Mark Twain, une vie …

L’autobiographie de Mark Twain, édition Tristram.

Une histoire américaine (2010), L’Amérique d’un écrivain (2013)

Faut-il vraiment que je vous fasse une légère biographie d’un des plus grand écrivain américain de son époque ? Vous connaissez tous Mark Twain l’auteur Les Aventures de Tom Sawyer, Les aventures de Hunkleberry finn, ces classique de la litterature américaine du XIXéme siècle.

Alors ? Cela vous permet de vous rappelez qui était cet homme ?

Je vous resitue le personnage mais succinctement persuadé que vous connaissez les dates majeurs de la vie de ce personnage haut en couleur.

 

Mark Twain né le 30 Novembre 1835 à Florida dans l’état du Missouri, orphelin de père à 12 ans, Samuel L. Clemens quitte l’école et travaille comme apprenti compositeur pour deux journaux de la ville, Hannibal ou sa famille emménagera en 1840. Après trois années d’apprentissage, il quitte Hannibal et embarque à Cincinatti sur un Vapeur, Le Paul Jones sur lequel il apprend le métier de pilote sur le Mississippi. Il pilotera de nombreux navire jusqu’au début de la guerre de sécession. Il s’engage brièvement dans une brigade de volontaire d’aspiration confédéré mais démissionne 2 semaines après et part avec son frère Orion dans l’état du Nevada et prospecte les mines d’argent.

Le 3 février 1863, signe un article de journal, Mark Twain pour la première fois. Pendant cette période, il enverra des contributions aux journaux locaux. Il voyage beaucoup notamment aux îles sandwich ( Hawaï ) et devient correspondant d’un journal dans lequel il publie 25 lettres. Il commence à donner de nombreuses conférences à travers les Etats-Unis. Il se marie en 1870 et s’installe à Hartford, Connecticut où pendant 20 ans la famille Clemens vivra. Le couple Clemens aura 4 enfants,Langdon, Olivia Susan, Clara et Jane, dont 3 décéderont. Drame qui hantera l’auteur toute sa vie, son fils né prématuré mourra à l’âge de 2 ans et Suzy décédera à l’âge de 24 ans, Jane meurt en 1909 à l’âge de 29 ans.

En 1867, il publie son premier roman, La Célèbre Grenouille sauteuse du comté de Calaveras, et autres esquisses. Puis il publie d’autres romans dont les célèbres Les aventures de Tom Sawyer (1876), Les aventures de Huckleberry Finn ( 1884 ).

Homme de lettres, journaliste et aussi entrepreneur, il crée en 1884 sa propre maison d’édition qui publia les mémoires du général Ulysse Grant, suite à des détournements de fond de son principal associé il se déclara en faillite en 1894. Toute la famille s’installe en Europe, France, Allemagne, Suisse et Italie. Il fit le tour du monde donnant des conférences aux quatre coins du monde pour rembourser ses créanciers, Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zelande. Créanciers remboursés en 1898. Pendant cette longue période de voyage il sera accompagné de sa femme et de sa fille Clara.

La famille de Samuel Clemens s’installe à New-York en 1900. La santé de sa femme Olivia se détériore rapidement et sur les conseils de médecins, la famille s’installe à Florence. Mark Twain commence à dicter son Autobiographie. Olivia décéde en 1904, Samuel et ses enfants rentre à New-York. Sa fille Jane meurt d’un arrêt cardiaque en 1909, Clemens écrira dans les jours qui suivirent un texte déchirant sur elle, intitulé Derniers mots de mon Autobiographie.

Clemens souffre d’une grave angine pendant son séjour aux Bermudes, rentre aux Etats-Unis à Redding dans le Connecticut où il décèdera le 21 Avril 1910.

Voilà pour le petit rafraîchissement de la mémoire.

Ce que j’en pense, une œuvre magnifique.

Il a fallu attendre, selon les vœux de Samuel Clemens, cent ans après sa mort pour que le Mark Twain Project publie en 2010 l’intégralité du texte selon la méthode que Clemens avait utilisé, respectant la chronologie de l’auteur, sans aucune réorganisation, la matière brut.

