L’ivre de vers

Il y a bien longtemps que je n’ai pris le temps d’écrire. Hier matin, deux personnes qui se croisent. Sourires échangées, et … Un flash.. Ce sourire qui m’est donné, comme ça gratuitement, un moment de plaisir. C’est beau de donner du plaisir au gens …
Et l’envie d’écrire.. Ce matin le nez dans mon café noir, la tête posée sur mes mains croisées.
Bien calé sur mon bureau, je repense à ce sourire.. Et essaye de trouver la poésie qu’il m’inspire.. Au moins un ver, un Alexandrain.. Je ne lui demande pas beaucoup à ce sourire.. Juste un ver, un dernier.. Ces mots , je les ai souvent prononcé. Dans cette recherche du mot exact, de la rime. Je m’abreuvais de poésie, mais je n’ai pas compris la nature du breuvage, une rime, un verre, un poème mis en bouteille millésimé.
Enivré de poésie, tout les soirs accoudé au bar.
Au moins un verre, un dernier ver… La page blanche, mousseuse, d’où rien de bon ne sortait.. Tant de pages froissées, déchirées. Mon verbe me quittait, tandis que mon verre se remplissait..
Je me noyais dans une page blanche, les mots ne venaient plus… Pannes d’encre… Mais encré dans un bar… Foutue vie sans poésie, boire jusqu’à la lie, boire jusqu’à l’oubli de soi et vomir son mal être..
L’écrit vain… L’écrit vin…
Je ne sortais plus de ce cercle, je n’avais plus de mots en tête, mais que les maux de tête.
Et puis hier matin, j’ai retrouvé la poésie au détours d’un sourire. Un sourire salvateur, un sourire inspirateur.. Je commence à comprendre que la poésie est dans le monde.. Et qu’il faut toute la lucidité dont je suis capable pour capter cette douce chaleur qui inonde le monde de douceur, la poésie..
Il n’y a pas si longtemps, comme un devin, je cherchais la poésie.. Ma boule de crystal, un verre… A force d’essayer de lire dedans, je suis devenu aveugle… Privé de sensations…
Là sur mon bureau étalé, le stylo frémi… Je sens la possibilité d’écrire ce sourire..
Ce sourire est une chance, un possible.
Retrouver le sourire. Une quête en tête.
Renouer avec la vie, la poésie et l’envie..
L’envie qui m’a quitté je ne sais comment, l’envie retrouvé grâce à toi.
Toi l’illustre inconnue qui m’a sauvé d’une noyade lente et effrayante, celle de l’âme.
Toi a qui je dois, ce matin d’être là devant une feuille blanche, un stylo à la main…
Tu ne sauras jamais que tu a sauvé une vie avec un sourire, tu ignores probablement la force, la puissance d’un sourire. Peut-être que sa magie provient de son ignorance.
Enfin une arme de construction massive, souriez. Souriez a quelqu’un, cela ne coûte rien et pourtant cela a une valeur inestimable à mes yeux.. C’est un cadeau..
Les tout petits l’ont bien compris puisqu’ils sourient aux anges, on l’oubli quand on grandi..
Il y a bien longtemps que je n’ai souri aux anges, je ne sais même plus comment l’on fait.
Un sourire à la place des mots, un sourire contre les maux..
Une phrase me vient, toute simple..
Le saoul rit, mais ne souri jamais…
Souriez moi, par pitié, encore une fois…

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