants mais dans quels buts?

Je ne comprends pas le but de ce gigantesque chantier de destruction. La médecine a fait d’énorme progrès, les techniques opératoires ont permis à une opération lourde d’avoir des suites plus simples. La recherche a fait un pas de géant raccourcissant la durée de surveillance post-chirurgicale. Et puis il y a encore beaucoup à attendre et à accomplir. Mais le progrès scientifique pour qu’il ne pousse personne à la porte.

Oui notre progrès médical va plus vite que nos progrès sociaux. On soigne vite des gens qui n’ont toujours pas de lieu pour dormir au XXIe siècle. On opère et remet des gens sur pieds dont la vie est plus bancale et précaire qu’une prothèse de hanche luxée.

La recherche va si vite que nous les soignants, n’avons plus le temps de parler à nos patients, de leur prendre la main ou d’avoir le temps de composer un numéro de téléphone pour eux. Notre temps est prit par remplir des tonnes de papiers, à répondre à des dizaines de coups de téléphone et à courir après les médecins pour avoir des prescriptions correctes.

Notre questionnaire d’entrée et d’admission comporte bien une case adresse, personne à prévenir et retour à domicile ou en SSR. Mais le système n’a pas trop tenu compte de ce recueil de données ou n’a pas voulu.

Finalement, je suis sûr que le but au final serai le bien-être du patient mais pas le patient réel, un patient riche, éduqué et ayant une hygiène de vie parfaite. Le patient parfait ! Est-ce le cas dans tout les établissements de soins? Avons-nous vraiment croisé ce patient parfait dans nos services?

Aujourd’hui nous avons un nouveau défi, mettre la science médicale au service de tous les patients!

La santé est un bien commun, elle appartient à tout le monde. Être en santé, avoir la possibilité de se soigner afin de la conserver devrait être un combat, une priorité de nos gouvernants.

La science au service du patient. Et pas l’inverse.

Retrouvons notre sens professionnel et notre cœur de métier. Retrouvons le vrai sens de l’hôpital arrêtons de prendre la santé comme un bien de consommation.

L’hôpital était une grande idée à l’origine, un lieu de repos, de soins et de secours pour les plus démunis d’entre nous. L’hôpital représente un anachronisme dans notre société épris d’individualisme, d’argent et d’écran interactif.

Préservons le !

Et préservons les hommes et les femmes qui ont choisi de travailler dans ce lieu hors du temps, qui consacrent leur temps aux autres, à prendre soin de l’autre sans distinction, sans jugement. Un lieu de tolérance, de paix et de repos. Un lieu si rare à notre époque qui en fait une institution si précieuse.

Préservons ces soignants qui de jour comme de nuit prennent soins des autres .. Et surtout respectons les, eux et l’institution qui les emploie…

Migrant d’un soir

Ce soir nous sommes tous des migrants !

Nous allons nous dépouiller de notre année, jeter à la poubelle les mauvais choix, les bonnes résolutions non respectées et faire amende honorable.

Ce soir nous allons dire au revoir à cette année.

Devons-nous oublier pour autant ce qui l’a marqué?

2017, une année marquée par la guerre en Syrie, en Irak et au Yémen :

* Le Yémen, une guerre civile qui fait rage et pourtant oubliée..

* La Syrie où rien n’a changé, les bombes pleuvent toujours sur des femmes et des enfants

* L’Irak où les bombes humaines déchiquettent, mutilent des corps sans distinction de religion, de couleur ou d’orientation sexuelle.. A croire que les semeurs de mort sont plus tolérants quand il s’agit d’expédier des âmes au néant.

Cette année on a beaucoup revendiqué, dénoncé et très peu dans la rue, l’indignation se fait tranquillement installer dans son salon devant un écran d’ordinateur, de tablette ou de smartphone.

On dénonce, on crée des hashtags et on compte les likes, les retweets, nos nouveaux marqueurs de suivis et de sympathisants à la cause! Fini les marches dans la rue, les étudiants, les associations battants le pavé en scandant des slogans sous des banderoles faites de brics et de brocs.

Nouvelles méthodes de revendications peut-être marqueurs d’un manque réel d’engagement.

