Poésie de samedi

Je suis un fan de Hugo. Ce monstre de la littérature française, ce monument littéraire

Ce soir je vous propose un poème peu connu mais superbe. Pour ma belle d’âme ..

Aimons toujours ! Aimons encore

Aimons toujours ! Aimons encore !

Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.

L’amour, c’est le cri de l’aurore,

L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,

Ce que le vent dit aux vieux monts,

Ce que l’astre dit aux nuages,

C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.

Il a pour réchauffer le coeur,

Un rayon de plus que la gloire,

Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,

Toujours les grand coeurs aimeront :

Joins cette jeunesse de l’âme

A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !

Afin qu’on voie en tes beaux yeux

Des voluptés intérieures

Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !

Unissons-nous mieux chaque jour.

Les arbres croissent en feuillage ;

Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !

Soyons la fleur et le parfum !

Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,

Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.

La femme, ange aux chastes faveurs,

Aime à rafraîchir sous ses ailes

Ces grand fronts brûlants et rêveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !

Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !

Ange ! viens à moi quand tu chantes,

Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.

Car notre esprit n’est point moqueur ;

Car les poètes sont les vases

Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde

Que la seule réalité,

Moi qui laisse fuir comme l’onde

Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre

L’orgueil du soldat ou du roi,

L’ombre que tu fais sur mon livre

Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée

Dans notre esprit, brasier subtil,

Tombe en cendre ou vole en fumée,

Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ? « 

Tout plaisir, fleur à peine éclose

Dans notre avril sombre et terni,

S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,

Et l’on se dit :  » C’est donc fini ! « 

L’amour seul reste. Ô noble femme

Si tu veux dans ce vil séjour,

Garder ta foi, garder ton âme,

Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,

Dusses-tu pleurer et souffrir,

La flamme qui ne peut s’éteindre

Et la fleur qui ne peut mourir !

Victor Hugo

Ballade poétique du jeudi soir avec Federico Garcia Lorca

Une ballade amoureuse que je vous propose ce soir.;

Poème très difficile€ île mais une fois percé le mystère de la prose, l’effort en vaut la peine. Belle lecture

Mon cœur aurait la forme d’un soulier

Si chaque village avait une sirène .

Mais la nuit est interminable quand elle s’appuie sur les malades

Et il y’a des bateaux qui cherchent à être vus pour

Pouvoir se saborder tranquillement.

Si le vent souffle doucement

Mon cœur à la forme d’une fillette

Si le vent se refuse à sortir des cannaies

Mon cœur à la forme d’une millénaire bouse de taureau.

Voguer! Voguer! Voguer! Voguer!

Vers le bataillon de pointes inégales,

Vers un paysage d’affûts pulvérisés,

Nuit pareille nuit pareille à la neige, aux systèmes suspendus .

Et la lune.

Et la lune !

Mais non pas la lune.

Le renard des tavernes.

Le coq japonais qui s’est mangé les yeux.

Les herbes mastiquées.

Ne nous sauvent ni les vers solitaires sur les vitres

Ni les herboristeries où le métaphysicien

Découvre les autres versant du ciel

Mensonge que les forme. N’existe que

Le cercle de bouches de l’oxygène.

Et la lune.

Mais non, pas la lune

Les insectes,

Les morts minuscules sur les rives.

De l’iode à un endroit.

Les foules sur l’épingle.

La nudité qui malaxe le sang de tous

Et mon amour qui n’est ni un cheval ni une brûlure.

Créature au sein dévoré.

Mon amour!

Voici qu’ils chantent, crient, gémissent : Visage ! Ton visage ! Visage

Il y a quelques pommes,

Les dahlia sont identiques ,

La lumière a un goût de métal poli

Et le ch amp de tout un lustre tiendra sur la face de la pièce de monnaie.

Mais ton visage couvre le ciel du banquet.

Voici qu’ils chantent ! Crient ! Gémissent !

Couvrent! Grimpe! Effraient !

Il faut marcher, vite ! , vers les vagues , vers les branches,

Vers les rues désertes du Moyen Âge qui descendent au fleuve,

Vers les boutiques de peaux où tinte une corne de vache blessée,

Vers les échelles, sans craintes !, vers les échelles.

Il y a un homme tout pâle qui se baigne dans la mer ;

Il est si tendre que les réflecteurs en jouant lui ont mangé le cœur

Et au Pérou vivent mille femmes, oh ! Insectes !, qui nuit et jour

Font nocturnes et défilés en entrecroisant leurs propres veines.

