Poésie de samedi

Je suis un fan de Hugo. Ce monstre de la littérature française, ce monument littéraire

Ce soir je vous propose un poème peu connu mais superbe. Pour ma belle d’âme ..

Aimons toujours ! Aimons encore

Aimons toujours ! Aimons encore !

Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.

L’amour, c’est le cri de l’aurore,

L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,

Ce que le vent dit aux vieux monts,

Ce que l’astre dit aux nuages,

C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.

Il a pour réchauffer le coeur,

Un rayon de plus que la gloire,

Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,

Toujours les grand coeurs aimeront :

Joins cette jeunesse de l’âme

A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !

Afin qu’on voie en tes beaux yeux

Des voluptés intérieures

Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !

Unissons-nous mieux chaque jour.

Les arbres croissent en feuillage ;

Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !

Soyons la fleur et le parfum !

Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,

Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.

La femme, ange aux chastes faveurs,

Aime à rafraîchir sous ses ailes

Ces grand fronts brûlants et rêveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !

Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !

Ange ! viens à moi quand tu chantes,

Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.

Car notre esprit n’est point moqueur ;

Car les poètes sont les vases

Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde

Que la seule réalité,

Moi qui laisse fuir comme l’onde

Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre

L’orgueil du soldat ou du roi,

L’ombre que tu fais sur mon livre

Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée

Dans notre esprit, brasier subtil,

Tombe en cendre ou vole en fumée,

Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ? « 

Tout plaisir, fleur à peine éclose

Dans notre avril sombre et terni,

S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,

Et l’on se dit :  » C’est donc fini ! « 

L’amour seul reste. Ô noble femme

Si tu veux dans ce vil séjour,

Garder ta foi, garder ton âme,

Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,

Dusses-tu pleurer et souffrir,

La flamme qui ne peut s’éteindre

Et la fleur qui ne peut mourir !

Victor Hugo

Une journée de sensibilisation à l’autisme

L’autisme cet état que personne ne connaît, seul les parents ou les enfants autistes peuvent comprendre. Nos enfants sont différents par rapport aux votre, ils jouent, pensent et envisagent le monde différemment que les enfants n’ayant aucun Trouble du Spectre Autistique! Le fameux TSA. Dans nos pays civilisés, Europe, USA, un enfant avec un ètampon TSA ou autres maladies rares est exclu et vu comme une «bête de cirque».

N’oublions pas et gardons en mémoire qu’en France les maladies mentales invalidante dont fait partie l’autisme sont un obstacle dans leur futur vie d’adulte.

Être sourd, muet, malvoyant, autiste ou paraplégique pour nos enfants l’école devient un rêve !

Pourtant ces enfants ont une soif d’apprendre et surtout d’être accepté par les instituteurs et institutrices.

Les autistes plus que ce que l’on en pense.

Mais au fait qu’est que c’est l’autisme, enfin les troubles du spectre autistique ?

Les TSA est une condition neurodeveloppementale. Dont les caractéristiques peuvent changer au cours du développement de l’enfant à l’âge adulte. Cet état peut être très invalidante pour le patient ainsi que ses parents et parents les plus proches.

Pour la personne autiste cela touchent principalement:

Les relations sociales

La communication

Les comportements et les interêts

Pour certains autistes les comportements, les interactions sociales peuvent varier et évoluer en bien, ou en s’aggravant en fonction de l’environnement et de la prise en charge.

Idées reçu sur les TSA

Les autistes sont violents. En aucun cas une personne autiste a une prédisposition à la violence, mais peuvent avoir un comportement trop excessif car ils ont du mal à s’exprimer leur désir. Quand la violence est là elle résulte souvent d’une incompréhension entre la personne autiste et nous. Cela peut-être pris pour un appel à l’aide. Je sais que la violence est pensé et que tout les autistes sont violents. Mais ôtez-vous cela de mal tête ! N’oublions pas que les autistes sont des personnes fragiles et souvent mal compris, ils sont victimes du mépris et du regard des autres

Les autistes ne ressentent pas l’empathie et de compassion. L’empathie est la capacité de quelqu’un à se mettre à la place d’un autre. Elle dépend et varie d’un autiste à un autre. Certaines études américaines ont démontré que certains autistes sont loin d’être indifférent à la souffrance des autres, bien au contraire; ils sentiraient les choses de manières trop intenses ( études de international scoop for Advanced studies (http://www.sissa.it)) et publiée dans https://www.nature.com/srep/. Le mythe de l’autiste incapable d’empathie est faux

Prenons cinq minutes et mettons nous à la place d’un petit autiste qui a du mal à communiquer, à décoder le langage corporel, l’intonation de la voix, ce qui les empêche de réagir de manière adaptée aux différentes interactions.