Un clic est moins fatiguant que de marcher pour une cause pendant des heures .. plus faciles aussi à organiser. Et puis soutenir une cause par le biais d’un hashtag est une garantie d’anonymat, défendre les LGBT, les femmes ou d’autres causes et pour certains lourd de conséquences socialement. Assumer certains positionnements politiques dans un contexte social, géographique ou culturel peut être très compliqué.

Le courage n’est pas donné à tout le monde!

Tout le monde ne peut supporter la pression.

Mouvement de dénonciation de harcèlement sexuel initié sur les réseaux sociaux le fameux #MeToo ou #balancetonporc (à l’initiative d’une journaliste française) sur fond d’affaire Harvey Weinstein, producteur américain accusé par une centaine de femmes de conduites sexuelles inappropriées.

Mouvements de réaction sur certains sites ou des hommes se félicitent de leur acte sexiste en argumentant sur une prétendue dérive féministe extrémiste, le fameux mot valise « feminazie ».

Notre culture, notre mode de pensée est chamboulée et toutes ces revendications nous questionnent.

Mais il est important de ne pas mettre les comportements de certains comme une matrice régissant le comportement de tous.

Nos comportements, nos blagues, l’humour sont passés au bain révélateur de bien des comportements, mais il faut être prudent comme nous le rappelle Sandra Muller, journaliste dans une tribune publiée dans le journal Le Monde daté du 30 décembre 2017:

« Pourtant, il est impératif que les hommes ne soient pas à leur tour victime d’une guerre des sexes ou jetés en pâture à la vindicte populaire et lapidaire sans éléments probants. D’autant que les comportements inappropriés concernent tout le monde : hommes, femmes, gays, lesbiennes, transgenres. Nous devons grandir et nous élever les uns avec les autres. Pas nous diviser. Le magazine américain Time vient d’attribuer le titre de « Personne de l’année » aux « briseurs de silence », nous toutes et tous dans notre diversité, de toutes religions et couleurs, militante féministe comme Tarana Burke, femmes de ménage, actrices hollywoodiennes et même des hommes. Cette formidable reconnaissance marque le début d’une nouvelle ère : celle de la parole libérée et de l’écoute. Il s’agit d’en faire bon usage et de ne pas balancer pour balancer  »

Il n’y a que le racisme qui en France est toujours un sujet tabou, un homme se grime en homme noir et prend la couleur de sa peau. Un footballeur qui pour rire prend la couleur d’un autre homme et par méconnaissance et manque d’éducation oublie ce que signifie ce déguisement pour tout les noirs. Mais ce n’est pas que le footballeur qui n’est pas conscient de cet acte profondément raciste, les réactions sur les réseaux sociaux, dans les rues ou à la télévision ne sont pas tous aussi tranchant. On tourne autour du pot, on choisit les mots. On noie le poisson mais on laisse le poison du racisme bien en place.

Encore un problème d’éducation comme pour le harcèlement sexuel, le racisme est mal compris? Nous sommes tolérants ou laxistes sur des sujets qui ne devraient souffrir aucune complaisance.!

Comment expliquer que la France a un si gros problème avec la diversité de sa population?

Le français a un problème avec le racisme, ne le reconnaît pas, ferme les yeux mais ce n’est plus une cause fédératrice. Cela me choque qu’a l’aube d’une nouvelle année, le problème ne soit toujours pas réglé !

Je suis de la génération des manifestations de « touche pas à mon potes », des combats contre les idées moisies du FN. Cette jeunesse qui était bouleversé par la mort horrible d’un marocain balancé dans la Seine par des militants FN, l’assassinat d’un homme jeté par la porte d’un train lancé à pleine vitesse parce qu’il était maghrébin!

Nous marchions, nous scandions notre haine de ces crimes odieux. Oui, un dimanche, un samedi peu importait à l’époque du jour de l’heure, l’essentiel était d’être là, ensemble, uni.

Nous sommes encore quelques-uns à combattre mais nos rangs ont été décimé par la vie, par les expériences et nos échecs. Combien d’amis avec lesquels j’ai manifesté m’avouaient que maintenant il ne comprenait pas pourquoi on devait accueillir des migrants, pourquoi « les arabes » avaient plus de droits que les français ( enfin les blancs), ils ont le sentiment de n’être plus chez eux! Pensée, idéaux abandonnés !

Que sommes-nous devenus ?

Nous avons oublié que nous étions égaux, que les hommes ont le même sang qui coule dans leurs veines.

