La petite tricheuse ….Partie 5

Partie 5

Il raccrocha le téléphone et contempla sa photo mise en fond d’ecran de son telephone portable. Cela faisait deux heures qu’ils se parlaient au téléphone, après s’être vu à vingt heure pour diner dans un petit restaurant grecque. Un rendez-vous de plus avec elle, cette jolie jeune femme un peu mysterieuse mais qui l’attirait irrésistiblement. Plus il la voyait, plus il la desirait. Si, sa mère avait été là, elle lui aurai dit ce qu’il ressentait, de l’amour. Mais il n’était pas prêt à nommer ce qu’il ressentait pour elle, il voulait juste laisser le temps faire les choses, s’abandonner, lacher prise, faire confiance au destin qui les avait fait se rencontrer.
L’amour est une chose bizarre se dit Gregory, vraiment bizarre. Elle est entrée dans sa vie par une porte dérobée, lui qui se méfiait de l’amour et des femmes en générales, avait édifié une belle fortification pour se protéger de ses désirs. Les femmes bien souvent étaient pour lui une source d’ennui, ses conquêtes étaient nombreuses et nombreux étaient ses déboires, il en faisait une liste sur un petit carnet, il tenait une sorte de journal de ses déceptions amoureuses. Dans ce petit répertoire il y avait trois colonnes, prénom, le statut familiale et la couleur des yeux, tenus généreusement depuis la fac. En fait, depuis qu’une de ses ex-petites amies l’avait plaqué en lui reprochant qu’il catégorisait les filles, qu’il rangeait les filles comme des dossiers bien classé. Il avait voulu se défendre, lui dire que ce n’était pas vrai, mais il laissa tomber en la rangeant dans la catégorie des “hystériques ne sachant pas ce qu’elles veulent”. Son père lui avait expliqué le fonctionnement des femmes à l’âge de l’adolescence croyant lui donner les clés de ce mystère que sont les femmes, il y avait les maîtresses, celle qui vous font perdre la tête et vous font monter des idées érectiles, les hystériques qui crient ou pleurent selon leurs périodes, entendez par là leur règles, les épouses, filles quelconques dont on a pas envie sexuellement mais qui sont sages et savent garder un homme! Liste non exhaustive car Gregory, l’âge et l’expérience aidant, avait créé d’autres catégories tout aussi respectueuses des femmes. Les relations avec les femmes étaient dans ses gènes, sa conception de l’être féminin était culturel. Son père, Pietro, italien du Nord, piémontais qui avait migré en France a vingt ans pour, à la force de ses bras et à la sueur de son front, créer sa propre entreprise de maçonnerie dans les années soixante. Il s’établit à Nice car il avait de la famille qui était déjà établie, son oncle Giacomo avait, après beaucoup de travail et d’économie, pu acheter une parcelle de terre sur les hauteurs niçoises et cultivait des tomates, des blettes. Pietro rencontra la mère de Gregory un été, elle était la fille d’un voisin, une cour effrénée et assidue d’une année sous l’œil inquisiteur du papa. Peu à peu, il gagna la confiance de son futur beau père qui le prenait un peu pour son fils, tant il était fier de se beau garçon, petit entrepreneur, honnête et travailleur et qui plus est, italien comme lui. Sa fille, Sofia, en était folle de ce petit maçon. Après une demande officielle de l’oncle Giacomo qui pour l’occasion avait mis son plus beau costume, Pietro et Sophia se marièrent, les deux familles s’étaient mises d’accord sur le lieux du mariage et les frais. En cadeau de mariage, le père de Sophia lui donna un terrain qu’il avait hérité d’une tante lointaine. Pietro et Sophia vivaient dans un petit appartement de deux pièces dans le vieux Nice, toute la semaine ils travaillaient, Sophia faisaient des ménages chez des particuliers et Pietro continua de faire grandir sa petite entreprise, et le weekend ils montaient tout les deux sur la colline où Pietro construisait la maison familiale. Un couple heureux. Gregory émis son premier cris dans le vieux Nice après de nombreux essais, sa mere n’arrivait pas à tomber enceinte, alors ce nouveau né était une bénédiction. Il n’y eu pas d’autre enfant, ce qui fait de Gregory un bébé dorloté et immensément choyé par ses parents et sa famille. Il se rappelait son enfance heureuse chaque fois qu’il etait confronté à un problème, cela lui permettait de se rappeler les bons conseils prodiguaient par son pere tout au long de son existence, même encore aujourd’hui, adulte, il demandait souvent conseil à son “vieux”, comme il aimait l’appeler.
