Vie parallèle

Nous menons tous plusieurs vies en une. Nous jouons toute la journée un rôle et nous changeons de personnalité grâce à nos réseaux sociaux préférés ou à une maladie psychologique qui nous ronge petit à petit.

On estime à trois millions de personnes atteintes de cette maladie.

La dépression, l’anxiété, le stress post traumatique sont les maladies mentales les plus communes. Ce qui doit vous sembler bizarre de qualifier une dépression de maladie mentale.

Et pourtant cette pathologie est à prendre avec sérieux, dépister les premiers signes de l’état dépressif n’est pas aisé.

Commençons voulez-vous par définir la dépression d’après le Petit Larousse :

« État dépressif : État pathologique marqué par une tristesse avec douleur morale, une perte de l’estime de soi, un ralentissement psychomoteur. »

La dépression ou le syndrome dépressif ne jouissant pas d’une bonne image, les patients ont souvent des stratégies pour cacher les signes. On rit plus que d’habitude, on fait le « clown , on exagère sa bonne humeur. Ces comportements peuvent constituer des signes d’alertes? Cela peut durer des semaines et pour certains patients des mois.

Mais vient un jour où le masque tombe et comme une étoile qui brillait trop fort, elle s’effondre sur elle-même. J’aime beaucoup cette métaphore astrophysique. Qu’est-ce qu’une étoile? Une un astre brillant dans le ciel

Plusieurs signes sont décrits dans la littérature psychiatrique, apathie, perte de la sensation de plaisir, perte de l’appétit, problème de concentration. Un sentiment de tristesse, une sensation de fatigue physique et psychologique.

Souvent les personnes décrivent une perte de libido et une baisse importante de l’estime de soi. Parfois la dépression peut entraîner une suractivité, le besoin de faire quelques choses, l’impossibilité de rester sans rien faire. Les idees s’enchaînent très vite comme une fuite.

La dépression ne survient pas tout d’un coup, il y a un événement déclencheur et petit à petit elle s’installe. Les gens se renferment sur eux-mêmes, refusent de sortir de leur lit, de chez-eux. La vie sociale est de plus en plus absente.

Cette maladie vous prive de la vie, elle est comme une prison obscure oú le monde paraît dangereux et sans plaisir.

Mais que se passe-t-il réellement dans notre corps et dans notre cerveau au niveau psychologique et physiologique ?

Au niveau physiologique, les différents travaux de recherches sur la dépression ont montré qu’ au niveau des synapses il n’y avait plus de production de certaines molécules chimiques.

Les neurones communiquent entre eux par les synapses

Petit rappel d’anatomie. Et de physiologie:

Le cerveau au niveau du cortex, a une quantité de cellules appelées neurones. Les neurones communiquent entre eux par les synapses. Le neurone transmetteur reçoit l’influx nerveux ( sous forme électrique ) et par l’intermédiaire d’un synapse le neurone récepteur reçoit l’information. C’est au niveau des synapses entre deux neurones que l’information est transmise sous forme de molécules chimiques : les neurotransmetteurs.

Les neurotransmetteurs sont des molécules chimiques telles que :

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La Dopamine

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L’endorphine

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La sérotonine

La sérotonine est une des hormones les plus importantes du corps humain. Elle est présente partout dans l’organisme mais seulement 1% exploitée par le cerveau mais elle est responsable du cycle de veille et de sommeil de notre corps. Elle est aussi essentiel dans l’hemostase et elle est responsable aussi dans les désordres d’ordre psychique tels que dépression, anxiété, phobie et elle est aussi la cible des psychotropes.

D’après certaines recherches, ce serait la baisse de production ou le déséquilibre de certains neurotransmetteurs qui est responsable de la dépression. En effet si le neurone ne reçoit pas ou peu de ces molécules, le cerveau exploite des informations erronées, voir fausses. Cela peut jouer sur notre perception du monde, les sentiments et mêmes sur notre corps.

Aujourd’hui la médecine a fait de grands progrès sur de nouvelles générations de médicaments qui cible le processus de neurotransmission: la fameuse recapture de la sérotonine pour rééquilibrer dans notre corps et cerveaux cette molécule.

Nous avons vu qu’au point de vu physiologique, les médicaments ont ciblé le problème mais d’autres facteurs sont à prendre en compte.

Il y a toujours un facteur déclenchant, l’anxiété, l’angoisse, la dépression:

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Un deuil

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une rupture amoureuse

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un problème d’ordre financier

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un divorce

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un accident physique…

L’environnement du patient atteint de dépression peut influencer énormément le syndrome ou l’état dépressif. Il faut toujours que le patient soit entouré de personnes, amis pour l’épauler. Lui redonner l’estime de soi que la personne déprimée a perdu. Pour les aidants, ce n’est pas simple au quotidien de gérer et de comprendre «les sautes d’humeur». La personne dépressive a une vue, une perception des choses différentes de la notre qui sommes psychologiquement solide. Rien n’est plaisir, cette maladie empêche de rire, de ressentir le bonheur d’un rayon de soleil printanier. C’est à nous de le lui rendre et à son thérapeute.

Peu de médecin généraliste sont qualifiés pour traiter correctement un patient présentant des troubles psychiques et c’est tout à fait normale. Le médecin traitant est un passage obligé , une sorte d’aiguilleur qui va vous diriger vers un spécialiste, enfin dans un monde idéal. Peu de gens osent franchir le pas de porte d’un psychiatre. L’association psychiatre, psychiatrie dans la conscience collective a une connotation négative. La personne qui va chez un psychiatre est un «fou».

Et puis il y a le mode « coquille ». le patient se renferme sur lui-même pensant se protéger alors qu’il accentue ses troubles.

Vies parallèles

En parlant de renfermement sur soi-même, les différents réseaux sociaux sont les pires ennemis des personnes atteintes de dépression. L’écran possède une vertu pour eux, nous pouvons nous protéger du quotidien. Nous nous inventons un personnage. On cache à des inconnus nos états d’âmes. On peut tout dire puisque l’anonymat est garantie. Alors le plus souvent, les gens dépressifs passent beaucoup de temps devant leurs écrans à jouer a être heureux, à se construire un personnage algorithmique loin de ce qu’ils sont.

Mais s’enfermer dans ce monde virtuel est dangereux, nous ne sommes pas à l’abris d’un «Bashing», de harcèlement ou tout simplement la personne fragilisée peut tomber sur quelqu’un de mal intentionné et se faire manipuler.. il y a eu beaucoup de cas de manipulations. Les femmes en sont les premières victimes!

La dépression, l’état dépressif est un sérieux trouble psychique qu’il nous fait savoir détecter à temps ! Ce n’est pas simple car bien souvent hormis l’effondrement de la personne en larme, il y a des signes avant coureur qu’il faut apprendre à détecter et surtout ne pas hésiter à en parler avec celui ou celle qui est atteint. Ce n’est pas une chose aisée que de parler à son ami, mari, épouse ou compagne de ce thème un peu tabou

Mais un conseil ne minimiser jamais une larme, une crise d’angoisse avec un petit «ça va aller, ça va passer» parce que cela ne passera pas comme cela. Le message sera perçu négativement, estimer l’autre c’est aussi comprendre sa faiblesse, ses failles, cette blessure qui lui fait verser ces larmes douloureuse.

Pleurer fait mal, ne l’oublions jamais.

La dépression fait mal, une douleur morale atroce qui parfois pour être soulager on décide finalement que notre vie ne vaut plus la peine d’être vécu. Le remède est tout désigné : La mort!

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