Larmes de sable..

Je voulais reprendre la rédaction de mon blog, rédiger un article léger pour finir l’été et préparer la rentrée.. L’article était prêt, il sera publié plus tard..Mais mon élan à été coupé par une étrange maladie. Une chose qui remonte à la surface comme un corps que l’on a immergé si profond que l’on a oublié son existence. Le langage, les lettres, les phrases n’avaient plus la même saveur. Le choc de l’image à supplanter la puissance des mots.. Cette maladie a pris la forme d’une forme étalée sur une plage de Turquie. Une masse posée sur le sable. L’humanité par le biais de l’objectif d’un photographe a identifié l’objet. Inconscient, gisant humide le visage dans le sable, un corps humain. Stupeur. 

En zoomant, on s’aperçoit que le corps en question est petit, trop petit pour être un corps d’homme. Mon cœur ne se résout pas à écouter ce que mes yeux transmettent a mon cerveau, déni, refus de l’horreur. Vite, par réflexe je cligne rapidement des yeux essayant de fuir cette image, mais ma conscience m’ordonne de regarder la réalité en face. Je frissonne, des larmes coulent. De la tristesse, je passe dans un état de colère et d’écœurement. 

Toujours cette image, qui va me hanter la conscience longtemps. 

Tant mieux, je n’oublierai pas !  

Que faire à la place de ce garde-côtes turc stupéfait, tétanisé par ce qu’il découvre ?

Que dire à cet homme qui transporte ce petit corps loin des caméras, des objectifs photographiques, pour protéger cet enfant ? 

Il a réagit comme le ferai un père, il l’a mis à l’abris.
Pourtant, nous les européens sommes horriblement habitués à voir tant de fois des corps s’échouer sur les côtes Méditerranéennes. Oui habitué, verbe horrible. Mais abreuvé d’images, le téléspectateur est constamment mis en présence de cadavre de migrants, certes avec une grande distance que procure l’écran et surtout avec la capacité de zapper, de regarder ailleurs. 

Ce petit corps est un enfant, un petit humain, un petit garçon nommé Aylan devenu un symbole de l’horreur. 

Il aurait pu être sauvé comme beaucoup d’autre, ces autres humains que l’on traite comme des moins que rien, des “ envahisseurs ” comme je l’ai lu sur un réseau social. Ces humains qui dans certains pays comme la Hongrie on marque d’un simple numéro sur la main, si ma grand-mère était encore parmi nous, elle serai effondrée. Cette mamie dont le frère a été lui aussi marqué sur le poignet il y a plus de soixante dix années et qui est mort parqué comme un animal. 

L’analogie entre ces deux époques est troublantes voire inquiétante.

La France, pays des droits de l’Homme, n’est pas en reste, Calais, la frontière italienne, Menton qui cultive le citron mais aussi les contrôles policiers.

Partout en Europe, on parque, on numérote, on ne sait pas quoi faire !

Soyons courageux et regardons ce qu’est un migrant.

Des gens qui quittent tout au péril de leur vie sur des embarcations de fortune. 

Les créatifs, les rois du marketing ont inventé le concept de “ héros du quotidien ” personnifié par la maman débordée par sa vie de femme et de mère. Mais à y regarder de plus près, je crois que les vrais héros, ces personnes qui ont le courage de fuir, de tout laisser pour avoir une vie meilleure. Ils sont prêt à risquer leur vie pour venir sur notre sol. 

Pour eux, l’Europe est une terre de paix et de d’accueil. 

L’UE ne serai qu’un miroir aux alouettes ? 

Un leurre ? Un phénomène de trompe l’œil ? 

Un monstre dévoreur d’enfant ? 

Ce monstre a drôlement faim. On va le laisser dévorer combien de petit corps ! Combien d’enfant face contre le sable, il vous faudra Messieurs les décideurs politiques pour arrêter vos politiques de chiffres. Derrière ces colonnes de chiffres, de séries statistiques, se cache des humains, des êtres de chairs et de sang ayant juste le besoin, le droit de vivre dignement, en paix et en sécurité.

Nous sommes capable de mettre le chaos dans les pays pour pouvoir capter leurs richesses. Ramenons le calme, restaurons la paix et la sécurité, peut-être que ce papa ne prendra plus un canoë pour traverser la Méditerranée, peut-être que ce petit garçon jouera dans le sable, rigolera à construire des châteaux de sable, non pas en Espagne, mais chez lui en Syrie. Ce n’est pas loin la Syrie et pourtant nous détournons nos regards de la mappemonde occultant beaucoup de pays.

Aylan Kurdi est mort et nous avons honte. Ce petit corps est notre conscience !

Transformons ce malaise, cet écœurement existentiel en acte. Manifestons dans toute l’Europe, montrons la voie à nos dirigeant aveuglés par l’économie. 

Ré-humanisons la pensée. Regardons ces “ Autres ” en frères humains. 

Oui nous appartenons à la même race, l’humanité. Ce qui nous a permis de survivre, d’évoluer est un concept peut-être suranné : la Solidarité, la cohésion, l’esprit de groupe. 

Un petit enfant syrien sur le sable assassiné par notre indifférence doit nous faire réagir, un petit humain est mort et cela est intolérable.

On nous parlait d’arme de destruction massive, le nucléaire, il y en a une autre que tout le monde est entrain de construire, dans chaque foyer français ou étranger, secrètement. 

Cette arme létale et fatale pour les trois quarts de l’humanité est l’indifférence..

  

 
Crédit photo AFP

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