La journée internationale des droits des femmes est un combat d’Homme.

En ce 8 Mars 2016, un constat  
Notre société et bien au-delà notre monde va mal.

C’est un constat couramment admis que je viens d’énoncer, une banalité de bistrot. Oui le monde va mal et l’Homme s’en fout.

Nous bafouons toujours sans vergogne la nature, les humains, le droit, la Liberté et l’égalité à travers le monde. États soi disant démocratique qui en toute impunité. Trop souvent ceux sont les enfants et les femmes qui en font les frais. Cela heurte notre conscience, nous avons donc créé des journées mondiales pour de grandes causes, malheureusement grandes causes, peu d’effet..

Le 8 Mars, la date du jour est la journée mondiale des droits des femmes.. Une journée pour rappeler que les femmes sont bien trop souvent les laisser pour compte de la marche vers plus de droits et plus d’égalité..

Mariages forcés, discriminations, violences, inégalités salariales et sociales, droit de vote, droit de travailler.. La liste est longue.. Le temps d’une journée le monde se penche sur le problème.. Depuis que l’ONU en 1977 a décrété cette journée, les inégalités persistent. Trente neuf années et rien ne change.

Il y a des disparités selon les pays, en Europe notamment où les pays du nord reconnaissent davantages les femmes. Femmes premiers ministres, femmes dirigeantes de grandes entreprises, égalité dans la rémunération. Et puis on l’oubli, la femme est une mère en puissance, le traitement de la maternité. Congés maternité, aménagement du temps de travail. Bien sûr, rien n’est parfait dans ces pays, Norvège, Suède, Pays-Bas … mais ils sont à la pointe de l’égalité ou du moins ils essayent de s’en rapprocher. La France a un temps de retard..

Égalité !

L’égalité inscrite dans notre constitution, présente sur le fronton de nos mairies, symbole de notre république. Ce mot simple mais si lourd de sens, surtout pour les femmes. Femmes françaises, européennes ou d’autres pays qui ne sont pas, encore au XXIEME siècle, notre égal. Ne sont pas digne d’être l’égales du Mâle.

Je ne vais pas vous faire l’étalage de toutes les violences et des inégalités que subissent les femmes à travers le monde, les médias en cette journée le font mieux que moi.

Un témoignage, voilà ce qu’est ce billet. Je suis un mâle qui veut témoigner des inégalités que je constate, en particulier dans mon travail.

Je travaille dans un milieu très féminisé, en milieu hospitalier. Et je suis un témoin un peu privilégié de ces tristes humiliations quotidiennes qu’elles subissent.. Infirmières, aide-soignantes, agent de service hospitalier, Médecins, les femmes à l’hôpital sont reines. Les quelques hommes qui y travaillent sont souvent tolérés. Leur comportement est bien souvent déplacé, le syndrome du coq roi de la basse-cour !

J’ai honte …

Bref, ces femmes, mes collègues, mes amies parfois me racontent leur vie, brièvement au détour d’un café pris pendant une pause. Leur rapport aux hommes revient souvent, encore aujourd’hui ces dames sont soumises, pas au sens de nos grands-parents, nous sommes quand même en 2016. Soumises à énormément de contraintes, elles doivent bien souvent faire en sorte de conjuguer vie professionnelles et vie familiale. Si les hommes mettent la main à la pâte, tâches domestiques, ils sont encore nombreux à attendre tranquillement les pieds sous la table. Pourquoi pas de rébellion, se rebeller veut dire bien souvent endosser le costume de mégère, celle qui n’est jamais contente, la chieuse parfaite. Qui voudrait passer pour une casse-pieds aux yeux de la personne que l’on aime ? Personne ! Certaines d’entre vous vont bondir à la lecture de ces lignes, je le sais. Mais rappelez-vous de votre éducation, des valeurs que vos mères, grand-mère vous ont transmises.

