Salon de lecture.

Autours d’une tasse de thé blanc nous bavardons de nos vies, du temps qu’il fait. Le printemps est là dans l’air juste perceptible comme l’est la nature par temps de brume. Un parfum de léger de fleurs , des bourgeons sur les arbres, l’air se réchauffe.. la promesse des beaux jours , d’été..

Elle choisi un thé vert et moi un thé blanc sans sucre., bien évidemment. Pourquoi une telle assurance, parce que nous conversons depuis longtemps principalement de séries, de film ou de littérature..

Assise en face de moi les jambes croisées , elle me propose sa lecture d’un auteur que j’affectionne particulièrement et elle a choisi son roman le plus délicat.

Je vous laisse écouter ce que « Les enfants de minuit » de Salman RUSHDIE lui ont murmurer

Saleem Sinai, le héros de ce roman, est né à Bombay le 15 Août 1947, à minuit sonnant, au moment même ou l’Inde accède à son indépendance.

Il est doté de pouvoirs magique, comme les milles enfants nés entre minuit et une heure ce jour là.

Par son souffle l’auteur nous offre une sage familiale emporté par le cours de l’histoire. Il nous prend la main et nous fait traverser l’Inde sur son tapis volant. C’est un roman foisonnant, coloré, odorant, épicé …. à l’effigie de son pays. Nous voyageons du Cachemire chez les grands parents, à Bombay chez ses parents, au Pakistan ou l’on écoute Jamila sa sœur chanter.

« Aucune couleur, sauf le vert et le noir les murs sonts verts le ciel est noir (il n’y a pas de toits) les étoiles sont vertes la Veuve est verte mais ses cheveux sont noirs comme la nuit »

Nous voyageons avec Saleem dans des aventures burlesques ou grandioses. On plonge dans ce roman, on y voit les sari or, les rues poussiéreuses, on sent les curry….

On entend les différents dialectes, on est transporter dans l’Inde de Rushdie décrit avec tant de talent qu’il est impossible de ne pas être transporté, fasciné par ce récit.

Je leur dis:  » c’est la vérité. La vérité de la mémoire, parce qu’elle est particulière. la mémoire sélectionne, élimine, modifie, glorifie et dénigre aussi; mais à la fin elle crée sa propre réalité, sa vision des événements, hétérogène, mais généralement cohérente; et aucun être humain sain d’esprit ne fera plus confiance à la version d’un autre que la sienne »

Résumé l’intrigue est presque impossible, sous peine d’en dévoiler un peu trop.

Il s’agit de la vie d’une famille indienne de religion musulman, le Sinai-Aziz, de la perte de la foi de son grand père Aadam Aziz, jusqu’à la rupture avec le Pakistan et le retour de la Grande Mère Inde du petit fils Saleem qui est aussi le narrateur.

Tous les boulversements sociaux, politiques ou économique du pays trouvent leurs causes dans les événements qui parsèment la vie de toute sa famille.

Saleem subit la naissance de sa sœur et des enfants du quartier.

A 9 ans, il découvre qu’il a reçu le don puissant d’investir l’esprit des gens et enchevêtré avec son rôle de « symbole du pays dont il à hérité à sa naissance, faits de sa vie une étole aux fils multiple et indémêlable.

A 10 ans, il apprend qu’il y a 581 enfants, qui fêtent leur anniversaire en même temps. Il comprend le secret de l’heure de sa naissance, il décide de former sa bande qui s’étend sur tout le pays et dont le quartier général est derrière ses sourcils. Il crée ainsi le « Congrès des enfants de minuit »

A 11 ans il découvre l’impossible filiation familiale lors d’un transfusion sanguine. La famille le tolère amis migre au Pakistan.

Il s’engage dans l’armée et c’est une progression tout en noirceur à l’age adulte faite de cruelle absurdités, des propagandes, des coups d’état, des guerres, jusqu’à la liquidation des enfants de minuit par les sbires de la Veuve (Indira Gandhi).

C’est un livre merveilleux, à ne pas manquer

Accrochez vous au début et laissez vous guider par le conteur qui nous narre une histoire au réalisme magique.

Merci Myriam pour ce récit et cette critique ..

Libre à tir d’aile !

Sur l’auteur

Ancien pilote de l’US. Air Force, Richard Bach s’est souvenu de l’ivresse des vols en haute altitude pour écrire Jonathan Living le goéland. Publié en 1960, ce conte initiatique, hymne à la liberté, l’a rendu célèbre dans le monde entier.

