Alors Euro ? 


Au lendemain de la défaite des bleus à l’Euro, il me reste de ce mois de folies footballistiques un énorme sentiment de bonheur.
En ces temps de discorde européenne, de crise entre les pro-européens et les euro-sceptiques. Le Brexit nous a secoué, européen convaincu je désespèrais un peu. 
Et pourtant..

 

J’ai vu à travers la France des européens HEUREUX d’être ensemble, de supporter leur équipe, faisant la fête dans les stades, les fans zone, les bars et autres lieux de rassemblement. La joie, la bonne humeur et le peuple enfin uni, rassemblé. Pendant ce mois de compétition, les français se sont retrouvés ensemble derrière une equipe. Ils ont parfois tremblé, sauté de joie et pleuré. Loin des diviseurs, des exploiteurs de conflits. Oubliant leurs différences 
Le psychodrame de Knsya en tête lors du mondial 2010, l’équipe de France a su gagner le cœur des français. Travail de longue haleine qu’à mené Didier Deschamps dont la communication a été impeccable même lors de la triste affaire de la sextape. 

Cette equipe de 2010 pointée du doigt à juste titre, ces joueurs se comportant comme des enfants gâtés n’arrivait plus à federer tout un pays derrière elle. Aujourd’hui, l’espoir même après la défaite, nos héros en bleu sont aimés. Pourtant, dans l’effectif il reste des garçons de 2010.. Mais nous l’avons oublié.. 

En fait ils ont réussi à nous le faire oublier, tant cette jeune équipe avait de quoi nous enchanter. Des talents à la pelle, petit à petit d’autres talents se sont fait jour. Du nouveau et du renouveau.
À travers tout le pays, la joie était là. L’enthousiasme nous animait, le football nous rapprochait. Dans les entreprises, les maisons, entre copains les paris étaient ouverts, sans parler des réseaux sociaux où l’équipe de France était pour une fois la propriété de tous. Nous étions des sélectionneurs, des commentateurs. Hommes, femmes ou gamins avions tous un avis, un joueur idéale.. 
Ah l’idéal, l’idéalisme voilà ce qu’il manque vraiment à notre société et c’est le foot qui nous l’a donné pendant un mois. 
Je ne suis pas un gentil béatement dévot devant les dieux du ballons rond. Bien sûr que leurs gestes techniques, les buts magnifiques et cette joie communicative de la victoire m’ont touché. Soit en allant au stade où en regardant des matchs à la télévision, j’ai été heureux de voir dans les gradins de très jeunes enfants sur les épaules de leurs parents tapant, riant, participant à la fête. Des enfants, des bébés dans les stades que c’est jouissif ! Le foot est un sport mondial, une langue qui rapproche le monde et transcende les générations. 
Toutes ces images m’ont enthousiasmé. N’en déplaise aux grincheux, à ceux qui le disent que le foot n’est pas tout, que l’on se retrouve comme dans la Rome antique :

Du pain et des jeux !!! 

Que le sport et les événements sur médiatisés ne sont que le nouvel opium du peuple!

Que les joueurs ne sont que trop payés !

Qu’ils ne connaissent pas l’hymne national !

Et j’oubliais les théoriciens du complot, qui ont vu dans les matchs plus ou moins réussis des bleus une main obscure qui manipulait l’euro pour que la France le gagne.. Bon et bien les illuminatis ne sont plus aussi lumineux ! 
Que n’ai-je pas lu ou entendu ! 

Au moins cela prouve que le foot ne laisse personne indifférent. A tel point que je me demande si tous ces grincheux, ces empêcheurs de centrer en rond n’ont pas jeter un œil à la finale dimanche soir. Les chiffres officiels de médiametrie nous montre que nous étions un français sur trois à regarder M6, sans compter les abonnés de Bein Sport et tous ceux qui ont regardé chez des amis ou dans des bars.. Un français sur trois etait derrière leur equipe ! 

Les politiques veulent rassembler, ils doivent rêver d’un taux de participation pareil.
Politique, quand j’écris ce mot me vient instantanément un autre mot, récupération ! L’analogie entre footballeur et politique est toute trouvée dans la récupération. Ainsi nous avons pu lire ici ou là des messages de nos  » amis  » les politiques heureux et fiers d’être bleu ! Cette blague, nous savons de notoriétés public que les vrais amateurs de ballon rond sont rares en politique, Chirac en etait, ainsi que Sarkosy ou Hollande, Manuel Valls aussi. Mais les Le Pen ! La Barbie fachos qui reconnaît elle n’y rien connaître mais se fend de messages sur l’équipe de France, sa tante Marine elle essaie le coup de la belle équipe qui entonne une vraie belle Marseillaise.. J’ai des nausées tout d’un coup.. 

Oui récupération même les syndicalistes n’ont pas osé la récupération, ils ont glissé quand même une ou deux menaces de conflits mais c’était juste un murmure comme la loi travail passée tranquillement à l’assemblée nationale, avec un peu de forcing mais sans heurts socials. Il y a bien eu des tentatives de grogne dans l’hémicycle mais deux lignes dans les quotidiens et pschiiiiiiiiiiiiit…
Je préfère voir un peuple heureux plutôt que les scènes de violences de manifestants s’en prenant à tout et à n’importe quoi.. 
Violence tiens, tiens.. Avant le début de l’Euro l’opposition a crié à l’irresponsabilité de notre gouvernement d’organiser des fans zones, un rassemblement de milliers de personnes, le terrorisme ce risque, cette peur de nouveau agitée. Que de débats, de tribunes, de commentaires de pseudos spécialistes jusqu’au Président Américain qui s’est fendu d’un petit mot ravageur en disant que  » la France etait un pays dangereux et qu’il déconseillait à ses concitoyens de s’y rendre. Tout s’est bien passé Mr Président, à part des hooligans anglais et russes qui se sont lamentablement conduit et nuit à l’image du football. Pas une alerte à la bombe, pas de violence ou si peu. Tout le contraire des Cassandres qui nous exhortaient à la plus extrême prudence.