Un minuscule gant corrosif m’arrête. Assez !

Dans mon mouchoir j’ai entendu le petit claque

De la première veine qui se rompt.

Prends soin de tes pieds, mon amour, de tes mains !

Puisque moi, il faut que je livre mon visage.

Mon visage! Mon visage! Ah mon visage mangé !

Ce feu chaste pour mon désir,

Cette confusion par besoin d’équilibre,

Cette innocente douleur de poudre dans mes yeux ,

Soulageront l’angoisse d’un autre cœur

Dévoré par les nébuleuses.

Ne nous sauvent ni les gens des boutiques de chaussures

Ni les paysages qui deviennent musique lorsqu’ils

Trouvent les clés rouillées.

Mensonge que les vents. N’existe

Qu’un petit berceau au grenier,

qui se souvient de tout

Et la lune .

Mais non, pas la lune.

Les insectes.

Les insectes seuls,

Crépitants. Mordants, frémissants, rassemblés, et la lune

Avec un gant de fumée, assise à la porte des ses ruines.

La lune

Lune et panorama aux insectes.

Frederico García Lorca

Salon de lecture.

Autours d’une tasse de thé blanc nous bavardons de nos vies, du temps qu’il fait. Le printemps est là dans l’air juste perceptible comme l’est la nature par temps de brume. Un parfum de léger de fleurs , des bourgeons sur les arbres, l’air se réchauffe.. la promesse des beaux jours , d’été..

Elle choisi un thé vert et moi un thé blanc sans sucre., bien évidemment. Pourquoi une telle assurance, parce que nous conversons depuis longtemps principalement de séries, de film ou de littérature..

Assise en face de moi les jambes croisées , elle me propose sa lecture d’un auteur que j’affectionne particulièrement et elle a choisi son roman le plus délicat.

Je vous laisse écouter ce que « Les enfants de minuit » de Salman RUSHDIE lui ont murmurer

Saleem Sinai, le héros de ce roman, est né à Bombay le 15 Août 1947, à minuit sonnant, au moment même ou l’Inde accède à son indépendance.

Il est doté de pouvoirs magique, comme les milles enfants nés entre minuit et une heure ce jour là.

Par son souffle l’auteur nous offre une sage familiale emporté par le cours de l’histoire. Il nous prend la main et nous fait traverser l’Inde sur son tapis volant. C’est un roman foisonnant, coloré, odorant, épicé …. à l’effigie de son pays. Nous voyageons du Cachemire chez les grands parents, à Bombay chez ses parents, au Pakistan ou l’on écoute Jamila sa sœur chanter.

« Aucune couleur, sauf le vert et le noir les murs sonts verts le ciel est noir (il n’y a pas de toits) les étoiles sont vertes la Veuve est verte mais ses cheveux sont noirs comme la nuit »

Nous voyageons avec Saleem dans des aventures burlesques ou grandioses. On plonge dans ce roman, on y voit les sari or, les rues poussiéreuses, on sent les curry….

On entend les différents dialectes, on est transporter dans l’Inde de Rushdie décrit avec tant de talent qu’il est impossible de ne pas être transporté, fasciné par ce récit.

Je leur dis:  » c’est la vérité. La vérité de la mémoire, parce qu’elle est particulière. la mémoire sélectionne, élimine, modifie, glorifie et dénigre aussi; mais à la fin elle crée sa propre réalité, sa vision des événements, hétérogène, mais généralement cohérente; et aucun être humain sain d’esprit ne fera plus confiance à la version d’un autre que la sienne »

Résumé l’intrigue est presque impossible, sous peine d’en dévoiler un peu trop.

Il s’agit de la vie d’une famille indienne de religion musulman, le Sinai-Aziz, de la perte de la foi de son grand père Aadam Aziz, jusqu’à la rupture avec le Pakistan et le retour de la Grande Mère Inde du petit fils Saleem qui est aussi le narrateur.

Tous les boulversements sociaux, politiques ou économique du pays trouvent leurs causes dans les événements qui parsèment la vie de toute sa famille.

Saleem subit la naissance de sa sœur et des enfants du quartier.

A 9 ans, il découvre qu’il a reçu le don puissant d’investir l’esprit des gens et enchevêtré avec son rôle de « symbole du pays dont il à hérité à sa naissance, faits de sa vie une étole aux fils multiple et indémêlable.

