Salon de lecture.

Autours d’une tasse de thé blanc nous bavardons de nos vies, du temps qu’il fait. Le printemps est là dans l’air juste perceptible comme l’est la nature par temps de brume. Un parfum de léger de fleurs , des bourgeons sur les arbres, l’air se réchauffe.. la promesse des beaux jours , d’été..

Elle choisi un thé vert et moi un thé blanc sans sucre., bien évidemment. Pourquoi une telle assurance, parce que nous conversons depuis longtemps principalement de séries, de film ou de littérature..

Assise en face de moi les jambes croisées , elle me propose sa lecture d’un auteur que j’affectionne particulièrement et elle a choisi son roman le plus délicat.

Je vous laisse écouter ce que « Les enfants de minuit » de Salman RUSHDIE lui ont murmurer

Saleem Sinai, le héros de ce roman, est né à Bombay le 15 Août 1947, à minuit sonnant, au moment même ou l’Inde accède à son indépendance.

Il est doté de pouvoirs magique, comme les milles enfants nés entre minuit et une heure ce jour là.

Par son souffle l’auteur nous offre une sage familiale emporté par le cours de l’histoire. Il nous prend la main et nous fait traverser l’Inde sur son tapis volant. C’est un roman foisonnant, coloré, odorant, épicé …. à l’effigie de son pays. Nous voyageons du Cachemire chez les grands parents, à Bombay chez ses parents, au Pakistan ou l’on écoute Jamila sa sœur chanter.

« Aucune couleur, sauf le vert et le noir les murs sonts verts le ciel est noir (il n’y a pas de toits) les étoiles sont vertes la Veuve est verte mais ses cheveux sont noirs comme la nuit »

Nous voyageons avec Saleem dans des aventures burlesques ou grandioses. On plonge dans ce roman, on y voit les sari or, les rues poussiéreuses, on sent les curry….

On entend les différents dialectes, on est transporter dans l’Inde de Rushdie décrit avec tant de talent qu’il est impossible de ne pas être transporté, fasciné par ce récit.

Je leur dis:  » c’est la vérité. La vérité de la mémoire, parce qu’elle est particulière. la mémoire sélectionne, élimine, modifie, glorifie et dénigre aussi; mais à la fin elle crée sa propre réalité, sa vision des événements, hétérogène, mais généralement cohérente; et aucun être humain sain d’esprit ne fera plus confiance à la version d’un autre que la sienne »

Résumé l’intrigue est presque impossible, sous peine d’en dévoiler un peu trop.

Il s’agit de la vie d’une famille indienne de religion musulman, le Sinai-Aziz, de la perte de la foi de son grand père Aadam Aziz, jusqu’à la rupture avec le Pakistan et le retour de la Grande Mère Inde du petit fils Saleem qui est aussi le narrateur.

Tous les boulversements sociaux, politiques ou économique du pays trouvent leurs causes dans les événements qui parsèment la vie de toute sa famille.

Saleem subit la naissance de sa sœur et des enfants du quartier.

A 9 ans, il découvre qu’il a reçu le don puissant d’investir l’esprit des gens et enchevêtré avec son rôle de « symbole du pays dont il à hérité à sa naissance, faits de sa vie une étole aux fils multiple et indémêlable.

A 10 ans, il apprend qu’il y a 581 enfants, qui fêtent leur anniversaire en même temps. Il comprend le secret de l’heure de sa naissance, il décide de former sa bande qui s’étend sur tout le pays et dont le quartier général est derrière ses sourcils. Il crée ainsi le « Congrès des enfants de minuit »

A 11 ans il découvre l’impossible filiation familiale lors d’un transfusion sanguine. La famille le tolère amis migre au Pakistan.

Il s’engage dans l’armée et c’est une progression tout en noirceur à l’age adulte faite de cruelle absurdités, des propagandes, des coups d’état, des guerres, jusqu’à la liquidation des enfants de minuit par les sbires de la Veuve (Indira Gandhi).

C’est un livre merveilleux, à ne pas manquer

Accrochez vous au début et laissez vous guider par le conteur qui nous narre une histoire au réalisme magique.

Merci Myriam pour ce récit et cette critique ..

Libre à tir d’aile !

Sur l’auteur

Ancien pilote de l’US. Air Force, Richard Bach s’est souvenu de l’ivresse des vols en haute altitude pour écrire Jonathan Living le goéland. Publié en 1960, ce conte initiatique, hymne à la liberté, l’a rendu célèbre dans le monde entier.

