Une année 2017 en livres et en musiques !

Et oui ! Bilan bilan …

41 livres lus cette année et trois sont sortis du lot.

* Les Furies de Lauren Groff

* À la mesure de l’univers de Jón Kalman Stefànsson.

* Et mon coup de cœur pour L’art de la joie de Goliarda Sapienza

Trois ouvrages de styles, de pays différents et pourtant touchant et marquant mon année littéraire.

Commençons voulez-vous par Les Furies un livre à la narration déroutante, envoûtante.

Ah Les Furies livre déroutant qui nous démontre qu’une histoire d’amour peut gâcher bien des choses.

Loto est un jeune homme d’une riche famille qui rencontre Mathilde une fille qui est belle, ils sont jeunes tombent amoureux et se marient très vite contre l’avis de la famille de Lotto enfin principalement de la mère de celui-ci.

Ils abandonnent leurs études, emménagent dans un petit appartement de New York. Lotto veut écrire, rêve de devenir un auteur de pièce de théâtre, refusant les petits boulots, ne vivant que pour son art. Mathilde pendant ce temps là travaille, fait vivre et encourage son mari. La situation du couple pourrait les conduire à divorcer, mais Mathilde et Lotto s’aiment d’un amour si profond que les difficultés financières, les colères, l’ego surdimensionné de Lotto sont surmontés tout au long des années de vaches maigres.

10 ans après, Lotto devient enfin un dramaturge à succès, et à l’apogée de sa carrière il meurt laissant Mathilde seule. Et là les masques tombent… l’histoire d’amour se transforme et n’est pas ce que l’on croyait au début. La surprise est totale et vous laisse à la fin du roman avec une question : connaît-on la personne que l’on aime? Vous allez peut-être fermer le bouquin et regarder votre compagnon ou compagne différemment.

Le prestigieux magasine The New Yorker a écrit

« Une prose époustouflante : à la fois précise, riche, lyrique et épique.» enthousiaste

Et Barak Obama à citer le livre en disant qu’il fallait le lire surtout quand on était en couple.

Après Mr Obama je n’ai rien à ajouter…

À la mesure de l’univers de Jón Kalman Stefànsson, est la suite du roman D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. On retrouve Ari qui revient en Islande après avoir reçu une lettre de son père lui annonçant son décès imminent. Nous retrouvons le paysage si dur, cette terre battue par les vents à la végétation éparses. Dans cette partie du monde où la neige recouvre tout, les souvenirs de la vie de Ari , son passé qu’il voulait fuir affleurent malgré l’épaisseur de cette couverture blanche.

Comme dans tout ses romans, Jón Kalman Stefánsson entremêle les époques, les histoires, les destins, les lieux. Nous retrouvons le fjord de l’Est et Keflavik cette ville de pêcheur sans océan. Les amants magnifiques du premier roman sont là eux aussi, Margrét et Oddur. Rien que pour cette histoire d’amour, lisez le premier roman D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds où vous tomberez sous le charme de la passion de ces deux personnages hauts en couleurs.

Un roman humain, avec ces moments d’héroïsme, de bonté et aussi ses bassesses, ses trahisons. Une histoire qui nous parle d’amour, de mort, de lâcheté et de courage avec une plume lyrique et simple, dans une langue nourrie de poésie. L’auteur nous délivre un message simple, l’amour est le ciment et la douleur du monde.

Lisez cet auteur venu du froid qui avec poésie fait vivre cet île de feu et de glace qu’est l’Islande.

Après l’Islande, ses landes, ses fjords et ses volcans aux noms imprononçables voyageons vers l’Italie, le sud pour être exact. Et laissons nous enseigner L’art de la joie par Goliarda Sapienza.

C’est d’abord l’histoire d’une vie, celle de Modesta, né en 1900 dans une famille miséreuse. L’histoire commence par un viol. Celui de Modesta par son père. L’art de la joie commence par un viol.. je vous sens dubitatifs. Il y a plus joyeux comme thème.

Mais en fait ce drame va propulser Modesta dans la vie, elle va apprendre à combattre, à survivre. Elle nous entraîne sur le chemin de sa libération, de sa liberté acquise grâce à sa volonté de fer. Cette force qui l’habite va entraîner le monde autours d’elle..

Modesta nous entraîne, nous enchante par sa liberté conquise.