Finalement tout ces combats, ces revendications légitimes seraient réglées juste par l’éducation. L’école qui expliquerait qu’un homme n’est pas supérieur a une femme, que les petits garçons et les petites filles ont le droit de jouer avec les mêmes jeux! Qu’il n’y a pas de jeu de filles ni de jeu spécifiquement masculins. Un garçon peut jouer à la poupée, les filles avec des camions de pompiers. L’essentiel dans le jeu est de permettre à l’enfant de s’amuser et n’est pas une caractéristique sexuelle!

Le racisme commence par une réflexion, un stéréotype idiot :

1. Les noirs courent plus vite que les blancs ou ils sautent plus haut, les blancs sont plus raffinés : as t-on vu un noirs chanteurs d’opéra ou présentateurs vedettes d’une émission de grandes écoutes ! Non!

2. Les italiens sont tous des mafieux ( certes ils sont européens, mais au début du XXe siècle, ils étaient la cible de la haine des français. Tout comme les portugais, qui comme nous le savons tous, ne sont bons que pour monter des murs et être des concierges à la pilosité débordantes.)

3. Les romes sont des voleurs et des coupeurs de gorge

4. Les noirs ont un sexe plus gros que la normale

5. Les arabes sont tous misogynes

6. Les arabes sont tous d’accord avec la charia

7. Les chinois sont travailleurs

8. Les asiatiques sont difficiles à distinguer les uns des autres

Et je pourrais continuer longtemps, tant les stéréotypes sont nombreux.

Je parle de racisme mais je n’en oublie pas pour autant le racisme de classe!

Oui, celui qui consiste à démontrer que les plus précaires, les plus pauvres de nos concitoyens sont des tricheurs, responsables de la dette et donc de l’effondrement de notre système de santé et et de protection sociale. Oui le pauvre, celui qui pu et qui nous empêche de pouvoir tranquillement déambuler sur les trottoirs de nos villes bien propres. Ce pauvre qui se vautre par terre et qui importune les gens en leur demandant des cents pour boire ! Forcément ! Le pauvre, on le cache, on l’empêche de stagner trop longtemps à des endroits trop passant. On enlève les bancs, on barre les bouches de métro. On ne sait jamais que le pauvre se repose ou se réchauffe. Et puis le pauvre n’est pas productif, notre société a besoin de gens productifs, éduqués et bien habillés.

Parfois le pauvre rêve de vivre décemment, il a envie de s’amuser, d’avoir une belle paire de chaussures ou une belle robe pour sa fille aimée qui se fait chahuter à l’école parce qu’elle est mal habillée. Forcément, avec un mois qui commence le 5 du mois pour se finir le 15, les habits de la fillette viennent de la boutique solidaire, Emmaeus ou une friperie. Assis au volant de sa Clio de 2000, on peut rêver parfois de lamborghini. On peut rêver que sa fille ait une meilleure vie, un avenir.. Mais cette petite fille aura beaucoup de mal à avoir cet avenir radieux quand on mange pas à sa faim, que l’on s’occupe de ses petits frères pendant que les parents triment pour un smic à 2 heures de trajet en transport en commun.

En y pensant, je suis encore plus amère devant tous ces gens qui ferment les yeux et se métamorphosent en super héros sur Twitter ou Facebook ! Prenez 2 heures de votre temps dans la semaine et allez aider, donner un coup de mains dans une association, ou bien même peut-être qu’à l’école de vos enfants il y a une famille en détresse sociale.

Aidez-les. Un sourire, un café avec la maman et peut-être que la robe que votre petite dernière ne met pas aidera et redonnera de la fierté à cette maman.

Les pauvres ont besoins d’être reconnu, de savoir qu’ils ont une place dans la société.

Oui vous allez être choqué entre deux huîtres, un toast de parler de pauvreté. Le mot vous choque? Pauvre? Vous préférez précaires?

Un chat est un chat ! Et la première décence est de reconnaître que la France a de nombreux pauvres, et cette pauvreté touche des enfants, des jeunes, des vieux. Peut-être, un jour, toi lecteur qui me donne un peu de ton temps.

Oui, comme je l’ai dit le racisme, le rejet de l’autre, sa stigmatisation prouve que notre société est malade.