La der

Jonhatan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Ses parents et les autres membres de son clan ne voient pas plus loin que le bouts de leurs ailes. S’ils volent , c’est uniquement pour se nourrir. Joénathan, lui, vole pour son seul plaisir. Et en volant toujours plus haut, toujours plus vite. Il sait qu’il donnera un sens plus noble à la vie.Effrayés par son audace, ses semblables le rejettent . Mais Jonathan va se faire de nouveaux amis…

Entre les lignes

« C’était le matin et l’or d’un soleil tout neuf tremblait sur les rides d’une mer paisible. […] mais seul, loin du bateau et du rivage, Jonathan Livingston le Goéland s’exerçait. »

Un goéland voulait sortir du lot, il voulait donner un sens à sa vie, autre que de battre des ailes pour se nourrir et d’attendre sans rien faire à part exerçait ses cris et deanbuler sur les rochers ou une plage.

Il désirait voler pour le plaisir et non pour aller pêcher ou manger ce que les chalutiers rejetaient .

Il voulaient voler pour le plaisir et les sensations, le grisement d’un vol en pique ou la très haute altitude. Après la découverte de ses désirs de liberté, il est exclu par son clan.

Malheureux car sans familles et heureux car il avait toute liberté de s’exercer au tonneau, à la vitesse, à l’étude de position de ses ailes, Jonathan Livingston griser par la vitesse percute l’eau de mer a près de 180 km/h.

Devenu un goéland fantôme ou plutôt un ange car son plumage devient brillant comme une étoile.. il est au paradis, enfin il se croit au paradis où il apprend à se surpasser, toujours plus haut, toujours plus vite . Il y arrive à force de courage et d’abnégation.

Il se surpasse en vitesse et en figure de vol.

Au vu de ses prouesses et de son habilité , il est chargé d’accompagner les jeunes goéland qui aime voler pour le plaisir. Et rien que pour voler et voler encore exploitant leur potentiel, leur habilité et saisir ce qu’est le paradis.

« Non, jon, il n’existe rien de tel. Le paradis n’est pas un espace et ce n’est pas non plus une durée dans le temps. Le paradis, c’est simplement d’être soi-même. »

Ce conte initiatique est une pure merveille. L’idée de s’envoler, de Faire exploser les barrières du déterminisme quitte à y laisser sa vie.

La liberté c’est prendre conscience de ses limites, les repousser, vaincre nos peurs.

Le vent de la liberté que Jonathan doit éveiller chez les autres

Goélands. Dans Cette révolte ancré dans son cœur et dans ses ailes lui est reproché, irresponsable petit goéland qui ne vole pas pour se nourrir mais seulement pour voler.

« irresponsabilité ? Mes frères! S’écria-t-il, qui donc, est plus responsable que le goéland qui découvre un sens plus noble à la vie et poursuit un plus haut dessein que ceux qui i’on précédé? »

C’est aussi briser nos chaînes, briser les tabous sociaux, accepter la différence de l’autre et nos idée préconçues

Ce petit goélandest est a la recherche de la liberté comme nous autres humains

Le procédé narratif de remplacer un humain par un animal est un très vieux procédé littéraire. Cela rappelle les fables de Lafontaine ou celle d’ Esope (fin du VIIe Av JC).

Conte ou fable, peu importe car les phrases courtes et touchent le cœur fortement.

Ce roman qui m’a’ a été offert par Ma belle d’âme , est une pure merveille. Tellement rafraîchissant, complexe dans sa nature mais simple dans la forme.

Essayer de suivre Jonathan Livingston, « Le goéland voit le plus loin qui vole le plus haut. » que le boit de son bec

«Tout d’abord, leur dit-il en appuyant sur les mots, il vous faut comprendre que le goéland n’est que l’image d’une liberté sans limites créées […] et que votre corps perceptible d’un bout d’aile à l’autre, n’existe que dans votre conscience! »

Bonne lecture de ce conte magnifique et rafraîchissant !

Lectures au coin du feu

L’année commence et jour après jour Les libraires remplissent leurs rayons de nouveautés..

On farfouille, on attend nos auteurs favoris et leurs nouveaux romans.

Un véritable Phénomènes naturels

En ce début d’année littéraire m’offre l’occasion de renouer avec trois auteurs que j’adore.

Il est rare qu’une année nous offre trois des plus grandes plumes de la littérature française et américaine.

Ma première joie a été de découvrir le nouveau roman de Jonathan Franzen.

Écrivain majeur américain qui nous a déjà envoûté avec son roman Les Corrections qui est son premier roman traduit en français, mais en fait son troisième roman édité aux États Unis. Les Corrections paru en 2001 a récompensé son auteur du National Book Award. Freedom son quatrième roman paru en 2010 l’a vu sacré « Plus Grand Romancier Américain » par le Time Magazine.

Le style Franzen est difficile à expliquer, c’est un auteur qui a une extraordinaire manière de ressentir son époque, la société. Il décrit avec minutie et de manière ultra réaliste son époque, ses récits sont souvent multidimensionnels, croisant sans cesse les destins de ses personnages en tissant un savant mélange de situations cocasses à des histoires dramatiques. Il s’est aussi confronté au récit autobiographique dans Zone d’inconfort.

