Mardi poésie .. Arthur Rimbaud..

  
Arthur Rimbaud est né le 20 octobre  1854. Je ne vous ferai pas la biographie de Rimbaud, j’espère que mes lecteurs connaissent au moins un poeme de cet auteur prolixe. Si jamais vous aviez un doute Cliquez ici. Ou vous désirez vous remettre à jour n’hésitez pas ! 

Saviez que ce personnage à même à un moment de sa vie enseigné l’islam. Pas banal, notre Arthur..

Et pour l’occasion j’ai envie de célébrer la naissance de cet immense poète et grande plume de la littérature française en vous faisant partager le premier poème de son receuil Une saison en enfer. Seul livre dont il a lui-même supervisé l’édition. 

Laissons, en ce jour anniversaire, le charme de la délicate poésie de Rimbaud caresser cette fin de journée.

                                                                                 Jadis

  « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient.

        Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. – Et je l’ai trouvée amère. – Et je l’ai injuriée.


        Je me suis armé contre la justice.


        Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié!


        Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.


        J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, avec le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.


        Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.


        Or, tout dernièrement, m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac! j’ai songé à rechercher le clef du festin ancien, où je reprendrais peut–être appétit.


        La charité est cette clef. – Cette inspiration prouve que j’ai rêvé!


        « Tu resteras hyène, etc…. , » se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. « Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. »


        Ah! j’en ai trop pris: – Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache des quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.

Arthur Rimbaud