« Je songe brusquement qu’on ne peut connaitre un homme qu’a travers ses intentions.»

C'était le 26 mars 2016, Jim Harrison meurt, foudroyé d'une crise cardiaque à son domicile.

Lui qui par romantisme et par amour s'était jeté dans l'écriture à coeur perdu.

Ce coeur à force de se voir couché sur des centaines de feuilles à céder, l'a lâché.

J'ai voulu par la lecture de Dalva son chef-d'œuvre lui rendre hommage.


Sur l'auteur

Jim Harrison de son vrai nom James Harrison né en 1937 est un poète, scénariste et romancier américain. Issu d'une famille de la middle Class américaine. C'est à 16 ans qu'il quitte sa famille pour devenir écrivain, il emménage à New York.

À 23 ans, il obtient une licence de lettres. Assistant d'anglais à l'université de New York, poste qu'il occupe très peu de temps. Il décide de se consacrer à l'écriture et démissionne de son emploi. Il commence à écrire des articles de journaux, des scénarios, des recueils de poèmes et ses premiers grands romans. Grand amateur de poesie, admirateur du poète français René Char.

C'est dans les années 60 qu'il rencontre et se lie d'amitié avec Jack Nicholson. L'acteur va lui prêter de l'argent pour qu'il nourrisse sa famille tout en continuant à se consacrer à l'écriture.

Écrivain aujourd'hui traduit dans plus de 23 langues et de nombreux romans portés au cinéma, Légendes d'automne par exemple.

Jim Harrison restera le grand représentant du mouvement littéraire américain de Nature Writting. ( Mouvement littéraire dont nous pouvons faire remonter les origines à Henri David Thoreau.

 

La Der


Pour reprendre le contrôle de sa vie, Dalva s'installe dans le ranch familial du Nebraska et se souvient : l'amour de Duane, les deuils, l'arrachement à ce fils nouveau-né qu'elle cherche obstinément. Meurtrie mais debout, elle découvre l'histoire de sa famille liée à celle du peuple Sioux et d'une Amérique violente. Chef-d'oeuvre humaniste, Dalva est un hymne à la vie.

Entre les lignes

Lecture hommage à un grand homme des lettres américaines, l’écrivain humaniste des grands espaces.

J’aurai pu choisir d’autres romans que celui-ci, Légendes d’automne, Un bon jour pour mourir et tant d’autres !

Mais Dalva a franchement

ma préférence :


« le grand roman de l’Amérique éternelle, l’Amérique de la prairie et des forêts ».

 

Dalva est une femme moderne des années 80’, belle, intelligente, indépendante obligée de fuir la côte ouest des États Unis ayant défendu dans le cadre de son travail un enfant contre son père maltraitant. Père violent qui veut attenter à la vie de Dalva pour se venger. Elle choisi sur les conseils d'amis de revenir à la ferme familiale, démissionnant de son emploi contre la promesse de sa mère de lui trouver un emploi d’institutrice dans sa petite ville. Histoire simple que ce Road-Trip écrit en 1988.

 

Roman d’une époque, racontant la société américaine des années 80’, mettant subtilement en parallèle la violence sociale, politique et financière des années 80’ avec l’histoire de l’Amérique, la violence envers les amérindiens, la guerre de sécession. Nous montrant qu’au fond, que ce soit aux XIXiéme ou au XXiéme la violence est la même. Rien n’a changé, les indiens sont toujours aussi maltraité et que les petits, la middle class, les paysans américains sont toujours aussi méprisés par le Nord..

 

Dalva n’est pas aussi simpliste que l’intrigue nous le laisse penser. c’est un roman profond, tout en nuance, tout en douceur pour nous montrer, nous dévoiler les fêlures des personnages, Dalva, Michael, Duane et tant d’autres que Jim Harrison nous présente dans cette magnifique galerie de personnage.

Les personnages ne sont fait que de failles douloureuses et profondes et vont se soigner, les combler ou essayer de vivre avec en s’aidant les uns les autres…

 

Solidarité, humanité les thèmes de prédilection de l’auteur prennent énormément de force au fil des pages. l’intensité de la douleur est a son comble, les personnages hurlent, crient, boivent, se droguent, fuient ou s’enferme dans le silence jusqu’a ce que le destin leur apporte un l’analgésique assez puissant pour que l'existence soit moins douloureuse et supportable.


Dalva c’est aussi et surtout un formidable portrait de femme, métisse indienne Sioux qui a dû abandonner son bébé à la naissance. Une formidable histoire d’amour qui résiste aux années, Duane, indien qui s’engage dans l’armée et quitte Dalva enceinte. Dalva qui tout au long de ces années va s’efforcer de rechercher son fils et le père de ce bébé.


Dalva qui va sauver aussi Michael son ancien amant, intellectuel, professeur d’université qui veut faire une thèse sur l’histoire de la famille de Dalva et avoir accès aux archives de l’arrière grand-père, personnage mystérieux et ambiguë. Michael, homme brisé par un divorce, professionnellement fragilisé par son addiction à l’alcool. Dalva qui va être son ange de rédemption et qui en l’emmenant avec elle dans la ferme familiale, va guérir cet homme.

 

La nature comme un médicament, quand Dalva va mal où se réfugie t-elle, sur le dos d’un cheval chevauchant dans la plaine jusqu’a en perdre le souffle. Michael sera confronté à la nature et l’apaisera aussi.

 

Que dire de Duane, ce fantôme qui hante le coeur, l’âme de Dalva. Le retrouvera t-elle ?

Et ce fils, fruit de leur amour bref et si intense sera t-il retrouver ?

 

Pour répondre à toutes ces questions il faudra vous plonger dans ce merveilleux roman qu’est Dalva et essayer après la lecture de vous remettre de tant d’émotions.

 

Parfois, la multitude de personnages, les quelques aller-retour dans le passé peuvent donner l'impression d'un récit touffu et compliqué ou pour certains lecteurs la peur de se perdre dans les époques, mélanger les destins personnels. Les romans de Jim Harrison sont comme cela, simple et parfois compliqués comme la vie !

 

Très bonne lecture.. Une plume qui nous prouve que par le livre, la vie prend tout son sens.

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