Venez avec moi ! Accompagnez moi, prenons ensemble l’Avenue des mystères.

J’ai lu et si longtemps attendu le dernier roman de John Irving, Avenue des mystères paru le 6 Mai 2016. Très grand fan de l’auteur du Monde selon Garp, son dernier récit m’a complètement bouleversé le coeur.
Sur l’auteur


John Irving né en 1942, a vécu en Nouvelle-Angleterre avant de s’installer au Canada. Depuis la parution du Monde selon Garp, qui l’a propulsé en 1978 sur la scène littéraire internationale, il accumule les succès tant auprès du public que de la critique.

Son œuvre est traduite dans une quarantaine de langues.

Avenue des mystères est son quatorzième roman.

La Der

Lors d’un voyage aux Phillippines, Juan Diego Guerrero écrivain américain célèbre et vieillissant, revit en rêves récurrents les épisodes de son adolescence au Mexique, à la lisière de la décharge publique de Oaxaca où lui et sa sœur Lupe ont grandi.

Infirme depuis le jour où une voiture lui a écrasé le pied, Juan Diego a en outre le coeur fragile ; il prend régulièrement des bêtabloquants, qui le protègent des émotions, et occasionnellement du Viagra, car on ne sait jamais..

Des émotions, il en aura tout au long de son périple, notamment avec Miriam et Dorothy, mère et fille aussi désirable qu’inquitantes.

Balloté d’hôtels en aéroports, Juan Diego se remémore entre autres la mort de sa mère, femme de ménage chez les jésuites et prostituée à ses heures, « tuée» par une statue de la Vierge Marie ; son adoption par un couple improbable rencontré dans un cirque, où son destin et celui de sa petite sœur extralucide basculent.

Marqué par le hasard et l’inéluctable, ce destin s’accomplira peut-être dans une modeste égalise au fin fond d’un quartier pauvre de Manille.
Entre les lignes 

« La vie est un monde trop bordélique pour un roman, disait-il. Les personnages fictifs sont plus cohérents, plus consistants, plus prévisibles. Les bons romans ne sont jamais des fourre-tout, alors que le désordre fait bel et bien partie de la vie, enfin, de ce qu’on désigne sous ce vocable. Dans un bon roman, la substance de l’histoire procéde toujours d’un lieu ou d’une circonstance.»

Oui il y a toujours un lieu qui déclenche l’histoire, le Mexique pour celui-ci. Pays que l’auteur connaît bien.

Une region, un lieu : une décharge où deux enfants commencent leurs vie, y travaillent. Ce sont des personnages comme seul Irving peut en concevoir, éclopés physiques, l’un est affublé d’une boiterie et la petite sœur, Lupe ne peut communiquer avec les autres que par son frère, elle parle une langue connue d’eux seuls. 

Éclopés de la vie, nés de père inconnu, une mère prostituée la nuit et femme de ménage le jour. Personnages attachants que ces deux enfants qui se démènent dans une vie qui ne les a pas épargnés, un avenir incertain. 

Les personnages qui gravitent autours de l’histoire sont tous aussi bizarres, un moine qui découvre son homosexualité et tombe amoureux d’un transexuel mexicain prostitué à ses heures perdues, un chirurgien orthopédique qui est un non-croyant farouche mais qui vit dans une maison avec les fantômes de ses parents, des jésuites qui aident un couple improbable à adopter Juan Diego. 

Devenu adulte, écrivain reconnu, professeur aux États-Unis toujours handicapé, médicalement fragile, son coeur, sa tension lui font des misères ; il voyage toujours entouré de personnages insolites et fantasques. 

Un ancien élève fervent défenseur de la chrétienté marié à une gynécologue thaïlandaise pro-avortement, une mère et sa fille qui disparaissent et réapparaissent comme par enchantement avec qui il a des relations sexuelles débridées, des enfants, des lézards qui lui rappellent le Mexique.. 

Ne comptez pas sur moi, pour vous dire comment et pourquoi toutes ces galaxie de caractères, de lieux se rencontrent et surtout quel en est le résultat. Je ne vous direz absolument rien, la quatrième de couv’ ne vous en dira pas tout, inutile d’y chercher une piste. 
Je vous laisse un indice, une clé, l’extrait de La Nuit des rois de W.Shakespeare mis en exergue dès la première page :

« Les voyages s’achèvent par la rencontre des amants.»
Les romans d’Irving ne sont pas une narration en ligne droite, le temps, les lieux n’ont pas d’unités, seul compte l’histoire incroyable d’une vie et de ses surprises. 

Un gigantesque shaker, secouez très fort et vous obtenez un cocktail doux amer, drôle et attachant.. 
Bref, d’un joyeux bordel, il émane de ces êtres une humanité qui va vous percer le coeur. 

 

Quatorze romans dont six, parmi lesquels Le monde selon Garp, Une veuve de papier, ont comme personnages principaux des écrivains.
Écrivain humaniste qui dans ce roman aborde ses thèmes de prédilection, la transexualité, l’écriture, l’enfance, la religion, la paternité, le cirque. L’auteur nous plonge dans un rêve, mêlant habilement la réalité à l’onirisme, Juan Diego nous raconte sa vie, son enfance, nous voyageons dans les failles, les fissures de cet homme qui sans un sacré coup de main du destin serai devenu un mendiant, un petit délinquant. Onirique aussi que ces étranges accompagnatrices, ces « succubes » qui par petite touche l’aide à se souvenir et sont peut-être celles qui l’accompagnent pendant ce dernier voyage, apaisé, perçant le mystère de sa vie qu’avait essayé de lui dévoiler sa jeune sœur avant d’être dévorée par un lion..
L’Avenue des mystères est un très grand roman, tant il porte en lui le gène qui lie tout les personnages, cette diversités merveilleuse qu’est l’humanité et notre tolérance envers d’êtres si différents. John Irving est un merveilleux conteur, un créateur d’histoire pleine d’humanité. Un romancier qui transforme les pages d’un livre en ligne de vie. C’est là tout le talent d’Irving, écrire un roman qui peut sembler touffu et qui au fil des pages devient évident.
Prenez l’Avenue des mystères, pas besoin de Google Maps, prenez le seul GPS qui compte votre coeur et laissez vous guider.
Très bonne lecture.
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