Lectures au coin du feu

L’année commence et jour après jour Les libraires remplissent leurs rayons de nouveautés..

On farfouille, on attend nos auteurs favoris et leurs nouveaux romans.

Un véritable Phénomènes naturels

En ce début d’année littéraire m’offre l’occasion de renouer avec trois auteurs que j’adore.

Il est rare qu’une année nous offre trois des plus grandes plumes de la littérature française et américaine.

Ma première joie a été de découvrir le nouveau roman de Jonathan Franzen.

Écrivain majeur américain qui nous a déjà envoûté avec son roman Les Corrections qui est son premier roman traduit en français, mais en fait son troisième roman édité aux États Unis. Les Corrections paru en 2001 a récompensé son auteur du National Book Award. Freedom son quatrième roman paru en 2010 l’a vu sacré « Plus Grand Romancier Américain » par le Time Magazine.

Le style Franzen est difficile à expliquer, c’est un auteur qui a une extraordinaire manière de ressentir son époque, la société. Il décrit avec minutie et de manière ultra réaliste son époque, ses récits sont souvent multidimensionnels, croisant sans cesse les destins de ses personnages en tissant un savant mélange de situations cocasses à des histoires dramatiques. Il s’est aussi confronté au récit autobiographique dans Zone d’inconfort.

Dans son dernier roman Purity paru en 2015, il traite avec justesse de la prégnance des réseaux sociaux et de l’influence de plus en plus forte qu’ils ont sur la société, la politique. Roman dans lequel il pose la question de la Vérité et de la manière dont on peut la manipuler et dans quels buts.

Le premier février paraîtra son dernier roman Phénomènes Naturels qui est en fait son deuxième roman paru outre-Atlantique en 1992 mais seulement traduit cette année. On ne peut que déplorer ce temps perdu. Ce roman est multiple à la fois comédie familiale et thriller écologique et économique, c’est un second roman qu’on lira cherchant les prémices du romancier que Franzen est aujourd’hui. Nous verrons à travers la plume ascerbe de l’auteur des Corrections un pays qui se déchirent sur les ravages du Sida, les questions de l’avortement, les lobbys financiers.

N’oubliez pas ce roman, Phénomènes Naturels de Jonathan Franzen et vous serez peut-être un ou une inconditionnel de cet auteur majeur américain.

Et si la vie n’était qu’une Microfiction ?

Et la France dans tout cela, me diriez-vous ? Elle est présente et représentée par un auteur atypique Regis Jauffret.

Vous connaissez? Un petit effort de mémoire, quelques titres pour vous aider.

  • Asile de fous (2006)
  • Univers univers (2003)
  • Sévère
  • La ballade de Rikers Island
  • Claustria
  • Bravo

Et bien sûr le Roman.

Enfin les romans Microfictions paru en 2007, un improbable pavé de plus de mille pages contenant cinq cents histoires courtes de deux pages.

La surprise chez les lecteurs fût complète et maintenant ce Microfictions fait référence dans l’art de l’histoire courte. Cinq cents histoires noires qui mises les unes avec les autres forment une veritable peinture de l’humanité.

Onze ans plus tard, Regis Jauffret nous refait le coup. Un second volume d’histoires courtes de deux pages intitulé Microfictions2018 mais il pousse le noir, il explore nos tabous, nos angoisses le plus loin possible qu’il lui est possible. C’est le style Jauffret, explorer les angoisses, les tabous de l’humain sans vulgarité, sans en rajouter, mais avec ce style inimitable de pouvoir transformer l’horreur, l’ignominie en saynète de théâtre, en vaudeville.

Jauffret prend du plaisir dans ces histoires courtes, et cela se sent. Ce deuxième volume est aussi enthousiasmant, stimulant que le premier alors foncez!

Plongez dans ces Microfictions, immergez-vous dans cet horror show!

