Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.

Un homme seul dans une chambre remplissait un sac de voyage posé sur un lit.

Ce n’était pas n’importe quelle chambre et pas n’importe quel lit. Cet homme pleurait, en mettant des chemises bien pliées et impeccablement repassées. Le poids de ce qu’il mettait dans son sac était lourd, lourd de sens. Longuement, avec précautions il remplissait son sac de voyage de chemises, de chaussettes, pantalons, des caleçons aussi. Il n’était pas très consciencieux habituellement quand il préparait ses bagages. Ce n’était d’ailleurs jamais lui qui préparait les bagages. Depuis combien de temps il ne s’était pas occuper des préparatifs, quinze ans. Il s’en rappelait. Une date gravée dans sa mémoire, il y a quinze ans et quelques jours, il partait en week-end en Italie. À ce souvenir, il sourit entre deux larmes, «les jours heureux.» pensa t-il, les yeux posaient sur la photo qui immortalisait ce moment. Ils avaient le sourire, ils avaient la jeunesse et l’insouciance sous le soleil d’été italien.

Aujourd’hui, il avait conservé le vieux sac de cuir. Ce n’était pas grand chose, mais quand tout est brisé, quand le chaos règne autours de vous, il faut se raccrocher à une petite lueur d’espoir. Son vieux sac troué d’espoir, voilà peut-être son salut.

Épuisé, il ne voulait pas la croiser, elle pour qui jadis il avait enfoui au plus profond de lui la peur de l’attachement, la crainte de tomber amoureux. Il avait surmonté cette habitude de briser les relations qui devenaient trop sérieuses, n’acceptant pas de se livrer, aucune intrusion, sauf dans son lit pour un acte sexuel qui n’engageait personne. Rien de personnel là dedans, jamais de tendresse ni de je t’aime susurré dans une oreille posée sur un oreiller. Sa philosophie, personne n’appartient à personne.

Sans le vouloir, il avait arrêté de faire sa valise pour se rappeler, laisser son esprit refaire l’histoire, la revisiter.

Il s’assit du côté gauche du lit, côté porte, il farfouilla dans le tiroir de la table de chevet à la recherche d’une cigarette. Cela faisait dix ans qu’il avait arrêté, période qui correspondait à la naissance de son fils. Dix ans déjà, que ce petit bonhomme faisait sa joie, mais c’est toujours trop tard que l’on s’aperçoit de la valeur de ce que l’on a. Trop tard pour lui, pour elle.

« Une famille est tellement difficile à construire et si facile à détruire. On se rencontre, on s’aime, on se promet amour, fidélité et assistance et finalement quand on vacille, les promesses s’écroulent. »

Il avait vacillé, tremblé, tout est devenu si compliqué. Pourtant, il avait tout ce qu’un homme de rien comme lui pouvait espérer, une femme belle malgré les années, deux beaux enfants et une maison dans un petit quartier résidentiel. Lui, marié et père de famille, c’est sa mère qui doit bien rire, cette génitrice qui avait mené son existence de petit garçon dans le tumulte de ses extravagances. Elle est à l’origine de son impossibilité d’envisager un quelconque attachement, qu’il soit amical et encore plus s’il est amoureux. l’alcool et les amants, un père qui travaillait trop. Le travail c’est la santé, mais pour certains hommes cela devient une maladie, il était simple gendarme et simplement mort suicidé avec son arme de service, à dix ans, on est trop jeune pour comprendre, alors on hait ce père qui vous a lâchement abandonné, on hait cette mère qui noie son chagrin dans beaucoup d’alcool et se fait consoler par beaucoup d’homme. Mais pour lui, petit garçon de dix ans, elle n’avait pas la force de le prendre dans ses bras pour apaiser sa haine, pour calmer sa colère. Il a dû faire avec, se débrouiller, comme les coquillages menacés, il a refermé la coquille sur un coeur si malmené. Sa femme, lui avait appris a enlever cette protection, lui montrant patiemment qu’il ne craignait rien avec elle, que toujours elle prendrait soin de son coeur qu’elle savait si fragilisé. Mais elle ne savait et n’avait jamais su pourquoi son coeur était dans cet état. Même aujourd’hui, il ne lui disait jamais le fond de ses pensées, un réflexe de petit garçon.

