Silences… Si lances…

il y a des jours où tes lèvres ne disent pas ce que ton cœur ressent.

Jeune fille tu savais dire ce qui te révoltais , tu laissais parler ton cœur. Tes joies, tes peines ne pouvaient rester prisonnières du silence. Ton âme ma chérie avait besoin d’hurler tes passions. Ces fameuses passions qui ont du te jouer bien des tours. L’âge venant, l’âge de raison comme on l’appel vulgairement et bêtement, comme si la raison avait une époque, une date.

Amoureuse, ton cœur chantait les louanges de l’être aimé, sur tout les tons, a tue tête, au monde entier. Le cœur toujours au bord des lèvres, lèvres qui étaient toujours entrebâillé telle une porte qui laissait filtrer un rayon de soleil dans l’obscurité de l’existence d’un homme. Oui, ton cœur chantait et tes paroles en étaient la mélodie. Ton élu avait de la chance, d’avoir un cœur qui lui parlait. Il parlait tout le temps, n’importe quand, il s’invitait dans un sourire, une caresse, un regard. Ce cœur un peu trop généreux qui a force de démonstration d’amour avait comme étouffer le cœur aimé. Le cœur âme sœur. Devant tant de démonstrations de sentiments, il faut en face un cœur capable de résoudre cette équation de la relativité du bonheur, porté un cœur au carré en amour cela ne se peut. Le bonheur ne peut pas être une équation à résoudre, trop d’inconnus.

Pourtant tu croyais le connaître et tu découvre un autre au fil des années, tu essaies encore de démontrer que ton bonheur a besoin d’être hurlé pour exister, ton amour s’alimente des paroles dites, le silence du cœur convoité le tue petit à petit. Ton humeur change, ton cœur chantonne, murmure, ton âme s’éteint de ne pouvoir parler. Tes lèvres commencent à se serrer, les sourires perdent de leurs spontanéités.

Tu sais a quoi ça ressemble, tu sais ce que c’est, mais tu n’oses l’avouer, la raison est à chercher dans le sourire aux anges des enfants qui sont nés. Avec eux, tu peux laisser ton cœur parler car les enfants parlent encore le langage du cœur. Tout petit ils ne peuvent que parler avec lui, plus grands ils comprennent qu’ils peuvent tricher.

Maman tu te réalises, le cœur dans la main, dans les gestes pour tes enfants. Mais lui ne prends ces signes comme des gestes normaux d’une mère pour ses enfants. Aveuglement idiot, habitude d’être aimé, on ne voit plus les gestes d’attention de l’autre, routine amoureuse, suicide de couple.

Le temps passe et ton cœur se cultive au singulier, au fond de toi, ton jardin secret où tu peux laisser crier tes émotions. Cris aphones, cris silencieux qui ne se voit que dans l’étincelle de ton regard. Tes lèvres sont si serrées que ton cœur etouffe, tu ouvres la porte de ton âme. La porte s’ouvre et les mots suivent incompréhensibles pour lui, il n’a rien vu venir, cette révolution silencieuse déferle et claque la porte de la maison.

Aujourd’hui, petit à petit tes lèvres se desserrent difficilement. Ton cœur réapprend a ne plus avoir peur d’être généreux, il commence a se manifester. Tu as peur et tu gardes toujours ta bouche fermée. Mais tu sais par expérience que ce silence est un assassin plus efficace que n’importe quel autre poison.

C’est plus fort que toi, cela fait tellement longtemps que ton silence est présent.

Parles,  libéres toi, n’ai pas peur. Un cœur qui est privé de parole etouffe, et toi tu meurs à petit feu. Tu souffre cherchant l’air, quand ton cœur se serre, quand il essai d’enlever son bâillon.

Ton cœur rebelle mérite meilleur traitement, le miens ne connaît pas la peur.

Oui, ma chérie , vibre le cœur sur la main sans carapace cela fait parfois souffrir, mais si on ne ressent rien autant être un cadavre. Je préfère souffrir vivant que anesthésié sentimentalement. Laisses moi entendre ton cœur murmurer, dire et peut être crier sa souffrance. Laisses le me dire ses joies et ses peines.

Car vois tu ton silence me tue, tes silences me tûent …

Je te lance une corde pour te ramener vers les rivages de la douce confiance, perdue que tu étais dans une mer d’incompréhension.

-Chut ma chérie, je te lance ..

-Non je ne veux pas, j’ai peur.

-Réfléchis….

Silences

Tout compte fait,

-Si lances…

Sourire…