Dimanche soir rime avec René Char..

Ce soir, par un heureux hasard je suis tombé sur un poème. Rien de bien étonnant quand on a la chance d’avoir une bibliothèque comptant de nombreux ouvrages. Oui, j’ai bien dit le mot « chance », car les ouvrages, les bibliothèques où on les classe, les range selon un ordre qui nous appartient est une véritable aubaine.  

 Une bibliothèque est un meuble qui a une position particulière dans mon échelle de valeur. C’est un mobilier choisi et le seul que je choisisse avec soin, outre la capacité de rangement pur, il a pour rôle d’un écrin pour les romans et autres ouvrages. Oui, un écrin pour des livres qui ont contribués et continueront à contribuer à porter les idées, à véhiculer des passions, des sentiments, des personnages, des moments intenses de rêveries. 

Et voilà, je m’egare… Une petite digression… Raccrochons les wagons du train de mes idées.

Je parcourais donc les rayonnages de ma bibliothèque, et comme souvent je prends un livre au hasard. Je le feuillette et je tombe sur un texte qui fait écho à un roman que je viens de finir ! Bien entendu j’en ferai, si mon emploi du temps me le permet une chronique.

Ce poème/ texte aurait pu figurer en première page du roman, comme une porte d’entrée, une belle introduction. 

J’ai envie, avant de vous parler de ce deuxième roman de Vincent Message, de vous faire partager ce poème de René Char. 

Et au fait qui est Vincent Message ? 

Bonne lecture…

Transir

Cette part jamais fixée, en nous sommeillante, d’où jaillira DEMAIN LE MULTIPLE.

L’âge du renne, c’est-à-dire l’âge du souffle. Ô vitre, Ô givre, nature conquise, dedans fleurie, dehors détruite!

Insouciants, nous exaltons et contrecarrons justement la nature et les hommes. Cependant, terreur, au-dessus de notre tête, le soleil entre dans le signe de ses ennemis.

La lutte contre la cruauté profane, hélas, vœu de fourmi ailée. Sera-t-elle notre novation?

Au soleil d’hiver quelques fagots noués et ma flamme au mur.

Terre où je m’endors, espace où je m’eveille, qui viendra quand vous ne serez plus là? ( que deviendrai-je m’est d’une chaleur presque infinie).
La parole en archipel ( 1952-1960), édition Gallimard