Poésie de samedi

Je suis un fan de Hugo. Ce monstre de la littérature française, ce monument littéraire

Ce soir je vous propose un poème peu connu mais superbe. Pour ma belle d’âme ..

Aimons toujours ! Aimons encore

Aimons toujours ! Aimons encore !

Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.

L’amour, c’est le cri de l’aurore,

L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,

Ce que le vent dit aux vieux monts,

Ce que l’astre dit aux nuages,

C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.

Il a pour réchauffer le coeur,

Un rayon de plus que la gloire,

Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,

Toujours les grand coeurs aimeront :

Joins cette jeunesse de l’âme

A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !

Afin qu’on voie en tes beaux yeux

Des voluptés intérieures

Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !

Unissons-nous mieux chaque jour.

Les arbres croissent en feuillage ;

Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !

Soyons la fleur et le parfum !

Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,

Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.

La femme, ange aux chastes faveurs,

Aime à rafraîchir sous ses ailes

Ces grand fronts brûlants et rêveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !

Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !

Ange ! viens à moi quand tu chantes,

Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.

Car notre esprit n’est point moqueur ;

Car les poètes sont les vases

Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde

Que la seule réalité,

Moi qui laisse fuir comme l’onde

Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre

L’orgueil du soldat ou du roi,

L’ombre que tu fais sur mon livre

Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée

Dans notre esprit, brasier subtil,

Tombe en cendre ou vole en fumée,

Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ? « 

Tout plaisir, fleur à peine éclose

Dans notre avril sombre et terni,

S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,

Et l’on se dit :  » C’est donc fini ! « 

L’amour seul reste. Ô noble femme

Si tu veux dans ce vil séjour,

Garder ta foi, garder ton âme,

Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,

Dusses-tu pleurer et souffrir,

La flamme qui ne peut s’éteindre

Et la fleur qui ne peut mourir !

Victor Hugo

Poésie du mercredi

Un mercredi poésie en compagnie de Federico Garcia Lorca

L’ombre de mon âme

L’ombre de mon âme.

Fuit dans un couchant d’alphabets,

Brouillard de livres

Et de mots.

L’ombre de mon âme!

J’ai atteint la ligne où cesse

La nostalgie,

Où la goutte de pleur se transforme,

Albâtre d’esprit.

(L’ombre de mon âme! )

C’en est fini

Du flocon de la douleur,

Mais il reste la raison et la substance

De mon vieux midi de midi de lèvres,

De mon vieux midi

De regards

Un trouble labyrinthe

D’étoiles enfumées

Brouille ma chimère

Presque fanée

L’ombre de mon âme !

Et une hallucination

Vient traire mes regards

Je vois le mot amour

Découragé.

Mon rossignol !

Rossignol !

Tu chantes encore ?

Federico Garcia Lorca

Visitons Carthage, la ville qui sacrifie ses enfants.


J’ai lu et été captivé par le roman de Joyce Carol Oates Carthage éditions Philippe Rey

Sur l’auteur
Joyce Carol Oates est une femme de lettres américaines, auteure d’une centaine d’écrits, roman, essais, pièces de théâtre, polar ( sous deux pseudonymes différents. Rosamond Smith ou Lauren Kelly).
Né en 1938, elle publie son premier roman en 1963. 
Plusieurs fois récompensé par de nombreux prix littéraires en Europe et aux États-Unis, deux fois sur la liste finale du Prix Nobel de littérature, Oates est une grande figure de la littérature. 
Professeur de littérature à l’université de Princeton dont elle est retraité depuis 2014, membre de l’Academie des Arts et des Lettres. 

Photo by Dustin Cohen


La Der
Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune sœur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre….
Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être résoudre l’impossible mystère. C’est ce que vise Joyce Carol Oates qui est sur tous les fronts : violence, guerre, dérangement des esprits et des corps, amour, haine. Et même exploration inédite des couloirs de la mort…
Un roman puissant et captivant.

