La petite tricheuse partie 3

Encore une nuit passé à penser, cogiter comme l’on dit vulgairement.
Sa mère lui avait parlé de virginie et de sa mystérieuse disparition.
Le spectre d’Elisabeth planait tranquillement sur l’esprit de Myriam.
Involontairement elle croisa les doigts pour conjurer le sort, elle avait peur pour sa sœur.
Mais où est elle passée ?
Laissant son esprit vagabonder, elle se mit à réfléchir à elle. “Qui es tu ?” Interrogeant son reflet dans la fenêtre de sa chambre.
Son bébé se mît a pleurer, mais elle ne bougea pas. Une espèce de sentiment d’angoisse montait en elle. La tête penchait sur le berceau de cette petite fille, chantonnant une berceuse.
Le passé, le présent, le futur ne sont que des modes qu’elle n’a jamais eu le courage d’étudier. Sa vie présente, passé à courir après un futur plus qu’improbable, dans un état moins que parfait. Imparfaite. Voilà ce qui la caractérisait.
Qu’allait elle devenir, seule avec un bébé. Elle l’avait désiré cette petite Francesca, et quand elle a crier au monde son envie de vivre elle était la plus heureuse des femmes. Ma fille, mon bonheur. En la regardant, elle vit tout un possible. Une vie à élever, des valeurs à transmettre. La panique qui l’envahit, “vais je être une bonne maman?” , “que vais je pouvoir apporter à ce petit être ?” . Ces questions l’assaillent depuis que les sages femmes l’ont remonté dans la chambre avec son bébé.
Elle l’admirait et en était folle, mais la volonté d’être mère l’ a quitté. Elle ne se croyait pas a la hauteur d’une si grande tache. Élever un enfant, sa petite Francesca, au yeux si bleus. Ce doux regard, ses petites mains qu’elle a serré dans ses mains, ses petits pieds caressés si longuement et ces baisers si doux sur ses joues. Myriam était débordante d’amour pour son enfant. Et comme de coutumes dans la famille Slaughter, l’amour n’existait que pour avoir quelque chose. L’amour n’avait qu’une raison d’être, asservir l’autre dans un but précis. Hors, l’amour que portait Myriam a son enfant était pur, elle n’attendait rien en retour. Fragile Myriam qui dans ce pure amour n’a vu que de l’abandon. Comment aimer sans attendre un retour, quelque chose. Et qu’attendre d’un bébé. Sa mère lui avait enseigné qu’il n’y avait pas d’amour mais que des preuves d’amour.
Francesca ne pouvait pas lui donner des preuves d’amour, et dans le difficit émotionnel dans lequel vivait Myriam, sa fille ne l’aimerait pas et le jour venu la laisserai seul comme tout ceux qu’elle a aimé. Trahie. Ce soir là, devant un berceau de maternité une femme se mît a pleurer. Ce soir là, une porte de chambre d’hôpital claqua, laissant un enfant seul, une âme errante sans racine, abandonnée.
Je vous dirai que je le savais, l’image de Myriam et de sa mère réunie autours de cette merveille de la nature n’était qu’une chimère heureuse. Le conte de fée pris fin des que Myriam se retrouva seule avec sa fille. L’amour comme un poison, l’amour prodigué par sa mère avait désincarné les sentiments de cette fille. Incapable d’aimer, handicapée à vie.
Ce soir là, nous nous sommes encore une fois retrouvé, rencontre brève mais qui a suffi. Elle n’était pas encore prête. Myriam ma vieille connaissance.
Francesca fut placé en foyer, après que la sage femme de garde l’eu découvert abandonné dans la chambre et la mère introuvable. Elle racontera plus tard à la police que Myriam avait fuit ses responsabilités et qu’à son avis c’était mieux pour la petite. Étrange réaction d’une professionnelle de la maternité. Bien des années plus tard quand Francesca s’apercevra que cette charmante sage femme qu’elle appelait maman, ne l’était pas, elle fera comme toutes les Slaughter, elle prendra la fuite. A la recherche de sa vraie mère.