La der

Jonhatan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Ses parents et les autres membres de son clan ne voient pas plus loin que le bouts de leurs ailes. S’ils volent , c’est uniquement pour se nourrir. Joénathan, lui, vole pour son seul plaisir. Et en volant toujours plus haut, toujours plus vite. Il sait qu’il donnera un sens plus noble à la vie.Effrayés par son audace, ses semblables le rejettent . Mais Jonathan va se faire de nouveaux amis…

Entre les lignes

« C’était le matin et l’or d’un soleil tout neuf tremblait sur les rides d’une mer paisible. […] mais seul, loin du bateau et du rivage, Jonathan Livingston le Goéland s’exerçait. »

Un goéland voulait sortir du lot, il voulait donner un sens à sa vie, autre que de battre des ailes pour se nourrir et d’attendre sans rien faire à part exerçait ses cris et deanbuler sur les rochers ou une plage.

Il désirait voler pour le plaisir et non pour aller pêcher ou manger ce que les chalutiers rejetaient .

Il voulaient voler pour le plaisir et les sensations, le grisement d’un vol en pique ou la très haute altitude. Après la découverte de ses désirs de liberté, il est exclu par son clan.

Malheureux car sans familles et heureux car il avait toute liberté de s’exercer au tonneau, à la vitesse, à l’étude de position de ses ailes, Jonathan Livingston griser par la vitesse percute l’eau de mer a près de 180 km/h.

Devenu un goéland fantôme ou plutôt un ange car son plumage devient brillant comme une étoile.. il est au paradis, enfin il se croit au paradis où il apprend à se surpasser, toujours plus haut, toujours plus vite . Il y arrive à force de courage et d’abnégation.

Il se surpasse en vitesse et en figure de vol.

Au vu de ses prouesses et de son habilité , il est chargé d’accompagner les jeunes goéland qui aime voler pour le plaisir. Et rien que pour voler et voler encore exploitant leur potentiel, leur habilité et saisir ce qu’est le paradis.

« Non, jon, il n’existe rien de tel. Le paradis n’est pas un espace et ce n’est pas non plus une durée dans le temps. Le paradis, c’est simplement d’être soi-même. »

Ce conte initiatique est une pure merveille. L’idée de s’envoler, de Faire exploser les barrières du déterminisme quitte à y laisser sa vie.

La liberté c’est prendre conscience de ses limites, les repousser, vaincre nos peurs.

Le vent de la liberté que Jonathan doit éveiller chez les autres

Goélands. Dans Cette révolte ancré dans son cœur et dans ses ailes lui est reproché, irresponsable petit goéland qui ne vole pas pour se nourrir mais seulement pour voler.

« irresponsabilité ? Mes frères! S’écria-t-il, qui donc, est plus responsable que le goéland qui découvre un sens plus noble à la vie et poursuit un plus haut dessein que ceux qui i’on précédé? »

C’est aussi briser nos chaînes, briser les tabous sociaux, accepter la différence de l’autre et nos idée préconçues

Ce petit goélandest est a la recherche de la liberté comme nous autres humains

Le procédé narratif de remplacer un humain par un animal est un très vieux procédé littéraire. Cela rappelle les fables de Lafontaine ou celle d’ Esope (fin du VIIe Av JC).

Conte ou fable, peu importe car les phrases courtes et touchent le cœur fortement.

Ce roman qui m’a’ a été offert par Ma belle d’âme , est une pure merveille. Tellement rafraîchissant, complexe dans sa nature mais simple dans la forme.

Essayer de suivre Jonathan Livingston, « Le goéland voit le plus loin qui vole le plus haut. » que le boit de son bec

«Tout d’abord, leur dit-il en appuyant sur les mots, il vous faut comprendre que le goéland n’est que l’image d’une liberté sans limites créées […] et que votre corps perceptible d’un bout d’aile à l’autre, n’existe que dans votre conscience! »

Bonne lecture de ce conte magnifique et rafraîchissant !

Un Infatigable amuseur, un homme orchestre un chef d’oeuvre !

