Dimanche soir poesie….

  

 

Pablo Neruda, le 18 janvier 1952, à Capri en Italie. Keystone/Getty Images

 
Ce soir Pablo Neruda enchante ma soirée… Pourquoi ce poète ? Pourquoi ce soir ? La poesie nous parle directement à l’âme, elle est la meilleure expression de nos états d’âme.. Heureux, triste, le cœur un petit peu en perdition, il y a toujours un vers, un alexandrin qui saura produire du bonheur. Réparer les maux par des vers.. 

La poesie c’est un chant, un rythme que Pablo Neruda compose dans une langue tout en musicalité et en caresse.

Pablo Neruda, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un poète de langue espagnol né au Chili en 1904 et décédé en 1973. Considéré comme l’un des plus grand poète de langue hispanique du XX ieme siècle. Les puristes de cette merveilleuse plume, vous diront qu’on ne peut apprécier Neruda qu’en version originale comme bien des auteurs étrangers la traduction rime souvent avec trahison. Si mon espagnol était à la hauteur, je savourerai sûrement davantage son œuvre. Malheureusement, je dois me contenter d’une version traduite de son merveilleux Un chant désespéré le vingtième pour être précis.

Ce soir mon Dimanche poesie est un chant d’amour, peut-être désespéré ..

Pour que l’on n’oublie jamais que le plus beau sentiment que l’Homme ressent est l’amour avec un A majuscule synonyme d’écoute de l’autre, de respect et de don de soi. Cet amour est désespéré car je n’en trouve guère de trace…

En bonus le poème mis en musique et déclamé en espagnol un pur moment de bonheur  En cliquant ici.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Écrire, par exemple : “La nuit est étoilée

et les astres d’azur tremblent dans le lointain.”

Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.

Je puis écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Je l’aimais, et parfois elle aussi elle m’aima.

Les nuits comme cette nuit, je l’avais entre mes bras.

Je l’embrassai tant de fois sous le ciel infini.

Elle m’aima, et parfois moi aussi je l’ai aimée.

Comment ne pas aimer ses grands yeux fixes.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Penser que je ne l’ai pas. Se désoler de l’avoir perdue.

Entendre la nuit immense, et plus immense sans elle.

Et le vers tombe dans l’âme comme la rosée dans l’herbe.

Qu’importe que mon amour n’ait pas pu la retenir.

La nuit est pleine d’étoiles, elle n’est pas avec moi.

Voilà tout. Au loin quelqu’un chante. C’est au loin.

Et mon âme est mécontente de l’avoir perdue.

Comme pour me rapprocher d’elle mon regard la cherche.

Mon cœur la cherche et elle, elle n’est pas avec moi.

Une nuit identique blanchit les mêmes arbres.

Nous autres, ceux d’alors, nous ne sommes déjà plus les mêmes.

Je ne l’aime plus, c’est clair, mais combien je l’aimais.

Ma voix cherchait le vent pour aller à son oreille.

À un autre. Elle sera à un autre. Comme avant mes baisers.

Sa voix, son corps clair. Ses yeux infinis.

Je ne l’aime plus, c’est clair, mais, peut-être je l’aime.

C’est si court l’amour et si long l’oubli.

Parce que dans des nuits pareilles, je l’avais entre mes bras

et mon âme est malheureuse de l’avoir perdue.

Même si cette douleur est la dernière par elle

et que ceci soient les derniers vers que j’écrive pour elle.
Un chant désespéré chant XX