J’ai commencé par mettre en titre nous sommes des migrants, tous des migrants. Peut-être un jour nous le deviendrons, réfugiés climatiques, politiques ou fuyant la pauvreté. Il me semble que les migrants français existent! Les frontaliers qui travaillent à l’étranger, Belgique, Allemagne, Suisse. Nos frontaliers travaillent à l’étranger pour gagner un peu plus d’argent ou tout simplement travailler.. cette migration n’est pas reconnue comme telle car le frontalier rentre dans son pays d’origine tout les soirs.. il n’en reste pas moins que ces gens pour des raisons économiques travaillent à l’étranger.. les habitants de pays pauvres, en guerre ne font qu’essayer de vivre!

Le problème des migrants finalement est le plus révélateur de la maladie de nos sociétés occidentales : la peur !

Oui dans nos pays forteresses nous avons peur d’être assiégé par des gens venu de loin au péril de leur vie. Ils concentrent tout les problèmes de notre pays, la pauvreté, la tendance au racisme, aux amalgames, notre propensions à nier les crises et à réagir lentement.

* Les migrants détournent l’argent des défavorisés de chez nous..

* Les migrants sont mieux logés que certains étudiants (propos entendus dans un self hospitalier)..

* Les migrants sont des terroristes potentiels..( propos entendu pendant une réunion)

* Les migrants saccagent les maisons et sont responsables des mauvais chiffres de la délinquance.

Encore des stéréotypes.. encore des informations et des peurs infondées…

Alors que ce soir nous sommes tous des migrants temporels, nous n’aurons jamais à risquer nos vies pour franchir la frontiere de la nouvelle année..

Mais par contre nous avons tous intérêt à mieux comprendre les maux de notre société pour que cette année nous apporte la paix et la prospérité..

Pendant que nous nous préparons à faire la fête, notre Méditerranée est un cimetiere, nos côtes calaisienne sont devenues des bidonvilles où règnent la loi du plus fort. Des femmes et des enfants croyants trouver la paix, la sécurité et la prospérité se retrouvent à dormir dehors..

Pour cette nouvelle année, je souhaite vraiment que les citoyens de ce pays se réveillent et entrent en lutte, une guerre de tous les jours contre le racisme insidieux quelle que soit la forme qu’il prend, blagues, humour ou propos de notre entourage. C’est un long combat peut-être perdu d’avance, mais si on ne fait rien c’est tout les jours un peu de notre humanité que l’on perd.

C’est un souhait..

Mais je vous souhaite d’être heureux en cette année qui s’annonce. Du bonheur, de l’amour et de la joie.

Je vous souhaite la réussite sur un plan personnel et professionnel.

Meilleurs vœux pour cette année 2018..

Quarantaine

En quarantaine, je me traine sur mon lit. Allongé le regard posé sur le plafond, je cherche le fond..

Le fond des choses, au fond de moi où tout les mots prennent leur source, où tout les maux se nourrissent au banquet de la rancœur que mon âme recèle… En quarantaine bien sonnée, l’heure est à l’introspection..

Je me retrouve prisonnier de moi-même. Ce Moi que j’ai construit tout au long de ces quarante années. Il est aujourd’hui une construction imparfaite, je le sais, une vulgaire étude de cas d’un étudiant en architecture. Celui qui m’a imaginé devait être un piètre élève, vu le nombre de malfaçons dans le bâti. Je ne suis que le fruit d’un démiurge voulant sûrement s’amuser avec un peu de glaise, je ne suis qu’une sorte de Golem pourvu et ce n’est pas commun d’une âme, d’un coeur battant et doué de raison.
Enfin presque doté de tout ce qu’il faut pour être humain, sauf mon incroyable incapacité à aimer. Par peur de ne pas être aimé en retour..

Égoïste, sûrement. Peureux, sincèrement !

Lutter pour être aimé, combattre pour être reconnu. D’ailleurs n’est-ce pas un peu prétentieux que vouloir être reconnu, apprécié des autres… Est-ce si essentiel que ce miroir, ce regard de l’autre nous apprécie ?

Je le pense, nous n’existons réellement dans le regard de cet Autre, aimé, ami ou autres formes d’interactions sociales humainement possibles.

L’esprit embourbé dans cette boue existentielle, de cette glaise matière à guérison.

Pourquoi être quadra change t-il notre perspective de la vie ?

Pourquoi ce nombre crée t-il une béance dans notre chemin de vie ?