Sur l’auteur

o-MORDECAI-RICHLER-facebook.jpg

Mordecai Richeler est né en 1931 rue Saint-Urbain, au cœur du « ghetto » juif de Montréal au Québec, de l’union d’une fille d’un rabbin hassidique et d’un marchand de ferraille émigré de Pologne. à l’âge de dix neuf ans, il s’exile pour l’Europe, d’abord l’Angleterre et puis très vite la France et Paris devant de devenir le nouvel Hemingway. Vivotant, trainant au Café de Flore, côtoyant la bohème littéraire parisienne, ne parlant pas un mot de français et ne manifestant aucun gout pour l’apprendre, il quitte Paris pour l’ile espagnole d’Ibiza. La chaleur, la vie nonchalante de cette ile lui convient. Il visite aussi les nombreux lupanars de  il commence a écrire son premier roman qu’il finira par publier en 1954 en Angleterre  The Acrobats sera salué par la critique comme le premier roman d’un  écrivain prometteur. suivront 9 autres romans dont  L’Apprentissage de Duddy Kravitz en 1959 qui lui vaudra une reconnaissance à Londres, New York ou Toronto, mais il n’aura pas la même reconnaissance auprès de son « Peuple ». Le sujet du roman, un juif arriviste et peu regardant au niveau de la morale choque, voir exaspéré les juifs canadiens, Mordecai Richler sera toujours en délicatesse avec son peuple car les personnages de ses romans, des juifs peu scrupuleux, accumule les travers d’une société juive de Montreal à la limite de la caricature.
Solomon Gursky édité en Anglais en 1989 n’échappe pas à cet oeil critique, considéré comme son chef d’oeuvre, il était sur la dernière liste pour le prestigieux Manbooker Price qu’il ne remporte pas. Le désamour entre le Canada est son plus talentueux écrivain ne s’arrêtera pas, ses déclarations incendiaires et sa critique de la société québécoise ont contribué à faire de lui un écrivain mal-aimé chez les francophones.

En 1991, Richler écrit dans le magazine New Yorker un texte méprisant dans lequel il ridiculise le Québec et sa «police de la langue», une allusion à la police nazie. Mordecai qui est juif, accuse même les Québécois d’antisémitisme. Et il dit à propos de la revanche des berceaux:

«Cette fécondité exténuante, qui revenait à prendre les femmes pour des truies»
Jamais de concession avec lui, paroles, whisky et cigarillos font de lui un écrivain libre et un personnage canadien atypique.
il meurt en 200 au canada où il se réinstalle avec sa femme et ses cinq enfants en 1972.
Sa nomination posthume au titre de Citoyen d’honneur de la Ville de Montréal est l’occasion idéale de se plonger dans son oeuvre et la réédition de Solomon Gursky par les jeunes éditions du sous-sol permettront à la France de redécouvrir un auteur majeur.

La Der

Evernote Camera Roll 20160314 152142.jpg
Moses Berger est encore enfant quand il entend pour la première fois le nom de Solomon Gursky. Ce personnage énigmatique deviendra bientôt pour lui une obsession qui l’incitera à mener une vaste enquête aux quatre coins du monde. Toute sa vie sera consacrée à démêler le vrai du faux dans l’histoire d’une famille aux origines drapées de mystère.

Entre les lignes

Preparez-vous à prendre de plein fouet un pavé qui tient à la fois de l’epopée et de la symphonie.

 