Dans son dernier roman Purity paru en 2015, il traite avec justesse de la prégnance des réseaux sociaux et de l’influence de plus en plus forte qu’ils ont sur la société, la politique. Roman dans lequel il pose la question de la Vérité et de la manière dont on peut la manipuler et dans quels buts.

Le premier février paraîtra son dernier roman Phénomènes Naturels qui est en fait son deuxième roman paru outre-Atlantique en 1992 mais seulement traduit cette année. On ne peut que déplorer ce temps perdu. Ce roman est multiple à la fois comédie familiale et thriller écologique et économique, c’est un second roman qu’on lira cherchant les prémices du romancier que Franzen est aujourd’hui. Nous verrons à travers la plume ascerbe de l’auteur des Corrections un pays qui se déchirent sur les ravages du Sida, les questions de l’avortement, les lobbys financiers.

N’oubliez pas ce roman, Phénomènes Naturels de Jonathan Franzen et vous serez peut-être un ou une inconditionnel de cet auteur majeur américain.

Et si la vie n’était qu’une Microfiction ?

Et la France dans tout cela, me diriez-vous ? Elle est présente et représentée par un auteur atypique Regis Jauffret.

Vous connaissez? Un petit effort de mémoire, quelques titres pour vous aider.

  • Asile de fous (2006)
  • Univers univers (2003)
  • Sévère
  • La ballade de Rikers Island
  • Claustria
  • Bravo

Et bien sûr le Roman.

Enfin les romans Microfictions paru en 2007, un improbable pavé de plus de mille pages contenant cinq cents histoires courtes de deux pages.

La surprise chez les lecteurs fût complète et maintenant ce Microfictions fait référence dans l’art de l’histoire courte. Cinq cents histoires noires qui mises les unes avec les autres forment une veritable peinture de l’humanité.

Onze ans plus tard, Regis Jauffret nous refait le coup. Un second volume d’histoires courtes de deux pages intitulé Microfictions2018 mais il pousse le noir, il explore nos tabous, nos angoisses le plus loin possible qu’il lui est possible. C’est le style Jauffret, explorer les angoisses, les tabous de l’humain sans vulgarité, sans en rajouter, mais avec ce style inimitable de pouvoir transformer l’horreur, l’ignominie en saynète de théâtre, en vaudeville.

Jauffret prend du plaisir dans ces histoires courtes, et cela se sent. Ce deuxième volume est aussi enthousiasmant, stimulant que le premier alors foncez!

Plongez dans ces Microfictions, immergez-vous dans cet horror show!

Mille et une vie ou l’exploration des possibles

J’ai gardé le meilleur pour la fin, le géant Paul Auster revient après trois ans d’écriture. Fini les entretiens, les interviews, les conférences. L’écriture et rien que l’écriture pour ce monstre, ce géant des lettres américaines. Paul Auster et son texte, un entre soi de trois années! Cela donne au final un immense roman de plus de mille pages, écrites, raturés, corrigés et finalisées. Il a forgé à l’encre les âmes de ses personnages, leurs destins et puis il a imaginé d’autres destins.

Mais qu’est-ce que la destiné d’un homme? Et si les choses s’étaient passé autrement?

Ce roman n’est pas un roman sur la destiné mais quatre romans d’initiations. Ce roman 4 3 2 1, ces romans pour être plus juste parlent de la destiné d’un même garçon. Quatre destins parallèles d’un même personnage ou peut-être est-ce un même destin de quatre garçons identiques. Paul Auster a imaginé l’histoire d’Archibald Ferguson de la naisssance au seuil de la vie adulte, Même parents, même lieu et année de naissance ( 1947 à Newark, New Jersey comme l’auteur). Mais une rencontre, un choix parentale diffèrent, une maladie change le destin de ce petit garçon.

En somme Paul Auster essaye d’analyser la part d’imprévu, à doser le probable, à quantifier l’éspéré de la vie.

D’après l’auteur, le projet initial du roman devait suivre ces personnages sur toute leur vie, projet titanesque! Rien ne fait peur à cet auteur mais il a trouver que la période la plus intéressante d’un être humain est celle de la naissance à l’âge de vingt ans. C’est une période où l’humain subit le plus de changements en un si court laps de temps. C’est aussi l’âge des possibles, de l’envisageable où le monde n’est qu’un vaste lieu en constante expansion.

Le bébé voit son monde réduit à son lit, les seins de sa mère et puis il marche et la maison devient un monde. L’école, les copains, les premiers émois amoureux tout est un monde qui s’agrandit jour après jour. Cela ne veut pas dire que passer l’âge de vingt ans, le monde cesse d’être exploitable ou qu’avec l’âge nous vient une connaissance parfaite de notre univers. Non ! Mais l’humain ralenti le rythme de ses transformations et de ses découvertes.

Sacré roman que voilà et l’on comprend mieux pourquoi il a fallu tout arrêter pour arriver à créer, a imaginer la part d’imprévu et les implications sur une vie.

