Intempo’Elle

  
Un soir, c’était imprévu, comme une intrusion dans mon intimité.
Tout mon être en a été bouleversé. J’ai commencé à ne plus voir le temps passé. En y réfléchissant bien cela a commencé comment ? 

C’était bien un soir d’ailleurs, du lieu où je vous parle le temps s’est arrêté. Ce fichu temps qui m’était compté s’est soudainement arrêté. 

Pourtant. Il m’a poursuivi ce temps, imposant son rythme à ma vie. C’était avant qu’il décide de s’arrêter et de me laisser enfin tranquille ici. 

Je me souviens d’un sourire, magnifique, un poème écrit sur des lèvres, une cascade de cheveux bruns tombant sur un cou blanc. Ces yeux, je me souviens de ce regard qui vous transperce l’âme et vous lit dans le cœur les pages de votre être. 

Souvenir d’un adieu en forme de caresses.

Souvenir d’un baiser en forme de promesses. 

Pourtant , cela avait commencé sans que je m’en aperçoive. 

Une présence juste pour combler un vide, des effluves de compagnie qui ce sont transformée en fragrances enivrantes. Avec le temps, mon ennemi, ce parfum est devenu nécessaire, l’opium de mon âme. 

Mon cœur te cherchait partout, comme un vulgaire drogué, je cherchais ma dose de bonheur, qui pouvait apaiser mon angoisse de solitude. Je te voyais dans le miroir quand tu fardais ton visage le matin avant cet instant d’abandon, persistance rétinienne.

je t’entendais dans les silences, je caressais ton corps en regardant les plis des draps, fantômes de ta présence dans mon lit. Tu étais partout en moi, mon corps avait gardé en mémoire les courbes de ton désir. 

Ton absence devenait une torture, mon manque une délicieuse torture. 

Je t’attendais. Tu coulais dans mes veines, douce sensation de bien-être.

Un jour, c’était un jeudi ces divers symptômes d’addiction j’ai osé les nommer. 

Amour.

Mot que je refusais, mot banni, mot haï, redouté.

Ce jeudi, je savais que tu avais rempli une place, un endroit que j’avais fermé. Une pièce que j’avais décorée de toute la beauté que j’étais capable de produire. Un lieu privé, secret qui à force de rester fermé, inhabité, était devenu glacial. L’accès en était fermé, verrouillé. 

Sanctuaire d’amour idéal, devenu cimetière de mes sensations amoureuses. 

Tu as juste glissé un mot, murmuré à mon oreille et une réaction en chaîne s’est déclenchée. Cœur en fusion… Explosion… Et le temps s’est arrêté.

Depuis, je suis dans ce lieu où le temps n’a plus court. 

Les jours, les nuits, les heures tout se confond.

Ce lieu merveilleux où je suis bien…

Ce sanctuaire redevenu un vivant lieu de culte, où je célèbre sur l’autel de ton corps, notre amour.