Mais qui est Solomon Gursky, personnage mystérieux deuxième fils d’une fratrie qui en compte trois. Petit-fils préféré de son grand-père paternel.
Solomon, ce nom va hanter la vie d’un homme qui voudra écrire sa biographie. Pourquoi, cette obsession? c’est peut-être le père que Moses berger voulait avoir, son propre père le déçoit. Poète et écrivain raté travaillant pour Bernard Gursky, frère ainé de la famille de Solomon. Invité à la fête d’anniversaire d’un des enfants de Bernard, Moses se lie d’amitié avec Henry et Lucy les enfants de Solomon. Il découvre l’univers de mystère qui entoure le père défunt.
Il va mener son enquête qui l’emmènera a se pencher sur  l’histoire du Canada,  a rencontrer des inuits hébraïques et enfin a peut-être retrouver Solomon et a résoudre le mystère de sa disparition.
L’enquêteur Moses Berger est un alcoolique, passionné de pêche à la mouche et vivant en solitaire, un poil brusque et rustre, plus interressée
« C’est de la folie, songea Moses. D’une stupidité impardonnable. Un homme de cinquante-deux ans met sa cabane sens dessus dessous dans l’espoir de trouver une mouche à saumon. Une satanée Silver Doctor qu’il pourrait remplacer pour trois dollars. Oui, mais la mouche manquante lui avait porté chance: un jour, sur la rivière Restigouche, il avait remonté une femelle de dix-huit livres aux écailles vert océan, une autre fois, sur la Miramichi, un poisson encore plus frétillant. Passant la main sous son lit, Moses trouva son autre pantoufle. Un piège à souris se referma sur ses doigts. Il exhuma une boite à pizza moisie, une bouteille vide de Macallan Single Highland Malt, un verre brisé, une culotte de Beatrice ( une vraie souillonne, celle-là ), une lettre de Henry, son gant de baseball et le numéro d’Encounter dans lequel figurait son article sur l’étymologie yiddish.» ( page 264)
Ce roman est une véritable fresque s’étalant des bas-fonds londoniens, aux expéditions en Arctique de 1845, en passant par le Far West et l’Amérique de la Prohibition. C’est une fresque qui entrecroise le destin de  pas moins de six générations de personnages, sur deux cents ans d’histoire. c’est dire l’ampleur de ce roman, Richler a écrit un livre total, aventure, amour, et bien sûr avec un humour dévastateur. Le sens de l’absurde à la Monty Pyton, les situations cocasses sont légions dans ce roman de 640 pages.Les inuits convertis a la religion juive est un exemple parmi tant d’autres, et que dire de l’aïeul Ephraim, l’homme « corbeau », celui qui a survécu a l’expédition Franklin, qui a vécu au milieu des inuits et leur a enseigné le yiddish.. Il est mon personnage préféré ce glorieux voleur, escroc sans scrupule au passé trouble. Un personnage à la John Irving, entre réalité et légende !
Bien évidement le personnage central, Moses berger n’est pas sans rappeler certains traits de caractère de l’auteur, sa passion pour les cigares, son penchant pour l’alcool et en particulier le Whisky. Ni même le coté bourru et cynique de l’individu. Richler s’en défend, Solomon Gursky n’est pas autobiographique, son roman est une pure fiction, mais les points de convergences entre son héros et Richler son très nombreux.
c’est un roman très bien documenté, notamment sur la colonisation du canada et de ces territoires du Nord mais il a une faille qui rebutera certains lecteurs, les allées et venus dans le temps. Richler est un maitre du temps, il passe allègrement du XXieme siècle pour nous emmener dans le Londres du début XIXieme. Cela peut surprendre, d’autant plus que l’histoire fait appel a de nombreux personnages ! Bien sur qu’une telle fresque à quelques longueurs mais qui sont vite oubliées une fois la dernière page tournée.
Et qu’il est difficile de se dire que c’est la dernière page que l’on a le bonheur de lire. Histoire prenante, haletante, intriguante mais jamais ennuyeuse et c’est là toute la force narrative de Richler. Faire côtoyé les situations rocambolesque pour mieux disséquer les moeurs de ses concitoyens.
Vous vous en doutez
J’ai beaucoup aimé ce roman, où j’ai retrouvé la verve critique d’un Philipp Roth et le goût du rocambolesque de John Irving. Mais le rapprochement s’arrête là, on pourrait trouver d’autres similitudes d’écriture avec des écrivains nord-américains comme Saul Bellow pour ses personnages juifs partis de rien et ayant grimpé l’échelle sociale de manière plus ou moins honnêtement… Mais Richler a son univers propre, ses thèmes d’écriture qui’n’appartient qu’a lui, le réduire a des rapprochement et c’es reduire l’inépuisable écrivain, essayiste et scénariste canadien a un petit écrivain copieur. La plume de Richler est unique ! Et a découvrir de toute urgence, il n’est jamais trop tard !

« Richler avait une voix et un regard uniques. C’est avant tout un grand écrivain qui raconte de bonnes histoires. »

Dominique Fortier écrivaine canadienne.
Bonne lecture !

Un homme seul contre 99 Homes !

