Fragile forteresse de solitude

Juste une Fragile forteresse de solitude et une permission pour en sortir…

Juste une permission…

Noël c’est d’abord les villes qui se décorent et se parent de milles et une lumières, les magasins qui s’illuminent, les gens qui peuplent les rues commerçantes du matin au soir. C’est aussi une effervescence qui excitent jusqu’au moindre atome d’oxygène de l’air qui nous entourent. La ville vit de nouveau, ses habitants la reconquiert l’esprit à la fête, l’esprit en fête.

Noël est une fête, une sensation, un état d’esprit.

Je vois le visage des enfants collés aux devantures des magasins, happés par les animations, les décorations magiques des magasins.

Noël est dans les yeux qui brillent des enfant, Noël est un regard d’enfant sur le Monde.

Noël, c’est un sapin que l’on choisit en famille et que l’on va tous ensemble décorer. C’est aussi un calendrier de l’Avent pour faire patienter les enfants.

C’est pour les enfants un formidable moment d’espoir, la sensation que tout peut être réalisé. Que les rêves de jouets les plus magnifiques peuvent être demandé ou commandé au père noël. Les parents n’ont rien à voir là dedans, pas besoin d’autorisation à demander, pas de décision arbitraire à attendre. Seul l’espoir est permis. Ils n’ont pas de compte à rendre quand il s’agit de rêver. J’adore cette partie de noël, ce remarquable retour de la magie dans un monde qui en est dépourvu. C’est par nos enfants que la magie est encore un peu de ce monde. Alors laissons les rêver le plus longtemps possible. Aidons les justes à réaliser leur rêve dans la mesure du possible.

Les fêtes de fin d’année viennent achever un calendrier de 365 jours, de 52 semaines. Nous fêtons à une semaine d’intervalle Noël et le nouvel an.

Une semaine de fête, de partage. L’occasion de donner du plaisir, de l’attention à nos proches et amis. Nous allons nous retrouver traditionnellement autours d’une table dressée avec la plus belle des vaisselles accueillant des mets délicats et du bon vin. Mets d’exception, vin d’un très bon cru. Autours de cette table, on va se rappeler les bons moments partagés de l’année écoulée et faire des projets pour l’avenir. Des vœux de bonheur, de santé et de prospérité seront échangé et nous trinqueront à l’année avenir, dans les bulles de champagne nous liront un avenir radieux.

Le sapin enguirlandé, les cadeaux tous plus beaux les uns que les autres a son pied. Moment d’échange, les yeux brillent, les esprits s’échauffent en spéculation de ce que cache le papier cadeau et qui aura la plus belle des attentions. Bien sûr, il y aura des déceptions, des larmes de joie, des sourires et des rires quand les petits enfants exprimeront leur joie à la découverte des cadeau offert par un homme si providentiel.

Le père Noël, être magique qui donne tout son sens à Noël. Sans lui, qu’est ce que Noël finalement, une orgie de cadeau, une compétition pour encore posséder d’avantage..

Mais Noël c’est aussi et avant tout le partage. Juste un moment dans l’année où les rancœurs, les mesquineries laissent place à notre bon cœur. C’est une trêve, ou même les armes de guerre s’arrêtent leur sinistre œuvre de mort.

Le monde de haine suspend son emprise sur le cœur humain pour laisser l’amour de son prochain ou peut-être la simple coexistence entre les hommes puissent exister en paix.

Mais dans ce portrait presque idyllique de ces fêtes, il y’a un revers. Dans le miroir trompeur de nos célébrations de plus en plus folles, il y a un reflet que l’on cache par un voile d’apparente gaité. Un reflet qui nous fait peur et qui nous renvoie à une crainte très ancienne en nous. Une peur remontant au jour où l’homme ne dominait pas la planète mais était soumis au force violente de la nature.

Au fil de l’évolution, la communauté , le vivre ensemble a été notre meilleur arme, notre forteresse pour se défendre contre les forces hostiles qui régissaient la vie sur terre.

Et puis nous sommes devenu grâce à cette technique les maîtres sur terre, dominant presque tout ce qui nous menaçaient jadis.

N’ayant plus rien à craindre, nous nous sommes développés, scientifiquement et industriellement.

A force de nous croire à l’abris de tout nous nous sommes fabriqués des ennemis et l’homme devint un loup pour l’homme. Nous sommes devenus tristement individualistes, privilégiant le Moi au Nous. Expérimentant comme un enfant, la liberté du Moi au détriment de ce qui a forgé et maintenu en vie l’humanité .

Petit à petit, nous nous sommes éloignés les uns des autres à tel point que pour certains adolescents entendre une voix au téléphone est devenu une intrusion insupportable.

Que les adultes et les enfants se parleraient avec des écrans. Des personnes se battraient, se disputeraient, se feraient la cour et batifoleraient au travers d’application dite « sociale ».

Cette individualisation forcenée, cette distance que notre civilisation a son apogée a créé une forteresse de solitude .

Nous sommes désormais des avatars, des êtres faits d’algorithmes, des êtres pour qui le toucher, une caresse devient le summum du contact. Nous sommes devenus une image.

Pour tromper notre solitude que nous nous sommes créés, ils nous restent les traditions, ces fêtes un peu désuètes ou l’on se rencontrent, partagent comme a une époque pas si éloignée ou le dimanche, jour sacré, les familles se réunissaient autours d’une table.

Ainsi, Noël fait partie intégrante de notre humanité , il participe à ce besoin de partager, de parler d’inter-agir de manière vivante, sans la protection d’un écran.

Noël et les autres événements sociaux qui nous rassemblent détruisent une forteresse qui au lieu de nous défendre nous emprisonne et nous tuent peu à peu.

Nous sommes fragiles, mais nous devons pour être plus fort nous rappeler nos aïeux isolés au milieu de la nature. Notre cerveau ne l’a pas oublié, nous avons juste mis des mots, de la technologie pour surmonter notre peur de la solitude.

C’est Noël et n’oublions pas entre deux rires, le voisin, le collègue de travail qui vous a glissé à l’oreille que ce soir il était redevenu cet homme primitif qui est livré à cette solitude effrayante.

Il ne l’a pas dit avec ces mots là, il a peut-être simplement hésité à répondre à la question terrible de ce qu’il allait faire pendant le réveillon, silence, éluder la question, sourire pour masquer la souffrance.

Penser entre deux tranches de foie gras aux pauvres pour qui ces fêtes de fin d’année, dans les rues, le froid et le ventre vide ne fêterons qu’un jour de survie supplémentaire.

Oui. Noël c’est aussi cela .. Penser à ceux qui n’ont plus rien et pour qui une soupe, un sourire, une table et une chaise est déjà une fête !

Prenez cinq minutes pour penser à ces vieux parents « gâteux » ou « dément » pour qui Noël n’a plus de signification et c’est juste un moment où ils ressentent une effervescence qu’ils ne comprennent plus mais qui n’ont pas oublié la caresse d’une main qu’un enfant ou que des petits enfants peuvent être le plus doux des cadeaux..

Un temps où a l’hôpital ou autre lieu de soin, les personnels essaient de faire oublier la maladie..

Ces quelques lignes ne changeront en rien notre fragile forteresse de solitude dans lesquelles nous nous enfermons. Mais peut-être que l’on peut en fissurer les murs..

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël et de très bonnes fêtes de fin d’année ..