Lisez ce roman et explorez les chemins des possibles.

Et si votre vie n’était pas celle que l’on croit..

Et si… Peut-être trouverez-vous la réponse dans ce roman des Contrevies

Immense coup de cœur hivernale pour le maître Paul Auster. Et si quelques-uns parmi vous, doutiez que j’ai lu tout ses romans. Je n’ai pas tout lu, j’en ai volontairement omis un…

Mais ne doutez pas de la fidélité à cet auteur fantastique !

Petit coup de cœur hivernale

Un petit coup de cœur, une petite extra systole littéraire pour ce roman que l’on présente comme la suite d’un livre qui a été primé Goncourt. Pierre Lemaitre vous le connaissez sûrement depuis que son livre Au revoir là-haut ( Prix Goncourt 2013) a été porté au grand écran avec paraît-il succès. En ce début d’année, il nous offre la suite de au revoir là-haut, avec Couleurs de l’incendie qui est le second volume de sa trilogie sur l’entre-deux-guerres.

Dans Au revoir là-haut, on finissait le roman sur la mort d’Edouard Pericourt, on se retrouve sept années plus tard dans Couleurs de l’incendie. Pierre Lemaitre nous conte une histoire dans la France des années 30, une France qui n’est pas encore remise de la grande guerre gagnée dans les tranchées.

Nous suivons les héritiers Pericourt, le petit fils Paul notamment héros de ce roman qui a sept ans saute du second étages de la résidence familiale, et sa mère se posera la question de ce geste, la discrète Madeleine fille de Marcel et sœur d’Edouard. Elle va devenir le personnage central du roman. Le premier volume était un roman basé sur les hommes, les femmes sont ici à l’honneur. Madeleine seule contre tous.

Un roman à lire, un style fluide et une plongée dans le Paris des années 30. Rien que pour cela mon cœur est gagné.. un coup de Maître ?

La rose, parfum de meurtre ?

Petite lecture d’été .. Tel sera la forme des articles de mon blog pendant la période estivale..
je ne choisirai de chroniquer que des romans coup de coeur, des livres qui ont marqué ma vie..
ce sera un été coup de coeur …

Et je commence cette période par un livre d’un auteur que j’adore et qui a disparu trop tôt !


 

 » J’ai écrit un roman parce que l’envie m’en est venue. Je pense que c’est une raison suffisante pour se mettre à raconter. L’Homme est un animal fabulateur par nature.
J’ai commencé à écrire en mars 1978 mû par une idée séminale. J’avais envie d’empoisonner un moine. »

 

Un moine est empoisonné et d’autres encore assasinés mystérieusement dans cette abbaye. Un moine franciscain Guillaume et son élève Adso vont enquêter et essayer de déchirer le voile du mystère.
Lecture, relecture et ainsi le cycle se répète tant ce livre à marqué mon adolescence. À chaque lecture le roman me dévoile une nouvelle facette de l’intrigue. Ce roman est un véritable labyrinthe, a l’image de la bibliothèque abbatiale.
Pourquoi relire ce roman ?
J’aime approfondir les thèmes qui sont abordés dans l’œuvre d’Eco. Thèmes variés mais comme dans tout les romans de cet auteur de génie, ils prennent de la profondeur qu’une seule lecture ne peut explorer complètement. Voyez-vous Eco est un de ces auteurs complètement imprégnés de culture, pouvant tour à tour vous parler de Moyen-âge tout en faisant un habile parallèle avec nos grands maux actuels. Penser comme un chroniqueur du 14 ieme siecle pour décrire la société et ses problèmes actuels.
Juste pour nous montrer que l’Homme n’a pas de mémoire et surtout ne tire aucune leçon des erreurs passées. L’intellectuel Eco se veut être un phare éclairant par le biais d’une histoire l’incommensurable petitesse de notre mémoire.
Mais revenons au roman à ce plaidoyer pour la Liberté, contre l’obscurantisme qu’il soit religieux ou bien politique. Au travers des guerres théologiques entre les différents ordres monastiques, c’est la Liberté et la tolérance qu’il défend ardemment. Quand à l’épisode du procès en inquisition, il n’est là que pour dénoncer l’obscurantisme de l’époque bien évidemment mais surtout démontre simplement que les fausses interprétations, les aveux sous contraintes ne mènent qu’au mensonge.
Il n’est pas simple de s’y retrouver dans les combats théologiques qui nous sont proposés, il faut être un fin connaisseur médiéval pour s’y retrouver. Mais en lisant et relisant, le professeur Eco nous enseigne les bases de la culture médiévale. Il est vrai qu’avant de lire Eco, l’époque médiévale ne m’intéressait guère. Peut-être un peu simpliste, je pensais que ces hommes n’étaient que prisonniers de leurs superstitions et que toute la sagesse, science, philosophie étaient des matières complètements oubliées au profit de la théologie. Je n’avais pas pensé l’histoire comme un continuums mais plutôt comme des phases où périodes clairement séparées.
Les livres servent aussi à cela, apprendre et modifier notre appréciation des choses. 
L’histoire du roman n’est que prétexte. Le Nom de la rose est un thriller, le genre qui masque sa profondeur. L’enquête et son dénouement n’est que le fruit d’un hasard heureux mais qui sert juste à démontrer sa théorie du lecteur acteur. Que doit faire du lecteur ? Doit-il être juste un sujet qui lit ? Ou plutôt un acteur, au sens où le récit va le prendre par la main, si le lecteur accepte, pour l’amener à se poser tout un tas de questions. Acceptera t-il que l’auteur le perde dans les méandres labyrinthiques de son récit?
Toutes ces questions ont fait l’objet d’une théorie développée dans Lector in fabula que je vous engage vivement à lire. Je vous préviens ce n’est pas une lecture facile mais très intéressante !
Recommander cette lecture m’est délicat tant ce roman fait partie intégrante de ma culture littéraire ! C’est une évidence, Le Nom de la rose est le roman à lire si Eco n’avait ecrit que celui-ci ce serai son meilleur roman. Il est en tout cas le plus populaire et le plus connu.. Alors si vous ne l’avez pas encore pas fait, lisez le, relisez le vous serez toujours enchanté par la profondeur et la riche diversité des thèmes abordés.
C’est l’été profitez-en pour vous plonger dans les 600 pages de ce roman, prenez le temps de vous plonger dans l’esprit des hommes du Moyen-âge, ils vous surprendront ! 

