Rêveur en 1998…

  

Certains des moins de vingt ans ne se rappellent certainement pas cette été 1998. La France en ce temps là était Black, Blanc, Beurs. Les français étaient célèbres dans le monde entier, grâce à un but de Zinedine Zidane. La foule unie, les banlieusards descendirent sur Les champs élysées non pour « casser » mais pour hurler leur joie, leur fierté de se sentir enfin français ! Quelle image heureuse de ce peuple multi-culturelle fêtant la France qui gagne. 
Une période de crise aussi, ou l’on commençait à sentir les prémices de cette colère de nos jeunes oubliés dans ces territoires perdus de la république que sont les Banlieues. Ces cités grAndes parfois comme des villes où la main d’œuvre étrangère s’entasse heureuse de pouvoir accéder à la propriété. le français, le travailleur étranger pouvaient à moindre frais se loger et accéder comme « les riches » à la propriété. Les crises économiques successives n’ont pas épargné les rêves, les idéaux de la république. Ces hautes tours sont devenu à force de plan sociaux, de chômage de masse, des lieux de misère et leurs habitants des laissés pour-compte de la société. La république a oublié ses enfants, les cités sont devenues des guethos. Misère, chômage, les parents essayant de faire croire à leurs enfants que la France vaut encore le coup, qu’il faut encore se battre pour rester dans le droit chemin et que l’école est la seule issue pour eux.. Mais malheureusement, l’égalité écrite dans notre constitution n’a plus court.. Les enfants n’ont plus d’illusion, ne rêve plus, se sente exclu d’un monde qu’ils ne peuvent entrevoir qu’à la télévision. Miroir aux alouettes quand pour aller d’Aulney sous bois à Paris, de Marseilles Nord au centre, d’un quartier de Nice au centre ville il faut parfois deux heures et que les transports publics sont honereux quand on ne travaille plus. Du haut de leur tour, ces enfants oubliés contemplent la Ville et s’imagine entrain de faire ce que les jeunes de leurs âge font, ballade dans les magasins, du sport, dès vêtement que l’on peut choisir. Ils imaginent la normalité, ils fantasment une jeunesse insouciante loin des tracas de leur quotidien. Le quotidien fait de factures qui s’entassent, de petits plaisirs que les parents se refusent, l’attente des allocations, parfois quand le mois est trop long la queue au Resto du cœur. Et puis les regards des gens quand on va en ville, ces manièrs qu’ont les assistantes sociales de vous regarder, l’air vaguement condescendant. Cette drôle de sensation de n’être jamais à sa place, de se sentir de trop dans la société française. La colère remplace la motivation, la nature n’aime pas le vide. La détestation, le manque d’estime de soi est remplacé par la haine de l’autre. On ne réfléchi plus en tant qu’être humain, nous sommes Rebeus, Renois ou Gaulois. Pour survivre, il faut ce que l’on a  plus, de l’argent. Tout est bon pour s’en procurer. Trafics en tout genre, extorsion etc.. La vie est dure, il faut s’endurcir et trouver un sens à cette existence. Dans le vide des valeurs qui caractérise nos sociétés, où l’individualisme, le capitalisme à outrance et la sur-consommation ont pris le dessus sur les valeurs de la république et pour certaines personnes les a annihilé, effaçant de leur mémoire leur appartenance à la France. Perdu, laissé pour compte. Essayant de répondre à une question : qui suis-je ? Nos jeunes sont perdus, autant que certains adultes qui n’ont plus la réponse à cette question fondamentale: être français , c’est quoi? 

Revenons après ce tableau noir, à notre chère année 1998. Pour 200 francs on passait une belle soirée même à Paris, pour 50 francs on était rentré en « boîte » avec une conso gratuite pour les filles. 

En 1998, on pouvait encore se croire à l’abris. 

En 1998, on célébrait un fils de harkis issus des quartiers nord de Marseille! 

Ce soir, je ne vois aucune personnalité, issue de la diversité ainsi glorifiée. Je ne vois pas les jeunes hurler le nom de Benzema, et pour cause…

Il nous faut un modèle, de société, un projet associant et fédérant tout le monde.