Ce petit bout de petite fille qui ramassait des branches dans les bois se transforme en adolescente recueillie et éduquée par une riche famille, se mariera, deviendra maman, perdra son mari et prendra une amante,

Elle sera emporté dans les tourments de l’histoire de l’Italie. femme au foyer, puis propriétaire terrienne, résistante pendant la guerre et finalement une vraie chef de famille à qui on doit le respect, elle une fille de rien, une petite fille pauvre.

Elle comprend très jeune le pouvoir des livres, l’émancipation que cela représente pour une femme du début du XXe siècle. Les livres sont les boulevards de sa liberté et aussi de la nôtre. Elle lit, dévore les livres de la bibliothèque de cette riche famille qui l’a accueilli. En particulier, un personnage un peu loufoque mort à la guerre dans les tranchées qui avait une grandes quantités de livres qu’il annotait. Chacune de ses notes étaient pour Modesta une clé pour ouvrir une nouvelle porte vers la liberté. Et de livres en notes, de références en auteurs, son esprit petit à Petit comprends, intègre la notion de liberté et surtout quoi en faire !

Tour à tour maman, responsable de sa maison et de ses terres elle sera aussi professeur pour ses enfants, ses nièces et ses neveux. Enseignante novatrice, appliquant les principes de Me Maria Montessori.

Magnifique vent de liberté qui souffle tout long du roman et nous emporte avec elle..

Enthousiasmant, étonnant, charmant, envoûtant.. les superlatifs, les qualificatifs auront du mal à décrire ce que vous ressentirez à la lecture de ce livre.

Un vrai coup de cœur que ce roman, accompagnez Modesta et laissez là vous guider sur cette terre dure et âpre qu’est la Sicile. Terre d’hommes et de femmes au caractère dur comme la vie sur cette île.

Si vous n’avez quelques euros a dépenser pour le début d’année, essayez l’un des trois romans que je vous recommande, vous ne serez pas déçu !!!

Un peu de musique voulez-vous ?

J’ai acheté 10 albums sur tout ce que j’ai écouté cette année. Il y en a trois que j’écoute en boucle et qui m’ont vraiment plu. La musicalité de ces compositions m’ont touché durablement.

Avant de donner mes coups de cœur musicaux, je te préviens amicalement lecteur, je n’écoute jamais la radio, pas d’émissions musicales et encore moins Les télé crochets. Je n’aime pas la musique populaire, toutes ces chansons préfabriquées pour vendre m’assomment.

Je suis un inconditionnel du jazz, un fana de jazz et si le leader est pianiste c’est encore mieux.

Et bien entendu le Classique qui nous donne toujours ce petit supplément d’âme.

Alors parlons de ces trois albums jazz qui ont retenu mon écoute attentive cette année.

* Chris Tile & Brad Meldheau de Chris Tile

une association incroyable d’un magnifique et talentueux joueur de mandoline et d’un pianiste de jazz le plus emblématique de sa génération.

De la mandoline ? Jazz? La mandoline devient un instrument groovy?

Oui messieurs, mesdames ! Chris Tile a un talent incroyable de faire groover sa mandoline, le piano est là pour l’accompagner mais c’est bien la mandoline qui fait le jazz.

La mandoline, cet instrument italien utilisé par les séducteurs pour jouer la sérénade ou par le batelier de Venise. Elle a un peu cette image qui lui colle à la calebasse.. un instrument suranné.

STOP AUX IDÉES REÇUES!

Comme vous, j’ai hésité à écouter ce drôle de mélange. Je me revois devant mon écran d’ordinateur à me demander si j’allais cliquer sur lecture. Et puis j’ai appuyé sur lecture poussé par mon incroyable curiosité (parfois elle me joue des tours). Quel bonheur, non seulement la mandoline et le piano se complète à merveille mais en plus Chris Tyle pose sa voix sur les morceaux. Du jazz oui, ça groove, ça claque. Punaise cette gifle, que j’écoute toujours avec autant de bonheur.

Si vous êtes curieux, si vous aimez les surprises musicales. Cet album est fait pour vous.

* Live in Germany de Giovanni Mirabassi

Un concert solo de piano. Exercice très difficile pour un artiste qui se retrouve seul devant son public avec son instrument pour interpréter ses compositions originales. C’est une vraie belle rencontre que ce pianiste italien. Un rendez-vous agréable et passionnant. On entre vraiment dans l’univers pianistique de cet auteur.

A écouter, un verre à la main devant une cheminée concentré sur la note.

* Marseille de Ahmad Jamal.