Bien sûr la situation etait tendue, la menace etait bien là. Mais les autorités ont fair ce qu’il fallait pour la sécurité de tous même si parfois c’est un peu pesant.
Et puis les retombées économique non négligeables en ces temps économique difficile, pour les chiffres il faudra attendre un peu. Des rumeurs circulent dans les médias mais tant que rien n’est vérifié , prudence..
Et sur le plan du football la France m’a déçu. Et les finalistes de cet Euro ne m’ont pas emballé ! 

Évidement, si les deux équipes finalistes sont sur le terrain, c’est qu’elles le méritent ! Certes, une fois posée cette évidence, on peut quand même regretter le niveau technique détestable de cette finale.

Footbalistiquement, la vraie finale avait eu lieu avant, plus précisément en quart de finale. Ce match tendu, tactique avec un dénouement au bout de la nuit entre l’Allemagne et l’Italie !

Si je devais retenir un match ce serai celui-ci.
Je salue les finalistes et l’attitude de l’équipe de France que se soit sur ou hors du terrain. 
Bref, c’était une belle période que ce mois de compétition. Il n’y a plus qu’ attendre la coupe du monde 2018 et on espère une belle qualification de l’équipe de France !
Alors Euros de ce moment d’euros et pourvu que la France organise d’autres grandes compétitions ! 

Se taire plutôt que de briser le rêve américain

Une épopée familiale faite de vengeance, de descente aux enfers et de rédemption, Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates.. C’est agaçant mais c’est encore une réussite que cette bouleversante histoire. Nous devrions y être habitué mais de sa plume jaillit des histoires qui marquent le coeur et l’âme des lecteurs !

 

Sur l’auteur

Joyce Carol Oates est une femme de lettres américaines, auteure d’une centaine d’écrits, roman, essais, pièces de théâtre, polar ( sous deux pseudonymes différents. Rosamond Smith ou Lauren Kelly). Né en 1938, elle publie son premier roman en 1963.

Plusieurs fois récompensé par de nombreux prix littéraires en Europe et aux États-Unis, deux fois sur la liste finale du Prix Nobel de littérature, Oates est une grande figure de la littérature.

Professeur de littérature à l’université de Princeton dont elle est retraité depuis 2014, membre de l’Academie des Arts et des Lettres.

 

La Der

À Mont-Ephraïm, une petite ville des États-Unis située dans l’état de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney.

Au milieu des animaux et du désordre ambiant, ils cohabitent dans une ferme qui respire le bonheur, où les corvées elles-mêmes sont vécues de manière cocasse, offrant ainsi aux autres l’image d’une famille parfaite, comme chacun rêverait d’en avoir une.

Jusqu’à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar… une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires. Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial.

Entre les lignes

 

« L’orgueil précède la chute. Mais ce n’était pas une question d’orgueil.C’était une simple question d’intégrité. De dignité. Quand on est un homme de cinquante ans, le père d’une fille et de fils, et un citoyen américain…. sans dignité, on n’est rien. Et il avait été amené à croire que ces hommes avaient ses amis. Il avait été amené à croire qu’ils le considéraient, lui, Michael Mulvaney, comme un des leurs. Ils l’avaient invité à devenir membre du Country Club de Mont-Ephraïm. Et il avait accepté, un des plus beaux jours de sa vie. Il avait été admis au Club, avait payé ses droits d’entrée et ses cotisations régulièrement, le 1er septembre de chaque année. Michael Mulvaney était un membre sur lequel ils pouvaient compter, et ils le savaient. Et lui le savait. Et il savait qu’il ne se trompait pas là-dessus, n’était pas le genre d’homme à commettre des erreurs, on ne monte pas une affaire quasiment à partir de rien sans savoir juger les gens. C’était un fait.»

 

Cette Amérique fait de rêve de réussite, sacrifier tout pour la réussite quand on vient d’un milieu modeste. Réussir et se faire accepter par ceux qui ont tout, ceux qui possèdent la richesse, sont décisionnaire. Faire partie de l’élite Michael Mulvaney en à rêver et en cette année 1976 a réussi à se faire accepter. Enfin il le croit et vivant dans cette illusion il pensait pouvoir compter sur ces « nouveaux amis » en cas de coups durs… Illusion.. Le coup insidieux arriva, sous la forme d’une fille outragée dans son intimité.

Avant  » ça « , les Mulvaney ne prononceront jamais le nom de l’accident, le ça qui va tout changer, précipiter leur destin. Donc avant ça, les Mulvaney etait une famille de quatre enfants, le petit dernier est le narrateur de cette triste descente en enfer. Trois garçons et une fille, l’amour de son père, la perle. Le père Michael, entrepreneur en pleine réussite marié à Corinne une femme un peu excentrique élevée durement dans la foi presbytérienne dans une ferme tenue par des parents austère.