Mais d’où vient le mythe de l’autiste incapable d’empathie est due à une maladie nommée «Alexithymie : Mal psychologique caractérisé par une vie affective et imaginaire pauvre, une incapacité à exprimer verbalement ses émotions, le recours systématique à l’action pour éviter et résoudre les conflits, ainsi qu’une tendance à décrire en détail des faits physiques.». Cette maladie touche 50% des personnes autistes à titre de comparaison cela toucherait dix pour cent de la population normale.

Ce n’est le seul fait d’être autiste qui peut être violent mais une maladie secondaire qui peut nous atteindre aussi.

L’autisme n’est pas synonyme de génie en devenir ou mal compris même si certaines personnes présentent des prédispositions dans un domaine. Le fameux Rain Man a fait de l’autiste un être surdoué; enlevez cette image de votre cerveau.

Un autiste est avant tout un être humain avec des besoins, une sensibilité et pour dix pour cent d’entre eux ont une prédisposition savante. Dix pour cent d’autiste peuvent réciter les décimales de PI ou jouer à l’oreille un morceau de Mozart ou créer une ville miniature à base d’allumette.

Mais à part cette échantillon non représentable de la population des personnes autistes, ils ont une intelligence normale ou un peu au-dessus.

Une personne autiste ne parle pas … Une personne autiste ne sait pas parler: faux. Elle peut même parler de manière logorrhéique si le sujet les intéresse. Il y a des disparités dans l’acquisition

Il est important de ne pas mélanger langage et QI. Ils ont d’autres moyens de les comprendre et c’est à nous de nous adapter.

Un autiste ne regarde jamais dans les yeux: un adulte ou enfant peut s’il le veut regarder dans les yeux et soutenir un regard, mais cela est est très exigeant sur le plan de la concentration, situation stressante et même douloureuse selon les autistes. Du coup ils recourent à des stratagèmes en fixant un lobe d’oreille de son interlocuteur

Malheureusement, nous parents qui sommes habitué et bien informé sur les TSA comprennent notre enfant quand ils veulent nous parler en fixant un point et pas notre regard.

Je me rappelle de ma fille qui pour nous parler regarder ailleurs, fixant une ampoule, un tableau, une mèche de cheveux. Ma petite était dans un moment de douleur lorsque les personnes l’obligeait à les regarder. Cela me mettait hors de moi.

Mais c’est vrai, que nous ne sommes pas bien informé sur les TSA hormis des films comme RAIN MAN, l’autiste qui compte et un très grand mathématicien.

Mis à part ce film, nous n’en parlons qu’à l’occasion de cette journée du 2 avril pour sensibiliser les gens à l’autisme. Briser le silence, exposer ce qu’est l’autisme à la lumière du 21e siècles.

Et scolarisons ces enfants, la scolarité est un droit pour nos enfants, c’est inscrit dans la loi. Elle est obligatoire pour tout les enfants sauf pour les fauteuils roulants, les mal voyants, les autistes, les trisomiques et tous ces enfants qui sont obligés de s’adapter à une école qui ne se donnent pas les moyens d’accueillir correctement nos enfants.

Dans les grandes villes, les intégrations scolaires sont un peu plus simples tandis que dans les villages les parents s’arrachent les v-cheveux. Il faut nous croire mesdames, messieurs mais scolariser un enfant différent est un combat! Un combat contre les professeurs des écoles, les directeurs d’écoles et les ATSEM. Du personnel non formé, des instituteurs ne savent pas gérer les apprentissages et sont démunis face aux manque de réaction ou de mutisme. Il assiste aux cris, aux crises ne sachant comment calmer cette crise.

Les parents vivent dans la terreur à chaque convocation de l’équipe éducative !

Avoir un enfant autiste aujourd’hui est aussi difficile qu’il y a 15 ans quand ma fille a fait son entrée à l’école maternelle. Je me rappelle quand je l’emmenais, la joie, le bonheur dans ses yeux..

L’équipe éducative était génial avec le temps il se sont aperçu que S. Avait réussi son intégration, avait des amis et faisait des bêtises comme les autres.;

Putain tout ce que je demandais c’est cela qu’elle fasse des bêtises !

Libre à tir d’aile !

Sur l’auteur

Ancien pilote de l’US. Air Force, Richard Bach s’est souvenu de l’ivresse des vols en haute altitude pour écrire Jonathan Living le goéland. Publié en 1960, ce conte initiatique, hymne à la liberté, l’a rendu célèbre dans le monde entier.