Cet artiste de plus de quatre vingts ans, ce pianiste aux doigts Si léger produisant un jeu si élégant Nous offre une ode à sa ville de cœur Marseille. Il a invité sur cet album des artistes tel que Abd al Malik, qui chante sur le titre Marseille, Nina Agossi qui chante aussi le titre Marseille. Ce dernier étant à mon avis celui qui gâche l’ensemble. Un morceau inutile, posé là comme une obligation. L’interprétation d’Abd al Malik est touchante, on ressent tout l’amour que l’auteur et l’interprète ont mis pour séduire la belle. Malik avec son flow et Jamal avec son sens inné de la mélodie et du jazz.

Un très bel album..

* New Monk Trio de Laurent de Wilde

C’est le centenaire de la naissance de Thelonious Monk, « The Sphere » un monstre sacré du jazz qui l’a révolutionné en créant le bee bop.

Laurent de Wilde est un pianiste et compositeur de jazz français né à Washington de renommée internationale. Plusieurs fois primés, qui est aussi écrivain ( il a fait Normal sup’) qui a écrit son premier livre sur le pianiste Thelonious Monk.

Donc le centenaire de la naissance de Monk et du vingtième anniversaire de la sortie de l’autobiographie sur Monk, LAURENT de Wilde sort un disque en trio et revisite le répertoire de son mentor, de son maître, du monstre sacré. Il modifie, mélange Les morceaux les plus célèbres de Monk. C’est un album incroyable et novateur. Une visite d’un musée par un guide qui réinterpréte à son goût et sans déformer la philosophie de l’œuvre. S’attaquer à un tel génie du jazz est une chose difficile car on ne pardonnera jamais une mauvaise interprétation de Monk’s dream, Round midnight, Blue Monk et tant d’autres classiques. Une fausse note ou une harmonie ratée et c’est déclencher une vague d’indignation, une envie de mettre au pilori l’auteur de ce crime tympanique.

Mais depuis qu’en 1987 paru sur la scène jazz, ce prodige du piano, LAURENT de Wilde nous a toujours habitué à la perfection, encore une fois démontrée sur cet album.

Quel bon moment que cet visite du répertoire de Monk, un hommage au maître encore aujourd’hui incompris.

Dans le domaine classique un jeune pianiste français a retenu mon attention, cela fait trois années que ce pianiste de talent album après album séduit mon oreille.

En 2015, Finaliste du prestigieux concours international de Tchaïkovsky à Moscou, 4ieme de ce concours a 24 ans en jouant le concerto pour piano N°2 de Franz Liszt et le concerto pour piano et orchestre N°1 de Piotr Illitch Tchaikovsky. Il a remporté le prix de l’Association de la critique musicale de Moscou et a par son interprétation tellement enthousiasmé les critiques et le public russe qu’il a eu le privilège de jouer pour le concert de Gala au Mariinsky, invité par Valery Gergiev ( chef d’orchestre russe). Pour comprendre l’honneur fait à notre pianiste français, je vous rappelle que seuls les lauréats ont le droit de jouer ce soir là.

Cette place de finaliste lance sa carrière de concertiste et lui vaut l’éloge de la critique. Le critique français membre du jury le qualifie de « génie » et de « phénomène pianistique ».

Mais qu’est-ce que c’est que ce concours? je sens pointer une forme d’interrogation.

Ce concours Tchaikovsky ( du nom du compositeur Piotr Illitch Tchaïkovsky) est un des plus prestigieux du monde, il a lieu tous les quatre ans depuis 1958. Concours réservé au pianiste, violoniste, violoncelliste et au chant. Les sélections sont rudes et se déroulent en trois étapes et se déroulent au mois de juin.

Les différents jurys internationaux sont composés de professeurs de musique reconnus, de solistes de renoms et parfois de lauréats du concours.

Il se peut que le premier prix ne soit pas attribué ou alors partagé entre plusieurs candidats.

C’était en 2015, pour la XVe édition de ce concours, le seul français finaliste face à quatre russe et un américain.

Travaillant surtout l’émotion au détriment de la technique pure, ses interprétations sont toujours empreintes de délicatesses et de finesses.

A écouter même pour les plus hermétiquement fermés à la musique classique. Lucas Debargue aura peut-être la clé pour atteindre votre cœur et vous sensibiliser à l’art classique.

* Lucas Debargue Schubert et Szymanowsky

Trois œuvres parfois survolées par les pianistes. Deux sonates de Schubert si délicate et une œuvre méconnue du public une sonate de Szymanowsky.

Un bonheur de délicatesse a consommer et à faire partager sans modération et sans retenue…