Il s’allongea sur le lit à plat, scrutant le plafond, tout en fumant sa première cigarette, elle avait mauvais goût, « le goût de la vie . » se dit-il en cherchant désespérément le moyen d’écraser sa cigarette sans cendrier, et surtout sans se lever du lit. il se leva quand même, mettant sa main sous la cigarette pour éviter que la cendre ne tombe sur la moquette. Ne pas rajouter de motif de dispute, il y en avait assez entre eux. la solution se trouve dans les toilettes, il s’y précipita, jeta le mégot qui commençait à lui bruler les doigts et en profita pour soulager sa vessie. Sur le rebord du lavabo, il regarda l’anneau d’or posé peut-être oublié. Un simple symbole d’une union jadis heureuse. Il n’osa pas le prendre entre ses doigts, il ne lui appartenait pas, il avait peur qu’il ne se désagrège au simple contact de sa peau, cet anneau de rêve. Il avait sûrement rêvé d’être l’homme qui pouvait jouer le mari. Un rôle de composition, si peu naturel qu’il s’était entraîné quinze ans pour le tenir, quel bel échec, quel beau gâchis.

Il se lava les mains et le visage, se brossa les dents pour enlever le goût du tabac. Le miroir lui renvoya une image de lui-même qu’il n’aimait pas, celui du traitre. Il avait évité les miroirs depuis un certains temps, depuis cinq mois exactement. toujours les yeux posé sur son reflet, il se dévisagea comme s’il découvrait un intrus, il découvrait un homme quelconque mal rasé et les yeux rougis, la mine triste, le teint pale. Il n’aimait décidément plus les miroirs, il sorti de la salle de bain vaguement dégoûté par ce qu’il avait vu et continua de faire consciencieusement sa valise. il prit des souvenirs, les marques d’attention qu’elle lui avait porté. Il effleura du doigt son visage souriant sur une photographie de vacance qu’il serra sur son coeur.

Jamais en public, il ne se serait permis de telles débordements sentimentaux, mais dans le secret de sa chambre, dans la solitude dans laquelle il s’apprêtait a s’enfermer, à l’abri des regards, il pouvait se permettre d’être un homme sensible. Malgré toutes les précautions pour faire son sac, il avait pris tout le temps nécessaire et même plus, une manière de dire au revoir à cette pièce où ils avaient fait l’amour, s’étaient souvent engueulés, aimés passionnément. Pas un adieu car il espérait, il caressait l’infime espoir que cela s’arrangerait et qu’il pourrait a nouveau faire vivre cette pièce, la remplir à nouveau d’humanité heureuse..

En sortant de la chambre qui désormais était celle de sa femme, il passa devant la chambre de sa fille, Marie, petite princesse de six ans. Il entra, et admira le joyeux déballage de jouets, livres et habits qui jonchait le sol. il alla s’assoir sur le lit de sa fille partie, perdue peut-être, rien n’était sûr dans cette famille. Il regarda la photo accrochée au dessus de son lit de petite fille, une photo qu’il avait placé là quand la petite Marie faisait des cauchemars. Une photo de son papa et de sa maman qui veillaient sur elle et la protègeaient des monstres. Une idée qu’il avait eu, lui, le papa génial de sa merveilleuse petite fille. Il prit dans ses bras l’ours en peluche qui lui servait de doudou et le serra contre lui, les narines remplies de l’odeur de sa fille chérie, il s’allongea dans son petit lit en position foetale comme un petit enfant et sur l’oreiller de sa princesse versa des larmes amères. Il fallait dire au revoir à cette pièce, à défaut de pouvoir le dire à sa fille. Il aurai pu écrire un petit mot pour elle, mais il n’était pas très doué pour l’écriture. il se leva et passa devant la chambre de son fils, Joshua. Un vrai bazar ici aussi, il observa la chambre de son fils comme pour s’en imprégner, pour l’imprimer dans sa mémoire, il n’osa pas rentrer dans cette pièce car son fils lui en voulait terriblement. Il ne voulait pas rajouter une autre trahison.