J’ai visionné et apprécié le film 99 Homes prix du Festival américain de Deauville en 2015.

andrew-garfield-99-homes-009.jpg

L’Amérique des subprimes filmée avec brio, sans pathos mais avec une efficacité dévastatrice par le réalisateur Ramin Bahrani d’origine iranienne.
Le film s’ouvre sur une scène violente, un coup de feu ! La découverte d’un homme qui s’est donné la mort dans sa salle de bain par désespoir, parce qu’il a tout perdu.
Rick Carver agent immobilier venu saisir la maison, fait évacuer les meubles sur le trottoir , fait changer les serrures de l’habitation, l’air satisfait d’un travail bien exécuté.  Agent immobilier reconverti dans l’expulsion de propriétaires qui n’arrivent plus a rembourser leur emprunt immobilier fait de l’argent, beaucoup d’argent grâce à la crise financière, roi des petites combines, c’est le nouveau Golden Boy américain cynique, sans aucun scrupule prospérant là ou d’autres désespèrent. Le prochain expulsé sur sa liste est Dennis Nash, un ouvrier couvreur victime de la crise vivant avec sa mère, père célibataire, qui pour survivre après son expulsion va travailler pour son bourreau.
Rick Carver va le prendre sous son aile et va en faire son disciple, Dennis est un élève doué qui apprend vite les ficelles de ce drôle de métier. Priver de logement ces concitoyens, faire fructifier les maisons saisies à la revente. Il gagne de plus en plus la confiance de Rick qui lui donne carte blanche sur une grosse affaire. Dennis est le disciple du diable et essayes de racheter son âme dans une scène finale magnifique.
La Rédemption d’un homme qui pour survivre à dû compromettre ses valeurs. C’est le drame de ce film, survivre dans une Amérique cynique qui comme les enfants pleurent quand ils cassent leurs jouets. Les jouets ne sont que des hommes issus de la classe moyenne ayant économisés pour pouvoir posséder une maison, c’est presque toucher du doigt le rêve américain.
J’ai adoré ces portraits de familles, d’hommes et de femmes, combatifs parfois lâches, mais toujours filmé avec dignité. Ces familles se battant devant l’injustice d’un système qui s’est joué d’eux, victime courageuse d’une Amérique toujours plus cruelle avec les plus précaires.
Il est rare que je chronique ou donne mon avis sur un film, il est vrai que le cinema n’est pas mon art préféré, d’ailleurs je me demande toujours si c’est un art ou simplement un moyen d’expression.
Mais 99 Homes, marque l’esprit, un film fort, des scènes simples et des acteurs jouant juste. Michael Shannon en homme d’affaire véreux, requin de l’expropriation et tellement réaliste que le téléspectateur doit se demander quelle est la meilleure manière pour le faire souffrir. On a juste une envie de lui mettre un coup de poing dans la figure.
Que dire de l’attendrissant Andrew Garfield en ouvrier candide ne voulant qu’une chose regagner le droit d’habiter Sa maison, la maison comme synonyme de sa fierté perdue.
je trouve dommage que ce film ne soit pas sorti en salle de cinema classique, il n’est disponible qu’en VOD. c’est une drôle de manière de faire connaitre le lauréat du Prix du Film de Deauville.
99 Homes ***
De Ramin Bahrani, avec Michael Shannon, Andrew Garfield et Laura Dern. 1h52.
Disponible en e-cinéma sur toutes les plateformes de vidéo à la demande.

Un auteur méconnu, Mordecai Richler 

Mordecai Richler, cela ne vous dis rien ?Ne trichez pas ! N’allez pas sur Wikipedia ou ne vous précipitez pas sur Amazon ou chez votre libraire pour acheter sa bibliographie. 

Vous ne le connaissez pas ?
 

C’est normal, cet auteur est quasiment inconnu en France.

Il est canadien pour commencer, fils de ferrailleur, né en 1931 à Montréal. À 19 ans il s’exile en Europe et notamment en France, Espagne et Angleterre où il écrit son premier roman L’apprentissage de Duddy Kravitz en 1959. Il ne revient s’installer au Canada qu’en 1972 où il décède en 2001, laissant une œuvre majeure de la littérature anglophone.

 Et pourtant outre-Atlantique il fait parti des auteurs les plus appréciés par les critiques. Comparé souvent à l’immense Philip Roth et à John Irving, il est pourtant ignoré dans notre beau pays!

Ce roman « Solomon Gursky » est une nouvelle traduction, censée être plus fidèle au texte d’origine, et elle est surtout son œuvre majeur qui fait écrire dans les colonnes du prestigieux journal The Times « (…) une heureuse synthèse de Charles Dickens, de Malcolm Lowry et de Philip Roth.» Rien que ça ! 

Personnellement je l’ai redécouvert au hasard d’une critique à la radio. Quinze année après sa mort, il est nécessaire de découvrir cet auteur à l’humour incroyable. Je me suis jeté sur ce roman ! 