Les droits des femmes est avant tout culturels,un héritage éducatif et cela commence tôt. Les enfants sont très tôt sexualisé, petite fille et petit garçon, les poupées d’un côté et les voitures pour les autres. Un enfant est avant tout un genre ! L’éducation notre bataille, ne faisons pas rentrer nos enfants dans de vieux stéréotypes! Un petit garçon peut bien jouer avec une poupée, qui lui reprochera ? Probablement son père.. Et la boucle est bouclée. Une mesure simple devrait être prise au nom de l’égalité homme-femme, les packaging des jouets pour enfants devrait être « sans genre» ! Ce serai une première étape dans ce long combat.

Mais revenons à mes collègues et à leur confidences, l’organisation de la vie familiale, les enfants, les courses, le ménage, la scolarité des enfants et puis les vacances ! De vrais managers que ces filles. Mais tout en écoutant tout cela une idée me vient, et elles dans tout ça, ont-elles du temps pour elle? Nous, les hommes, avons tous des moments préservés, en bon champions de la délégations de tâche, cachés derrière notre incapacité supposé à gérer les devoirs des enfants, ne sachant pas ou très mal faire les courses. C’est tout un art de montrer que nous ne savons pas faire les choses de la vie courante. Nous mettons bien de la volonté pour les faire, mais à chaque fois nous commettons une malheureuse erreur. Histoire de montrer à notre âme sœur que l’on est jamais mieux servi que par soi-même ! C’est art que les hommes se transmettent entre eux, et qui pendant une conversation nous fait bien rire.

Bien sûr, les femmes ne sont pas résignés et bien souvent elles arrivent à se dégager du temps, quand les enfants sont grands… Une vie de femme n’est pas simple, elle est souvent faite de frustrations, de patience et d’abnégation. Les femmes sont globalement plus heureuse, plus épanouie que n’étaient leurs mère. Heureusement que le féminisme est passé par là…

Mais l’inégalité à la maison reflètent bien souvent notre incapacité à donner toute la place que les femmes sont en droit d’attendre dans le monde du travail.

Revenons à mes collègues, particulièrement les personnels médicaux et paramédicaux. La place de la femme a l’hôpital du point de vu salarial est égalitaire, un infirmier gagne autant que sa collègue. Normal ? Oui, mais malheureusement ce n’est pas le cas dans toutes les professions, c’est l’objet de revendications pour lesquelles les entreprises sont hermétiquement fermées. Mais c’est le comportement des hommes envers ces filles qui posent problème. Un Medecin prendra toujours une professionnelle de santé pour :

  • Sa secrétaire
  • Un objet de désir
  • Sûrement une idiote

Cliché que tout cela.

Non, quotidien de bien des femmes.

Et en écoutant, en côtoyant toutes ces femmes, je regarde d’un autre œil mon comportement. Repérant les signes qui pourrai révéler que je fais parti de ces hommes méprisant les femmes au titre qu’elles ne sont que des femmes, donc potentiellement idiotes.J’essaye de corriger mon comportement, mon langage. J’y arrive parfois.. Quelques fois, je le confesse, je ne suis qu’un con de mec, un gars de base, privilégiant le physique féminin à l’intellect. Ne se privant pas de blagues de mauvais goût..Un héritage éducatif si prégnant n’est pas facile à corriger, je souhaite que tout ces petits garçons sauront qu’une femme est à respecter, et à considérer comme un homme à égalité !

Je remercie mes collègues qui m’ont fait confiance pour me confier avec émotions de ces quelques tranches de vie. De me traiter chaque jour n’ont comme un homme mais comme un collègue avec qui on peut partager, des joies, des peines et des coups de gueule.

Bien entendu, j’ai occulté les femmes divorcée, veuve qui doivent travailler et affronter les problèmes seules. Cela rentre t-il dans le cadre de cette journée, je ne le pense pas. C’est un dossier plus sociétal.

Et si cette manière de traiter l’autre, nous pourrions la faire notre! Cela vous choquerez messieurs de traiter votre collègue féminine comme une collaboratrice et seulement comme tel ! C’est un combat quotidien que l’on doit livrer main dans la main, en collaboration. Une avancée majeure pour notre société ! Les femmes ont tant à apporter !

C’était la journée des droits des femmes.