Quadragénaire, unissons nous ! Vivons !
Que me reste-t-il à construire ? Une famille, une maison, une carrière professionnelle? Tout cela est fait, j’ai une famille que je croyais idéale, coincé par un crédit immobilier- encore 20 ans- et je me réveille tout les matins en me disant que cette vie ne me suffit plus.

Les hommes mêmes adultes resteront toujours des adolescents. Nos femmes le savent mieux que nous-mêmes. C’est grâce à elles que beaucoup de quadra reviennent à la raison.

En quarantaine la raison m’a quitté, la passion de la vie a résonné à mon oreille. Envie d’une autre vie.

J’ai tout foutu en l’air, la maison d’abord.
Rien ne me plaisait là dedans, la décoration choisie par ma femme, l’emplacement, les voisins idiots et leurs idiot de gamins ! Toujours à être invité par ma femme – encore elle – pour tenir compagnie à ma fille qui s’en tape complètement tellement attirée par sa petite amie du moment. Mais chut, ma femme ne le sait pas, ou feint de ne pas le savoir. Sa fille homosexuelle et son fils incapable de ne penser qu’à une chose le sexe féminin. Un gamin digne de son père celui-là, je t’aime mon fils. Ma fille, je l’adore bien sûr. Cela me laisse toujours un peu perplexe de lui trouver une excuse quand elle dort chez sa petite amie du moment. Sa mère croit qu’elles révisent, pauvre idiote, cela te ferait vraiment mal que ta fille préfère caresser des seins, se fondre dans les bras de son amie, de se coucher sur elle nue et d’aimer ce contact. Ce peau à peau tant important à deux êtres pour se connaître et s’aimer..

Ah ma femme que j’aime, enfin que j’aimais. Oh je ne sais plus, j’ai tellement l’habitude qu’elle soit là que je ne sais même plus si son absence me rend triste. À vrai dire, je suis un peu honteux de dire cela, j’aime quand elle est absente.. C’est tellement inhabituel que s’en est délicieux..

Un couple c’est le remède à la solitude, un dispositif médical contre la peur d’être seul.. Je suis un grand névrosé, en écrivant ces quelques lignes je m’en rend compte.

Une présence, sa présence !

Je crois que j’ai besoin de sa présence pour avoir l’illusion d’être. Oui c’est cela, juste savoir que je suis utile, que j’ai une mission : être là en bon chef de famille, merci l’héritage paternel.

Est-ce suffisant ? Le bonheur d’un homme tient à cela ?

Et c’est quoi le bonheur d’un homme qui a tout… Je fais parti de ces privilégiés qui ont tout dans la vie pour être heureux mais qui cherchent d’avantages.

Je ne suis qu’un consommateur de bonheur, un drogué de la vie facile, de l’extase que nous promettent les sciences, la technologie.. Mon dealer préféré, mon incapacité à supporter la frustration.

J’ai dit oui, à la Mairie, au choix des prénoms de mes enfants, j’ai supporté sans rien dire mes beaux-parents, les amis de ma femme. Je n’ai rien dit quand son corps a changé, que son humeur s’est assombrie. Le corps des femmes est d’une nature ingrate, elles peuvent donner la vie, supporter des douleurs atroces de l’accouchement, de leurs règles. Elles sont en cela supérieures à bien des hommes, mais comment expliquer qu’elles ne supportent pas de laisser un pot de Nutella à moitié plein. Consciencieuses, elles le vident et se le reproche amèrement, au début. Et puis au fil des années quand elles sentent le regard un peu moins rempli de passion, le pot de pâte à tartiner remplace le délaissement. Un emplâtre d’amour, un cataplasme pour soulager la douleur de la solitude. La sylphide aimée se transforme en une inconnue aux formes peu désirables.

Oui je sais, cruel. Vous avez trouvé le bon mot. Je suis cruellement insatisfait de ma vie d’homme !

Cruel ?

Mais je ne le suis pas, je ne la supporte plus. Elle ne me suffit plus, j’ai envie de seins ferme, de hanches fines, de cuisses fermes et de désir. Et de bander de nouveau pour une femme ! D’avoir une élection rien qu’à l’évocation de sa peau, de son regard,de la sensation de ma main sur son corps. Bander comme un bras d’honneur à la vie.

Oui, j’ai envie de ressentir du desir ! Un desir fou, puissant, priapique !

Je croyais avoir résolu mon problème de frustration. J’ai pris une maîtresse.