il descendit les escaliers avec son sac de voyage qui pesait lourd, la tête remplit de détails de la vie de sa famille, de ce lieu de vie qu’était sa maison. Il arriva dans la cuisine dans l’intention de boire un jus de fruit. C’était là, le lieu de la dernière fois où ils avaient fait l’amour. il avait eu une irrésistible envie d’elle, pendant qu’elle préparait le repas, il lui avait fait l’amour si intensément, comme si c’était la dernière fois. Faire l’amour en guise d’adieu, il l’aimait mais alors pourquoi avoir menti, caché, dissimulé, malgré les questions de plus en plus précise de sa femme.

Ces questions qui revenaient sans cesse. Ces interrogatoires insidieux.

« Tu me dit tout, tu ne me caches rien ? Je peux te faire confiance, tu ne mens pas ? » Il avait l’envie d’hurler ses réponses, de cracher sa culpabilité, mais les vieux réflexes sont revenus, le mutisme était sa meilleure défense, le silence son allié. le célèbre « Tout va bien chérie, ne t’inquiète pas. » sa solution à l’équation proposée. Mais à l’intérieur, son coeur hurlait…

Bien sûr que oui, je te caches des choses, tu crois que je vais te raconter que les affaires vont mal, mon travail va mal et que pour tromper mon stress je vais voir ailleurs, je te trompe tout le temps, je te mens, croyant te protéger de mes problèmes, te protéger de moi. Mais je me suis lourdement tromper, coincé dans l’étau de mes secrets.

Oui, je te mens, mais je croyais bien le faire.

« Tout va bien, Eric? Tu n’a rien a me dire?

« Non tout va bien.

« Tu es sûr de n’avoir rien a me dire. Je te laisse une chance.

« Non tout va bien chérie, ne t’inquiètes pas. »

« J’ai pris un café avec Julie, cet après-midi. Elle est très sympa. »

« Ah, Julie? »

« Je ne veux plus de toi dans cette maison. Tu m’a menti. Prends tes affaires et casses toi ! »

Voilà, la sentence. je ne pouvais rien ajouter pour ma défense, elle avait découvert l’existence de Julie. Comment? Je ne sais pas, j’avais pris toutes les précautions d’usage, deux numéros de téléphones, c’était toujours moi qui appelait, jamais dans des lieux publics.. Bref le parfait mari adultère, j’ai été à bonne école, merci maman.

Julie était devenu au fil du temps ma thérapie, une oreille attentive sans jugement à laquelle je pouvais confier, mes soucis et surtout mes secrets. Je n’avais rien à perdre avec elle, rien ne nous attachait l’un à l’autre. On s’envoyait en l’air, fin de la discussion. Mais, il y a deux semaines, elle m’avait inviter à dîner dans un nouveau restaurant de la ville, j’ai répondu à son invitation. J’aurai dû me méfier, une jolie jeune femme de trente ans, célibataire pouvait nourrir l’espoir de fonder une famille. J’avais franchi une limite, le mélange des genres. Dans son esprit, j’étais passé du simple coup de cinq à sept, à un possible. Je lui ai posé un lapin, ne jamais s’impliquer. Le lendemain, je suis passé la voir à son travail. Nous avons bu un café et je lui est expliqué froidement que l’espoir ne servait à rien, il n’y en avait aucuns. Elle garda son calme, pas de larmes, « En couchant avec un homme marié, je savais à quoi m’en tenir, je ne suis pas une petite fille. Merci pour ta franchise.», j’aimais cela chez elle, cette indépendance, cette façon de cacher ses sentiments même les plus douloureux. Je suis le même, elle était mon miroir.