La der

Jonhatan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Ses parents et les autres membres de son clan ne voient pas plus loin que le bouts de leurs ailes. S’ils volent , c’est uniquement pour se nourrir. Joénathan, lui, vole pour son seul plaisir. Et en volant toujours plus haut, toujours plus vite. Il sait qu’il donnera un sens plus noble à la vie.Effrayés par son audace, ses semblables le rejettent . Mais Jonathan va se faire de nouveaux amis…

Entre les lignes

« C’était le matin et l’or d’un soleil tout neuf tremblait sur les rides d’une mer paisible. […] mais seul, loin du bateau et du rivage, Jonathan Livingston le Goéland s’exerçait. »

Un goéland voulait sortir du lot, il voulait donner un sens à sa vie, autre que de battre des ailes pour se nourrir et d’attendre sans rien faire à part exerçait ses cris et deanbuler sur les rochers ou une plage.

Il désirait voler pour le plaisir et non pour aller pêcher ou manger ce que les chalutiers rejetaient .

Il voulaient voler pour le plaisir et les sensations, le grisement d’un vol en pique ou la très haute altitude. Après la découverte de ses désirs de liberté, il est exclu par son clan.

Malheureux car sans familles et heureux car il avait toute liberté de s’exercer au tonneau, à la vitesse, à l’étude de position de ses ailes, Jonathan Livingston griser par la vitesse percute l’eau de mer a près de 180 km/h.

Devenu un goéland fantôme ou plutôt un ange car son plumage devient brillant comme une étoile.. il est au paradis, enfin il se croit au paradis où il apprend à se surpasser, toujours plus haut, toujours plus vite . Il y arrive à force de courage et d’abnégation.

Il se surpasse en vitesse et en figure de vol.

Au vu de ses prouesses et de son habilité , il est chargé d’accompagner les jeunes goéland qui aime voler pour le plaisir. Et rien que pour voler et voler encore exploitant leur potentiel, leur habilité et saisir ce qu’est le paradis.

« Non, jon, il n’existe rien de tel. Le paradis n’est pas un espace et ce n’est pas non plus une durée dans le temps. Le paradis, c’est simplement d’être soi-même. »

Ce conte initiatique est une pure merveille. L’idée de s’envoler, de Faire exploser les barrières du déterminisme quitte à y laisser sa vie.

La liberté c’est prendre conscience de ses limites, les repousser, vaincre nos peurs.

Le vent de la liberté que Jonathan doit éveiller chez les autres

Goélands. Dans Cette révolte ancré dans son cœur et dans ses ailes lui est reproché, irresponsable petit goéland qui ne vole pas pour se nourrir mais seulement pour voler.

« irresponsabilité ? Mes frères! S’écria-t-il, qui donc, est plus responsable que le goéland qui découvre un sens plus noble à la vie et poursuit un plus haut dessein que ceux qui i’on précédé? »

C’est aussi briser nos chaînes, briser les tabous sociaux, accepter la différence de l’autre et nos idée préconçues

Ce petit goélandest est a la recherche de la liberté comme nous autres humains

Le procédé narratif de remplacer un humain par un animal est un très vieux procédé littéraire. Cela rappelle les fables de Lafontaine ou celle d’ Esope (fin du VIIe Av JC).

Conte ou fable, peu importe car les phrases courtes et touchent le cœur fortement.

Ce roman qui m’a’ a été offert par Ma belle d’âme , est une pure merveille. Tellement rafraîchissant, complexe dans sa nature mais simple dans la forme.

Essayer de suivre Jonathan Livingston, « Le goéland voit le plus loin qui vole le plus haut. » que le boit de son bec

«Tout d’abord, leur dit-il en appuyant sur les mots, il vous faut comprendre que le goéland n’est que l’image d’une liberté sans limites créées […] et que votre corps perceptible d’un bout d’aile à l’autre, n’existe que dans votre conscience! »

Bonne lecture de ce conte magnifique et rafraîchissant !

L’impitoyable nature de l’homme est hostile

Je ne suis pas fan de western. Peu de référence cinématographique sur ce thème. Pour moi, les westerns étaient un film où les bons sont les cow boys virils et ayant la gâchette facile. Les méchants étaient les indiens, vilains autochtones qui volaient, pillaient les pauvres fermiers pionniers du far west. C’était donc les codes que j’avais en tête quand j’ai regardé pour la première fois (forcé par ma sœur) . Danse avec les loups .. et là les codes étaient bouleversés. Enfin les amérindiens avaient une humanité étaient considérés comme des etres humains.

Je crois que ce film a marqué un énorme virage dans la conscience américaine et mondiale de reconsidérer notre vu de ses nations indiennes. La littérature avait déjà entamer ce virage. Mais le livre touche moins de personne que le cinéma.

J’ai vu Hostiles, plus qu’un western une ode à l’Ouest à la Jim Harrison. Ça pue la sueur, la poussière et le sang.

C’est l’ouest de Cormac McCarthy. Dur et impitoyable.

Le résumé est simple, un capitaine de l’armée a une dernière mission, celle d’accompagner un chef indien atteint d’un cancer pour qu’il meurt dans le Montana sur ses terres. Ce capitaine et le chef indien ont un vieux contentieux.