A 10 ans, il apprend qu’il y a 581 enfants, qui fêtent leur anniversaire en même temps. Il comprend le secret de l’heure de sa naissance, il décide de former sa bande qui s’étend sur tout le pays et dont le quartier général est derrière ses sourcils. Il crée ainsi le « Congrès des enfants de minuit »

A 11 ans il découvre l’impossible filiation familiale lors d’un transfusion sanguine. La famille le tolère amis migre au Pakistan.

Il s’engage dans l’armée et c’est une progression tout en noirceur à l’age adulte faite de cruelle absurdités, des propagandes, des coups d’état, des guerres, jusqu’à la liquidation des enfants de minuit par les sbires de la Veuve (Indira Gandhi).

C’est un livre merveilleux, à ne pas manquer

Accrochez vous au début et laissez vous guider par le conteur qui nous narre une histoire au réalisme magique.

Merci Myriam pour ce récit et cette critique ..

Libre à tir d’aile !

Sur l’auteur

Ancien pilote de l’US. Air Force, Richard Bach s’est souvenu de l’ivresse des vols en haute altitude pour écrire Jonathan Living le goéland. Publié en 1960, ce conte initiatique, hymne à la liberté, l’a rendu célèbre dans le monde entier.

La der

Jonhatan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Ses parents et les autres membres de son clan ne voient pas plus loin que le bouts de leurs ailes. S’ils volent , c’est uniquement pour se nourrir. Joénathan, lui, vole pour son seul plaisir. Et en volant toujours plus haut, toujours plus vite. Il sait qu’il donnera un sens plus noble à la vie.Effrayés par son audace, ses semblables le rejettent . Mais Jonathan va se faire de nouveaux amis…

Entre les lignes

« C’était le matin et l’or d’un soleil tout neuf tremblait sur les rides d’une mer paisible. […] mais seul, loin du bateau et du rivage, Jonathan Livingston le Goéland s’exerçait. »

Un goéland voulait sortir du lot, il voulait donner un sens à sa vie, autre que de battre des ailes pour se nourrir et d’attendre sans rien faire à part exerçait ses cris et deanbuler sur les rochers ou une plage.

Il désirait voler pour le plaisir et non pour aller pêcher ou manger ce que les chalutiers rejetaient .

Il voulaient voler pour le plaisir et les sensations, le grisement d’un vol en pique ou la très haute altitude. Après la découverte de ses désirs de liberté, il est exclu par son clan.

Malheureux car sans familles et heureux car il avait toute liberté de s’exercer au tonneau, à la vitesse, à l’étude de position de ses ailes, Jonathan Livingston griser par la vitesse percute l’eau de mer a près de 180 km/h.

Devenu un goéland fantôme ou plutôt un ange car son plumage devient brillant comme une étoile.. il est au paradis, enfin il se croit au paradis où il apprend à se surpasser, toujours plus haut, toujours plus vite . Il y arrive à force de courage et d’abnégation.

Il se surpasse en vitesse et en figure de vol.

Au vu de ses prouesses et de son habilité , il est chargé d’accompagner les jeunes goéland qui aime voler pour le plaisir. Et rien que pour voler et voler encore exploitant leur potentiel, leur habilité et saisir ce qu’est le paradis.

« Non, jon, il n’existe rien de tel. Le paradis n’est pas un espace et ce n’est pas non plus une durée dans le temps. Le paradis, c’est simplement d’être soi-même. »

Ce conte initiatique est une pure merveille. L’idée de s’envoler, de Faire exploser les barrières du déterminisme quitte à y laisser sa vie.

La liberté c’est prendre conscience de ses limites, les repousser, vaincre nos peurs.

Le vent de la liberté que Jonathan doit éveiller chez les autres

Goélands. Dans Cette révolte ancré dans son cœur et dans ses ailes lui est reproché, irresponsable petit goéland qui ne vole pas pour se nourrir mais seulement pour voler.

« irresponsabilité ? Mes frères! S’écria-t-il, qui donc, est plus responsable que le goéland qui découvre un sens plus noble à la vie et poursuit un plus haut dessein que ceux qui i’on précédé? »

C’est aussi briser nos chaînes, briser les tabous sociaux, accepter la différence de l’autre et nos idée préconçues

Ce petit goélandest est a la recherche de la liberté comme nous autres humains

Le procédé narratif de remplacer un humain par un animal est un très vieux procédé littéraire. Cela rappelle les fables de Lafontaine ou celle d’ Esope (fin du VIIe Av JC).