Entre les lignes

Cressida Mayfield disparaît, un homme avoue son meurtre et de cette simple intrigue Joyce Carol Oates signe un très grand roman noir. La plume trempée dans l’acide, elle s’attaque à une horreur sans nom, la guerre et ses victimes directes et collatérales.. 
Dans cette ville tranquille nommée Carthage dans l’état de New York, la guerre est entrée dans la vie  de ces habitants, elle change tout, bouscule tout. Insidieusement, dans l’Amérique post 11 septembre, la guerre d’Irak fait des victimes de plus. 
Comment et quelles sont les victimes me demanderez vous ? 
Les soldats morts au combat que les autorités enterrent à grand renfort de patriotisme nauséabond, laissant les familles, les proches dans la douleur. Les ancien combattant qui n’ont pas eu la chance de mourir au combat, qui psychologiquement y sont décédés mais physiquement revenus, parqués dans des hôpitaux. Ils portent les stigmates d’une politique de vengeance aveugle. Membres amputés, esprits marqués. Les proches de ces anciens combattants voient leurs fiancés, leurs fils, leurs amis transformés. Ce sont les fantômes d’eux-mêmes. La nation reconnaissante les laissent se débattre dans un quotidien violent. Bret Kincaid et sa fiancée Juliette en font les frais, leur couple vole en éclat. Bret, abattu, ne supportant plus une existence faite de psychologues, de psychotropes et de crises de violence qu’il n’arrive pas à gérer, éloigne, rejette par amour sa belle Juliette. Fiançailles brisées, deux familles s’affrontent. Une mère devient psychologiquement instable, une jeune fille mal-aimé se venge, la fiancée éconduite s’enfuit de Carthage. 
Cressida et Bret deux personnes qui ne souhaitent qu’une chose disparaître de la surface de la terre.
L’une disparaît un jour, sans explication. L’autre s’accuse du meurtre, est déçu d’échapper à la peine capitale. Condamné à perpétuité, il vit dans une cellule, métaphore de la maladie qui le ronge.
Juliette après le battage médiatique suite à la disparition et puis aux aveux de meurtre de son ex-fiancé fuit la petite ville et ses parents dévastés par la douleur.
Les parents de Cressida, le lecteur plonge dans l’enfer de la disparition d’un enfant. Le deuil, l’acceptation, les moyens pour surmonter cette immense perte, le père devient alcoolique et la mère est versée dans la religion et se jette à corps perdu dans une association qui recueille des femmes victimes de violences conjugales. 
Dans ce maelström de douleurs, et cette avalanche de malheurs qui touchent tout les personnages, Oates donne une chance de rédemption  aux protagonistes de cette tragédie. Le lieu et la personne qui déclenchera l’issue heureuse ne manque pas de sel et c’est tout l’art de l’auteur que d’avoir situer le lieu de cette prise de conscience dans la chambre d’exécution d’une prison américaine ! Je vous laisse la joie et le bonheur de lire les 72 pages de la visite du fameux couloir de la mort et de la salle d’exécution. Rien que pour cette visite le roman vaut le détour. D’ailleurs pour l’anecdote, ces 72 pages ont été publié sous forme de nouvelle dans un très grands journal américain.
Ne compter pas sur moi pour vous narrer ce magnifique passage du roman, je vous laisse le soin de le découvrir.
Carthage, quel titre magnifique, une référence si subtile aux thèmes abordés dans le roman. Cette ville antique dont les habitants aux IVieme siecle étaient soupçonnés par les romains de faire des sacrifices d’enfants pour prouver leur allégeance à la ville. ( c’est une thèse.) Carthage, la cité antique, comme une métaphore de l’Amerique contemporaine. Cette Carthage décrite par Oates sacrifie aussi ces enfants, ces jeunes partis aux combats, ces soldats prêtant allégeance aussi à la banniere étoilées.. Époque différente, mais même sacrifices aux formes différentes.
Joyce Carol Oates cette merveilleuse peintre de l’âme sombre à encore ecrit un roman profondément noir, ecrit avec le sang et la rédemption d’êtres pris dans un engrenage infernal les menant à leur perte. Cressida, « l’intelligente » qui se sent mal aimé, Bret, l’ancien combattant qui est en quête de pardon pour ne pas avoir dénoncer des actes criminels au sein de son ancienne unité, souffrant de stress post-traumatique, revenu de la guerre abîmé physiquement et psychologiquement, les familles qui se battent contre la douleur de la perte d’un être cher, les corps et les esprits bouleversés, abîmés et irrémédiablement changés. Les différentes stratégies de defense que l’humain trouve pour supporter l’insupportable. 
Un livre profond, multiforme, à la fois peinture de la société américaine, de la situation et de la prise en charge de ces enfants de la patrie revenus abîmés. Thriller, genre qu’affectionne Oates, enquête sur une disparition. Ce n’est pas un livre où le sourire vous effleurera les lèvres, un roman qui vous secouera l’âme et fera réfléchir certains sur la peine de mort, l’emprisonnement et le traitement que l’on inflige à nos détenus. 
Un livre à lire absolument ! Un livre qui hurle et dénonce une certaine société américaine de va-t-en-guerre et où la  peine de mort reste une solution contre les maux qui la rongent.
A vous de découvrir la petite ville de Carthage.. Bonne lecture ! 
A noter la sortie du nouveau roman de Joyce Carol Oates Daddy Love, éditions Philippe Rey et la sortie aux éditions Point de Maudits