Il y a quand même les codes de westerns, la pauvres femmes, les fermiers assassinés par de vilains comanches !

Mais oublions les codes un moments et penchons nous sur les personnages, celui qui m’a bouleversé dans ce film est Rosamund Pike en veuve éplorée devant enterrer toute sa famille et son nourrisson, le capitaine et ses hommes brisés par la guerre de sécession, les guerres indiennes. Des soldats désillusionnés par la guerre et ce que l’homme peut faire en temps de guerre.

Finalement, hostiles c’est nous les humains dans certaines conditions nous sommes hostiles aux autres pour notre survie. Hostiles aussi la nature, sauvage et belles mais indomptables…

Hostiles est un magnifique film et je me permet de mentionner le travail impeccable de la photo.. les images des paysages sont merveilleuses…

Est-ce que tu es d’accord Laurence Chiavacci ?

On peut et on doit reconnaître la beauté hostile de ce film et le recommander.

Et je vous le recommande en VO…

Sept secondes le temps d’un regard.

Nouvelle série de Netflix? Encore une !

Vous pouvez me poser les questions suivantes :

pourquoi choisir de faire un article sur une série ?

Pourquoi ne pas donner un avis sur un livre ou même un film?

Et pourquoi s’intéresser à une série télévisée alors que tu as une quarantaine de livres à faire aimer à tes lecteurs?

Oui vous avez bien lu, plus de quarante livres à vous donner envie de lire, mon appartement commence à ressembler à une vraie librairie. Mais parfois, j’abandonne les pages pour regarder ma télévision et parfois je tombe sur de très belles choses.Tout d’abord, je pourrais trouver des références littéraires pour justifier mon choix. Mais c’est avant tout un énorme coup de cœur télévisuel.

Le genre de séries bien faites qui tient le spectateur captif de l’histoire. Rien ne nous ait épargné , les larmes, la colère face à l’injustice, les images fortes qui nous blessent et les sourires parfois les rires.

Aucuns sentiments ne sont oubliés et c’est là le coup de maître de Veena Sud savoir doser à chaque épisode le mélange subtil de tous ces sentiments. Il y’a des scénaristes, des réalisateurs qui ont ce petit supplément de talent qui transforme l’ordinaire sordide en réflexion globale sur la société.

Les thèmes sont connus, le racisme, la violence policière, les ghettos et les gangs, la drogue, la pauvreté. Rappelez-vous que des thèmes qui ont été maintes fois traités deviennent soit des chefs-d’œuvre ou soit de lamentables navets bourrés de pathos, pataugeant dans les bonnes valeurs de la famille, du travail. Navets dans lesquels nous retrouvons le célèbre combat du bien contre le mal, tout est blanc ou noir, aucune nuance, le public déteste aimer les méchants et surtout il faut que les personnages de salaud soient des salauds jusqu’au bout. Un peu pervers, brutaux, avec un problème forcément d’ordre psychologique et un QI très haut frôlant le génie ( Les serials killers en sont pourvu) ou celui d’une huître c’est au bon choix du scénariste et du style de tueur.Mais cette binarité dans la réalité comme dans cette série n’a pas cours. Les méchants, les gentils ne sont pas là où on le croit.

Jersey City, une ville coupée en deux.

Jersey City où se déroule l’intrigue vit dans l’ombre de Manhattan, c’est l’interstate 78 qui sert de frontière à l’Est Les quartiers riches, les centres d’affaire, même Goldman Sachs y a construit une succursale. Et à l’Ouest, les quartiers laissés à l’abandon, commerces dévastés, terrains vagues, habitations insalubres. Pauvreté et violence sont le lot quotidien des habitants de ce côté de la ville.Seven Seconds, nous plonge dans le réel. Crue et violente réalité des quartiers Ouest.

Des gens simples, issus de quartiers pauvres où règnent la drogue, la violence et le racisme. Nous ne sommes pas devant des ersatz de quartier de pauvreté à la mode hollywoodienne, où la pauvreté est aseptisée, les drogués sont propres et hygiéniquement corrects. Non, les quartiers Ouest de Jersey City.

D’un côté les dealers membres de gang avec leurs codes, leurs valeurs qui vendent leur produit à des malades toxicos qui sont prêt à tout pour une dose. Et puis au milieu de cette jungle, les policiers qui sont les responsables du maintient de l’ordre au services et à la protection de la population. The Wire avait déjà plongé dans les quartiers pauvres de Baltimore, dans cet univers et avait décrit avec rigueur et d’un réalisme si fort les ravages de la drogue, les causes et les effets sur la société américaine. Cette série est devenue une véritable référence en la matière. Il est probable que vous trouviez certaines scènes très violentes et que vous allez peut-être retrouver l’atmosphère de cette série culte des années 2000. Bien sûr que Seven Seconds a emprunté l’atmosphère social à The Wire, mais elle a réussi à rajouter l’actualité violente des États Unis de Trump ou du 45eme comme le nomme ses nombreux détracteurs. Veena Sud saupoudre de politique avec délicatesse les dialogues de ses personnages, des petits rien qui en disent long.

