Ainsi résonne l’écho infini des montagnes – Khaled Hosseini

Sur l’auteur

 

Khaled Hosseini est né à Kaboul, en Afghanistan, en 1965. Fils de diplomate, il a obtenu avec sa famille le droit d’asile aux États Unis en 1980. Son premier roman, les cerfs volants de Kaboul ( Bellefond 2005) est devenu un livre culte avant que mille soleils splendides ( 2007) rencontre à son tour un succès international. Après sept ans d’attente fébrile, la parution de son nouveau roman « ainsi résonne l’écho infini des montagnes  » a été salué par toute la critique internationale comme l’un des événements éditoriaux récents.


La Der

Dans le village de Shadbagh, Abdullah, dix ans, veille sur sa petite sœur, Pari, trois ans. Entre les deux enfants, le lien est indéfectible, un amour si fort qu’il leur permet de supporter la disparition de leur mère, les absences de leur père en quête désespérée d’un travail et ces jours où la faim les tenailles. Mais un événement va venir distendre ce lien, un choix terrible qui modifiera à jamais le destin des deux jeunes vies, et de bien d’autres encore…





Entre les lignes

Le titre de ce roman est inspiré en partie d’un poème de William Blake  » la chanson de la nourrice« .

Habitué des écrits de Khaled Hosseini et de son thème de prédilection qu’est l’Afghanistan, J’ouvre avec une certaine fébrilité son roman. Travail titanesque, une fresque qui de 1952 à nos jours suit le destin de deux enfants orphelins de mère qui sont séparés. Pari ,la petite soeur d Abdullah, est vendue à une riche famille de Kaboul.

Pratique courante encore aujourd’hui dans les pays en voie de développement, la vente d’enfant est une solution dans les familles pauvres quand il y a trop de bouches à nourrir . C’est un fléau que combattent les ONG, par de nombreux programmes, notamment les planning familiaux ou l’on éduque les populations aux méthodes de contraception.

L’auteur a bien résumé la situation de ces familles « Un doigt coupé pour sauver la main« . Il souligne aussi la détresse des parents poussés à cette extrême limite. Abdullah observant son père après la perte de sa fille « il lui arrivait de surprendre son père (…) il lui apparaissait diminué, dépouillé de quelque chose d’essentiel.« 

Séparés pendant presque 60 ans, elle retrouve son frère en Californie atteint de la maladie d’alzheimer. Abdullah ne la reconnaît pas, la maladie a fait son travail de ravage de la mémoire. La fille d’abdullah, qui l’a prénommé Pari, remet à sa tante un paquet.

Se sachant malade, ils avaient écrit une lettre et avait gardé une boîte remplie de plumes « on me dit que je dois patauger dans des eaux où je ne tarderai pas à me noyer. Avant de m’avancer vers elles, je laisse ça pour toi sur le rivage. Je prie pour que tu le trouves, petites soeur, afin que tu saches ce que j’avais dans le cœur au moment de sombrer. »

Cette boîte appartenait à Pari qui aimait collectionner les plumes quand elle était bébé son frère l’a gardé tout au long de sa vie, souvenir de sa soeur disparue. Tout au long de sa vie son frère ne l’a pas oublier. elle ,trop petite pour se souvenir de sa famille biologique l’avait gommé. Pour Pari son frère Abdullah n’existait pas, pour lui c’était une part de lui même qu’on lui avait ôté.

Écriture poétique, personnages attachants, histoire bouleversante.

Mais écrire une telle histoire comporte des pièges qui peuvent perdre le lecteur, la multiplication des personnages et de leurs destins… A force de croiser les destins, le lecteur s’y perd.

Un si beau roman couvrant l’histoire de deux êtres sur plus de soixante années est un défi que Khaled Hosseini a semble t-il raté.

Je me suis laissé emporté par l’histoire, car cet auteur est un virtuose du conte, un formidable narrateur.

Ce livre n’est pas son meilleur, mais cela reste un très bon moment de lecture.

Si vous aimez vous laisser emmener par une belle histoire très bien écrite et que vous n’avez pas peur de vous perdre parfois. Alors ce roman est fait pour vous.

Très bonne lecture, à vous.