Venez avec moi ! Accompagnez moi, prenons ensemble l’Avenue des mystères.

J’ai lu et si longtemps attendu le dernier roman de John Irving, Avenue des mystères paru le 6 Mai 2016. Très grand fan de l’auteur du Monde selon Garp, son dernier récit m’a complètement bouleversé le coeur.
Sur l’auteur


John Irving né en 1942, a vécu en Nouvelle-Angleterre avant de s’installer au Canada. Depuis la parution du Monde selon Garp, qui l’a propulsé en 1978 sur la scène littéraire internationale, il accumule les succès tant auprès du public que de la critique.

Son œuvre est traduite dans une quarantaine de langues.

Avenue des mystères est son quatorzième roman.

La Der

Lors d’un voyage aux Phillippines, Juan Diego Guerrero écrivain américain célèbre et vieillissant, revit en rêves récurrents les épisodes de son adolescence au Mexique, à la lisière de la décharge publique de Oaxaca où lui et sa sœur Lupe ont grandi.

Infirme depuis le jour où une voiture lui a écrasé le pied, Juan Diego a en outre le coeur fragile ; il prend régulièrement des bêtabloquants, qui le protègent des émotions, et occasionnellement du Viagra, car on ne sait jamais..

Des émotions, il en aura tout au long de son périple, notamment avec Miriam et Dorothy, mère et fille aussi désirable qu’inquitantes.

Balloté d’hôtels en aéroports, Juan Diego se remémore entre autres la mort de sa mère, femme de ménage chez les jésuites et prostituée à ses heures, « tuée» par une statue de la Vierge Marie ; son adoption par un couple improbable rencontré dans un cirque, où son destin et celui de sa petite sœur extralucide basculent.

Marqué par le hasard et l’inéluctable, ce destin s’accomplira peut-être dans une modeste égalise au fin fond d’un quartier pauvre de Manille.
Entre les lignes 

« La vie est un monde trop bordélique pour un roman, disait-il. Les personnages fictifs sont plus cohérents, plus consistants, plus prévisibles. Les bons romans ne sont jamais des fourre-tout, alors que le désordre fait bel et bien partie de la vie, enfin, de ce qu’on désigne sous ce vocable. Dans un bon roman, la substance de l’histoire procéde toujours d’un lieu ou d’une circonstance.»

Oui il y a toujours un lieu qui déclenche l’histoire, le Mexique pour celui-ci. Pays que l’auteur connaît bien.

Une region, un lieu : une décharge où deux enfants commencent leurs vie, y travaillent. Ce sont des personnages comme seul Irving peut en concevoir, éclopés physiques, l’un est affublé d’une boiterie et la petite sœur, Lupe ne peut communiquer avec les autres que par son frère, elle parle une langue connue d’eux seuls. 

Éclopés de la vie, nés de père inconnu, une mère prostituée la nuit et femme de ménage le jour. Personnages attachants que ces deux enfants qui se démènent dans une vie qui ne les a pas épargnés, un avenir incertain. 

Les personnages qui gravitent autours de l’histoire sont tous aussi bizarres, un moine qui découvre son homosexualité et tombe amoureux d’un transexuel mexicain prostitué à ses heures perdues, un chirurgien orthopédique qui est un non-croyant farouche mais qui vit dans une maison avec les fantômes de ses parents, des jésuites qui aident un couple improbable à adopter Juan Diego. 