Le thème principale de la série

La montée du racisme et bien sûr les violences policières et les adolescents noirs issus de quartiers pauvres tués par des policiers blancs est le sujet principal de la série.

Les dénonciations de ces crimes « racistes » sont nombreuses aux États Unis, comptabiliser les morts est difficile à faire. Les noirs manifestent dans tout le pays avec un slogan « Black Lives Matter » ou « La vie des noirs comptent » repris en couverture par le prestigieux Times magazine.

Mais ce n’est pas le seul thème abordé, j’ai même eu l’impression que c’était un moyen d’attirer les gens, une sorte de vitrine. Tant de thèmes dans cette série abordés simplement et de manière concrète. Le sort des vétérans d’Afghanistan ou d’Irak, les problèmes surtout des noirs qui pour échapper à la logique des quartiers et des gangs s’engagent, combattent et reviennent avec un pseudo programme de retour à la vie civile qui ne mène à rien. Ces quartiers et le déterminisme social qui fait penser qu’un adolescent noir traversant un parc à vélo est forcément membre d’un gang, dealer et de toute façon pas quelqu’un d’important. Juste un gamin tout juste bon à mourir renversé par une voiture ou tué au coin d’une rue pendant un deal qui tourne mal.

Le racisme prend une autre forme, un racisme social, un énorme melange de sous-entendu présentant les pauvres vivant dans des cités comme des délinquants dealant et tuant.

Je crois que ce sont des thèmes que l’on pourrait retrouver dans nos sociétés européennes, même en France .. ce qui fait de Seven Seconds une série plus universelle, les thèmes abordés transcendent les frontières.

L’étrange jeu que les policiers et les voyous jouent ensembles, le fossé qu’il y a entre les deux est parfois mince et un acte peut faire d’un flic un peu naïf un voyou. Bref, je ne vais pas vous raconter l’histoire, n’y comptait pas.

Continuons cette plongée obscure, explorons l’âme torturée des protagonistes, ils sont abîmés par la vie, par leur enfance, par leur travail. Ils ont tous des fêlures plus ou moins voyantes rendant les affreux pas si moches et les gentils pas si gentils. Bref, des gens normaux avec des ambivalences.. mais je vous laisse découvrir la palette de toutes ces ambivalences humaines et bouleversantes.

Les acteurs sont vraiment très bons, crédibles et sans que les scènes les plus dures ne soient sur-jouées, une mère en deuil de son enfant mort dans des circonstances affreuses, un père un peu trop sévère qui croyait faire le bien, un frère qui cherche sa voix en dehors du gang dont il a réussi à sortir, un flic qui cherche une figure paternelle et que dire des deux enquêteurs. Couple improbable unis par un désir de justice. Les coéquipiers, ce thème est peut-être celui le moins bien exploité, certes les deux personnages sont attachants mais manquent un peu de profondeur. Peut-être que les non-dits ou les aveux en demi teinte entre eux n’en deviennent insipides, comme si à force d’esquisser le peintre avait perdu son sujet.

Une mention spéciale pour Regina King qui joue le rôle de la mère. Elle est fantastique dans le rôle de cette mère éplorée passant par tout les stades du deuil. Colère, désespoir, douleur, désir de justice, incompréhension et résignation toutes ces phases de deuil.

Dix épisodes qui nous entraînent petit à petit vers l’enfer et l’incompréhension d’un système qui protège certains au détriment d’autre.

Le dernier gros frisson devant une série que j’ai ressenti était dans une salle de cinéma, assis devant le sublime film de Kathryn Bigelow « Détroit » le sujet étant les émeutes de détroit en 1967 et surtout les événements dramatiques survenus dans l’Algiers motel. C’est un film fort, sans filtre émotionnel , brut et on en ressort choqué, nauséeux et surtout révolté. Seven Seconds a réussi cet exploit de me laisser accrocher à mon écran pour savoir et surtout vouloir la justice. Comment une série télévisée vous prend par les tripes et ne vous les lâchent pas. J’en suis sorti révolté, écœuré et me disant que cette spirale infernale ne finira pas, tant des deux côtés l’incompréhension et les croyances sont tenaces!

Et puis en réfléchissant, j’ai pensé que dans notre pays, la France, l’atmosphère était la même.

Incompréhension entre la police et les jeunes, mauvaises images des deux camps, ghettoïsation excessive, délinquance et ce manque de perspective que l’on donne à nos enfants. Finalement, l’analogie est flagrante et puis le racisme ambiant, prégnant la société française. Nous aurons nous aussi nos gamins tués par une police aveugle et dépassée.