L’amour entre Corinne et Michael est le ciment de cette maison, il unit et rassemble les enfants. Les Mulvaney respirent le bonheur et vivent dans une ferme dans une petite ville de l’État de New-York. Michael est très apprécié dans cette ville, courageux, travailleur, père respectable de quatre enfants et mari exemplaire.

La famille américaine parfaite comme celle que l’on pouvait voir dans les séries télé. La famille formidable!


Mais car il y a toujours et malheureusement un Mais. Une Saint-Valentin qui vire à ce que l’on devine entre les mots et les larmes de honte un acte violent fait à une jeune fille en fleur.

A partir de ce Mais, toute la vie des Mulvaney est bouleversée.

Il y a de la colère puis un rejet par amour, un exil de douze années. Éloigner l’objet de la douleur en espérant que cela suffise. La blessure est profonde, la plaie est béante et la trahison est le sel qui fera hurler de douleur le père. Oubliant sa famille, négligeant son entreprise noyant ses désillusions dans la colère, la violence et l’alcool. Nous assistons à l’éclatement de cette famille formidable.

De cet immense big bang naîtra après bien des convulsions une vie nouvelle et apaisée..

 

Ce roman est un roman sur la quête de justice, un impitoyable pamphlet contre cette Amérique puritaine et sottement dévote. Une remarquable baffe à tous ceux qui par la foi nous tendrons l’autre .. Cette mentalité de village qui n’ose pas croire et surtout nommer les choses de peur de salir la réputation d’un de ces potentats locaux. Cher lecteur, vous habitez peut-être une petite ville française, un de ces villages où la rumeur a pris le pas sur la Vérité pour se cacher qu’un homme ou une famille appréciée peut commettre un crime…

 

Douze ans de souffrance , douze années d’exil loin de sa famille pour exorciser la douleur. Se perdre, se chercher quand tout n’est que reproche et honte, un être sans confiance, un fantôme.

 

Des années de souffrance, de colère, de desir de vengeance et une fois venger, laver l’honneur des Mulvaney changer de vie, comme si c’était une renaissance..

 

Le temps de se réunir autour d’une vie qui s’achève, une vie gâchée par la honte et le desir de justice, les Mulvaney vont s’autoriser à revivre leur vie, d’être heureux et de retrouver ce sentiment de famille, cet amour filial originel qui les liait comme un ciment..

 

Petit à petit Joyce Carol Oates dresse des portraits forts, justes et ainsi augmente la profondeur du récit. Son style reconnaissable, sa plume acide trempée dans l’humour et l’ironie pour nous écrire un roman sur la destinée bouleversée d’êtres plongés en un clin d’œil dans la tourmente.

 

Une épopée familiale qui vous bouleversera !

 

Vous recommander ce livre ne serai pas lui rendre justice, il devrait être une priorité dans vos listes de lecture.. Un grand roman écris par une grande dame des lettres américaines.

 

Très très bonne lecture !

 

 

La rose, parfum de meurtre ?

Petite lecture d’été .. Tel sera la forme des articles de mon blog pendant la période estivale..
je ne choisirai de chroniquer que des romans coup de coeur, des livres qui ont marqué ma vie..
ce sera un été coup de coeur …

Et je commence cette période par un livre d’un auteur que j’adore et qui a disparu trop tôt !


 

 » J’ai écrit un roman parce que l’envie m’en est venue. Je pense que c’est une raison suffisante pour se mettre à raconter. L’Homme est un animal fabulateur par nature.
J’ai commencé à écrire en mars 1978 mû par une idée séminale. J’avais envie d’empoisonner un moine. »

 