Il y a eu des tentatives de publication, quelques chapitres, notamment de la part de l’auteur lui-même dans North American Review en 1906-1907. Certains éditeurs ont choisi de ne pas respecter la volonté de l’auteur et de publier certains morceaux choisis. Il y a eu une édition controversé en 1959, dans laquelle l’éditeur avait mis les textes dans un ordre chronologique. Hérésie ! Cela dénaturait l’œuvre, l’idée même que l’auteur se faisait de son Autobiographie.

 

Cette Autobiographie n’est pas banal de par son volume, pas moins de 2500 pages sur trois volumes, de par sa structure libre, sans plan. Une Autobiographie libérée d’une chronologie pesante.

J’ai adoré la sensation que la lecture de cette vie m’a donné. J’avais l’impression d’être au coins du feu écoutant une personne âgée me raconter sa vie, sous forme de souvenir, d’anecdotes. Je me suis imaginé, Samuel Clemens assis sur un rocking-chair avec un cigare me narrant un fait puis un autre qui lui en rappelait encore un autre. Cette manière tout à fait affranchie du temps et de l’espace de nous parler à la fois de son Amérique, avec ses grands hommes politiques, tel Ulysse Grant, les petits faits divers qui ont éveillé sa curiosité. Les nombreuses lettres qu’il recevait et qu’il nous fait partager.

Il y a dans ces pages des moments poignants, lorsqu’il évoque la perte de sa fille Suzy et de sa femme. Il attache une grande place à la biographie que sa fille disparue à écrite, comme un hommage. Nous sentons le profond attachement que Clemens avait envers cet enfant. Et que dire de l’amour de sa vie, sa femme, sa compagne, sa première critique, sa tempérance, l’élément d’équilibre de son caractère ombrageux. Livy meurt le laissant seul, encore un passage intense. Le mythe Twain devient accessible, humain.

Il y a des moments de rire quand l’auteur se rappelle de ses erreurs de jeunesse, de son récit de son premier duel. Des moments de militantisme anticlérical, monarchique ou attaquant le Roi des belges sur ses inactions au Congo. Il nous parle enfin de la guerre, du respect pour les anciens combattants.. Il nous parle des politiciens et du dégoût que lui inspire les corrompus.

Bref il parle de son pays qu’il aime..

 

C’est une lecture rafraissichante de l’histoire américaine par un homme qui a connu à la fois la pauvreté et la richesse, qui à exercé de très nombreux métiers.

Cela se lit comme un roman, car c’est une œuvre où se mêle l’intime, l’histoire, les portraits d’hommes de son époque quel que soit leurs origines sociales, leurs couleurs.

Nous découvrons un Mark Twain, défenseur de l’abolition de l’esclavage, défenseur des auteurs, et fin lobbyiste.

Bien sûr, la lecture de ce document n’est pas chose aisée, les différents personnages qu’il égratigne font partis de l’histoire américaine et il est vrai qu’il est fastidieux de lire les très nombreuses notes de l’éditeur, pour identifier et remettre dans le contexte les évènements où personnages évoqués. Oui nombreuses notes, 1200 sur deux volumes. Pour certains lecteurs se sera un frein.

Je vous déconseille la lecture d’une traite, peut-être qu’une vie si riche est difficile à digérer. Remettez le couvert, et déguster petit à petit.

Cette vie s’étale sur 3 volumes, deux sont traduits en français, le troisième est sorti aux Etats-Unis et j’attend avec impatience sa sortie en France.

Beaucoup de critique se sont demandés si, Clemens n’avait pas écrit le fameux « Grand Roman Américain.» . La question est légitime car dans cette ouvrage nous retrouvons beaucoup de forme romanesque, le roman picaresque, le roman d’aventure, roman d’amour, le roman politique, le pamphlet etc… Œuvre protèiforme, œuvre déroutante, désorientante mais aussi peut-être et ce n’est qu’une hypothèse, une sorte de cure analytique comme l’a avancé certains critiques ?

 

Lisez cette Autobiographie, ce monument d’humour écrit par un homme a l’esprit libre. Un vrai humaniste, un self-made-man de ceux qui ont participé au rayonnement de l’Amérique.

Plongez le nez dans l’histoire de ce pays que l’on croit connaître…

Bonne lecture !!