Adama Traoré, les petits Zyed et Bouna et tous ceux que notre police ont esquinté.

Oui ! nos jeunes de banlieue ne sont peut-être pas tous noirs mais ils sont victimes des mêmes violences et parfois décèdent sous les coups de la police et laissent des mères et des pères dans le desarroi et poussent à des manifestations violentes. Les forces de l’ordre ripostent et nous rentrons dans un cercle vicieux qu’il nous faut briser.

Cette série est une sacrée réussite. Elle va sûrement marquer l’année 2018. Et si les deux derniers épisodes ne vous donnent pas envie de vomir, le réquisitoire de la substitut du procureur en charge de l’affaire devrait vous réveiller..

Et je vous laisse découvrir pour quoi ce titre énigmatique et ce magnifique visuel ou affiche de la série qui résume très bien l’atmosphère de Jersey City.

Et pour mémoire je vous donne les noms qui ont fait écho dans les médias de ces enfants tombés sous les balles de policiers blancs :

  • Walter Scott de North Charleston en Caroline du sud
  • Michael Brown, Ferguson dans le Missouri
  • Tamir Rice, Cleveland

Et tant d’autres dont les noms m’échappent ..

Cliquer ici pour la bande annonce de Détroit si vous ne l’avez pas encore vu. Une claque monstrueuse !

Se taire plutôt que de briser le rêve américain

Une épopée familiale faite de vengeance, de descente aux enfers et de rédemption, Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates.. C’est agaçant mais c’est encore une réussite que cette bouleversante histoire. Nous devrions y être habitué mais de sa plume jaillit des histoires qui marquent le coeur et l’âme des lecteurs !

 

Sur l’auteur

Joyce Carol Oates est une femme de lettres américaines, auteure d’une centaine d’écrits, roman, essais, pièces de théâtre, polar ( sous deux pseudonymes différents. Rosamond Smith ou Lauren Kelly). Né en 1938, elle publie son premier roman en 1963.

Plusieurs fois récompensé par de nombreux prix littéraires en Europe et aux États-Unis, deux fois sur la liste finale du Prix Nobel de littérature, Oates est une grande figure de la littérature.

Professeur de littérature à l’université de Princeton dont elle est retraité depuis 2014, membre de l’Academie des Arts et des Lettres.

 

La Der

À Mont-Ephraïm, une petite ville des États-Unis située dans l’état de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney.

Au milieu des animaux et du désordre ambiant, ils cohabitent dans une ferme qui respire le bonheur, où les corvées elles-mêmes sont vécues de manière cocasse, offrant ainsi aux autres l’image d’une famille parfaite, comme chacun rêverait d’en avoir une.

Jusqu’à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar… une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires. Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial.

Entre les lignes

 

« L’orgueil précède la chute. Mais ce n’était pas une question d’orgueil.C’était une simple question d’intégrité. De dignité. Quand on est un homme de cinquante ans, le père d’une fille et de fils, et un citoyen américain…. sans dignité, on n’est rien. Et il avait été amené à croire que ces hommes avaient ses amis. Il avait été amené à croire qu’ils le considéraient, lui, Michael Mulvaney, comme un des leurs. Ils l’avaient invité à devenir membre du Country Club de Mont-Ephraïm. Et il avait accepté, un des plus beaux jours de sa vie. Il avait été admis au Club, avait payé ses droits d’entrée et ses cotisations régulièrement, le 1er septembre de chaque année. Michael Mulvaney était un membre sur lequel ils pouvaient compter, et ils le savaient. Et lui le savait. Et il savait qu’il ne se trompait pas là-dessus, n’était pas le genre d’homme à commettre des erreurs, on ne monte pas une affaire quasiment à partir de rien sans savoir juger les gens. C’était un fait.»

 

Cette Amérique fait de rêve de réussite, sacrifier tout pour la réussite quand on vient d’un milieu modeste. Réussir et se faire accepter par ceux qui ont tout, ceux qui possèdent la richesse, sont décisionnaire. Faire partie de l’élite Michael Mulvaney en à rêver et en cette année 1976 a réussi à se faire accepter. Enfin il le croit et vivant dans cette illusion il pensait pouvoir compter sur ces « nouveaux amis » en cas de coups durs… Illusion.. Le coup insidieux arriva, sous la forme d’une fille outragée dans son intimité.

Avant  » ça « , les Mulvaney ne prononceront jamais le nom de l’accident, le ça qui va tout changer, précipiter leur destin. Donc avant ça, les Mulvaney etait une famille de quatre enfants, le petit dernier est le narrateur de cette triste descente en enfer. Trois garçons et une fille, l’amour de son père, la perle. Le père Michael, entrepreneur en pleine réussite marié à Corinne une femme un peu excentrique élevée durement dans la foi presbytérienne dans une ferme tenue par des parents austère.