Un moine est empoisonné et d’autres encore assasinés mystérieusement dans cette abbaye. Un moine franciscain Guillaume et son élève Adso vont enquêter et essayer de déchirer le voile du mystère.
Lecture, relecture et ainsi le cycle se répète tant ce livre à marqué mon adolescence. À chaque lecture le roman me dévoile une nouvelle facette de l’intrigue. Ce roman est un véritable labyrinthe, a l’image de la bibliothèque abbatiale.
Pourquoi relire ce roman ?
J’aime approfondir les thèmes qui sont abordés dans l’œuvre d’Eco. Thèmes variés mais comme dans tout les romans de cet auteur de génie, ils prennent de la profondeur qu’une seule lecture ne peut explorer complètement. Voyez-vous Eco est un de ces auteurs complètement imprégnés de culture, pouvant tour à tour vous parler de Moyen-âge tout en faisant un habile parallèle avec nos grands maux actuels. Penser comme un chroniqueur du 14 ieme siecle pour décrire la société et ses problèmes actuels.
Juste pour nous montrer que l’Homme n’a pas de mémoire et surtout ne tire aucune leçon des erreurs passées. L’intellectuel Eco se veut être un phare éclairant par le biais d’une histoire l’incommensurable petitesse de notre mémoire.
Mais revenons au roman à ce plaidoyer pour la Liberté, contre l’obscurantisme qu’il soit religieux ou bien politique. Au travers des guerres théologiques entre les différents ordres monastiques, c’est la Liberté et la tolérance qu’il défend ardemment. Quand à l’épisode du procès en inquisition, il n’est là que pour dénoncer l’obscurantisme de l’époque bien évidemment mais surtout démontre simplement que les fausses interprétations, les aveux sous contraintes ne mènent qu’au mensonge.
Il n’est pas simple de s’y retrouver dans les combats théologiques qui nous sont proposés, il faut être un fin connaisseur médiéval pour s’y retrouver. Mais en lisant et relisant, le professeur Eco nous enseigne les bases de la culture médiévale. Il est vrai qu’avant de lire Eco, l’époque médiévale ne m’intéressait guère. Peut-être un peu simpliste, je pensais que ces hommes n’étaient que prisonniers de leurs superstitions et que toute la sagesse, science, philosophie étaient des matières complètements oubliées au profit de la théologie. Je n’avais pas pensé l’histoire comme un continuums mais plutôt comme des phases où périodes clairement séparées.
Les livres servent aussi à cela, apprendre et modifier notre appréciation des choses. 
L’histoire du roman n’est que prétexte. Le Nom de la rose est un thriller, le genre qui masque sa profondeur. L’enquête et son dénouement n’est que le fruit d’un hasard heureux mais qui sert juste à démontrer sa théorie du lecteur acteur. Que doit faire du lecteur ? Doit-il être juste un sujet qui lit ? Ou plutôt un acteur, au sens où le récit va le prendre par la main, si le lecteur accepte, pour l’amener à se poser tout un tas de questions. Acceptera t-il que l’auteur le perde dans les méandres labyrinthiques de son récit?
Toutes ces questions ont fait l’objet d’une théorie développée dans Lector in fabula que je vous engage vivement à lire. Je vous préviens ce n’est pas une lecture facile mais très intéressante !
Recommander cette lecture m’est délicat tant ce roman fait partie intégrante de ma culture littéraire ! C’est une évidence, Le Nom de la rose est le roman à lire si Eco n’avait ecrit que celui-ci ce serai son meilleur roman. Il est en tout cas le plus populaire et le plus connu.. Alors si vous ne l’avez pas encore pas fait, lisez le, relisez le vous serez toujours enchanté par la profondeur et la riche diversité des thèmes abordés.
C’est l’été profitez-en pour vous plonger dans les 600 pages de ce roman, prenez le temps de vous plonger dans l’esprit des hommes du Moyen-âge, ils vous surprendront ! 

« Je songe brusquement qu’on ne peut connaitre un homme qu’a travers ses intentions.»

C'était le 26 mars 2016, Jim Harrison meurt, foudroyé d'une crise cardiaque à son domicile.

Lui qui par romantisme et par amour s'était jeté dans l'écriture à coeur perdu.

Ce coeur à force de se voir couché sur des centaines de feuilles à céder, l'a lâché.

J'ai voulu par la lecture de Dalva son chef-d'œuvre lui rendre hommage.


Sur l'auteur

Jim Harrison de son vrai nom James Harrison né en 1937 est un poète, scénariste et romancier américain. Issu d'une famille de la middle Class américaine. C'est à 16 ans qu'il quitte sa famille pour devenir écrivain, il emménage à New York.

À 23 ans, il obtient une licence de lettres. Assistant d'anglais à l'université de New York, poste qu'il occupe très peu de temps. Il décide de se consacrer à l'écriture et démissionne de son emploi. Il commence à écrire des articles de journaux, des scénarios, des recueils de poèmes et ses premiers grands romans. Grand amateur de poesie, admirateur du poète français René Char.

C'est dans les années 60 qu'il rencontre et se lie d'amitié avec Jack Nicholson. L'acteur va lui prêter de l'argent pour qu'il nourrisse sa famille tout en continuant à se consacrer à l'écriture.

Écrivain aujourd'hui traduit dans plus de 23 langues et de nombreux romans portés au cinéma, Légendes d'automne par exemple.

Jim Harrison restera le grand représentant du mouvement littéraire américain de Nature Writting. ( Mouvement littéraire dont nous pouvons faire remonter les origines à Henri David Thoreau.

 

La Der


Pour reprendre le contrôle de sa vie, Dalva s'installe dans le ranch familial du Nebraska et se souvient : l'amour de Duane, les deuils, l'arrachement à ce fils nouveau-né qu'elle cherche obstinément. Meurtrie mais debout, elle découvre l'histoire de sa famille liée à celle du peuple Sioux et d'une Amérique violente. Chef-d'oeuvre humaniste, Dalva est un hymne à la vie.

Entre les lignes

Lecture hommage à un grand homme des lettres américaines, l’écrivain humaniste des grands espaces.

J’aurai pu choisir d’autres romans que celui-ci, Légendes d’automne, Un bon jour pour mourir et tant d’autres !

Mais Dalva a franchement

ma préférence :


« le grand roman de l’Amérique éternelle, l’Amérique de la prairie et des forêts ».

 

Dalva est une femme moderne des années 80’, belle, intelligente, indépendante obligée de fuir la côte ouest des États Unis ayant défendu dans le cadre de son travail un enfant contre son père maltraitant. Père violent qui veut attenter à la vie de Dalva pour se venger. Elle choisi sur les conseils d'amis de revenir à la ferme familiale, démissionnant de son emploi contre la promesse de sa mère de lui trouver un emploi d’institutrice dans sa petite ville. Histoire simple que ce Road-Trip écrit en 1988.