Mille et une vie ou l’exploration des possibles

J’ai gardé le meilleur pour la fin, le géant Paul Auster revient après trois ans d’écriture. Fini les entretiens, les interviews, les conférences. L’écriture et rien que l’écriture pour ce monstre, ce géant des lettres américaines. Paul Auster et son texte, un entre soi de trois années! Cela donne au final un immense roman de plus de mille pages, écrites, raturés, corrigés et finalisées. Il a forgé à l’encre les âmes de ses personnages, leurs destins et puis il a imaginé d’autres destins.

Mais qu’est-ce que la destiné d’un homme? Et si les choses s’étaient passé autrement?

Ce roman n’est pas un roman sur la destiné mais quatre romans d’initiations. Ce roman 4 3 2 1, ces romans pour être plus juste parlent de la destiné d’un même garçon. Quatre destins parallèles d’un même personnage ou peut-être est-ce un même destin de quatre garçons identiques. Paul Auster a imaginé l’histoire d’Archibald Ferguson de la naisssance au seuil de la vie adulte, Même parents, même lieu et année de naissance ( 1947 à Newark, New Jersey comme l’auteur). Mais une rencontre, un choix parentale diffèrent, une maladie change le destin de ce petit garçon.

En somme Paul Auster essaye d’analyser la part d’imprévu, à doser le probable, à quantifier l’éspéré de la vie.

D’après l’auteur, le projet initial du roman devait suivre ces personnages sur toute leur vie, projet titanesque! Rien ne fait peur à cet auteur mais il a trouver que la période la plus intéressante d’un être humain est celle de la naissance à l’âge de vingt ans. C’est une période où l’humain subit le plus de changements en un si court laps de temps. C’est aussi l’âge des possibles, de l’envisageable où le monde n’est qu’un vaste lieu en constante expansion.

Le bébé voit son monde réduit à son lit, les seins de sa mère et puis il marche et la maison devient un monde. L’école, les copains, les premiers émois amoureux tout est un monde qui s’agrandit jour après jour. Cela ne veut pas dire que passer l’âge de vingt ans, le monde cesse d’être exploitable ou qu’avec l’âge nous vient une connaissance parfaite de notre univers. Non ! Mais l’humain ralenti le rythme de ses transformations et de ses découvertes.

Sacré roman que voilà et l’on comprend mieux pourquoi il a fallu tout arrêter pour arriver à créer, a imaginer la part d’imprévu et les implications sur une vie.

Lisez ce roman et explorez les chemins des possibles.

Et si votre vie n’était pas celle que l’on croit..

Et si… Peut-être trouverez-vous la réponse dans ce roman des Contrevies

Immense coup de cœur hivernale pour le maître Paul Auster. Et si quelques-uns parmi vous, doutiez que j’ai lu tout ses romans. Je n’ai pas tout lu, j’en ai volontairement omis un…

Mais ne doutez pas de la fidélité à cet auteur fantastique !

Petit coup de cœur hivernale

Un petit coup de cœur, une petite extra systole littéraire pour ce roman que l’on présente comme la suite d’un livre qui a été primé Goncourt. Pierre Lemaitre vous le connaissez sûrement depuis que son livre Au revoir là-haut ( Prix Goncourt 2013) a été porté au grand écran avec paraît-il succès. En ce début d’année, il nous offre la suite de au revoir là-haut, avec Couleurs de l’incendie qui est le second volume de sa trilogie sur l’entre-deux-guerres.

Dans Au revoir là-haut, on finissait le roman sur la mort d’Edouard Pericourt, on se retrouve sept années plus tard dans Couleurs de l’incendie. Pierre Lemaitre nous conte une histoire dans la France des années 30, une France qui n’est pas encore remise de la grande guerre gagnée dans les tranchées.

Nous suivons les héritiers Pericourt, le petit fils Paul notamment héros de ce roman qui a sept ans saute du second étages de la résidence familiale, et sa mère se posera la question de ce geste, la discrète Madeleine fille de Marcel et sœur d’Edouard. Elle va devenir le personnage central du roman. Le premier volume était un roman basé sur les hommes, les femmes sont ici à l’honneur. Madeleine seule contre tous.

Un roman à lire, un style fluide et une plongée dans le Paris des années 30. Rien que pour cela mon cœur est gagné.. un coup de Maître ?