Cabinet de lecture, une invitée ….

Assise tranquillement dans son fauteuil choisi, une tasse de thé fumante entre les mains pour se réchauffer, canelle son pseudonyme du moment, me parle de sa dernière lecture..

Le temps est suspendu pendant cet échange… Moments précieux de quelqu’un qui sait arrêter son temps pour l’offrir en partage. 

Elle a choisi de se laisser influencer par quelqu’un pour un livre, je lui laisse nous raconter sa lecture..

Les Braises de Sándor Márai lu et apprécié par canelle… 

 

Cet été grâce à un homme, j’ai découvert une nouvelle littérature.

Une littérature hongroise.

Oui hongroise.

Moi aussi j’ai été surprise tout d’abord. J’ai acheté sans trop de convictions, mais comme j’aime prendre des risques littéraires j’ai fait confiance à cet homme.

Je l’ai commencé immédiatement et là énorme surprise j’ai adoré, je l’ai dévoré.

C’est un style totalement différent et on y rentre très rapidement. 

Moi qui n’aime pas les détails inutiles dans l’écriture, là tout est utile, tout à son importance.
Après quarante et un an, l’écrivain nous narre en une journée les dialogues des protagonistes désormais vieillissant.

Ils vont passer le temps en relatant la dernière journée passé ensemble , s’interroger sur leur vie (enfance, amitié, carrière professionnelle, vie amoureuse) et surtout sur leur « rupture amicale ».

C’est un monologue mené à la façon d’une enquête policière par l’un et toléré par l’autre.

Il est rare qu’un roman aborde la fidélité et les relations humaines aussi simplement.
« Lorsque, par hasard, deux êtres qui ne sont pas de nature différente se rencontrent, quelle félicité ! C’est le plus beau cadeau du sort. Malheureusement, les rencontres de ce genre sont extrêmement rares. »
On y comprends la simplicité et en même temps toute la complexité de leur amitié
« Henri apprenait facilement ; Conrad, avec difficulté, mais ce qu’il avait appris, il le retenait avec l’avidité de l’avare dont ce serait toute la fortune. »
« (…) lorsque tout est achevé, on répond avec l’ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées. Les questions auxquelles il faut répondre sont : Qui es-tu ? Qu’as-tu fait ?… A qui es-tu resté fidèle ? »
Ce livre recèle d’une quantité inénarrable de citations. On pourrait tout le citer tellement il analyse finement les sentiments.