Un homme seul contre 99 Homes !

J’ai visionné et apprécié le film 99 Homes prix du Festival américain de Deauville en 2015.

andrew-garfield-99-homes-009.jpg

L’Amérique des subprimes filmée avec brio, sans pathos mais avec une efficacité dévastatrice par le réalisateur Ramin Bahrani d’origine iranienne.
Le film s’ouvre sur une scène violente, un coup de feu ! La découverte d’un homme qui s’est donné la mort dans sa salle de bain par désespoir, parce qu’il a tout perdu.
Rick Carver agent immobilier venu saisir la maison, fait évacuer les meubles sur le trottoir , fait changer les serrures de l’habitation, l’air satisfait d’un travail bien exécuté.  Agent immobilier reconverti dans l’expulsion de propriétaires qui n’arrivent plus a rembourser leur emprunt immobilier fait de l’argent, beaucoup d’argent grâce à la crise financière, roi des petites combines, c’est le nouveau Golden Boy américain cynique, sans aucun scrupule prospérant là ou d’autres désespèrent. Le prochain expulsé sur sa liste est Dennis Nash, un ouvrier couvreur victime de la crise vivant avec sa mère, père célibataire, qui pour survivre après son expulsion va travailler pour son bourreau.
Rick Carver va le prendre sous son aile et va en faire son disciple, Dennis est un élève doué qui apprend vite les ficelles de ce drôle de métier. Priver de logement ces concitoyens, faire fructifier les maisons saisies à la revente. Il gagne de plus en plus la confiance de Rick qui lui donne carte blanche sur une grosse affaire. Dennis est le disciple du diable et essayes de racheter son âme dans une scène finale magnifique.
La Rédemption d’un homme qui pour survivre à dû compromettre ses valeurs. C’est le drame de ce film, survivre dans une Amérique cynique qui comme les enfants pleurent quand ils cassent leurs jouets. Les jouets ne sont que des hommes issus de la classe moyenne ayant économisés pour pouvoir posséder une maison, c’est presque toucher du doigt le rêve américain.
J’ai adoré ces portraits de familles, d’hommes et de femmes, combatifs parfois lâches, mais toujours filmé avec dignité. Ces familles se battant devant l’injustice d’un système qui s’est joué d’eux, victime courageuse d’une Amérique toujours plus cruelle avec les plus précaires.
Il est rare que je chronique ou donne mon avis sur un film, il est vrai que le cinema n’est pas mon art préféré, d’ailleurs je me demande toujours si c’est un art ou simplement un moyen d’expression.
Mais 99 Homes, marque l’esprit, un film fort, des scènes simples et des acteurs jouant juste. Michael Shannon en homme d’affaire véreux, requin de l’expropriation et tellement réaliste que le téléspectateur doit se demander quelle est la meilleure manière pour le faire souffrir. On a juste une envie de lui mettre un coup de poing dans la figure.
Que dire de l’attendrissant Andrew Garfield en ouvrier candide ne voulant qu’une chose regagner le droit d’habiter Sa maison, la maison comme synonyme de sa fierté perdue.
je trouve dommage que ce film ne soit pas sorti en salle de cinema classique, il n’est disponible qu’en VOD. c’est une drôle de manière de faire connaitre le lauréat du Prix du Film de Deauville.
99 Homes ***
De Ramin Bahrani, avec Michael Shannon, Andrew Garfield et Laura Dern. 1h52.
Disponible en e-cinéma sur toutes les plateformes de vidéo à la demande.

7 réflexions sur “Un homme seul contre 99 Homes !

Les commentaires sont fermés.