Et puis une voiture puissante, un bolide hormonal, un moteur dopé à la testostérone !

Quelle belles sensations de passer la première et de sentir cloué au siège.. Putain c’est se sentir vivre.. À bout de souffle, à bout de raison, à la folie.

Vivre, j’ai bien vécu. Rassurez vous, je ne suis pas mort, ni dans un état suicidaire ou atteint d’une maladie incurable. Non, depuis quelques temps, j’ai l’impression d’être le fantôme de moi-même, un ectoplasme hantant ma vie. Je vis, je ris, de moins en moins souvent, j’ai de plus en plus de mal à supporter les situations qui se sont établies sans que j’ai eu une quelconque influence dessus. Je crois que j’ai cessé de me battre, que le confort a tuer ma vitalité.

Est-ce cela être à mi-chemin de la vie? Est-ce cela la quarantaine ? Perdre ces illusions, ce rêve d’une vie meilleure, au détriment d’un confort gagné grâce à un travail honnête !

Je vomis ma vie présente, j’envie ma révolte qui m’habitait avant d’être un mari, un père..

Mon infidélité, ma fontaine de jouvence de maîtresse me redonne cette terrible envie de me battre. Au lit, c’est une combattante. L’avantage de prendre une femme plus jeune… Nos ébats sont toujours synonymes de combats, nous laissant épuisés, assoiffé, animé d’une faim terrible l’un de l’autre.
Je n’eprouvé pas d’amour pour cette femme, je ne veux que son corps.

Malgré tout, il me manque toujours quelque chose, le temps..

Je crois qu’à la quarantaine le temps s’accélère, la mort approche à grand pas..

Et j’ai la trouille d’avoir a regretter ma vie. La sensation est tellement forte qu’elle m’étouffe. La quarantaine est noeud autours de notre gorge, le temps en est la corde à laquelle nous sommes suspendus.

Le bourreau est appelé, la question est de savoir quand il va venir..

Je ne quitterai probablement pas ma femme, l’habitude.. Je ne laisserais pas le désir s’enfuir encore de ma vie, le sexe sans engagement, sentir un corps plus jeune, plus ferme.

Sensation de revivre une jeunesse qui s’obstine à me fuir..

Mon psychiatre m’a conseillé d’accepter le vieillissement inéluctable de mon corps. Je voudrais juste savoir si lui a envie de dégénérer. Vieillir, c’est être dans la salle d’attente de la mort à regarder ses amis, les êtres qui vous sont chers, mourir ou devenir séniles.. La sapience voudrait que je l’accepte, mon humanité le rejette.
Je rejette les belles images de ces vieillards heureux et encore animés d’une envie de vivre passé quatre-vingt ans. Je leur laisse, le bonheur de la joyeuse vieillesse, je préfère partir tôt. L’avantage de partir tôt et de n’emmerder personne avec nos problèmes de vieux. Mes enfants et moi n’ont pas envie de me supporter vieillissant ! Je ne suis pas un poids, une épée de Damoclés menaçant de tomber sur le porte monnaie de mes rejetons. Et puis, sincèrement la dépendance n’est pas faite pour moi.. Je me révolte quand je dois patienter dans un supermarché, alors attendre qu’on daigne me laver, une aide-soignante qui me racontera sa vie familiale merveilleuse dont je me fous éperdument. Non merci, je décline poliment l’invitation ! les fuites urinaires et leurs cortèges d’odeurs nauséabondes ! Les couches que l’on nomme protection pour ne pas infantiliser. Manger de la bouillie infâme, je préfère bouffer les pissenlits par la racine, je suis sûr que je serai un engrais bio de toute première qualité ! Les morts levaient vos vers et trinquons !

La sénescence n’est pas pour moi, pas maintenant, inenvisageable.

Vous me direz « fuite en avant », je vous répondrai « je m’en fou, laissez moi tranquille .»

Je suis comme un malade gravement atteint d’une maladie incurable : la sénescence et sa compagne, la mort. Je suis en quarantaine de peur que je ne propage cette maladie à mon entourage.

En quarantaine, allongé sur mon lit en pensant à la nuit dernière ou sur mon sexe tendu, une déesse était posée, ou l’espace d’un moment de pure jouissance, la vie à regagner en puissance.
Dans une explosion orgasmique, je me suis senti à nouveau jeune et vivant..