« Tu sais, j’ai des choses plus dures à gérer, ma mère est morte d’un cancer. Il y a deux jours.», il lui a pris la main, qu’elle a retiré aussitôt, s’est levée et a disparu de sa vie.

Il jeta violemment le verre de jus de fruit contre le mur de la cuisine où il se fracassa. Il respira profondément, sa vie s’était brisée comme le verre, violement.

Sa femme l’avait rejeté. Ses enfants lui en voulaient. Il avait l’impression d’être à nouveau ce petit garçon à qui l’on refusait de la douceur, « Je dois encore faire avec ! Encore et toujours ! »

Il ne se cherchait pas d’excuses, il avait trahi la confiance de quelqu’un qu’il aimait. Il aurai voulu une seconde chance, juste une fois dans sa vie.

« pardonne moi, laisse moi une seconde chance..» Sa femme lui avait montré alors la demande de divorce, « Refais ta vie, voilà ta chance.» et sur ces paroles, elle avait quitté la pièce, sa vie.

Pitoyable histoire, d’une vie gâchée. Il reprit son sac, se dirigea vers la porte d’entrée. Pas la peine de ramasser le verre brisé. Il s’apprêtait à franchir le seuil quand regardant sa main gauche, il vit un anneau d’or, le sien. Il l’enleva et le contempla ne sachant pas ce qu’il allait en faire, le mît dans sa poche et sorti. Il referma consciencieusement la porte à double tour, et disparu dans la foule. Il passa devant une église, pas particulièrement croyant, il se rappelait le calme de ces endroits voués au recueillement. il aimait le calme qui y régnait, il avait besoin de ce calme aujourd’hui plus particulièrement. Il n’avait pas mis les pieds dans une église depuis son mariage et encore après beaucoup de négociations et de pressions de la part de sa belle famille, quinze ans d’absence. Il rentra dans ce lieu de culte, le calme l’envahissait, il s’assoit sur un banc en bois très dur, ferma les yeux et s’imprègne du calme, de la sérénité. Il fouilla dans ses poches et retrouva l’alliance, et la regarda de nouveau, « un souvenir, ce n’est plus qu’un putain de souvenir.», surprit d’entendre sa voix résonner, il se retourna pour savoir s’il y avait quelqu’un qui aurait pu entendre ce qu’il avait penser tout haut. Personne, il était seul. Une idée lui venait à l’esprit, et si cet objet de valeur servait à d’autres, comme un don d’organe. Il savait de quoi il parlait lui le greffé du rein, un don, il en avait reçu un quand son organe unique de filtration s’était mis hors services. Il était né avec un seul rein, suffisant pour vivre à condition d’en prendre soin et de voir un néphrologue régulièrement. La régularité n’était pas son fort. Il se souvenait de la joie de sa famille.

Oui, il allait lui aussi faire un don. Même si cela lui coûtait énormément. Un simple geste, mais sans retour en arrière possible, sa femme lui avait fait bien comprendre que tout était fini, que le combat était perdu d’avance. Il n’aimait pas les combats, il était lâche de naissance, comme son paternel. Le courage n’était pas un don de naissance, encore une chose qui lui manquait. Décidément, il n’était qu’un être imparfait, non fini. Une erreur, une curiosité de la nature.

Il savait quoi faire de cette alliance, elle allait faire au moins des heureux, il se leva et déposa dans le tronc de l’église son alliance. Un simple don, un accident de vie conjugale qui allait peut-être servir à quelque chose finalement. Fier de son geste, il sorti de l’église un peu plus apaisé qu’à son entrée et se fondit dans la foule.

Une femme tourna la poignée de la porte d’entrée de sa maison, constatant qu’elle était fermée à clé. Sur le chemin qui l’emmenait loin de sa vie, elle avait trouvé le temps de réfléchir calmement. Plus elle réfléchissait et plus l’idée de la séparation lui semblait idiote. Elle avait encore écouté les conseils de sa sœur, trois fois mariées et autant de fois divorcées. Une référence en matière de conseillère conjugale que cette charmante personne.