La littérature du « Pays du matin calme » à l’honneur au pays des droits de l’Homme.

  

Le 17 Mars s’ouvre le salon du livre de la ville de Paris avec comme invité les écrivains Sud-coréens .

Ce jeudi, les belles lettres coréennes sont l’invitées  d’honneur de ce salon rebaptisé Le Livre Paris.

C’est l’occasion de faire le tour du monde littéraire en quatre jours, après le Brésil en 2015, c’est la Corée dans le cadre de l’année France Corée. 

Pays qui est le cinquième pays pour la cession des droits de traduction de livre français.

C’est aujourd’hui un acteur majeur de l’édition mondiale, 

Une belle occasion nous est offerte de découvrir de nouveaux auteurs, une nouvelle culture. 

La littérature coréenne est fort mal connue en France et dans le monde, très peu traduite, elle reste réservée à un public très restreint.

Pourquoi ?

C’est un paradoxe, un pays qui est en croissance économique constante depuis des décennies, qui exportent à l’international des produits technologiques – cinquième exportateur mondial en 2015 – qui est aussi connu pour sa culture pop et mangas. Mais qui peut me citer de mémoire un titre, un roman, un auteur majeur de ce pays ? 

Très peu de gens, moi-même je te le confesse ami lecteur je ne pourrai que te citer un roman lu par hasard. 

Deux principales causes à cette méconnaissance.

La première, et non la moindre, est la jeunesse de ce pays. En effet, longtemps colonisé par les japonais ( 1905 – 1945 ) , la langue coréenne a été totalement interdite par l’occupant. Le japonais a remplacé dans les écoles le hangul , l’alphabet Coréen – oui c’est un langue alphabétique – créée en 1443. 

Comment avoir une littérature nationale sans langue propre ? 

Comment un auteur peut écrire sans l’appui de sa langue, cette langue qui fait partie de son identité, de sa culture. Une langue n’est pas seulement un moyen de communiquer au sein d’une communauté, c’est aussi pouvoir exprimer différemment des sentiments, des sensations. Le citoyen Coréen était un homme sans langue, un homme muet ! 

La langue coréenne sera réhabilitée à la fin de la seconde guerre mondiale. 

Un pays de création récente avec une langue nouvellement enseignée, l’équation donnera forcément pendant une période un mouvement littéraire plutôt patriotique. Difficile d’exporter un roman glorifiant un pays, pétri de nationalisme. 

C’est un pays qui a connu une histoire violente, un condensé d’histoire mondiale. La colonisation, la guerre de Corée, la partition du pays en deux, un passage par une bonne dictature militaire et enfin la démocratie. 

Les soubresauts historiques vont donner une littérature marquée par les grands mouvements du pays.