Mais c’est une autre histoire, pour l’instant essayons de rattraper Myriam réfugier chez sa mère. Elle lui raconta l’abandon et les larmes, sa fuite de l’hôpital. “ tu as pris la bonne décision , il faut donner toutes les chances à cette petite ! Franchement seule avec un bébé sans travail, tu te berçais d’illusions ma fille ! Tu n’a pas les épaules pour affronter le fait d’être mère ! Regardes moi, seule, je vous ai élevé avec la force de mon caractère ! Et aujourd’hui après vous avoir tout donné , regardés où j’en suis ! ”. Elle commença à s’animer “ Regardes ce que vous avez fait de ma vie ! ”, “REGARDES ” hurla t-elle ! “Vous avez gâchées ma vie, toi et tes sœurs !! . Myriam ce soir là, pleura toutes les larmes qu’elle gardait en elle, elle pleura les peurs, les coups, l’amertume et la vie qu’elle n’avait pas choisie. Des pleurs de bébé se mêlèrent dans la nuit aux larmes d’une mère enfant perdue dans un océan de honte. Des larmes coulèrent longtemps cette nuit là, réfugiée dans la chambre de sa petite sœur, Myriam essaya de se retrouver et de faire avec la chose honteuse, le crime odieux, l’abandon de son enfant. Sa mère continua une bonne partie de la nuit à maugréer. Atmosphère étouffante, envie de partir. Mais la fatigue vint la prendre et finalement entre deux sanglots, Myriam s’endormit. Elle rêva d’une plaine et cria le prénom de sa sœur. Elle sentait sa présence mais ne la voyait pas. ” Mais où es tu ? mais où es tu ?! “ et dans ce rêve Myriam glissa jusqu’à l’aube.
Au bout de quelques semaines, elle arrêta de lire la rubrique faits divers des journaux. Elle en avait pris l’habitude après sa fuite de l’hôpital. Le lendemain de l’abandon, les journaux relatèrent les faits, puis il y eu l’interview de la sage femme. Myriam était recherchée pour abandon d’enfant par la police d’après les journaux,. Sa mère lui interdit de sortir, de téléphoner. Il fallait qu’elle se fasse oublier, ”les choses se tasseront, tu verra, ce n’est pas comme si tu l’avait tué tout de même !“. Effectivement après quelques jours, la presse n’en parla plus. Au dire de sa mère, les gens du quartier non plus d’ailleurs. ” tu vois j’avais raison ! " Myriam pût enfin sortir de sa prison.
Elle recommença à vivre, se cachant toujours un peu derrière sa timidité naturelle, discrète.
Vivre malgré les lourds secrets, apprendre à les porter.
Son apprentissage commença très tôt, au détours d’une rencontre.
Une de ses rencontres qui par hasard peuvent changer une vie pour peu que l’on veuille et que l’on s’en donne les moyens. Myriam avait la volonté mais comme souvent très peu de moyen. Elle fit illusion devant lui, l’emmena tranquillement dans sa toile, patiemment, comme sa mère lui avait appris à le faire. Incapable d’aimer, incapable d’être elle-même en amour, elle le conduisit tranquillement à sa perte.
Lui, un type ordinaire, célibataire et sans attache, n’attendant rien de spécial de la vie.
Un garçon un peu naïf, d’après sa mère, un rêveur d’après moi.
Je ne suis pas là pour juger, je ne suis pas juge, je laisse le soin à mon illustre confrère de le faire.
Myriam allait l’emmener dans une vie qu’il n’avait jamais imaginé, si tant est qu’il est le goût de l’imagination. Myriam, la tempête, allait changer sa vie.
Et en elle tout changea. Je m’avance un peu trop, laissons ces deux tourtereaux échangés des sourires, des caresses. Regardons les se séduire. Les premiers instants sont toujours les plus beaux, ces instants où le cœur s’emballe et ou la raison à encore un petit mot à dire. Ce moment où vous sentez que tout bascule quand vos lèvres vont a la rencontre de se sourire. Regardons ce premier baiser.

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