Poesie du jeudi… Les maux de Dylan Thomas..

Je fini cette journée sur une note pas très gaie et pourtant tout en poesie.. Ce sera Dylan Thomas, poète gallois du XXieme siècle considéré comme le plus important. Écrivain, poète né à Swansea en 1914 et décédé à New York en 1953..

Je vous laisse lire et bercer par cette douleur aiguë d’un homme qui écrit un poème pour son père mourant….

N’entre pas dans cette bonne nuit
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.
          

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,

Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair ils

N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.
       
Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en un verre baie
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.
   
Les hommes violents qui prient et chantèrent le soleil en plein vol,
Et apprenant, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course,
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.
         
Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante
Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s’égayer,
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.
            
Et toi, mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t’en prie.
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.
Dylan Thomas, Visin et prière, traduction d’Alain Sued, NRF, Poésie Gallimard