Cela va être un sacré moment de lecture !

La genèse d’un auteur important, le nouveau Haruki Murakami enfin presque… Sortie le 14 janvier 2016… 

Écoutes Le chant du vent suivi de Flipper, 1973. Éditions Belfond 300p.

Haruki Murakami, est un auteur japonais mondialement connu et reconnu par la critique, souvent primé dans son pays, souvent cité par la presse pour recevoir le prestigieux prix Nobel de littérature. Auteur, journaliste, essayiste, nouvelliste et traducteur d’auteur anglo-saxon en japonais notamment de l’œuvre de Raymond Carver, de JD Salinger, Francis Scott Fitzerald.  

 Murakami, c’est trente-sept de carrière littéraire, et c’est hier le 14 Janvier 2016 qu’ il a autorisé la traduction et la publication de ses deux premiers romans, Écoutes le chant du vent, prix Gunzo du premier roman en 1979 et Flipper,1973

Événement littéraire car ce sont les deux romans qui font partis d’une trilogie dites du rat que vient clore La Course au mouton sauvage. Pour les fans de l’écrivain c’est bel et bien un événement.

Ces premiers romans vont être bourrés de tout ce qui fait le Murakami d’aujourd’hui. Une sorte de genèse de l’auteur au style si particulier qu’il a son propre adjectif pour le qualifier, l’univers Murakamien. Ce monde, ce style réaliste magique que j’adore et que je retrouve chez un autre très grands de la littérature, Salman Rushdie. Pourtant, ce monde régit par le surnaturel n’est pas le signe d’un auteur baigné de spiritualité, de mysticisme, il s’en défend d’ailleurs arguant qu’il est un être très réaliste mais quand il écrit, il écrit des choses étranges.

Nous allons probablement retrouver les thèmes majeurs qui sont l’ADN de son œuvre, la solitude, l’incommunicabilité dans nos sociétés modernes, les genres, la sexualité, l’étrange. Ce monde qu’il a créé ou baigne ces personnages souvent mélancoliques, renfermés, désenchantés que rien ne dérangent ni ne surprends même quand fait irruption l’étrange, le mystérieux ou le merveilleux dans leurs existences. 

Peut-être que dans ce volume édité chez Belfond, nous allons retrouver la musique, qui fait partie intégrante de l’œuvre Murakamienne. Faut-il le rappeler, mais Murakami est un passionné de musique. Il a été même gérant d’un bar de jazz. La musique est une sorte de médiateur entre les mondes, quand par exemple dans 1Q84, la Sinfonnietta de Janacek résonne et transporte les personnages de 1984 dans le monde de 1Q84, un monde ou le ciel possède deux lunes. Dans son dernier roman, l’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, tout un chapitre est consacré à la pièce pour piano « les années de pèlerinage » de Franz Litz. Oui la musique a une place très importante, dans l’œuvre mais aussi dans sa vie.

Bien sûr, ils seront peut-être remplis d’imperfections, ils nous donneront sûrement l’impression d’une densité étouffante comme si le jeune Murakami avait trop a donné. Ils seront des romans d’un jeune auteur que l’on croit prometteur en 1979, et qui aujourd’hui est Docteur honoris causa de l’université de Princeton, de l’université de Liège entre autres distinctions…

Je ne chroniquerai probablement pas ma lecture de ces deux romans. Cela n’aurait que peu d’intérêt pour vous lecteurs. 

Je lirai attentivement, essayant à travers les lignes de lire le futur Murakami, ce grand écrivain contemporain. Je lirai tranquillement et disséquerai ces premiers pas prometteurs, nous le savons aujourd’hui. 

Je lui pardonnerai, bien évidement les lourdeurs ou fautes de style.

Ne pardonnerions-nous pas les erreurs d’un jeune Houellebecq dans « Èxtension du domaine de la lutte » , celles d’un Camus écrivant « L’Étranger »? 

 A travers les premières œuvres de n’importe quel écrivain nous pouvons voir les fils qui tissent la toile de fond de son œuvre…

Les premiers romans sont une chance, une chance de découvrir un auteur en devenir..

Faites un tour sur son site ça en vaut la peine…! 

Tu es bien le fils de ton père !

Sur l’auteur
Théodore Weesner a écrit huit romans et de nombreuses nouvelles. Notamment publiées dans le New Yorker. Le Voleur de voitures, son premier ouvrage, paraît en 1972.
Théodore Weesner s’est éteint en juin 2015.