 

Roman d’une époque, racontant la société américaine des années 80’, mettant subtilement en parallèle la violence sociale, politique et financière des années 80’ avec l’histoire de l’Amérique, la violence envers les amérindiens, la guerre de sécession. Nous montrant qu’au fond, que ce soit aux XIXiéme ou au XXiéme la violence est la même. Rien n’a changé, les indiens sont toujours aussi maltraité et que les petits, la middle class, les paysans américains sont toujours aussi méprisés par le Nord..

 

Dalva n’est pas aussi simpliste que l’intrigue nous le laisse penser. c’est un roman profond, tout en nuance, tout en douceur pour nous montrer, nous dévoiler les fêlures des personnages, Dalva, Michael, Duane et tant d’autres que Jim Harrison nous présente dans cette magnifique galerie de personnage.

Les personnages ne sont fait que de failles douloureuses et profondes et vont se soigner, les combler ou essayer de vivre avec en s’aidant les uns les autres…

 

Solidarité, humanité les thèmes de prédilection de l’auteur prennent énormément de force au fil des pages. l’intensité de la douleur est a son comble, les personnages hurlent, crient, boivent, se droguent, fuient ou s’enferme dans le silence jusqu’a ce que le destin leur apporte un l’analgésique assez puissant pour que l'existence soit moins douloureuse et supportable.


Dalva c’est aussi et surtout un formidable portrait de femme, métisse indienne Sioux qui a dû abandonner son bébé à la naissance. Une formidable histoire d’amour qui résiste aux années, Duane, indien qui s’engage dans l’armée et quitte Dalva enceinte. Dalva qui tout au long de ces années va s’efforcer de rechercher son fils et le père de ce bébé.


Dalva qui va sauver aussi Michael son ancien amant, intellectuel, professeur d’université qui veut faire une thèse sur l’histoire de la famille de Dalva et avoir accès aux archives de l’arrière grand-père, personnage mystérieux et ambiguë. Michael, homme brisé par un divorce, professionnellement fragilisé par son addiction à l’alcool. Dalva qui va être son ange de rédemption et qui en l’emmenant avec elle dans la ferme familiale, va guérir cet homme.

 

La nature comme un médicament, quand Dalva va mal où se réfugie t-elle, sur le dos d’un cheval chevauchant dans la plaine jusqu’a en perdre le souffle. Michael sera confronté à la nature et l’apaisera aussi.

 

Que dire de Duane, ce fantôme qui hante le coeur, l’âme de Dalva. Le retrouvera t-elle ?

Et ce fils, fruit de leur amour bref et si intense sera t-il retrouver ?

 

Pour répondre à toutes ces questions il faudra vous plonger dans ce merveilleux roman qu’est Dalva et essayer après la lecture de vous remettre de tant d’émotions.

 

Parfois, la multitude de personnages, les quelques aller-retour dans le passé peuvent donner l'impression d'un récit touffu et compliqué ou pour certains lecteurs la peur de se perdre dans les époques, mélanger les destins personnels. Les romans de Jim Harrison sont comme cela, simple et parfois compliqués comme la vie !

 

Très bonne lecture.. Une plume qui nous prouve que par le livre, la vie prend tout son sens.