Une première vague d’écrivain qui ont vécu ou participé à la guerre de Corée, un de ces écrivains sera présent au salon  Hwang Sok-Yong , écrivain très connu et souvent lauréat de prix prestigieux dans son pays. La génération suivante est née pendant la dictature militaire des années 60, les thèmes littéraires sont plutôt politiques, intimes. La dernière vague , celle qui veut s’imposer, être reconnu mondialement est née dans une Corée démocratique . 

La littérature coréenne s’est alors mondialisée jusque dans ses thèmes romanesque. La littérature contemporaine brosse une Corée triomphante, jeune loin de celle de ses aînés empreinte de l’histoire douloureuse du pays.

La deuxième cause de cette discrétion littéraire se trouve dans le système politique.

Oui, vous avez bien lu, le système mise en place par les autorités coréennes pour promouvoir les auteurs du pays. 

Comment ?  Grâce à un organisme public le Korea Litérature Translation Institute  ( KLTI ).

Un frein à la diffusion et à la diffusion d’œuvre en France. Le gouvernement coréen subventionne et sélectionne les œuvres littéraires à traduire, il va même jusqu’à payer les traducteurs, la fabrication ainsi que les frais liés à la diffusion. 

Mais ce que sélectionne le KLTI ne correspond pas forcément aux attentes des lecteurs français ou mondiaux du moment comme l’on expérimenté des maisons d’éditions françaises.

Le KLTI est dénoncé par certains spécialistes qui le considère comme un organisme de censure, n’oublions pas que la présidente coréenne est la fille d’un ancien dictateur de la junte militaire ! D’autres personnalités du monde littéraire, notamment Jean-Claude de Crescenzo éditeur, traducteur, directeur d’études coréennes à l’université Aix-Marseille et conseiller cette année pour le salon du livre de Paris, c’est formidable chance de découverte d’auteurs, de faire connaître des textes et des œuvres majeures.

De son côté le KLTI se défend par la voix de son chargé des traductions vers l’Europe :

« Le but de nos activités n’est pas de défavoriser certains auteurs pour promouvoir les actions littéraires des autres. Mais au contraire d’aider la publication d’ouvrages les plus divers… Sauf ceux qui sont trop commerciaux ou religieux.»

Cette nouvelle génération d’écrivain veut conquérir le monde !

Bon nombre d’écrivains de la nouvelle vague littéraire ne veulent plus se limiter à un petit marché ( 49 millions d’habitants ), dans ce contexte de ce pays, la Corée entrée dans la mondialisation, ils veulent une reconnaissance de leur plume par ceux qui font la littérature. Ils veulent être exportés ! 

Comment leur en vouloir ? 

La jeune Amérique littéraire lorgnait vers l’Europe. Beaucoup de grands écrivains d’outre-Atlantique sont venus se faire connaître en Europe pour avoir le privilège d’être lu dans les cours européennes ! 

Ce jeune pays, ces jeunes écrivains ont besoin dans un monde globalisé d’être reconnu par les pays pairs de la littérature, l’Europe, le continent américain, le Japon, la Chine. 

Exporter le cinéma, la culture pop pour un pays n’est pas assez. Seule la littérature possède le prestige! 

A t-on un prix Nobel pour un autre art que celui des lettres ? Et quelle exposition médiatique et culturelle pour un pays que ce prestigieux prix suédois ?

En Asie, seule la Chine a été lauréate de ce prix. Le Japon est un sérieux concurrent..

Le dragon littéraire Coréen s’éveille .. Va t-il conquérir nos rayonnages de librairie, nos bibliothèques ?

Pour ma part, infatigable lecteur et en quête de nouvelles sensations littéraires, la venue de la Corée au salon du livre de Paris est une excellente nouvelle. Malheureusement, je ne pourrai m’y rendre mais je vais regarder de près ces nouveaux auteurs invités ..

Je leur souhaite la bienvenue …

La liste des invités se trouve sur le Site du salon

Un auteur méconnu, Mordecai Richler 

Mordecai Richler, cela ne vous dis rien ?Ne trichez pas ! N’allez pas sur Wikipedia ou ne vous précipitez pas sur Amazon ou chez votre libraire pour acheter sa bibliographie. 