Conte ou fable, peu importe car les phrases courtes et touchent le cœur fortement.

Ce roman qui m’a’ a été offert par Ma belle d’âme , est une pure merveille. Tellement rafraîchissant, complexe dans sa nature mais simple dans la forme.

Essayer de suivre Jonathan Livingston, « Le goéland voit le plus loin qui vole le plus haut. » que le boit de son bec

«Tout d’abord, leur dit-il en appuyant sur les mots, il vous faut comprendre que le goéland n’est que l’image d’une liberté sans limites créées […] et que votre corps perceptible d’un bout d’aile à l’autre, n’existe que dans votre conscience! »

Bonne lecture de ce conte magnifique et rafraîchissant !

Poésie du jeudi

En ce moment je lis énormément de poète contemporain de tous;es continents.. je fais des recherches, je passe beaucoup;de temps dans les bibliothèques, les librairies, à chercher comme un enfant cherchant son doudou ou son jouet.

La poésie fait parti de la vie, tout dans ma vie est poétique. D’ailleurs la poésie n’est pas joyeuse mais magnifie le quotidien.

Oui, on peut être dans une mauvaise passe mais un poème m’aide à me sentir mieux dans les moments délicats de ma vie. Une rupture amoureuse, un amour récent, un amour naissant, un deuil ou la perte d’un ami ou amie ‘ désolé mesdames les partisante de l’écriture inclusive, ce qui d’ailleurs me heurte en lisant un texte rempli de .e .es.

A qui ressemblerait un poème d’amour en écriture inclusive, Victor Hugo en écriture inclusive, ou le livret de Carmen en inclusive.. une atteinte à la beauté de l’art littéraire!

Arrêtons avec ce sujet je pourrai en écrire des tonnes!

Je vais partager avec vous un poète espagnol Miguel Hernandez

Mais qui était t-il , un des plus grands poètes d’Espagne qui a 14 ans abandonne l’école et ses parents. Il passe son temps dans les bibliothèques Où il lit les auteurs majeurs de l’âge d’or de la littérature espagnole. Sans personne pour l’aider, pas de maître ou tuteur amour l’aider il publie en 1929 son premier poème dans journal hebdomadaire local. Il ne se repose pas sur ses lauriers, il part à Madrid deux fois. La première fois est un échec cuisant, la seconde il rencontre les auteurs fameux comme Pablo Neruda.

Pendant la guerre civil il se bat aux côtés des républicains , quand Franco annonce la fin de la guerre civil, il tente de fuir en au Portugal mais arrêté à la frontière, il passe du temps en prison à Madrid et écrit . En 1940, il est condamné à mort mais sa peine sera commuée en trente ans de peine de prison où il meurt atteint de la tuberculose en 1942.

Peinte, pas vide

Peinte est ma maison

De la couleur des grandes

Passions et disgrâces.

Elle reviendra des pleurs

Où elle fut conduite

Avec sa table déserte,

Avec son lit en ruine.

Fleuriront les baisers

Sur les oreillers.

Et autours des corps

S’envolera le drap

Son lierre puissant

Nocturne, parfumé

La haine s’amortit

Derrière la fenêtre.

Ce sera la douce griffe.

Laissez-moi l’espérance.

Miguel Hernandez

pour Maud

L’appel aux étrangers vivant en France

En relisant le roman de Blaise Cendrars « j’ai tué » suivi de « j’ai saigné ». Je me suis rappelé qu’il avait été le signataire et l’inspirateur d’un appel en août 1914 signe par de nombreux intellectuels.

L’appel aux étrangers vivant en France

Cet appel a été placardé sur les murs de Paris puis repris dans la presse, Le Figaro, Le Matin, Le gaulois.

Blaise Cendrars a fait deux guerres mondiales et a été blessé au front et a écrit deux courts textes de cet épisode de sa vie. Texte dur, violent mais à lire absolument.

Je vous laisse cet appel

« L’heure est grave

Tout homme digne de ce nom doit aujourd’hui agir, doit se défendre, de rester inactif au milieu de la plus formidable conflagration que l’histoire ait jamais pu enregistrer.