Devenu adulte, écrivain reconnu, professeur aux États-Unis toujours handicapé, médicalement fragile, son coeur, sa tension lui font des misères ; il voyage toujours entouré de personnages insolites et fantasques. 

Un ancien élève fervent défenseur de la chrétienté marié à une gynécologue thaïlandaise pro-avortement, une mère et sa fille qui disparaissent et réapparaissent comme par enchantement avec qui il a des relations sexuelles débridées, des enfants, des lézards qui lui rappellent le Mexique.. 

Ne comptez pas sur moi, pour vous dire comment et pourquoi toutes ces galaxie de caractères, de lieux se rencontrent et surtout quel en est le résultat. Je ne vous direz absolument rien, la quatrième de couv’ ne vous en dira pas tout, inutile d’y chercher une piste. 
Je vous laisse un indice, une clé, l’extrait de La Nuit des rois de W.Shakespeare mis en exergue dès la première page :

« Les voyages s’achèvent par la rencontre des amants.»
Les romans d’Irving ne sont pas une narration en ligne droite, le temps, les lieux n’ont pas d’unités, seul compte l’histoire incroyable d’une vie et de ses surprises. 

Un gigantesque shaker, secouez très fort et vous obtenez un cocktail doux amer, drôle et attachant.. 
Bref, d’un joyeux bordel, il émane de ces êtres une humanité qui va vous percer le coeur. 

 

Quatorze romans dont six, parmi lesquels Le monde selon Garp, Une veuve de papier, ont comme personnages principaux des écrivains.
Écrivain humaniste qui dans ce roman aborde ses thèmes de prédilection, la transexualité, l’écriture, l’enfance, la religion, la paternité, le cirque. L’auteur nous plonge dans un rêve, mêlant habilement la réalité à l’onirisme, Juan Diego nous raconte sa vie, son enfance, nous voyageons dans les failles, les fissures de cet homme qui sans un sacré coup de main du destin serai devenu un mendiant, un petit délinquant. Onirique aussi que ces étranges accompagnatrices, ces « succubes » qui par petite touche l’aide à se souvenir et sont peut-être celles qui l’accompagnent pendant ce dernier voyage, apaisé, perçant le mystère de sa vie qu’avait essayé de lui dévoiler sa jeune sœur avant d’être dévorée par un lion..
L’Avenue des mystères est un très grand roman, tant il porte en lui le gène qui lie tout les personnages, cette diversités merveilleuse qu’est l’humanité et notre tolérance envers d’êtres si différents. John Irving est un merveilleux conteur, un créateur d’histoire pleine d’humanité. Un romancier qui transforme les pages d’un livre en ligne de vie. C’est là tout le talent d’Irving, écrire un roman qui peut sembler touffu et qui au fil des pages devient évident.
Prenez l’Avenue des mystères, pas besoin de Google Maps, prenez le seul GPS qui compte votre coeur et laissez vous guider.
Très bonne lecture.
Et si vous cherchez l’Avenue des mystères et où elle va vous mener, Cliquez ici !

Le roman des désirs qui bouleversent le monde

Lire et relire avec plaisir et délectation le dernier roman d'Hédi Kaddour, Les Prépondérants, Grand Prix du roman de l'Académie Française 2015.

Sur l'auteur

Hédi Kaddour est un écrivain franco-tunisien né à Tunis en 1945. Romancier, poète, agrégé de lettres modernes, traducteur de l'anglais, l'allemand et l'arabe. Professeur de Litterature française à la New-York University in France et responsable de l'atelier d'écriture de Sciences Po Paris.

Rédacteur en chef adjoint de la revue Po&sie, chroniqueur pour Le Monde des livres, Libération et au Magazine Littéraire. Il est l'auteur de plusieurs receuil de poèmes avant de publier Waltemberg son premier roman en 2005, immédiatement salué par la critique, Prix Goncourt du premier roman et Prix du Premier Roman, il a été élu « Meilleur roman français » par le magazine Lire.

Les Prépondérants est son troisième roman lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française

La Der

Au printemps 1922, des Américains d'Hollywood viennent tourner un film à Nahbès, une petite ville du Maghreb. Ce choc de modernité avive les conflits entre les notables traditionnels, colons français et jeunes nationalistes épris d'indépendance.

 

Entre les lignes

 

Après son magnifique premier roman Waltemberg (2005) qui lui a valu le Prix Goncourt du premier roman et son deuxième roman Savoir-vivre (2010), Hédi Kaddour dans ce troisième roman continue d'explorer le monde d'après la première guerre mondiale.