Vous ne le connaissez pas ?
 

C’est normal, cet auteur est quasiment inconnu en France.

Il est canadien pour commencer, fils de ferrailleur, né en 1931 à Montréal. À 19 ans il s’exile en Europe et notamment en France, Espagne et Angleterre où il écrit son premier roman L’apprentissage de Duddy Kravitz en 1959. Il ne revient s’installer au Canada qu’en 1972 où il décède en 2001, laissant une œuvre majeure de la littérature anglophone.

 Et pourtant outre-Atlantique il fait parti des auteurs les plus appréciés par les critiques. Comparé souvent à l’immense Philip Roth et à John Irving, il est pourtant ignoré dans notre beau pays!

Ce roman « Solomon Gursky » est une nouvelle traduction, censée être plus fidèle au texte d’origine, et elle est surtout son œuvre majeur qui fait écrire dans les colonnes du prestigieux journal The Times « (…) une heureuse synthèse de Charles Dickens, de Malcolm Lowry et de Philip Roth.» Rien que ça ! 

Personnellement je l’ai redécouvert au hasard d’une critique à la radio. Quinze année après sa mort, il est nécessaire de découvrir cet auteur à l’humour incroyable. Je me suis jeté sur ce roman ! 

Cela va être un sacré moment de lecture !

Mon père ce héros …. Déchu !

Va et poste une sentinelle – Harper Lee


Sur l'auteur

Harper Lee de son vrai patronyme Nell Harper Lee née le 26 avril 1926, à Monroeville dans l'Alabama, où elle réside encore aujourd'hui. Le premier et longtemps seul roman de celle qui fut la grande amie de Truman Capote, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur a connu un succès fulgurant prix Pulitzer en 1961. Ce livre est un classique de la littérature américaine et est enseigné dans de nombreux écoles, collèges et lycées. Depuis, elle a décidé de rester en retrait de la vie littéraire, écrivant trois ou quatre articles dans des journaux.

En 2007, elle reçoit la médaille présidentielle de la liberté du président américain George W. Bush pour sa contribution à la littérature.

 

La der

Jean Louise Finch, dite « Scout », l'inoubliable héroïne de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, est de retour dans sa petite ville natale d'Alabama, Maycomb, pour rendre visite à son père, Atticus. Vingt ans ont passé. Nous sommes au milieu des années 1950, et la nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l'a façonnée mais dont elle croit s'être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour nouveau.

 

Entre les lignes

Plus de cinquante d'attente, après Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee déstabilise et fait vaciller la critique littéraire.

Harper Lee est cette femme né dans l'Alabama, dans une petite localité dénommée Monroeville qui a écrit un seul roman en 1960, et quel roman, un véritable tremblement de Terre littéraire. Un an après la sortie du roman 500.000 exemplaires vendue, les droits achetés par de nombreux pays. Prix Pulitzer en 1961 et une adaptation au cinéma en 1962, avec dans le rôle de l'intègre avocat Atticus Finch, Gregory Peck. Film récompensé par trois oscars. Le livre d' Harper Lee est sur la liste de lecture de toutes les écoles américaines, et à ce jour il s'est vendue en anglais à plus de 30 millions d'exemplaires. Phénomène littéraire comme le fut Salinger et son Célèbre roman L'Attrape-coeur, mais ce qui nous intrigue le plus dans ce succès est le mutisme et la disparition médiatique de son auteur. Âgée aujourd'hui de 89 ans, l'auteure vit recluse dans sa ville natale qui est devenue un lieu de pèlerinage pour les nombreux fans du roman.