Toute hésitation serait un crime.

Point de paroles, des actes.

Des étrangers amis de la France, qui pendant leur séjour en France, ont appris à l’aimer et à la chérir comme une seconde, patrie, sentent, le besoin impérieux de lui offrir leurs bras.

Intellectuels, étudiants, ouvriers, hommes valides de toutes sortes – nés ailleurs, domiciliés ici – nous qui avons trouvé en France la nourriture de notre esprit ou la nourriture matérielle, groupons-nous en un faisceau solide de volontés mises au service de la plus grande France. »

Lectures au coin du feu

L’année commence et jour après jour Les libraires remplissent leurs rayons de nouveautés..

On farfouille, on attend nos auteurs favoris et leurs nouveaux romans.

Un véritable Phénomènes naturels

En ce début d’année littéraire m’offre l’occasion de renouer avec trois auteurs que j’adore.

Il est rare qu’une année nous offre trois des plus grandes plumes de la littérature française et américaine.

Ma première joie a été de découvrir le nouveau roman de Jonathan Franzen.

Écrivain majeur américain qui nous a déjà envoûté avec son roman Les Corrections qui est son premier roman traduit en français, mais en fait son troisième roman édité aux États Unis. Les Corrections paru en 2001 a récompensé son auteur du National Book Award. Freedom son quatrième roman paru en 2010 l’a vu sacré « Plus Grand Romancier Américain » par le Time Magazine.

Le style Franzen est difficile à expliquer, c’est un auteur qui a une extraordinaire manière de ressentir son époque, la société. Il décrit avec minutie et de manière ultra réaliste son époque, ses récits sont souvent multidimensionnels, croisant sans cesse les destins de ses personnages en tissant un savant mélange de situations cocasses à des histoires dramatiques. Il s’est aussi confronté au récit autobiographique dans Zone d’inconfort.

Dans son dernier roman Purity paru en 2015, il traite avec justesse de la prégnance des réseaux sociaux et de l’influence de plus en plus forte qu’ils ont sur la société, la politique. Roman dans lequel il pose la question de la Vérité et de la manière dont on peut la manipuler et dans quels buts.

Le premier février paraîtra son dernier roman Phénomènes Naturels qui est en fait son deuxième roman paru outre-Atlantique en 1992 mais seulement traduit cette année. On ne peut que déplorer ce temps perdu. Ce roman est multiple à la fois comédie familiale et thriller écologique et économique, c’est un second roman qu’on lira cherchant les prémices du romancier que Franzen est aujourd’hui. Nous verrons à travers la plume ascerbe de l’auteur des Corrections un pays qui se déchirent sur les ravages du Sida, les questions de l’avortement, les lobbys financiers.

N’oubliez pas ce roman, Phénomènes Naturels de Jonathan Franzen et vous serez peut-être un ou une inconditionnel de cet auteur majeur américain.

Et si la vie n’était qu’une Microfiction ?

Et la France dans tout cela, me diriez-vous ? Elle est présente et représentée par un auteur atypique Regis Jauffret.

Vous connaissez? Un petit effort de mémoire, quelques titres pour vous aider.

  • Asile de fous (2006)
  • Univers univers (2003)
  • Sévère
  • La ballade de Rikers Island
  • Claustria
  • Bravo

Et bien sûr le Roman.

Enfin les romans Microfictions paru en 2007, un improbable pavé de plus de mille pages contenant cinq cents histoires courtes de deux pages.

La surprise chez les lecteurs fût complète et maintenant ce Microfictions fait référence dans l’art de l’histoire courte. Cinq cents histoires noires qui mises les unes avec les autres forment une veritable peinture de l’humanité.

Onze ans plus tard, Regis Jauffret nous refait le coup. Un second volume d’histoires courtes de deux pages intitulé Microfictions2018 mais il pousse le noir, il explore nos tabous, nos angoisses le plus loin possible qu’il lui est possible. C’est le style Jauffret, explorer les angoisses, les tabous de l’humain sans vulgarité, sans en rajouter, mais avec ce style inimitable de pouvoir transformer l’horreur, l’ignominie en saynète de théâtre, en vaudeville.

Jauffret prend du plaisir dans ces histoires courtes, et cela se sent. Ce deuxième volume est aussi enthousiasmant, stimulant que le premier alors foncez!