Au mois de Janvier, nous étions tous Charlie. Pas forcément parce que nous lisions l’hebdomadaire, c’était un cri de ralliement, pour répondre à la question des valeurs partagées. Nous étions Charlie, mais surtout français. J’ai défilé comme beaucoup, et cela m’a rappelé 1998. Unis pour fêter la France, fiers de notre constitution, de notre Liberté ! 

Illusion qui n’a duré que quelques jours.. Depuis la question est de retour sans qu’une réponse soit apportée. 

Alors nos jeunes, nos aînés à la traîne de la société, à la marge de nos villes riches et belles se tournent vers d’autres personnes qui leur donnent de l’espoir, qui leur redonne une dignité. C’est illusoire, très démagogique mais ces marchands de rêves vendent leur soupe électorale ou religieuse. Électorale et religieuse.. Vous me suivez.. Non pas encore… La politique et la religion ont en commun la confiance que l’on place en elle pour atteindre le bonheur.. Une espèce d’opium… Nous sommes des drogués au bonheur, à tout instant les messages des médias nous invitent à avoir du bonheur. Une croisière, un appareil photo, une cuisine, tout doit être objet de bonheur, de plaisir. Les politiques n’échappent pas à la règle marketing. Et si la religion était source de bonheur aussi..?

Le front National dans un discours complètement démagogique et irréaliste nous apporterai le bonheur avec un âge d’or, celui du Franc. Dans cette illusion, Marine a donné de l’espoir à tous les gens dans la misère. Facile de faire rêver avec de la nostalgie, sachant que l’humain a tendance à magnifier ces souvenirs… Cela résonne aux oreilles des jeunes comme une histoire de grand-mère, qui vous fait voyager dans ces souvenirs prétendument heureux, alors qu’elle a vécu la guerre, la faim et que son mari a trimé comme un chien dans une usine pour un salaire de misère. Mais ce qu’il reste comme sensation, c’est le bonheur de ce passé. Chimère !

La religion elle a son âge d’or aussi, non daté c’est plus pratique. L’intemporalite a des avantages, le message est censé être vrai puisqu’il a traversé les âges et puis il y a ce côté magique d’un être dit « supérieur » qui dicte ses lois à un élu. Un humain reconnu, un homme de rien élu des Dieux. Un homme seul contre tous, combattant pour transmettre un message en haillons…. Rejeté par tous, l’image est séduisante pour des gamins… Et puis ils sont manipulable à souhait, utiliser la frustration, la colère et leur désespoir. On les classes, on les teste et on cherche les plus désespéré pour commettre l’irréparable, le meurtre . Pourtant pour ces apprentis religieux 2.0, ces théologiens des réseaux pas si sociaux qui apprennent une religion comme on apprend une recette de cuisine, le meurtre et surtout leur propre auto-destruction est une continuité de leur vie qu’il juge inutile. 

Finalement, en 1998 on avait oublié une chose que beaucoup de philosophes ont crié , « la  est la mère de tout les vices. » 

Ne laissons plus les gens livrés à eux-mêmes, seuls sans repères. Nos jeunes qui font l’effort de se battre pour travailler et réussir leurs études, qui font du bénévolat qui s’engagent dans la vie civique ou politique ont besoin de reconnaissance ! C’est un besoin fondamental, la reconnaissance. Être fier de ce que l’on est, de ce que l’on fait, d’où l’on vient. 

Donnons la chance à tous ces licenciés de la reconnaissance ! Nous construirons sûrement un monde plus heureux. Peu importe la couleur, le chemin parcouru, l’essentiel c’est de se sentir appartenir à une société ! L’homme est né l’oublions jamais un animal social! 

Toi le Rebeu, le Renoi, le Gaulois descend dans la rue et viens faire la feet à Marianne, célébrons unis notre foi en ce beau pays généreux, aux valeurs humanistes. Rappelle-toi que moi aussi je suis humain, nous ne sommes pas ennemis, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en lutte pour un monde meilleur, et c’est cela qui doit nous unir….