Un très bon roman : « Goat Mountain » de David Vann

Sur l’auteur

 

David Vann est né en 1966 sur l’île Adak, en Alaska. Il est l’auteur de Sukkwan Island, prix Médicis étranger 2010, traduit dans plus de cinquante pays. Il partage désormais son temps entre l’Europe et la Nouvelle-Zélande. Goat Mountain est son quatrième roman.

 
La der

Automne 1978, nord de la Californie. C’est l’ouverture de la chasse sur les deux cent cinquante hectares du ranch de Goat Mountain où un garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille se retrouvent comme chaque année pour chasser. A leur arrivée, les quatre hommes aperçoivent au loin un braconnier qu’ils observent à travers la lunette de leur fusil. Le père invite son fils a tenir l’arme et à venir regarder. Et l’irréparable se produit. De cet instant figé découle l’éternité: les instincts primitifs se mesurent aux conséquences à vie, les croyances universelles se heurtent aux résonances des tragédies. Et le parcours initiatique du jeune garçon, abandonné à ses instincts sauvages, se poursuivra plusieurs jours, entre chasse aux gibiers et chasse à l’homme.

 

 

 

 

Entre les lignes

 Dans le plus pur style de « sukkwan island » écriture précise , nette et sans fioritures pour sonder la violence qui se cache en chacun de nous..

L’enfant devenant assassin, onze ans et tueur sans aucune sensation ou sentiment, comme dans un jeu, il arme, il tire et l’homme tombe.
« La pression sur la détente bien trop facile, la détente qui nous fait oublier ce que tuer signifie. »

L’obsession des armes qui transforme l’homme en bête, les armes omniprésente au fil des pages, à tel point que l’arme devient le personnage central, le sujet et l’homme le vassale de cet instrument de mort. Il faut savoir que l’auteur est traumatisé par les armes, son père s’est suicidé à l’arme à feu quand il avait 13 ans. Dans une lettre écrite comme un testament, il lui a légué toutes ses armes.

L’obsession de La famille, toujours pathologique, avec leurs rituels comme une tribu, un clan, sûrement un clin d’œil à son enfance. Le rituel du passage d’enfant a l’âge adulte en tuant son premier cerf et en mangeant le foie et le cœur par exemple.

Récit au vitriol de la société américaine ou l’on connaît des versets de la bible par cœur , et qui justifie l’usage des armes par les récits de l’ancien testament. David Vann fait référence constamment à Abel et Caïn, c’est le premier meurtre commis par un homme selon une légende biblique.

La religion nous demandant toujours des sacrifices, dans ce roman le meurtre, le sang.

« La bible glorifie de nombreux meurtres »

« L’acte de tuer est peut-être celui qui crée Dieu lui-même »

Le roman nous plonge dans cet univers glauque, lourde ou l’horreur nous colle aux yeux, à la peau. David Vann situe toujours ses romans dans la nature, l’Alaska pour sukkwan Island et Désolation, la forêt californienne pour celui ci. La nature vue toujours comme hostile où l’homme retrouve son naturel bestial, animal. Instincts grégaires qui régissent notre comportement quand on se retrouve seul face à la nature sauvage.

D’ailleurs ce n’est pas un hasard si ses romans son publiés aux Éditions Gallmeister, fondée en 2005 les éditions indépendantes Gallmeister sont spécialisées dans la publication de livres relevant du genre littéraire Écrire la nature.

 Roman ambitieux qui veut par la banalité de la violence dans la société américaine, nous faire comprendre où la violence prénd ces racines, en nous.

A lire d’urgence pour son ambiance.

 

 

2 réflexions sur “Un très bon roman : « Goat Mountain » de David Vann

Les commentaires sont fermés.