Plongez dans ces Microfictions, immergez-vous dans cet horror show!

Mille et une vie ou l’exploration des possibles

J’ai gardé le meilleur pour la fin, le géant Paul Auster revient après trois ans d’écriture. Fini les entretiens, les interviews, les conférences. L’écriture et rien que l’écriture pour ce monstre, ce géant des lettres américaines. Paul Auster et son texte, un entre soi de trois années! Cela donne au final un immense roman de plus de mille pages, écrites, raturés, corrigés et finalisées. Il a forgé à l’encre les âmes de ses personnages, leurs destins et puis il a imaginé d’autres destins.

Mais qu’est-ce que la destiné d’un homme? Et si les choses s’étaient passé autrement?

Ce roman n’est pas un roman sur la destiné mais quatre romans d’initiations. Ce roman 4 3 2 1, ces romans pour être plus juste parlent de la destiné d’un même garçon. Quatre destins parallèles d’un même personnage ou peut-être est-ce un même destin de quatre garçons identiques. Paul Auster a imaginé l’histoire d’Archibald Ferguson de la naisssance au seuil de la vie adulte, Même parents, même lieu et année de naissance ( 1947 à Newark, New Jersey comme l’auteur). Mais une rencontre, un choix parentale diffèrent, une maladie change le destin de ce petit garçon.

En somme Paul Auster essaye d’analyser la part d’imprévu, à doser le probable, à quantifier l’éspéré de la vie.

D’après l’auteur, le projet initial du roman devait suivre ces personnages sur toute leur vie, projet titanesque! Rien ne fait peur à cet auteur mais il a trouver que la période la plus intéressante d’un être humain est celle de la naissance à l’âge de vingt ans. C’est une période où l’humain subit le plus de changements en un si court laps de temps. C’est aussi l’âge des possibles, de l’envisageable où le monde n’est qu’un vaste lieu en constante expansion.

Le bébé voit son monde réduit à son lit, les seins de sa mère et puis il marche et la maison devient un monde. L’école, les copains, les premiers émois amoureux tout est un monde qui s’agrandit jour après jour. Cela ne veut pas dire que passer l’âge de vingt ans, le monde cesse d’être exploitable ou qu’avec l’âge nous vient une connaissance parfaite de notre univers. Non ! Mais l’humain ralenti le rythme de ses transformations et de ses découvertes.

Sacré roman que voilà et l’on comprend mieux pourquoi il a fallu tout arrêter pour arriver à créer, a imaginer la part d’imprévu et les implications sur une vie.

Lisez ce roman et explorez les chemins des possibles.

Et si votre vie n’était pas celle que l’on croit..

Et si… Peut-être trouverez-vous la réponse dans ce roman des Contrevies

Immense coup de cœur hivernale pour le maître Paul Auster. Et si quelques-uns parmi vous, doutiez que j’ai lu tout ses romans. Je n’ai pas tout lu, j’en ai volontairement omis un…

Mais ne doutez pas de la fidélité à cet auteur fantastique !

Petit coup de cœur hivernale

Un petit coup de cœur, une petite extra systole littéraire pour ce roman que l’on présente comme la suite d’un livre qui a été primé Goncourt. Pierre Lemaitre vous le connaissez sûrement depuis que son livre Au revoir là-haut ( Prix Goncourt 2013) a été porté au grand écran avec paraît-il succès. En ce début d’année, il nous offre la suite de au revoir là-haut, avec Couleurs de l’incendie qui est le second volume de sa trilogie sur l’entre-deux-guerres.

Dans Au revoir là-haut, on finissait le roman sur la mort d’Edouard Pericourt, on se retrouve sept années plus tard dans Couleurs de l’incendie. Pierre Lemaitre nous conte une histoire dans la France des années 30, une France qui n’est pas encore remise de la grande guerre gagnée dans les tranchées.

Nous suivons les héritiers Pericourt, le petit fils Paul notamment héros de ce roman qui a sept ans saute du second étages de la résidence familiale, et sa mère se posera la question de ce geste, la discrète Madeleine fille de Marcel et sœur d’Edouard. Elle va devenir le personnage central du roman. Le premier volume était un roman basé sur les hommes, les femmes sont ici à l’honneur. Madeleine seule contre tous.

Un roman à lire, un style fluide et une plongée dans le Paris des années 30. Rien que pour cela mon cœur est gagné.. un coup de Maître ?