Migrants…

Migrants..
65,3 millions de réfugiés dans le monde selon les chiffres du Haut Commissariat pour les réfugiés. Soit la population de la France en errance !
L’errance le quotidien de ces personnes fuyant la guerre, la misère et parfois les deux. Les migrants, je n’aime décidément pas ce mot cache sexe de nos conscience qui nous oblige à ne pas voir l’humain.
Un migrant est un humain comme vous et moi, qui a une vie, des enfants, tombe amoureux, un adolescent qui allait à l’école. Avant que ne l’errance ne soit devenue une nécessité, une question de survie. Les hommes ne prennent pas le chemin migratoire de gaité de cœur. Ils y pensent, ils essayent d’abord de conserver leurs biens, parfois ils combattent et de guerre las, quand tout semble perdu, quand un enfant perd la vie, quand les hommes de la famille ne sont plus là pour protéger les siens, la fuite s’impose. La route devient une nécessité, une habitude.
Un choix l’Europe, cette grande région sur une carte du monde, une lumière qui attire. Miroir aux alouettes, chimériques vies meilleures, avenir presque radieux. L’Europe est un rêve souvent inaccessible qu’elle en devient fantasme..
Dans ces contrées oubliées de tout sentiment humain, ou même la religion anciennement vecteur de cohésion sociale, divise et tue. La faim a remplacé l’amour, la guerre à oblitérer l’avenir. Parfois les enfants des enfants n’ont connu qu’elle.
Rendez-vous compte que parfois ce sont deux générations d’enfants qui ne connaissent que le bruit des bombes ! Deux générations détruites…
La guerre et sa complice la misère jettent les gens dans les bras d’un pays de Cocagne où ils pourraient vivre libre en sécurité, les enfants connaîtraient l’école et les misères d’une cour de récréation. Les rires des enfants inonderaient les rues, le bruit des bombes ne seraient que télévisuel. Une télécommande, un bouton et on baisse le volume .. La guerre loin, la guerre oubliée.. Pas besoin d’avoir peur, nul besoin de vivre caché comme des rats pour survivre.
Vivre en paix
Oui, c’est leur rêve.
Peut-on reprocher à un humain de ne pas supporter l’indignité de sa vie, de vouloir mieux pour lui et sa famille ?
Pourtant, nous européens nous les traitons comme des humains de seconde zone. Nous remplaçons l’indignité d’une vie par le mépris, l’indifférence et même pire pour certains citoyens, la haine !
Haïr celui qui n’a rien de peur de partager ce que l’on a souvent en trop.
Le partage, la solidarité époque qui nous semble si lointaine mais qui a l’échelle de l’évolution n’est pas si loin, ou l’humain pour survivre à dû se rassembler, apprendre à vivre ensemble. Ensemble pour cette être si faible dans une nature si hostile à fait é lui la meilleure espèce de l’évolution. forte de cette cohésion cet espèce a réussi à dominer le monde. Cela me laisse toujours pantois que de me dire que l’humain du XXIEME siècle à oublier complètement d’où il,vient et surtout comment nous en sommes arrivés au sommet de la chaîne alimentaire.. Le prédateur ultime, tellement fort que son ennemi naturel est son alter ego. Paradoxe.. Encore un..
Le partage, la solidarité, la probité, la charité, aider son prochain, tout ces préceptes vertueux précipités dans un distillât de privilèges !
Et dire que certains pour défendre soit disant la culture européenne et française en particulier se réclame chrétiens.. Je ne suis pas croyant et encore moins pratiquant mais je crois que la charité, la probité font parties intégrantes de notre chrétienté.
Je me trompe, faut-il que je relise les écrits sacrés ?
Bref, être humain c’est aussi et surtout tendre la main à celui qui n’a rien.
La peur a remplacé bien des valeurs qui ont fait la grandeur d’esprit de notre continent éclairé par l’esprit des lumières.. Les phares sont éteints et beaucoup de migrants en mer Méditerranée y perdent la vie dans l’obscurité dans laquelle nous les plongeons..
Si nous ne les noyons pas, nous les parquons comme du bétail. La Grèce, terre où est nait la démocratie et tant d’autres idées qui font que nous vivons dans une société libre, ce pays de sagesse est devenu une immense prison. Des camps, des camps dits humanitaires.. Encore des paradoxes, camps humanitaire..
La journée mondiale des réfugiés etait le 20 juin 2016, une journée pour nos conscience, pour ne pas oublier qu’est-ce qu’être migrant et pourquoi le devient-on ?
Une journée pour que le commun des mortels essaient de réfléchir loin des discours nauséabonds qui empoisonnent l’atmosphère européenne…
Le migrant est la victime de nos peurs, il représente une menace, il nous envahit, quand il ne veut pas nous imposer sa culture et religion. Et en plus, il faut le soigner gratuitement et l’héberger alors qu’il y a des citoyens français qui sont en situation de mal-logement ! Nos amis les extrémistes, populistes et xénophobes de tout pays unissez-vous. Nous avons une nouvelle source de peur à vous suggérer ! Et il n’en faut pas plus à certains crédules, rancuniers et laissés pour compte de notre société pour enfiler des chemises brunes et chasser le migrant. Sport national dans certains pays…
Oui, le soin est une nécessité, un problème de santé publique. Soigner, même gratuitement, les gens en situation précaire c’est aussi nous protéger de certaines maladies qui pourraient dans la misère et le manque d’hygiène refaire surface.
Oui les héberger car ce n’est pas un choix que de fuir et de laisser son abris, sa maison. Héberger fait partie de la solidarité entre les peuples.
Et puis n’oublions pas que c’est dans la misère, la précarité, la mise au banc que naissent profils la haine et le ressentiment contre ceux qui vous ont si mal accueilli. N’importe qui se sentant rejeté, mis à part, pointé du doigt nourrirait un sentiment de colère et de revanche ! C’est humain. Évitons ce piège, évitons que ces gens ne deviennent par désespoir des bombes humaines. Nous voyons par exemple ce que la désespérance, le manque de reconnaissance font des palestiniens : des assassins.
Nous sommes tous des migrants..
Les guerres européennes successives ont jeté sur les routes des milliers de français, la décolonisation a obligé des gens à quitter ce qu’ils croyaient être leur pays. Quand serait-il si nos voisins européens avaient agi comme nous agissons envers les errants d’aujourd’hui ? Beaucoup de français seraient sûrement des citoyens de seconde zone… Le français a la mémoire courte, le général avait raison.
Faisons un effort de mémoire, remettons les choses à leur vraie place.
Les hommes sont égaux en droit. La communauté internationale, l’ONU nous montre du doigt pour la manière dont nous traitons ceux qui pleins d’espoirs s’échouent sur nos plages..
La Méditerranée, cette Mare Nostrum de l’antiquité est devenue une mer noyant les espoirs et parfois anéantissant la vie d’être qui resteront à jamais HUMAIN. Et pourtant elle fut cette mer source de vie.
En ce lendemain de prise de conscience mondiale du drame qu’est l’errance, la société n’y pense plus.. L’actualité a repris ses droits, la CGT monopolise de nouveau l’attention et des bateaux pas très moins de nos côtes continuent leur ballet macabre..

Venez avec moi ! Accompagnez moi, prenons ensemble l’Avenue des mystères.

J’ai lu et si longtemps attendu le dernier roman de John Irving, Avenue des mystères paru le 6 Mai 2016. Très grand fan de l’auteur du Monde selon Garp, son dernier récit m’a complètement bouleversé le coeur.
Sur l’auteur


John Irving né en 1942, a vécu en Nouvelle-Angleterre avant de s’installer au Canada. Depuis la parution du Monde selon Garp, qui l’a propulsé en 1978 sur la scène littéraire internationale, il accumule les succès tant auprès du public que de la critique.