Les Prépondérants nous plonge dans la Tunisie des années 20, protectorat français de plus en plus fragile. Nahbés petite ville où va s'affronter les courants de pensée politique, économique et où l'on pressent toute l'agitation du monde dans la rencontre d'une équipe de cinéma américaine avec les habitants de ce petit bout de monde. Oui, Kaddour met le monde dans une ville et l'Histoire en roman. L'Histoire qui va façonner comme d'habitude les destins de personnages emblématiques de ces années. Une jeune veuve tunisienne, Rania, trop cultivée et éprisent de Liberté, son cousin Raouf, un jeune nationaliste, Ganthier un colon ancien soldat, Gabrielle Conti une journaliste parisienne féministe, un acteur américain et sa femme actrice et les habitants de Nahbés.

Roman historique, picaresque, roman d'amour, comme souvent chez Hédi Kaddour, les genres se mêlent pour révéler les fêlures, les prémisses d'un monde qui va basculer dans une crise profonde.

Roman du désir, des désirs. Désir de liberté, d'égalité. Désirs inavouables d'un jeune homme pour une actrice, d'un homme pour une femme libre. Désir de parité.

Mais qu'est-ce que Les Prépondérants ?

Les Prépondérants, est le nom d'un club très sélect dont les membres sont exclusivement des colons qui n'ont qu'un but sauvegarder la domination coloniale de le France et défendre un certain art de vivre.

Les Prépondérants vacillent sous l'onde de choc que représente la venue des américains. Deux mondes s'affrontent, des valeurs différentes, des mœurs différentes. Le monde du cinéma, ces acteurs et actrices libres, buvant et baisant jusqu'à plus soif, ne respectant aucune règle, ne respectant qu'une seule chose l'argent. Ce monde du cinéma va rentrer en conflit avec les colons et le milieu traditionaliste tunisien, les nobles de Nahbés sont scandalisés par la façon de se conduire des américains, les jeunes eux, épris de liberté ne rêvent que de faire la même chose, de vivre comme bon leur semble sans le poids de la tradition.

Dans ce très beau roman, les personnages vont évoluer dans un monde qui est sur le point de basculer, ils sentent ce changement, le vivent. Au cours d'un voyage en Europe et notamment à Berlin ou l'on voit monter un petit parti prônant l'Allemagne et son relèvement dirigé par un petit caporal hargneux. Les uniformes noires envahissent la ville. La peur est palpable. Pendant cette escapade européenne que Ganthier et Raouf découvrent l'Europe et ses bouleversements qui vont les transformer, les faire évoluer. Gabrielle, la belle journaliste parisienne va leur servir de guide et d'interprète dans cet univers chaotique qu'elle connaît si bien.

En 1920, sur tous les continents des êtres vont se rencontrer, s'aimer, se détester, se pourchasser sous la plume délicate et si poétique d'Hedi Kaddour.

Malgré tout, Les prépondérants ne m'ont pas autant séduit que le magnifique Waltemberg. Ce roman est peut-être trop proche, en le lisant j'avais l'impression de relire le premier roman dont les lieux, les personnages auraient changé mais le fond, les thèmes seraient restés les mêmes. Malgré cette sensation, la magie opère toujours, le récit, les personnages et la période années folles s'additionnent pour, une fois la dernière page tournée, nous donner l'envie de recommencer à lire ce passionnant roman.

Je vous recommande Les Prépondérants, un roman étourdissant, profond et incroyablement prenant !

Très bonne lecture ..

 

Visitons Carthage, la ville qui sacrifie ses enfants.


J’ai lu et été captivé par le roman de Joyce Carol Oates Carthage éditions Philippe Rey

Sur l’auteur
Joyce Carol Oates est une femme de lettres américaines, auteure d’une centaine d’écrits, roman, essais, pièces de théâtre, polar ( sous deux pseudonymes différents. Rosamond Smith ou Lauren Kelly).
Né en 1938, elle publie son premier roman en 1963. 
Plusieurs fois récompensé par de nombreux prix littéraires en Europe et aux États-Unis, deux fois sur la liste finale du Prix Nobel de littérature, Oates est une grande figure de la littérature. 
Professeur de littérature à l’université de Princeton dont elle est retraité depuis 2014, membre de l’Academie des Arts et des Lettres. 

Photo by Dustin Cohen


La Der
Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune sœur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre….
Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être résoudre l’impossible mystère. C’est ce que vise Joyce Carol Oates qui est sur tous les fronts : violence, guerre, dérangement des esprits et des corps, amour, haine. Et même exploration inédite des couloirs de la mort…
Un roman puissant et captivant.