Pour situer le roman dans le temps, nous retrouvons les personnages une vingtaine d'année après, Jean-Louise est maintenant une jeune fille de vingt-six ans qui revient assez régulièrement dans sa ville natale de Maycomb. Elle y retrouve son père Atticus qui a maintenant soixante-douze ans, sa tante Alexandra et son oncle Jack. Mais son petit univers familliale est bouleversée par la découverte que l'avocat qui dans Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, avait pris la défense d'un noir accusé de viol sur une femme blanche dans les années trente. Atticus, esprit libre, défenseur de l'égalité devant la justice pourfendeur de la pensée WASP, un révolutionnaire prônant les droits civiques pour les noirs, est en fait un raciste qui assiste à dès réunions de citoyen pour la defense des blancs, qui lit des fascicules prônant la théorie des races et qui surtout à passé du temps avec des gens du Klu-Klu-Klan. Atticus Finch l'avocat tué par son auteure.

Étrange revirement, comme si l'auteur voulait tuer le héros, pour mieux montrer que le chevalier blanc qu'il était, avait caché une part très sombre à sa fille. Désillusion totale, chez les fans de l'auteure. Roman qui résonnent très fort à notre époque aux USA, tant les relations blancs noirs sont si délétères en ce moment. En témoigne les nombreuses violences policières dans le sud des Etats-Unis. Ce roman dérange, par ce message de haine délivré par le héros et par l'acceptation et la compréhension de Jean-Louise. Cette jeune femme de vingt-six ans qui dans le premier roman ne faisait aucune distinction entre les personnes, se battant bec et ongle contre les gens qui véhiculait se genre de message.

La critique américaine n'a pas accueilli ce roman les bras ouverts, elle fut impitoyable. Il est vrai que l'histoire de ce manuscrit est troublante, il est maintenant sur que ce roman a été écrit avant Ne Tirez pas sur l'oiseau moqueur, il s'agit selon les différents critiques litterraire du manuscrit refusé en 1957 par les éditions Harper Collins demandant à l'auteur de le remanier en profondeur en prenant comme point de départ la jeunesse de Jean-Louise. Ce qui fut fait deux ans plus tard avec le succès que l'on connaît.

Mais comment a t-il reapparu ? Sachant que d'après les dires de la sœur et avocate de l'auteure, elle ne devrait plus écrire car elle avait connu l'apogée de sa courte carrière d'écrivain.pourquoi écrire un second romans des ces conditions ? Des journalistes ont parlé de vol, d'abus de faiblesse !

En effet, le manuscrit aurait été découvert dans un coffre de la maison de l'auteure attaché à celui de l'oiseau moqueur. Une personne aurai fait alors pression sur la vieille dame pour le publier. Actes démentis par Harper Lee.

Récit dérangeant, thèses rances, un héros brûlé. Bref un très mauvais Harper Lee, dire qu'il a fallut plus de cinquante ans pour être sûr qu'elle avait sans nul doute écrit un seul excellent roman, mais le Roman avec toutes les majuscules en grosses lettres de la littérature américaine.

Malgré son énorme déficit narratif, il est quand tiré à plus de trois millions d'exemplaires. Incroyable, mais le nom D'Harper Lee suscite toujours le déchaînement , un engouement énorme.

Je ne vous recommande pas la lecture de ce roman, surtout si vous avez déjà lu le précédent.

Par contre lisez Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, un roman tendre sur la jeunesse. Un roman initiatique, militant, incontournable sur le combat pour les droits civiques, l'égalité et la tolérance. Un roman situé dans les années trente mais qui est malheureusement d'actualité.

 

Le nouveau Sándor Márai est de sortie le 5 novembre 2015 !

Sándor Márai vous connaissez ? Un écrivain au style si délicat redécouvert dans les années 90 ! Allez, amis lecteurs faites un effort ! Non vous ne voyez pas ? 

 Alors je vais vous le présenter brièvement !

  
Une vie comme un roman….

Sándor Márai est un écrivain hongrois né en 1900 dans l’empire hostro-hongrois. Il publie son premier receuil de poesie à l’âge de 18 ans. En 1919, il collabore à un journal communiste et doit s’enfuir de Hongrie lors d’une révolution dites « terreur blanche » . En Allemagne, il entre à l’université et entame des études de journalisme et de philosophie. Après son mariage en 1923, il s’installe à Paris où il devient le correspondant du journal allemand Frankfurter Zeitung ( journal a tendance bourgeois libéral) . En 1928, dans une Hongrie apaisée, il décide de revenir s’installer avec sa famille. Il connaîtra le succès et la reconnaissance dés ses premiers romans dont Les confessions d’un bourgeois ( 1934). Il est le premier intellectuel hongrois à découvrir et à traduire Kafka Hongrois. 