Son œuvre est traduite dans une quarantaine de langues.

Avenue des mystères est son quatorzième roman.

La Der

Lors d’un voyage aux Phillippines, Juan Diego Guerrero écrivain américain célèbre et vieillissant, revit en rêves récurrents les épisodes de son adolescence au Mexique, à la lisière de la décharge publique de Oaxaca où lui et sa sœur Lupe ont grandi.

Infirme depuis le jour où une voiture lui a écrasé le pied, Juan Diego a en outre le coeur fragile ; il prend régulièrement des bêtabloquants, qui le protègent des émotions, et occasionnellement du Viagra, car on ne sait jamais..

Des émotions, il en aura tout au long de son périple, notamment avec Miriam et Dorothy, mère et fille aussi désirable qu’inquitantes.

Balloté d’hôtels en aéroports, Juan Diego se remémore entre autres la mort de sa mère, femme de ménage chez les jésuites et prostituée à ses heures, « tuée» par une statue de la Vierge Marie ; son adoption par un couple improbable rencontré dans un cirque, où son destin et celui de sa petite sœur extralucide basculent.

Marqué par le hasard et l’inéluctable, ce destin s’accomplira peut-être dans une modeste égalise au fin fond d’un quartier pauvre de Manille.
Entre les lignes 

« La vie est un monde trop bordélique pour un roman, disait-il. Les personnages fictifs sont plus cohérents, plus consistants, plus prévisibles. Les bons romans ne sont jamais des fourre-tout, alors que le désordre fait bel et bien partie de la vie, enfin, de ce qu’on désigne sous ce vocable. Dans un bon roman, la substance de l’histoire procéde toujours d’un lieu ou d’une circonstance.»

Oui il y a toujours un lieu qui déclenche l’histoire, le Mexique pour celui-ci. Pays que l’auteur connaît bien.

Une region, un lieu : une décharge où deux enfants commencent leurs vie, y travaillent. Ce sont des personnages comme seul Irving peut en concevoir, éclopés physiques, l’un est affublé d’une boiterie et la petite sœur, Lupe ne peut communiquer avec les autres que par son frère, elle parle une langue connue d’eux seuls. 

Éclopés de la vie, nés de père inconnu, une mère prostituée la nuit et femme de ménage le jour. Personnages attachants que ces deux enfants qui se démènent dans une vie qui ne les a pas épargnés, un avenir incertain. 

Les personnages qui gravitent autours de l’histoire sont tous aussi bizarres, un moine qui découvre son homosexualité et tombe amoureux d’un transexuel mexicain prostitué à ses heures perdues, un chirurgien orthopédique qui est un non-croyant farouche mais qui vit dans une maison avec les fantômes de ses parents, des jésuites qui aident un couple improbable à adopter Juan Diego. 

Devenu adulte, écrivain reconnu, professeur aux États-Unis toujours handicapé, médicalement fragile, son coeur, sa tension lui font des misères ; il voyage toujours entouré de personnages insolites et fantasques. 

Un ancien élève fervent défenseur de la chrétienté marié à une gynécologue thaïlandaise pro-avortement, une mère et sa fille qui disparaissent et réapparaissent comme par enchantement avec qui il a des relations sexuelles débridées, des enfants, des lézards qui lui rappellent le Mexique.. 

Ne comptez pas sur moi, pour vous dire comment et pourquoi toutes ces galaxie de caractères, de lieux se rencontrent et surtout quel en est le résultat. Je ne vous direz absolument rien, la quatrième de couv’ ne vous en dira pas tout, inutile d’y chercher une piste. 
Je vous laisse un indice, une clé, l’extrait de La Nuit des rois de W.Shakespeare mis en exergue dès la première page :

« Les voyages s’achèvent par la rencontre des amants.»
Les romans d’Irving ne sont pas une narration en ligne droite, le temps, les lieux n’ont pas d’unités, seul compte l’histoire incroyable d’une vie et de ses surprises. 

Un gigantesque shaker, secouez très fort et vous obtenez un cocktail doux amer, drôle et attachant.. 
Bref, d’un joyeux bordel, il émane de ces êtres une humanité qui va vous percer le coeur. 

 

Quatorze romans dont six, parmi lesquels Le monde selon Garp, Une veuve de papier, ont comme personnages principaux des écrivains.
Écrivain humaniste qui dans ce roman aborde ses thèmes de prédilection, la transexualité, l’écriture, l’enfance, la religion, la paternité, le cirque. L’auteur nous plonge dans un rêve, mêlant habilement la réalité à l’onirisme, Juan Diego nous raconte sa vie, son enfance, nous voyageons dans les failles, les fissures de cet homme qui sans un sacré coup de main du destin serai devenu un mendiant, un petit délinquant. Onirique aussi que ces étranges accompagnatrices, ces « succubes » qui par petite touche l’aide à se souvenir et sont peut-être celles qui l’accompagnent pendant ce dernier voyage, apaisé, perçant le mystère de sa vie qu’avait essayé de lui dévoiler sa jeune sœur avant d’être dévorée par un lion..
L’Avenue des mystères est un très grand roman, tant il porte en lui le gène qui lie tout les personnages, cette diversités merveilleuse qu’est l’humanité et notre tolérance envers d’êtres si différents. John Irving est un merveilleux conteur, un créateur d’histoire pleine d’humanité. Un romancier qui transforme les pages d’un livre en ligne de vie. C’est là tout le talent d’Irving, écrire un roman qui peut sembler touffu et qui au fil des pages devient évident.
Prenez l’Avenue des mystères, pas besoin de Google Maps, prenez le seul GPS qui compte votre coeur et laissez vous guider.
Très bonne lecture.
Et si vous cherchez l’Avenue des mystères et où elle va vous mener, Cliquez ici !

