Pensée Suite

Je me suis promené le long de mes souvenirs, j’ai visité les limbes de ma mémoire
J’ai réalisé combien cette femme me manquait, cette promenade m’a perdu.
Mon amie la solitude m’a tenu compagnie pendant ce temps .. D’ailleurs, j’avais pris l’habitude de l’oublier, ce temps qui nous séparait l’un de l’autre. Je croyais l’avoir oublié. J’espère qu’elle l’oubliera. Je ne suis pas quelqu’un de fréquentable. Je l’ai perdu.
Mon père me disait souvent que l’on aime vraiment, absolument, qu’une seule fois, la sagesse paternelle ne s’est pas trompé . Père, géniteur vulgaire qui oubli sa progéniture, avait raison! Je le déteste . Oui je l’aime cette fille, sûrement plus que je ne pourrais aimer !
Je t’aime et aujourd’hui, cela ne veut rien dire ..
Mon père me manque. Simple constat, cette absence me pèse aujourd’hui !

Elle me caressa le visage, délicatement , douce sensation d’une main tendre et douce .. Il y a bien longtemps que je n’ai ressenti cette pression sur mon visage. Elle part.

Je ne me souviens d’aucun moments heureux en famille
Je ne me souvient pas de mon père.
Je ne sais pas qui il est, si un jour il a pensé à moi, si je lui manque. Se pose t-il seulement des questions sur moi. Ce que je suis , ce que je suis devenu .
Un père qui veut oublier ses enfants ..
Comme lui ?
Non. Non.
Je ne veux pas lui ressembler.
J’ai peur de lui ressembler .
Peut être que ma mère aurai du me dire qui il était avant, pourquoi elle l’a aimé .
J’ai du me construire un père , une mère .. Ce qui m’a perdu ..
Aujourd’hui je suis perdu !!

Je ne suis qu’un clown, clown blanc triste…
Je n’ai pas de passè. Et sûrement peut-etre pas d’avenir.
Pourquoi faut il que je ne tombe pas amoureux, je n’en ai même pas l’envie.
Et pourtant je suis seul, si seul que même mon ombre me fuis.

Je lui retiens la main.
Un effort, un combat contre ce que je suis. Moi, l’homme de la fuite, le roi de l’esquive sentimentale. Je vais me battre contre moi ,le pire adversaire, pour Elle.
Celle qui tiens ma vie dans sa main, qui est mon passé et devient mon futur.
Il ne faut pas qu’elle parte, je resserre mon étreinte.
Elle se retourne, gardant ma main dans la sienne. Sourire amical je crois, difficille de reconnaître un sourire chez une femme, tendre, amicale, ironique,vengeur. Elle connaît toutes les palettes du sourire.
“Pourquoi ? Dis moi pourquoi? ”Une question à laquelle je n’avais aucune réponse.fallait -il une réponse d’ailleurs?
“je crois que tu es une chance, un possible, une forme de rédemption pour le pauvre être que je suis. Le mec détestable que j’ai toujours été.”
Ce n’est pas la vérité, seulement une partie. La vérité brute, littérale est qu’elle est là avec moi a me tenir la main. Elle me connaît et sait de quoi je suis incapable. J’aurai dû lui dire, tu es la seule qui supporte ma versatilité. Je l’avoue je suis un être versatile.
Et puis non, enfin je ne sais pas. Elle doit rester avec moi, cela j’en suis certain.
Je ferme les yeux et tente de trouver assez de force en moi pour lui sourire.
Elle ne bouge pas, ne tente pas de s’echapper, ne retire pas sa main. Elle attend de moi un acte, quelque chose de tangible. Je la reconnais bien là, si pragmatique.
Elle est capable d’aimer avec une force sans commune mesure mais sera toujours entrain de sonder en vous l’amour que vous lui portez. A notre première rencontre, elle m’avait dit qu’il n’y avait pas d’amour mais que des preuves d’amour. Effectivement, pendant notre relation, elle n’a cessé de chercher des preuves de mon amour. Amour que je ne pouvais pas lui donner, amour truqué. Je ne lui offrait qu’un ersatz d’amour, juste ce qu’il fallait pour qu’elle soit un peu rassurer. Pour moi, l’amour est une chose impossible à donner car je ne sais pas de quoi c’est fait. J’ai eu de l’amour à dose homéopathique, mais jamais de l’amour pur. Je ne peux donner que ce que je connais. L’amour que j’ai connu de mon enfance à ce jour est tellement pauvre. C’est un sentiment qui me rappelle le froid, la fraîcheur d’un mot d’amour de ma mère et l’absence paternelle. Ce continent à découvrir, nouvel exploration. Terra incognita.
Privé de cette nourriture essentielle, j’étais handicapé dans la vie.
Handicapé sentimental.
Effectivement je ne suis qu’un clown triste.

Elle s’assoit au bord du lit, me fixant d’un regard pleins d’interrogations.
Je suis heureux, la première fois depuis longtemps, heureux simplement. Nous sommes là, ensemble, des questions en suspend. Je me surprend à penser à l’avenir, mon horizon s’élargit. Dans ces yeux je nous vois complice comme au premier jour. L’aube d’un nouveau départ, une seconde chance.
Ce ne sera pas simple, il me faudra d’abord guérir. Sortir de ce lit et expliquer comment je me suis retrouvé clouer au lit, plongé dans le coma avec pour seul souvenir un puit au milieu d’une vaste prairie.
Elle est là et je sais que remonter l’horloge du temps sera dorénavant plus simple car elle a la clé.

6 réflexions sur “Pensée Suite

Les commentaires sont fermés.