Entre les lignes

Cressida Mayfield disparaît, un homme avoue son meurtre et de cette simple intrigue Joyce Carol Oates signe un très grand roman noir. La plume trempée dans l’acide, elle s’attaque à une horreur sans nom, la guerre et ses victimes directes et collatérales.. 
Dans cette ville tranquille nommée Carthage dans l’état de New York, la guerre est entrée dans la vie  de ces habitants, elle change tout, bouscule tout. Insidieusement, dans l’Amérique post 11 septembre, la guerre d’Irak fait des victimes de plus. 
Comment et quelles sont les victimes me demanderez vous ? 
Les soldats morts au combat que les autorités enterrent à grand renfort de patriotisme nauséabond, laissant les familles, les proches dans la douleur. Les ancien combattant qui n’ont pas eu la chance de mourir au combat, qui psychologiquement y sont décédés mais physiquement revenus, parqués dans des hôpitaux. Ils portent les stigmates d’une politique de vengeance aveugle. Membres amputés, esprits marqués. Les proches de ces anciens combattants voient leurs fiancés, leurs fils, leurs amis transformés. Ce sont les fantômes d’eux-mêmes. La nation reconnaissante les laissent se débattre dans un quotidien violent. Bret Kincaid et sa fiancée Juliette en font les frais, leur couple vole en éclat. Bret, abattu, ne supportant plus une existence faite de psychologues, de psychotropes et de crises de violence qu’il n’arrive pas à gérer, éloigne, rejette par amour sa belle Juliette. Fiançailles brisées, deux familles s’affrontent. Une mère devient psychologiquement instable, une jeune fille mal-aimé se venge, la fiancée éconduite s’enfuit de Carthage. 
Cressida et Bret deux personnes qui ne souhaitent qu’une chose disparaître de la surface de la terre.
L’une disparaît un jour, sans explication. L’autre s’accuse du meurtre, est déçu d’échapper à la peine capitale. Condamné à perpétuité, il vit dans une cellule, métaphore de la maladie qui le ronge.
Juliette après le battage médiatique suite à la disparition et puis aux aveux de meurtre de son ex-fiancé fuit la petite ville et ses parents dévastés par la douleur.
Les parents de Cressida, le lecteur plonge dans l’enfer de la disparition d’un enfant. Le deuil, l’acceptation, les moyens pour surmonter cette immense perte, le père devient alcoolique et la mère est versée dans la religion et se jette à corps perdu dans une association qui recueille des femmes victimes de violences conjugales. 
Dans ce maelström de douleurs, et cette avalanche de malheurs qui touchent tout les personnages, Oates donne une chance de rédemption  aux protagonistes de cette tragédie. Le lieu et la personne qui déclenchera l’issue heureuse ne manque pas de sel et c’est tout l’art de l’auteur que d’avoir situer le lieu de cette prise de conscience dans la chambre d’exécution d’une prison américaine ! Je vous laisse la joie et le bonheur de lire les 72 pages de la visite du fameux couloir de la mort et de la salle d’exécution. Rien que pour cette visite le roman vaut le détour. D’ailleurs pour l’anecdote, ces 72 pages ont été publié sous forme de nouvelle dans un très grands journal américain.
Ne compter pas sur moi pour vous narrer ce magnifique passage du roman, je vous laisse le soin de le découvrir.
Carthage, quel titre magnifique, une référence si subtile aux thèmes abordés dans le roman. Cette ville antique dont les habitants aux IVieme siecle étaient soupçonnés par les romains de faire des sacrifices d’enfants pour prouver leur allégeance à la ville. ( c’est une thèse.) Carthage, la cité antique, comme une métaphore de l’Amerique contemporaine. Cette Carthage décrite par Oates sacrifie aussi ces enfants, ces jeunes partis aux combats, ces soldats prêtant allégeance aussi à la banniere étoilées.. Époque différente, mais même sacrifices aux formes différentes.
Joyce Carol Oates cette merveilleuse peintre de l’âme sombre à encore ecrit un roman profondément noir, ecrit avec le sang et la rédemption d’êtres pris dans un engrenage infernal les menant à leur perte. Cressida, « l’intelligente » qui se sent mal aimé, Bret, l’ancien combattant qui est en quête de pardon pour ne pas avoir dénoncer des actes criminels au sein de son ancienne unité, souffrant de stress post-traumatique, revenu de la guerre abîmé physiquement et psychologiquement, les familles qui se battent contre la douleur de la perte d’un être cher, les corps et les esprits bouleversés, abîmés et irrémédiablement changés. Les différentes stratégies de defense que l’humain trouve pour supporter l’insupportable. 
Un livre profond, multiforme, à la fois peinture de la société américaine, de la situation et de la prise en charge de ces enfants de la patrie revenus abîmés. Thriller, genre qu’affectionne Oates, enquête sur une disparition. Ce n’est pas un livre où le sourire vous effleurera les lèvres, un roman qui vous secouera l’âme et fera réfléchir certains sur la peine de mort, l’emprisonnement et le traitement que l’on inflige à nos détenus. 
Un livre à lire absolument ! Un livre qui hurle et dénonce une certaine société américaine de va-t-en-guerre et où la  peine de mort reste une solution contre les maux qui la rongent.
A vous de découvrir la petite ville de Carthage.. Bonne lecture ! 
A noter la sortie du nouveau roman de Joyce Carol Oates Daddy Love, éditions Philippe Rey et la sortie aux éditions Point de Maudits