Elle n’avait personne à qui confier ses doutes au sujet de son mari, naturellement elle s’était tournée vers son aînée. Depuis leur enfance, elles se disaient tout, elles partageaient leurs pensées les plus intimes, « elles étaient sœurs à la vie à la mort.» , promesse faite dans une perle de sang de deux petits doigts piquaient avec une aiguille. Promesse d’enfant.

Aucunes des deux n’étaient mortes, mais la promesse avait vieilli et puis elle était morte, assassinée par la la vie si différente des deux filles. L’une digne héritière de la réussite familiale et l’autre la traîtresse, la fille ingrate qui n’a pas suivi la ligne dictée par la condition sociale d’une mère héritière d’un banquier suisse et d’un père chef d’entreprise.

Elle n’aurait pas pu en parler avec sa mère, surtout pas elle qui aurait été trop heureuse de lui dire tout le bien qu’elle pensait de son époux. Elle n’avait déjà pas besoin de ce genre de prétexte pour le faire. Elle l’imaginait dans son petit salon, assise dans un de ses fauteuils recouverts de soie et lui faisant la leçon. Elle l’écoutera, debout serrant les dents et les poings pour ne pas la renvoyer à sa foutue vanité, pérorer, baver, rabaisser sa vie de femme mariée, son bonheur d’être maman, d’avoir choisi sa vie. Elle lui dirait :

« Je te l’avais bien dit ma fille. Un homme de rien et puis sa manie de ne rien dire. Sans parler de sa famille que l’on ne connaît toujours pas, un étranger sans diplôme. Son air mystérieux. Je n’avais pas confiance depuis le début en lui. Mais tu n’écoutes jamais rien et surtout pas moi, ta mère. Tu as refusé de reprendre tes études aux beaux art à Paris ! Pour aller faire des études de lettres que tu n’a jamais fini! Et pour couronner le tout, tu reviens à la maison nous présenter ce garçon quelconque avec lequel tu veux te marier ! »

Elle ne pouvait et ne voulait pas entendre les reproches de sa mère, qui allait encore la comparer à sa sœur qui avait si bien réussi. Elle gagnait très bien sa vie, devenue une avocate en vue. «Tandis que toi, ma fille avec tout les sacrifices que ton père et moi avons fait pour ton avenir! » Elle répétait toujours le discours de sa mère si prévisible, probablement elle ne répondrait rien aux provocations de sa mère, pensant à Éric, l’être pour lequel elle avait tourné le dos à ses parents. Elle avait abandonné l’idée que ses enfants pourrai avoir une relation normale avec la seule grand-mère qu’ils avaient. Elle avait souvent pleuré le soir, quand ses parents avait ignoré la naissance de ses enfants, même pas de carte à Noël. Elle avait enduré tout cela pour un homme, lui qui l’avait trahi. Elle avait compris sur le chemin qui la ramenait au domaine familiale qu’elle devait se battre pour ses enfants, réparé ce qui était cassé pour ses enfants. Après tout, il n’avait fait que la tromper, une incartade, cela laissera des traces de colle sur le contrat qu’ils avaient passé ensemble. Le jeu en vaut la chandelle, l’amour qu’elle éprouvait pour lui devrait survivre à cet écart. Son père en faisait lui aussi, cela ne l’empêchait pas d’être un père respecté malgré tout. Dans la chambre elle constata l’absence insupportable, l’odeur de l’abandon. Les armoires vides, son parfum qui était encore présent dans la salle de bain. « tiens, sa brosse à dents, il l’a oublié. Un signe.», elle sourit quand ses yeux tombèrent sur son alliance, aussitôt remis au doigt.

Le combat, elle connaissait.

Dans son esprit, il y avait un espoir.

Elle alla s’assoir sur le lit du côté de la porte, prit son portable et composa son numéro de téléphone. Elle se rappela de cette phrase, lue dans un livre qu’elle adorait. Phrase magnifique qu’elle avait failli se faire tatouer sur l’avant-bras quand elle était encore qu’une étudiante.

« Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. »

Elle en avait versé beaucoup.