L’amour entre Corinne et Michael est le ciment de cette maison, il unit et rassemble les enfants. Les Mulvaney respirent le bonheur et vivent dans une ferme dans une petite ville de l’État de New-York. Michael est très apprécié dans cette ville, courageux, travailleur, père respectable de quatre enfants et mari exemplaire.

La famille américaine parfaite comme celle que l’on pouvait voir dans les séries télé. La famille formidable!


Mais car il y a toujours et malheureusement un Mais. Une Saint-Valentin qui vire à ce que l’on devine entre les mots et les larmes de honte un acte violent fait à une jeune fille en fleur.

A partir de ce Mais, toute la vie des Mulvaney est bouleversée.

Il y a de la colère puis un rejet par amour, un exil de douze années. Éloigner l’objet de la douleur en espérant que cela suffise. La blessure est profonde, la plaie est béante et la trahison est le sel qui fera hurler de douleur le père. Oubliant sa famille, négligeant son entreprise noyant ses désillusions dans la colère, la violence et l’alcool. Nous assistons à l’éclatement de cette famille formidable.

De cet immense big bang naîtra après bien des convulsions une vie nouvelle et apaisée..

 

Ce roman est un roman sur la quête de justice, un impitoyable pamphlet contre cette Amérique puritaine et sottement dévote. Une remarquable baffe à tous ceux qui par la foi nous tendrons l’autre .. Cette mentalité de village qui n’ose pas croire et surtout nommer les choses de peur de salir la réputation d’un de ces potentats locaux. Cher lecteur, vous habitez peut-être une petite ville française, un de ces villages où la rumeur a pris le pas sur la Vérité pour se cacher qu’un homme ou une famille appréciée peut commettre un crime…

 

Douze ans de souffrance , douze années d’exil loin de sa famille pour exorciser la douleur. Se perdre, se chercher quand tout n’est que reproche et honte, un être sans confiance, un fantôme.

 

Des années de souffrance, de colère, de desir de vengeance et une fois venger, laver l’honneur des Mulvaney changer de vie, comme si c’était une renaissance..

 

Le temps de se réunir autour d’une vie qui s’achève, une vie gâchée par la honte et le desir de justice, les Mulvaney vont s’autoriser à revivre leur vie, d’être heureux et de retrouver ce sentiment de famille, cet amour filial originel qui les liait comme un ciment..

 

Petit à petit Joyce Carol Oates dresse des portraits forts, justes et ainsi augmente la profondeur du récit. Son style reconnaissable, sa plume acide trempée dans l’humour et l’ironie pour nous écrire un roman sur la destinée bouleversée d’êtres plongés en un clin d’œil dans la tourmente.

 

Une épopée familiale qui vous bouleversera !

 

Vous recommander ce livre ne serai pas lui rendre justice, il devrait être une priorité dans vos listes de lecture.. Un grand roman écris par une grande dame des lettres américaines.

 

Très très bonne lecture !

 

 

Visitons Carthage, la ville qui sacrifie ses enfants.


J’ai lu et été captivé par le roman de Joyce Carol Oates Carthage éditions Philippe Rey

Sur l’auteur
Joyce Carol Oates est une femme de lettres américaines, auteure d’une centaine d’écrits, roman, essais, pièces de théâtre, polar ( sous deux pseudonymes différents. Rosamond Smith ou Lauren Kelly).
Né en 1938, elle publie son premier roman en 1963. 
Plusieurs fois récompensé par de nombreux prix littéraires en Europe et aux États-Unis, deux fois sur la liste finale du Prix Nobel de littérature, Oates est une grande figure de la littérature. 
Professeur de littérature à l’université de Princeton dont elle est retraité depuis 2014, membre de l’Academie des Arts et des Lettres. 

Photo by Dustin Cohen


La Der
Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune sœur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre….
Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être résoudre l’impossible mystère. C’est ce que vise Joyce Carol Oates qui est sur tous les fronts : violence, guerre, dérangement des esprits et des corps, amour, haine. Et même exploration inédite des couloirs de la mort…
Un roman puissant et captivant.