Le roman des désirs qui bouleversent le monde

Lire et relire avec plaisir et délectation le dernier roman d'Hédi Kaddour, Les Prépondérants, Grand Prix du roman de l'Académie Française 2015.

Sur l'auteur

Hédi Kaddour est un écrivain franco-tunisien né à Tunis en 1945. Romancier, poète, agrégé de lettres modernes, traducteur de l'anglais, l'allemand et l'arabe. Professeur de Litterature française à la New-York University in France et responsable de l'atelier d'écriture de Sciences Po Paris.

Rédacteur en chef adjoint de la revue Po&sie, chroniqueur pour Le Monde des livres, Libération et au Magazine Littéraire. Il est l'auteur de plusieurs receuil de poèmes avant de publier Waltemberg son premier roman en 2005, immédiatement salué par la critique, Prix Goncourt du premier roman et Prix du Premier Roman, il a été élu « Meilleur roman français » par le magazine Lire.

Les Prépondérants est son troisième roman lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française

La Der

Au printemps 1922, des Américains d'Hollywood viennent tourner un film à Nahbès, une petite ville du Maghreb. Ce choc de modernité avive les conflits entre les notables traditionnels, colons français et jeunes nationalistes épris d'indépendance.

 

Entre les lignes

 

Après son magnifique premier roman Waltemberg (2005) qui lui a valu le Prix Goncourt du premier roman et son deuxième roman Savoir-vivre (2010), Hédi Kaddour dans ce troisième roman continue d'explorer le monde d'après la première guerre mondiale.


Les Prépondérants nous plonge dans la Tunisie des années 20, protectorat français de plus en plus fragile. Nahbés petite ville où va s'affronter les courants de pensée politique, économique et où l'on pressent toute l'agitation du monde dans la rencontre d'une équipe de cinéma américaine avec les habitants de ce petit bout de monde. Oui, Kaddour met le monde dans une ville et l'Histoire en roman. L'Histoire qui va façonner comme d'habitude les destins de personnages emblématiques de ces années. Une jeune veuve tunisienne, Rania, trop cultivée et éprisent de Liberté, son cousin Raouf, un jeune nationaliste, Ganthier un colon ancien soldat, Gabrielle Conti une journaliste parisienne féministe, un acteur américain et sa femme actrice et les habitants de Nahbés.

Roman historique, picaresque, roman d'amour, comme souvent chez Hédi Kaddour, les genres se mêlent pour révéler les fêlures, les prémisses d'un monde qui va basculer dans une crise profonde.

Roman du désir, des désirs. Désir de liberté, d'égalité. Désirs inavouables d'un jeune homme pour une actrice, d'un homme pour une femme libre. Désir de parité.

Mais qu'est-ce que Les Prépondérants ?

Les Prépondérants, est le nom d'un club très sélect dont les membres sont exclusivement des colons qui n'ont qu'un but sauvegarder la domination coloniale de le France et défendre un certain art de vivre.

Les Prépondérants vacillent sous l'onde de choc que représente la venue des américains. Deux mondes s'affrontent, des valeurs différentes, des mœurs différentes. Le monde du cinéma, ces acteurs et actrices libres, buvant et baisant jusqu'à plus soif, ne respectant aucune règle, ne respectant qu'une seule chose l'argent. Ce monde du cinéma va rentrer en conflit avec les colons et le milieu traditionaliste tunisien, les nobles de Nahbés sont scandalisés par la façon de se conduire des américains, les jeunes eux, épris de liberté ne rêvent que de faire la même chose, de vivre comme bon leur semble sans le poids de la tradition.

Dans ce très beau roman, les personnages vont évoluer dans un monde qui est sur le point de basculer, ils sentent ce changement, le vivent. Au cours d'un voyage en Europe et notamment à Berlin ou l'on voit monter un petit parti prônant l'Allemagne et son relèvement dirigé par un petit caporal hargneux. Les uniformes noires envahissent la ville. La peur est palpable. Pendant cette escapade européenne que Ganthier et Raouf découvrent l'Europe et ses bouleversements qui vont les transformer, les faire évoluer. Gabrielle, la belle journaliste parisienne va leur servir de guide et d'interprète dans cet univers chaotique qu'elle connaît si bien.

En 1920, sur tous les continents des êtres vont se rencontrer, s'aimer, se détester, se pourchasser sous la plume délicate et si poétique d'Hedi Kaddour.

Malgré tout, Les prépondérants ne m'ont pas autant séduit que le magnifique Waltemberg. Ce roman est peut-être trop proche, en le lisant j'avais l'impression de relire le premier roman dont les lieux, les personnages auraient changé mais le fond, les thèmes seraient restés les mêmes. Malgré cette sensation, la magie opère toujours, le récit, les personnages et la période années folles s'additionnent pour, une fois la dernière page tournée, nous donner l'envie de recommencer à lire ce passionnant roman.

Je vous recommande Les Prépondérants, un roman étourdissant, profond et incroyablement prenant !

Très bonne lecture ..