Mort pour rien, Mort devant des yeux fermés ….

Le 27 octobre 2005 à 18 h 12, deux jeunes de banlieue meurt propulsé à terre.. Zyed et Bouna perdent la vie brûlés vifs par un arc électrique de 20 000 volts, ils s’étaient cachés dans un transformateur électrique qui alimentait tout un quartier de Clichy-sous-bois. La ville est plongé dans le noir, ainsi que le commissariat de Livry-Gragan, obscurité black-out qui a duré au moins 35 secondes… 

Comme dans les couloirs de la mort où la lumière faiblit quand un condamné est électrocuté sur une chaise électrique… Il n’y avait pas de couloir, pas de chaise mais une sentence….

Mort par ce qu’ils fuyaient un contrôle de police alors qu’ils roulaient sur une moto de compétition non homologuée et de plus sans casque. Petits délinquants présumés, petits cambrioleurs selon les mots d’un ministre, Dominique de Villepin. Il n’en était rien.. Deux jeunes qui rentraient d’une partie de foot avec des copains…

Cela pourrait faire un excellent début de Thriller, deux jeunes qui courent poursuivis par un policier, la radio delà police crépite, des mots sont échangés, les lampes soudainement s’éteignent, gros plan sur les corps calcinés.. L’enquête, et puis … Rien…. 

Ce n’est pas un film, ce n’est pas une fiction mais un cruel fait divers qui a soulever la colère de toute une ville. Scènes de guerre, émeute, voitures en feu, sirènes de police, de pompiers.. La colère répond à l’horreur de la mort de gosses de quartier. Quartiers difficiles… Je me souviens des images de l’époque, des pleurs de ses familles et leur incompréhension, leurs questions sans réponse. Ce pourquoi qui aurait dû trouver un écho.

Pourquoi le policier n’a rien fait, à la radio il connaissait les risques que ces petits gars prenaient, 

« Oui, je pense qu’ils sont en train de s’introduire sur le site EDF. Donc il faudrait ramener du monde, qu’on puisse cerner un peu le quartier quoi. Ils vont bien ressortir. »

« En même temps, s’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau. » cette conversation est terrible pour ce jeune gardien de la paix, reprit par les journaux , l’opinion est divisée. 

10 ans d’attente, les chambres à échos de la justice son si vaste, que les pleurs de ces familles ont résonné si longtemps. Les plaies étaient encore Vives, les attentes de justice étaient énormes. Relaxe… Imaginons-nous la détresse immense de que ce mot a engendré. 

Je suis choqué, en colère… Il ne s’agit pas pour moi de mettre en cause la police, métier au combien difficile et fait par des hommes généralement compétents et connaissant très bien la responsabilité de leur mission. 

Mais pourquoi cautionner la faute d’un homme ? Pourquoi cet esprit corporatiste ? 

Dans les métiers qui prennent en charges, les soins, la sécurité, le bien être des hommes, médecins, infirmiers, pompiers, policiers, il y a de bon professionnels et de moins bon sans que cela entache nos métiers. Un collègue fait une erreur, ce n’est pas l’erreur de tous, mais la sienne que l’on doit vraiment sanctionner. Sur les réseaux sociaux, j’ai lu des messages de policiers qui se félicitaient de la relaxe de leur collègue ! Cela m’a choqué…

Les métiers où l’on a la responsabilité de la vie humaine ne sont pas sacrés, nous ne sommes pas des missionnaires vertueux. Nous ne sommes pas à l’abri de faire une erreur. On possède même des assurances pour cela..

Je ne cautionne pas mes erreurs professionnelles, ni celles des autres. C’est être responsable ! Plus que de se réjouir d’une relaxe. 

Ce texte n’est pas une charge puérile contre les policiers, gardien de la paix que je ne soupçonne pas d’être tous de gros beaufs sexistes, racistes et alcooliques. Les clichés sur la police et en générale je les fuis. Les raccourcis, je ne les prends que pour gagner du temps et pas pour réduire les idées ou les faits à des fins d’utilisations plus ou moins douteuses… 

Je voudrais tant que tout ces jeunes de banlieue n’est pas la haine de la police comme dans d’autres pays, les États Unis en sont un triste exemple pour ces violences policières qui gangrènent les forces de l’ordre..

L’ordre, c’est aussi rendre justice à ces gamins qui vivent dans des conditions difficiles. Qui parfois au milieu des trafics, arrivent à faire de belles choses. Nos banlieues, nos quartiers ne sont que des ghettos misérables. Nous demandons beaucoup à ces habitants, apprendre le respect, les lois, les fondements de la république. Quand cette république vous met de côté, ne vous donne plus les moyens d’avancer socialement… C’est un nid à trafics en tout genre, un nid à des croyances que l’on dévoit. Les gens qui n’ont à rien à perdre sont des dangers pour notre démocratie… 

Cette France qui laisse tomber une partie de ses habitants m’ecœurs de plus en plus… Les personnes politiques qui la dirige me dégoûte, instrumentalise la douleur, la misère humaine à leurs propres fins..

J’admire ceux qui ont la foi, ils savent vers qui se tourner… Il ne me reste qu’à me tourner vers ce que je crois, ma foi en l’homme..

La peur que notre nom, prénom ou que la couleur de notre peau puisse changer la valeur de notre vie. Ces jeunes habitués malheureusement aux contrôles fréquents de police, a montrer leur papiers… Cela me rappelle des moments d’histoire bien sombre… Des gens persécutés qui baissent la tête, qui n’ont plus de fierté…

Ton étoiles jaunes, c’est ta peau,chantait Daniel Balavoine l’Aziza, magnifique chanson…

Zyed et Bouna seront peut-être toujours considérés comme des faits divers. Mais pour moi, ils sont un symbole de la peur d’une justice qui n’était pas faite pour eux..

Il est nécessaire par respect pour ces petits bonhommes que la France hargneuse se taise, et que les hommes fières des valeurs de leurs pays, de ce pays des Lumières se réveillent, se lèvent pour reprendre le combat !