Sándor Márai et l’histoire de la Hongrie sont étroitement liés, profondément antifasciste, il assiste à la radicalisation de son pays dans les années d’entre-deux-guerres. Rapprochement avec l’Allemagne Nazie, antisémitisme et finalement le 19 mars 1944 la Hongrie est envahie par Hitler. Márai durant cette période s’enferme dans son « Exil intérieur », écrira ses meilleurs romans, La conversation de Bolzano ( 1940) et Les braises (1942). Durant cette période, il doit se cacher des Nazis car sa femme est d’origine juive et il assiste impuissant à la libération de son pays par l’armée rouge qui impose le communisme par la force. Viols, violences, exécutions et l’écrasement des libertés. Considéré par les nouvelles autorités comme un ennemi de classe, Márai est contraint à l’exil en 1948. Ces années tourmentées seront relatées dans son autobiographie Mémoires de Hongrie. Exilé en Italie jusqu’en 1952, puis s’installe aux États-Unis jusqu’à son suicide en 1989. La mort de sa femme, aveugle et atteinte d’un cancer, le décès de son fils à l’âge de 46 ans et plus de 41 années d’exil ont eu raison de cette personnalité hors norme. Il continuera d’écrire jusqu’à la fin de ses jours dans sa langue maternelle, le hongrois. Ses livres ne seront jamais publiés en Hongrie, il circuleront pourtant sous le manteau, clandestinement. Son œuvre sera pourtant traduite en plusieurs langues étrangères mais ne rencontrera jamais un grand succès. Et pourtant, journaliste, chroniqueur, romancier, Márai était un homme aux multiples talents..

Il sera redécouvert dans les années 90 grâce aux éditions Albin Michel en éditant Les braises, et en le faisant traduire dans différentes langues européennes, il connaît un succès inédit pour un auteur hongrois. Aujourd’hui l’œuvre littéraire de Sándor Márai fait partie du patrimoine literraire européen et jouit d’une réputation semblable à Stefan Zveig. Il est comme lui le dernier représentant d’une époque où la Hongrie était une brillante société multiculturelle brillante avant d’être écrasée par le fascisme et le totalitarisme communiste. 

 Quel destin ! La vie d’un enfant du siècle comme le fut Victor Hugo en son temps. Admiré, honni, mort dans le l’anonymat loin de son pays d’origine. Le destin d’un pays intiment lié à celui d’un homme. 

Le succès et la reconnaissance grâce au travail d’une éditrice d’origine hongroise qui a contribué à ressuscité une œuvre immense ! Merci aux éditions Albin Michel pour leur contribution au patrimoine literraire européen. 

Oui, c’est un travail très important que de faire connaître et reconnaître le travail d’un écrivain. Témoin d’une époque. La Hongrie d’aujourd’hui devrait relire l’œuvre de Márai et ainsi se souvenir qu’avant d’être une dictature « Orban  » pays simili européen, elle était une société ouverte, multi-culturelle et surtout tolérante ! 

Márai est une leçon de vie, ne jamais renoncer à un idéal. La tolérance comme leitmotiv.

Le 5 novembre 2015, les éditions Albin Michel nous font découvrir un nouveau roman de Sándor Márai, La nuit du bûcher, écrit pendant son séjour à Naples en Italie, publié en allemand en 1957 puis en hongrois en 1965. 

Je vous ferai un petit feed  back de cette lecture… Avec une certaine hâte de l’avoir entre les mains..

En précommande chez vos libraires préférés et en ligne sur les sites habituels que je ne nommerai pas par égard pour mes amis libraires.

ÉDITIONS Albin Michel, prix de vente : 19 €