La rose, parfum de meurtre ?

Petite lecture d’été .. Tel sera la forme des articles de mon blog pendant la période estivale..
je ne choisirai de chroniquer que des romans coup de coeur, des livres qui ont marqué ma vie..
ce sera un été coup de coeur …

Et je commence cette période par un livre d’un auteur que j’adore et qui a disparu trop tôt !


 

 » J’ai écrit un roman parce que l’envie m’en est venue. Je pense que c’est une raison suffisante pour se mettre à raconter. L’Homme est un animal fabulateur par nature.
J’ai commencé à écrire en mars 1978 mû par une idée séminale. J’avais envie d’empoisonner un moine. »

 

Un moine est empoisonné et d’autres encore assasinés mystérieusement dans cette abbaye. Un moine franciscain Guillaume et son élève Adso vont enquêter et essayer de déchirer le voile du mystère.
Lecture, relecture et ainsi le cycle se répète tant ce livre à marqué mon adolescence. À chaque lecture le roman me dévoile une nouvelle facette de l’intrigue. Ce roman est un véritable labyrinthe, a l’image de la bibliothèque abbatiale.
Pourquoi relire ce roman ?
J’aime approfondir les thèmes qui sont abordés dans l’œuvre d’Eco. Thèmes variés mais comme dans tout les romans de cet auteur de génie, ils prennent de la profondeur qu’une seule lecture ne peut explorer complètement. Voyez-vous Eco est un de ces auteurs complètement imprégnés de culture, pouvant tour à tour vous parler de Moyen-âge tout en faisant un habile parallèle avec nos grands maux actuels. Penser comme un chroniqueur du 14 ieme siecle pour décrire la société et ses problèmes actuels.
Juste pour nous montrer que l’Homme n’a pas de mémoire et surtout ne tire aucune leçon des erreurs passées. L’intellectuel Eco se veut être un phare éclairant par le biais d’une histoire l’incommensurable petitesse de notre mémoire.
Mais revenons au roman à ce plaidoyer pour la Liberté, contre l’obscurantisme qu’il soit religieux ou bien politique. Au travers des guerres théologiques entre les différents ordres monastiques, c’est la Liberté et la tolérance qu’il défend ardemment. Quand à l’épisode du procès en inquisition, il n’est là que pour dénoncer l’obscurantisme de l’époque bien évidemment mais surtout démontre simplement que les fausses interprétations, les aveux sous contraintes ne mènent qu’au mensonge.
Il n’est pas simple de s’y retrouver dans les combats théologiques qui nous sont proposés, il faut être un fin connaisseur médiéval pour s’y retrouver. Mais en lisant et relisant, le professeur Eco nous enseigne les bases de la culture médiévale. Il est vrai qu’avant de lire Eco, l’époque médiévale ne m’intéressait guère. Peut-être un peu simpliste, je pensais que ces hommes n’étaient que prisonniers de leurs superstitions et que toute la sagesse, science, philosophie étaient des matières complètements oubliées au profit de la théologie. Je n’avais pas pensé l’histoire comme un continuums mais plutôt comme des phases où périodes clairement séparées.
Les livres servent aussi à cela, apprendre et modifier notre appréciation des choses. 
L’histoire du roman n’est que prétexte. Le Nom de la rose est un thriller, le genre qui masque sa profondeur. L’enquête et son dénouement n’est que le fruit d’un hasard heureux mais qui sert juste à démontrer sa théorie du lecteur acteur. Que doit faire du lecteur ? Doit-il être juste un sujet qui lit ? Ou plutôt un acteur, au sens où le récit va le prendre par la main, si le lecteur accepte, pour l’amener à se poser tout un tas de questions. Acceptera t-il que l’auteur le perde dans les méandres labyrinthiques de son récit?
Toutes ces questions ont fait l’objet d’une théorie développée dans Lector in fabula que je vous engage vivement à lire. Je vous préviens ce n’est pas une lecture facile mais très intéressante !
Recommander cette lecture m’est délicat tant ce roman fait partie intégrante de ma culture littéraire ! C’est une évidence, Le Nom de la rose est le roman à lire si Eco n’avait ecrit que celui-ci ce serai son meilleur roman. Il est en tout cas le plus populaire et le plus connu.. Alors si vous ne l’avez pas encore pas fait, lisez le, relisez le vous serez toujours enchanté par la profondeur et la riche diversité des thèmes abordés.
C’est l’été profitez-en pour vous plonger dans les 600 pages de ce roman, prenez le temps de vous plonger dans l’esprit des hommes du Moyen-âge, ils vous surprendront !