Entre les lignes

Cressida Mayfield disparaît, un homme avoue son meurtre et de cette simple intrigue Joyce Carol Oates signe un très grand roman noir. La plume trempée dans l’acide, elle s’attaque à une horreur sans nom, la guerre et ses victimes directes et collatérales.. 
Dans cette ville tranquille nommée Carthage dans l’état de New York, la guerre est entrée dans la vie  de ces habitants, elle change tout, bouscule tout. Insidieusement, dans l’Amérique post 11 septembre, la guerre d’Irak fait des victimes de plus. 
Comment et quelles sont les victimes me demanderez vous ? 
Les soldats morts au combat que les autorités enterrent à grand renfort de patriotisme nauséabond, laissant les familles, les proches dans la douleur. Les ancien combattant qui n’ont pas eu la chance de mourir au combat, qui psychologiquement y sont décédés mais physiquement revenus, parqués dans des hôpitaux. Ils portent les stigmates d’une politique de vengeance aveugle. Membres amputés, esprits marqués. Les proches de ces anciens combattants voient leurs fiancés, leurs fils, leurs amis transformés. Ce sont les fantômes d’eux-mêmes. La nation reconnaissante les laissent se débattre dans un quotidien violent. Bret Kincaid et sa fiancée Juliette en font les frais, leur couple vole en éclat. Bret, abattu, ne supportant plus une existence faite de psychologues, de psychotropes et de crises de violence qu’il n’arrive pas à gérer, éloigne, rejette par amour sa belle Juliette. Fiançailles brisées, deux familles s’affrontent. Une mère devient psychologiquement instable, une jeune fille mal-aimé se venge, la fiancée éconduite s’enfuit de Carthage. 
Cressida et Bret deux personnes qui ne souhaitent qu’une chose disparaître de la surface de la terre.
L’une disparaît un jour, sans explication. L’autre s’accuse du meurtre, est déçu d’échapper à la peine capitale. Condamné à perpétuité, il vit dans une cellule, métaphore de la maladie qui le ronge.
Juliette après le battage médiatique suite à la disparition et puis aux aveux de meurtre de son ex-fiancé fuit la petite ville et ses parents dévastés par la douleur.
Les parents de Cressida, le lecteur plonge dans l’enfer de la disparition d’un enfant. Le deuil, l’acceptation, les moyens pour surmonter cette immense perte, le père devient alcoolique et la mère est versée dans la religion et se jette à corps perdu dans une association qui recueille des femmes victimes de violences conjugales. 
Dans ce maelström de douleurs, et cette avalanche de malheurs qui touchent tout les personnages, Oates donne une chance de rédemption  aux protagonistes de cette tragédie. Le lieu et la personne qui déclenchera l’issue heureuse ne manque pas de sel et c’est tout l’art de l’auteur que d’avoir situer le lieu de cette prise de conscience dans la chambre d’exécution d’une prison américaine ! Je vous laisse la joie et le bonheur de lire les 72 pages de la visite du fameux couloir de la mort et de la salle d’exécution. Rien que pour cette visite le roman vaut le détour. D’ailleurs pour l’anecdote, ces 72 pages ont été publié sous forme de nouvelle dans un très grands journal américain.
Ne compter pas sur moi pour vous narrer ce magnifique passage du roman, je vous laisse le soin de le découvrir.
Carthage, quel titre magnifique, une référence si subtile aux thèmes abordés dans le roman. Cette ville antique dont les habitants aux IVieme siecle étaient soupçonnés par les romains de faire des sacrifices d’enfants pour prouver leur allégeance à la ville. ( c’est une thèse.) Carthage, la cité antique, comme une métaphore de l’Amerique contemporaine. Cette Carthage décrite par Oates sacrifie aussi ces enfants, ces jeunes partis aux combats, ces soldats prêtant allégeance aussi à la banniere étoilées.. Époque différente, mais même sacrifices aux formes différentes.
Joyce Carol Oates cette merveilleuse peintre de l’âme sombre à encore ecrit un roman profondément noir, ecrit avec le sang et la rédemption d’êtres pris dans un engrenage infernal les menant à leur perte. Cressida, « l’intelligente » qui se sent mal aimé, Bret, l’ancien combattant qui est en quête de pardon pour ne pas avoir dénoncer des actes criminels au sein de son ancienne unité, souffrant de stress post-traumatique, revenu de la guerre abîmé physiquement et psychologiquement, les familles qui se battent contre la douleur de la perte d’un être cher, les corps et les esprits bouleversés, abîmés et irrémédiablement changés. Les différentes stratégies de defense que l’humain trouve pour supporter l’insupportable. 
Un livre profond, multiforme, à la fois peinture de la société américaine, de la situation et de la prise en charge de ces enfants de la patrie revenus abîmés. Thriller, genre qu’affectionne Oates, enquête sur une disparition. Ce n’est pas un livre où le sourire vous effleurera les lèvres, un roman qui vous secouera l’âme et fera réfléchir certains sur la peine de mort, l’emprisonnement et le traitement que l’on inflige à nos détenus. 
Un livre à lire absolument ! Un livre qui hurle et dénonce une certaine société américaine de va-t-en-guerre et où la  peine de mort reste une solution contre les maux qui la rongent.
A vous de découvrir la petite ville de Carthage.. Bonne lecture ! 
A noter la sortie du nouveau roman de Joyce Carol Oates Daddy Love, éditions Philippe Rey et la sortie aux éditions Point de Maudits