Ce soir, étendu sur son lit dans son appartement de la banlieue parisienne, ses pensées etaient toutes tournées vers son père. Que penserai t-il de sa nouvelle conquête? Dans quelle catégorie paternelle la ranger. “faisons le point ” se dit il , “son prénom ne me plait pas trop, Myriam, par contre elle a une voix douce et des manières charmantes. voilà que je parle comme mon père maintenant, charmante, et puis quoi encore! Non, en fait elle m’excite. ” A cette pensée, il se mit a rire. “Je commence à ressembler à Franck mon pote ”. Franck son ami d’enfance qui a la poesie, la douceur et le charme d’un taureau en rute, il n’avait qu’une chose en tête le sexe avec toutes les filles qu’il rencontrait, Gregory et lui formaient un duo de dragueurs inveterés a l’époque du lycee. Inséparable pendant des années, puis une fille, deux hommes, rivalités stupides et la dispute. “Comment s’appellait t-elle déjà cette nana, ah oui, Stephanie.”, repensant à cette fille son coeur se serra, il l’avait inscrite dans son carnet sur une page à part, la page Stephanie etait tournée et il avait renoué avec son ami, apres leur divorce. Stephanie convoitée par Franck mais fiancée officiellement à Gregory, avait rompu les fiancailles pendant la cérémonie et était partie avec Franck. Gregory ne s’en est jamais tout à fait remis. Pendant des années, il s’était venger sur d’autres filles, prenant plaisir à les seduire, leur promettant mariage et vie de famille et au moment de dire le fatidique “oui, je le veux.”, il s’enfuyait avec une autre. Sa famille et surtout sa mère en etait à chaque fois chagrinée, par contre son père etait fier de son fils qui ne se laissait pas avoir par une femme, “un vrai fils d’italien celui là”, proclamait t-il fier de son rejeton.
Mais ce soir, il semble que la fuite et ce petit jeu allait prendre fin, Myriam, ce vilain prenom associé à ce si beau visage prenait de plus en plus de place dans son esprit.
Demain, il s’envolera pour Nice, voir ses parents. Il pourra parler à son père de cette fille qui l’obsedait, et puis il irai voir Franck son ami. En attendant, apres s’être douché et mis en pyjama, il continua de penser à Myriam, sa Myriam. Il sourit en s’endormant.
Myriam redoutait cette separation, Gregory a Nice. Elle avait peur qu’il ne revienne pas, malgré tout les efforts que sa mère et elle avaient consenti pour le séduire. Sa mère qui l’a conseillée pour sa garde robe, la façon de parler, ses attitudes. Tout était sous controle et pourtant il y avait cette crainte. Pourtant sa mère etait une femme d’expérience, elle savait ce qu’un homme voulait, desirait. Mais si jamais avec l’âge, maman Slaughter avait perdu de son flaire?
Fallait il en parler à sa mère? Ou laisser germer ce qu’elle avait planté dans le coeur de ce garçon.
Myriam comme tout les soirs s’agenouilla dans sa chambre et pria, elle n’etait pas croyante, mais c’etait un rituel institué par sa mère qui etait devenue croyante soudainement apres la disparition de sa fille Virginie. Myriam ce soir là pria le ciel de lui faire une faveur, pour une fois, elle pria pour que Gregory n’écoutes que son coeur. Elle savait, car elle etait une femme avant tout quand un homme était amoureux, elle reconnaisait l’amour dans le coeur des hommes. Mais elle avait appris a se mefier de leur cerveau, quand le cerveau rompt le charme du coeur, les hommes la fuyait. La priere finie, le rituel achevé, elle reprit les choses en mains.
Elle prit son carnet d’adresse et appela un de ses amants, pour destresser rien ne vaut le sexe et rien que le sexe. Gregory partait quinze jours, une longue periode de stress s’offrait à elle.
Au lieu de se coucher comme elle avait dit a son “amoureux”, elle prit le chemin pour rejoindre son amant d’un soir, sous le regard de sa mère qui souriait à la vue de sa fille partant habillée comme une putain.

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