 

 

 

 

 

La Der

« T’es sûr que ça va aller. Fils ? » et il se sentit enveloppé dans ses bras et serré contre la laine de son manteau. Et il l’entendit dire. « Parce que sinon je vais te sortir d’ici. Nom de Dieu. Même si je dois démolir les murs avec mes poings.»

 

Entre les lignes

Un adolescent un peu perdu vole des voitures, des portefeuilles sans raisons. Il se fait prendre par la police et se retrouve en maison de correction. Nous sommes dans les années soixante dans la ville de Détroit où cet adolescent elevé par un père alcoolique et suicidaire, abandonné par sa mère, essaye de se trouver, de se réaliser. Dans l’univers de ce gamin, Il y a le lycée qu’il déteste et bien sûr les filles de son âge qui l’attirent et le font fuir. Il y a cette ville usine, froide sentant l’huile qui ne présente pas un avenir radieux pour les adolescents. Ce garçon qui évolue dans un milieu ouvrier et qui n’a pas d’autre horizon professionnel que l’usine Chevrolet où son père travaille. Ce père aimé et détesté qui tout les samedi soir s’habille en costume cravate et va écumer les bars pendant le Week-end, laissant son fils seul.

L’histoire de ce roman est simple comme les personnages. Ils ne sont pas d’un milieu aisé, n’ont pas un vocabulaire très riche, mais sous magie de la plume de Weesner, ils prennent de la hauteur, de la profondeur. La simplicité de leur vie n’a d’égale que leur complexité intérieure. L’auteur nous dresse des portraits d’être profond et juste.

Holden Caulfield, dans L’attrape-coeur de Salinger (1951) ou Oliver Twist sont les cousins littéraires d’Alex Housman, ils ont en communs d’avoir abandonné le lycée pour vagabonder dans les rues.

Ces écrivains ont dressé le véritable portrait de l’adolescence, avec ces contradictions, ces imperfections, ces réflexions sur la vie et le monde des adultes dans lequel ils vont entrer a leur corps et coeurs défendant. Ces enfants pas encore assez adultes, mais trop mature pour l’enfance est un sujet de prédilection de la littérature européenne et américaine. J’ai cité Salinger comme j’aurai pu citer quantité d’autres auteurs pour illustrer mon propos. Le voleur de voiture est roman d’apprentissage d’un adolescent des année 60/70. Au fil des pages, nous allons découvrir le mystère, le secret de l’enfance d’Alex Housman, il y a un mystère, quelque chose que son père détient qu’Alex pressent et qui sera le déclencheur d’une nouvelle vie.

Ce roman se lit comme une enquête policière, c’est un roman noir comme la couleur de l’huile de moteur, il y a de la violence physique autant que morale, il y aura du sang versé aussi. Un ultime sacrifice pour qu’Alex ne soit plus un vulgaire voleur de voiture et qu’il puisse effacer le passé pour commencer à écrire les pages de sa vie.

L’amour père-fils, les relations que ces deux personnages entretiennent sont le noyau du roman, tendresse, rancoeur, coup de gueule, incompréhension, relation tumultueuse de deux êtres unis par le sang et l’abandon d’une femme, d’une mère.

A la sortie du voleur de voiture en 1972, la critique a salué l’auteur et son premier roman et 500.000 exemplaires se sont vendu à la parution. Ce qui est le plus grand succès de librairie de cet auteur inconnu en France mais qui est pour la première fois traduit dans notre langue.

Il faut pour être juste, remercier les jeunes éditions Tusitala pour nous proposer toujours des auteurs étrangers non encore traduit en France qui plus est de qualité. Ils se sont fait une spécialité depuis trois ans de ne publier que de célèbres auteurs étrangers inconnus de nous pauvres français.

Merci à eux pour leur travail ..

Théodore Weesner est décédé en Juin 2015, nous le découvrons décidément trop tard.

Je vous recommande de lire ce roman puissant, a mi-chemin du roman d’apprentissage et du roman noir, sur l’amour d’un père pour son fils.

Une belle découverte d’un grand de la Litterature Américaine avec son héros, Alex, adolescent vagabond sur le chemin de sa vie.

Et si vous voulez en découvrir un peu plus sur Théodore Weesner et le voleur de voiture, Une petite interview de l’auteur en 2012.